vendredi 15 mars 2013

MORT DE DEUX ICÔNES DE LA GAUCHE


 (Chronique parue le 15 mars dans le Journal de Québec)

Deux icônes de la gauche viennent de passer de vie à trépas : Stéphane Hessel d’abord, l’incarnation de l’indignation à géométrie variable et, ensuite, Hugo Chavez, l’autocrate socialo-communiste du Venezuela.

Stéphane Hessel vient donc de rendre l’âme à 95 ans. La presse française bien-pensante l’a couvert de fleurs et d’éloges et la gauche l’a canonisé illico. Voilà donc un héros à la gloire éternelle. Un parangon de vertus humanistes. Un résistant qui devrait être accueilli au Panthéon. Un co- rédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qu’on devrait «statufier» tout de go.

Qu’en est-il vraiment de cet archétype de l’indignation de gauche? Sachez tout d’abord qu’il y a peu de temps, il était dans l’oubli le plus total. Mais voilà qu’à plus de 90 ans, il publie une brochurette d’une quinzaine de pages intitulez : «Indignez-vous!».

Il est difficile de comprendre comment et pourquoi cette prose minimaliste est devenue un succès planétaire (plus d’un million d’exemplaires) et son auteur un penseur «profond et inspirant».

En réalité l’indignation qui suinte de cette «médiocre dissertation» (dixit Guy Millière) est éminemment sélective. Elle est, à toutes fins utiles, exclusivement orientée contre les «agresseurs et les persécuteurs» de l’Opprimé par excellence, le Palestinien, soit «les Juifs-malfaisants-d’Israël».

Les accointances sordides de ce vieillard avec les nazislamistes du Hamas et du Hezbollah, tueurs de Juifs, sont perçues par la gauche et les indignés de la Planète comme un irrépressible désir de Paix!  «Et pour aller jusqu’au bout de sa haine de l’État Hébreu, écrit Stéphane Juffa, Hessel prend la liberté de normaliser le nazisme en affirmant «que l’occupation allemande de la France était, si on la compare par exemple à l’occupation actuelle de la Palestine par les israéliens, une occupation réellement inoffensive». !!!

Et pendant que les indignés québécois portent le deuil du vieil imposteur (il n’a jamais participé à la rédaction de la Déclaration des Droits), la gauche planétaire pleure un dictateur crapuleux, caricature bouffonne de Fidel, compère de tous les tyrans de la terre, l’inénarrable Hugo Chavez.

Grand artisan des expropriations et des nationalisations  tous azimuts (pétrole, sidérurgie, électricité, banques, télécoms, alimentation, cimenteries), il laisse une économie dévastée et des milliards de rentes pétrolières utilisés à des fins de clientélisme à grande échelle.

Résultats, selon Yves Bourdillon : «les coupures d’eau d’électricité sévissent plusieurs heures par jour…un comble dans un pays assis sur les principales réserves d’or noir de la planète. Les 2,5 millions d’hectares expropriés, pourtant fertiles, ne produisent presque rien. L’inflation dépasse les 25%, un des niveaux les plus élevés du monde. La dette publique est passée de 28 à 130 milliards de dollars.»

La presse est sévèrement contrôlée et le pays est l’un des plus corrompus de la planète. Selon Transparency International, le baromètre de la corruption situe le Venezuela «au sommet du classement mondial…juste après Haïti». Et que dire de ces «alliances». Il a copiné avec tous les despotes de la terre, formant avec eux une tonitruante chorale antisémite, anti-américaine et anti occidentale.

Il y a quelque chose de carrément délirant à voir la gauche, si prompte à dénigrer les intellectuels et les chefs d’État se situant à droite de l’échiquier politique et se glorifiant d’avoir le monopole de la justice et de la compassion, se complaire ainsi dans la flagornerie et l’aveuglement à l’égard des imposteurs et des tyrans à qui on pardonne tout parce qu’ils s’affichent de gauche. Quel abject abaissement!

Jacques Brassard

 

vendredi 8 mars 2013

CATHOPHOBIE


 (Chronique parue le 8 mars dans le Journal de Québec)

La mise en branle du processus visant à choisir un nouveau Pape est toujours une belle occasion pour les athées, les laïcistes de tout poil et les cathophobes de tout acabit de se déchaîner contre l’Église et la papauté. Et on en profite du même coup pour écharper au passage le cardinal Ouellet, cet «abominable-prélat-réactionnaire».

C’est ainsi que les experts improvisés et les plumitifs hargneux entonnent la ritournelle du changement inéluctable et de la nécessaire modernisation de l’Église. Et, avec autorité, ils mettent en demeure le nouveau Pape d’enclencher tout de go des réformes «progressistes».

L’Église existe depuis deux mille ans. Ce n’est pas la première fois dans son histoire que les suppôts du progressisme et  du modernisme lui ordonne de changer, sinon…Sinon quoi? Ils vont quitter l’Église? Ben voyons! Ils l’ont déjà quitté depuis belle lurette!

Prenons la question de la femme dans l’Église. Il est vrai qu’elle n’a toujours pas accès au sacerdoce. Mais ça ne signifie pas que sa place et son rôle au sein des communautés chrétiennes soient insignifiants. Une théologienne suggérait récemment  d’envisager pour les femmes l’accession au diaconat. Pourquoi pas?

Mais supposons que le nouveau Pape le fasse, pensez-vous sérieusement que les féministes militantes vont se ruer vers les lieux de culte avec enthousiasme? Quand même! Bien sûr que non!

Pourquoi? Parce qu’au Québec (et ailleurs aussi), le problème en est un de foi. Le Québec s’est déchristianisé à vive allure depuis 50 ans. Et la Fille Aînée de l’Église, la France, également. Je vous assure que ce n’est pas en se parant des oripeaux modernistes que la foi va renaître comme par magie chez tous ceux qui ont abandonné le catholicisme.

Si des réformes s’imposent, il faut bien soupeser leur pertinence et ne pas s’imaginer que le changement est par nature nécessairement vertueux et bénéfique.

Mais surtout, ce que les athées et les agnostiques militants (et même les catholiques qui s’affichent de gauche) reprochent  à l’Église (et ils sont à cet égard d’une véhémence venimeuse), c’est de ne pas avoir cédé au relativisme moral qui imprègne l’Occident déchristianisé.

«Le relativisme moral, écrit Richard Bastien, est une doctrine philosophique qui prétend que la véracité ou la fausseté d’un jugement moral est impossible à établir objectivement. Ses tenants affirment qu’il n’y a pas de vérité morale  et que tout énoncé sur ce qui est bien ou mal relève de la subjectivité. La morale ne  serait qu’une affaire d’opinion.»

«Si toutes les positions morales se valent, disait Léo Strauss, alors le cannibalisme n’est qu’affaire de goût! ».

Il est donc évident que la «dictature du relativisme» est aux antipodes de la morale judéo-chrétienne fondée sur la loi naturelle (d’origine divine) et sur la nature objective du Bien et du Mal.

Pourquoi pensez-vous que les relativistes modernistes ont le Pape en horreur et exècrent l’Église catholique? Pourquoi, à l’Égard du Pape et de l’Église, à tout propos, cette pluie d’injures, de moqueries, de sarcasmes, méprisants et haineux?

C’est qu’ils trouvent carrément insupportable et d’une insolence éhontée que l’Église, sur des sujets d’une extrême gravité, comme l’avortement, le mariage gay, l’euthanasie, se dresse et énonce des règles morales qui sont des prescriptions de la loi naturelle revêtant un caractère absolu.

Si l’Église faisait autrement, croyez-vous que les athées modernistes retrouveraient soudainement la foi? Tout de même!

Je vous l’annonce, le prochain Pape ne sera ni moderniste, ni conservateur, il sera tout bonnement judéo-chrétien catholique. N’en déplaise aux chrétiens gauchistes.

Jacques Brassard

 

 

vendredi 1 mars 2013

C'EST AUJOURD'HUI QUE VOUS MOUREZ!


 (Chronique parue le premier mars dans le Journal de Québec)

Le Ministre de Finances japonais a été récemment d’une franchise brutale : « La problématique des dépenses faramineuses en gériatrie ne sera résolue que si vous les incitez à se dépêcher à mourir.» Plutôt brutal, j’en conviens. Mais que ce soit pour réduire les dépenses de l’État ou pour soi-disant apporter «une aide médicale en fin de vie», c’est d’euthanasie dont il s’agit.

Je suis bien mal à l’aise de voir les auteurs du  rapport «mourir dans la dignité» et la ministre elle-même (Mme Hivon) nous faire des cachotteries et finasser sur un sujet aussi grave. Car, voyez-vous, qu’est-ce au fond que «mourir dans la dignité», où «l’aide médicale à mourir», où «l’aide médicale à la fin de vie», qu’est-ce donc, sinon de l’euthanasie où un suicide assisté?

Pourquoi cette crainte pudibonde à appeler un chat un chat? Serait-ce qu’ils espèrent ainsi obtenir l’appui de la population en recourant à des euphémismes en vue de masquer, à tout le moins d’atténuer, le sens et la portée réels de leur projet? Il faut dire qu’ils savent aussi fort bien que les deux tiers des témoignages et mémoires qu’ils ont entendus étaient clairement opposés à l’euthanasie et que seulement neuf commissaires sur quinze ont signé le rapport.

Il est donc faux, comme le prétend la ministre, de proclamer que le consensus est établi et que le débat est terminé. Elle entend quand même faire adopter la loi à toute vapeur, ce qui est d’une désinvolture inexcusable, s’agissant d’un sujet aussi grave que le suicide assisté.

Dans de telles conditions, on comprend pourquoi ils recourent systématiquement à des circonvolutions et des paraphrases (genre : «mourir dans la dignité») pour désigner un changement aussi radical en matière de valeurs fondamentales et de morale.

L’oncologue belge, Catherine Dopchie, ne craint pas, elle, d’utiliser le terme «tuer» en parlant d’euthanasie et il n’y a pas d’autre mots, selon elle, «pour définir cet acte qui dénature par essence la relation entre le médecin et sont patient».

Elle affirme que « la mission du médecin consiste précisément à prendre soin du malade, même dans les conditions de vie les plus pénibles. La personne ne peut être réduite à sa souffrance. La société humaine doit servir le plus démuni. C’est ce qui la différencie des sociétés animales ou règne la sélection naturelle».

Lors du débat sur la peine de mort, l’argument central était le suivant : la vie humaine est éminemment sacrée et on ne peut l’enlever volontairement, même au pire des assassins.

Pourquoi alors, dans le cas des malades en fin de vie, accablés par la souffrance, la vie perdrait-elle son caractère sacrée et pourquoi la dignité de ces personnes vulnérables serait-elle abolie par le seul fait qu’elles sont en fin de vie?

Le docteur Dopchie répond à ces questions. «Proposer l’euthanasie comme solution aux difficultés des personnes vulnérables, admettre qu’il est licite, voire recommandé, si l’on a du cœur, de les supprimer, c’est dire que leur vie n’a qu’un prix relatif et que l’on n’a pas en nous les capacités de faire mieux que de les soulager en les tuant.»

C’est d’ailleurs ce que nous dit aussi un collectif de médecins québécois. Les soins palliatifs sont suffisamment développés pour respecter jusqu’à leur dernier souffle la dignité des personnes en fin de vie.

«Le suicide n’est pas une option», dit-on aux jeunes. Pourquoi en serait-il une pour les personnes en fin de vie?

Jacques Brassard

samedi 23 février 2013

CAFOUILLAGE ÉNERGÉTIQUE


 (Chronique parue le 22 février dans le Journal de Québec)

La Ministre des Ressources Naturelles, Martine Ouellet, vient encore d’imposer sa vision énergétique en annulant six projets de mini-centrales hydroélectriques et en mettant au rancart le programme qui les avait fait naître.

C’était inévitable, nous dit-elle, surtout à partir du moment où Hydro-Québec  nous avise qu’elle a des surplus d’énergie. Mais ce n’est là qu’un prétexte pour liquider un programme qui a toujours suscité une vive résistance de la part de la mouvance verdoyante.

Je me souviens fort bien de l’opposition farouche des écolos qui s’était manifestée lorsque, à titre de Ministre des Ressources Naturelles, j’avais en quelque sorte ressuscité le programme des petites centrales (lancé sous Bourassa), tout en le modifiant. Et aussitôt que j’eus quitté la politique, le PM Bernard Landry, se trouvant à la veille d’élections générales, s’est empressé de «geler» le programme dans le but évident d’amadouer les verts.

Les Libéraux l’avaient ensuite remis en vigueur. Et voilà maintenant que la ministre Ouellet, qui vibre toujours à l’unisson du clergé écolo, l’abolit de nouveau.

Et si elle a toutefois maintenu la mini-centrale de Val-Jalbert, c’est exclusivement pour des motifs politiques. Elle ne pouvait se mettre à dos ses cinq collègues du Saguenay-Lac-St –Jean. Elle ne pouvait non plus désavouer les efforts communautaires à l’origine du projet. Elle l’a donc autorisé. À contre cœur, sans nul doute! Pour le reste, elle a agi en parfait accord avec ses convictions et celles de ses camarades écolos.

Car, il ne faut pas l’oublier, pour les brigades vertes, les petites, les moyennes et les grandes  centrales hydroélectriques, c’est du pareil au même. Ce sont toutes, comme le dit si bien le gourou Paul Piché, des «cauchemars écologiques». Harnacher une rivière, même si c’est au fil de l’eau, c’est un sacrilège, c’est profaner la Nature, c’est violenter Gaïa, c’est souiller l’Esprit des Eaux.

Et ne leur parlez surtout pas des retombées économiques bénéfiques de tels projets pour les communautés concernées, ils s’en contrebalancent!

Encore une fois, je le répète, tous les arguments rationnels n’ont aucune prise sur tous les Roy Dupuis et Paul Piché de ce monde. Eux, ils se cantonnent dans l’idéologique et le passionnel, pour ne pas dire le religieux. C’est d’ailleurs pourquoi ils sont souvent  belliqueux. Et leur agressivité épouvante et fait plier la classe politique.

Mais il faut aussi parler du fondement proclamé de la décision de la ministre : le surplus d’énergie. C’est sans doute un fait, mais j’ai du mal à croire que les quelques dizaines de mégawatts provenant des mini-centrales aggraveraient tellement la situation de surplus.

Mais ce qui, cependant, me désarçonne le plus, c’est de voir la ministre justifier pour cause de surplus l’annulation du programme de mini-centrales et, du même souffle, autoriser un parc éolien de 800 MW dans la Réserve des Laurentides.

Quelques dizaines de MW issus des petites centrales, c’est carrément intolérables compte tenu des surplus d’énergie mais 800 MW produits par des éoliennes, c’est tout à fait indispensable. Plus incohérent que ça…

En fait, je sais bien pourquoi. Autant la petite hydraulique est perçue par les Verts comme une intolérable atteinte à Mère-Nature, autant les plantations de gigantesques vire-vent sont considérées comme des actions éminemment respectueuses de l’environnement et un hommage liturgique au Dieu des Vents.

Et, étrangement, quand il s’agit d’Éole, le coût élevé de l’énergie produite et l’inefficacité connue de cette filière ne sont pas pris en compte. Un superbe cafouillage énergétique!

Jacques Brassard

 

 

BAZARDEZ VOS PATINS ET VOS SKIS!


(Chronique parue le 15 février dans le Journal de Québec)

Pour la troisième année consécutive, la Fondation David Suziki a organisé un Sommet sur l’Hiver à Québec.

L’objectif et les activités de ce Sommet découlent de l’idéologie  écolo-réchauffiste alarmiste qui rongent les cerveaux des occidentaux depuis des décennies.

Dans le cas plus spécifique du Sommet de Québec, il s’agit de prophétiser la fin de nos hivers et de notre «culture hivernale», pour parler comme le porte-parole de la Fondation.

L’hiver est en péril. L’hiver va disparaître. Nous devrons vendre à rabais nos skis et nos patins. Brûler nos raquettes de babiche. Recycler nos parkas.

Le thème du Sommet était : «Protégeons nos hivers». Pour le côté festif du Sommet, il y eut un match de hockey amical ou des zartistes écolos ont affronté d’anciens joueurs (dont le Vert végétarien George Laraque).

Les déclarations d’après-match étaient d’un alarmisme désopilant. «Cette semaine d’ailleurs, nous dit Biz du groupe Loco Locass, je voulais m’entraîner pour être bon pour vous autres…et il a plu.» Argument dérisoire : les redoux, en hiver, ne sont pas des signes de réchauffement. Il y en a toujours eu. C’est un phénomène tout à fait naturel.

De son côté, le chanteur des Cowboys Fringants, Carl Tremblay, déclare : «C’est sûr que c’est important d’essayer de faire quelque chose pour continuer d’avoir un climat égal (!!!)» Un climat égal? Mais ça n’existe pas et ça n’a jamais existé.

En fait, derrière de pareilles âneries, on retrouve l’axiome de base, le dogme devrais-je dire, de l’idéologie écolo-réchauffiste : le réchauffement climatique va faire disparaître nos hivers. Et surtout (et c’est là la pièce maîtresse du credo), c’est l’être humain qui est responsable de ce réchauffement.

Dans le reportage, parfaitement débile, de TVA sur le Sommet, on entend et on voit une spectatrice du match étaler son angoisse existentielle à propos de la fin de l’hiver en ciblant la cause, pour elle indubitable, du réchauffement : «C’est sûr, avec toutes nos voitures!».

Voilà! C’est dit! L’auto, le camion, le pick-up, le 4X4, la grosse bagnole, voilà les inventions humaines les plus diaboliques, les plus maléfiques et les plus nocives qui soient. Dans les rangs écolos, l’autophobie, la haine de l’auto (pourtant l’une des plus extraordinaires inventions de l’humanité…avec la roue, bien sûr…car sans la roue, pas d’auto!), est une obsession débridée.

J’en déduis donc que tous les participants du Sommet s’y sont rendus à vélo, en ski de fond ou à pied.

Et la haine de l’auto découle de la haine des combustibles fossiles (gaz, charbon, pétrole), matières et ressources toxiques et démoniaques.

Et la haine des énergies fossiles se justifie parce que les humains en les utilisant émettent du CO2 et que le CO2 d’origine anthropique est la cause du réchauffement climatique. Voilà pourquoi nous n’aurons plus d’hiver. CQFD.

Inutile de dire à tout ce beau monde que, depuis 15 ans, le réchauffement s’est arrêté; que, somme toute, au cours du XXe siècle, la hausse de la température ne fut que d’un minuscule demi-degré centigrade; que c’est d’abord la température qui monte, le CO2 n’augmentant qu’après coup (autrement dit ce qu’ont croit être la cause, le CO2, n’est en réalité que l’effet); que les modèles informatiques qui prédisent un réchauffement catastrophique pour les années à venir sont tous défectueux et donc pas fiables du tout; inutile donc de leur rappeler ces faits, car ils sont atteints d’un aveuglement idéologique inguérissable.

Jacques Brassard

 

vendredi 8 février 2013

LE PQ ET LA CRÉATION DE RICHESSE


 (Chronique parue le 8 février dans le Journal de Québec)                              

Lors de son périple à Davos et au Royaume-Uni, la Première Ministre Pauline Marois a tenu un discours nettement favorable à la création de richesse au Québec. Elle a exhorté les investisseurs à venir chez nous pour participer au développement économique du Québec. Ils seraient les bienvenus.

Il faut se réjouir de cette déclaration de la chef de l’État québécois. Et il faut espérer qu’elle se traduise concrètement par des développements économiques bénéfiques.

Car, voyez-vous, l’économie québécoise est loin d’être la plus performante au Canada. Le blogue Antagoniste.net, dans une série de billets, brefs mais éclairants, le démontre, chiffres à l’appui.

C’est ainsi qu’avec moins de 24% de la population canadienne, notre PIB ne représente que moins de 20% du PIB de tout le Canada. Relativement aux investissements privés (ce que la PM recherche justement à Davos), le Québec, toujours avec près de 24% de la population canadienne, n’en attire que 16%.

Par ailleurs, si nous avions le nombre d’entrepreneurs proportionnel à notre poids démographique, nous en aurions…72,000 de plus. Enfin, la proportion des exportations internationales du Québec ne représente que 17% des exportations canadiennes.

Bref, tous ces indicateurs démontrent sans équivoque que l’économie du Québec, sans être une économie du Tiers-Monde, n’a jamais atteint sa performance optimale.

La profession de foi de Mme Marois va-t-elle se transposer en actions et générer de la croissance?

Pour répondre positivement à cette question, le gouvernement du PQ devra mettre au rancart son hostilité congénitale envers l’entreprise privée et adopter une fiscalité d’entreprise et un régime de redevances qui n’effraieraient pas les investisseurs. Illustrons mon propos.

Vous le savez, l’économie américaine ne se porte pas très bien. Obama poursuit son travail de démolition. Sauf un secteur, celui des gaz de schistes. Les centaines de milliers de puits en opération ont généré des centaines de milliers d’emplois (de 5 à 600,000) et accru le niveau d’indépendance énergétique des États-Unis.

Avez-vous entendu parler de contamination des nappes phréatiques? Comme on dit, s’il y a en avait, ça se saurait!

Chez nous aussi, il y a des gaz de schistes. Mais, c’est le blocus total. Les Québécois sont terrorisés à la perspective de créer de la richesse par l’exploitation de ce gaz maléfique. Aux États-Unis, pas de pollution! Mais au Québec, pomper ce gaz serait une catastrophe écologique! Cherchez l’erreur!

Même scénario concernant le pétrole, une autre ressource diabolique. La Gaspésie, c’est bien connu, est une région plutôt mal en point sur le plan économique.

Pétrolia, une entreprise québécoise, y a trouvé du pétrole. Partout  ailleurs dans le monde, on aurait fait une fiesta pour célébrer cette découverte. À Gaspé, au contraire, le maire et ses conseillers souffrent de «pétrophobie». Et le gouvernement frileux du Québec n’ose pas leur injecter une dose de gros bon sens. Le Québec est devenu la risée du monde entier!

À Davos, la Première Ministre, après avoir invité les investisseurs  à venir chez nous, a dû faire des efforts  pour se dépêtrer de la discordance gênante entre son appel solennel  à créer de la richesse et le blocus irrationnel, par la ville de Gaspé, de toute exploitation pétrolière sur son territoire.

Je dis bien irrationnel, car, selon l’INRS, compte tenu de la profondeur des activités de Pétrolia, les risques de contamination sont pratiquement inconcevables.

Manifestement, la PM doit s’efforcer de transposer son message en développement.

Jacques Brassard

 

 

 

 

 

vendredi 1 février 2013

LE PRÉSIDENT S'EN VA-T-EN GUERRE


 (Chronique parue le 1e février dans le Journal de Québec)

Dans les médias québécois, chroniqueurs et experts ont tous salué l’intervention militaire française au Mali comme une opération pleinement justifiée. Le Président français, François Hollande, proclame que cette expédition, à des milliers de KM de la France, s’inscrit dans la lutte contre le terrorisme planétaire.

Je suis enclin à penser qu’il a raison. Le terrorisme est un fléau que l’Occident doit combattre par tous les moyens, y incluant la force militaire. Et souhaitons que l’armée française ne s’enlise pas dans cette immensité désertique que constitue le nord du Mali.

Mais après avoir félicité M. Hollande, pacifiste devenu boutefeu, Il y a lieu de s’interroger sur la cohérence et la consistance de la politique étrangère française.

D’abord, rappelons-nous qu’à la base de toute pensée politico-militaire, il y a la nécessité de bien identifier l’ennemi. Dans le cas présent, l’ennemi est le terrorisme. Fort  bien! Mais encore! Certainement pas le terrorisme basque, ou irlandais, ou communiste. Ces divers terrorismes, nationalistes  et gauchistes, sont choses du passé. Ils appartiennent à l’Histoire. Alors, de quel terrorisme s’agit-il? Du terrorisme islamiste, bien sûr! Ce qui prolifère dans le Sahel, c’est l’islam radical, obscurantiste, sanguinaire, antisémite et anti occidental. Il faut appeler un chat un chat. Le Président, ses ministres et les chefs de l’armée n’osent pas le dire. Ceux qu’ils combattent au Mali, ce ne sont ni des bouddhistes, ni des hindous, mais des soldats d’Allah.

Craignent-ils, en le disant, de soulever les banlieues islamisés de France? Il faut dire aussi que François Hollande doit  sa victoire aux musulmans qui ont voté pour lui à 94%!

Il faut également signaler que la recrudescence de la terreur islamiste, non seulement au Mali mais dans tout le Sahel, a été rendue possible grâce au chaos qui a surgi en Lybie à la suite d’une autre opération française, celle-là menée par Sarkozy, sur les conseils du philosophe des bobos de gauche, Bernard-Henri Lévy.

Mais, comme le signale si justement Guy Millière, « remplacer un dictateur  par un régime plus présentable est une action qui a sa légitimité. Remplacer un dictateur par le chaos et des bandes armées fanatiques est inepte et monstrueux : c’est ce qui a été accompli en Lybie».

Car l’un des fruits pourris de l’expédition libyenne, ce fut le pillage des stocks d’armes de Khadafi et leur dissémination entre les mains des islamistes de tout poil. Ces derniers possèdent même des armes françaises qui avaient été parachutées aux «rebelles» libyens. Merci beaucoup, la France!

Par conséquent, les islamo terroristes  sont désormais bien armés. Et c’est là l’effet pervers d’une aventure improvisée qui devait être la libération d’un peuple. Khadafi n’est plus de ce monde, mais la Lybie est la proie d’un conglomérat de factions djihadistes . C’est le choléra qui fait suite à la peste.

Je le répète, je ne souhaite ni l’enlisement, ni la déconfiture pour la France. Mais, de toute évidence, il manque de la cohérence et des lignes directrices claires à la politique étrangère de la France.

Si la lutte aux islamo terroristes est une urgence pour l’Occident, pourquoi la France  n’a-t-elle pas formé une coalition? Pourquoi la terreur islamiste est-elle inadmissible au Mali et pardonnable à Gaza, aux portes d’Israël? Et pourquoi soutient-on les «rebelles» islamistes de Syrie qui massacrent avec autant d’entrain que l’armé d’Assad?

Décidément, la politique étrangère de l’Occident donne le vertige par son incohérence.

Jacques Brassard