mardi 7 juin 2011

LE LIVRE NOIR DU PQ

Un de ces jours, un historien écrira sans doute le Livre Noir du PQ. Il n’y aura pas, bien sûr, des monceaux de cadavres comme dans le Livre Noir du Communisme. Mais il y aura sûrement la relation détaillée des règlements de compte suicidaires, la description édifiante des coups de poignard dans le dos, le récit douloureux des trahisons crève-cœur, la radiographie des chausse-trapes et des pièges que l’on place sur le parcours du chef (surtout quand le parti est dans l’opposition), l’analyse fine des emmerderies des coupeurs de cheveux en quatre.

Je vous assure, un Livre Noir sur le PQ, ça serait un gros succès de librairie…dans la section roman de cape et d’épée.

La démission récente de trois députés (Beaudoin, Curzi, Lapointe) constituerait sans nul doute un chapitre croustillant.

Je me souviens que Pierre-Marc Johnson avait obtenu lors d’un congrès un solide appui des militants. Six mois plus tard, il n’était plus là, laissant la place à Jacques Parizeau qui attendait en coulisse.

Il y a des ressemblances entre le calvaire de P-M Johnson et ce qui arrive à Pauline Marois : cette dernière a battu un record de soutien des militants au dernier congrès du PQ (93%) et, malgré tout, comme ce fut le cas de P-M Johnson, des députés sont entrés en rébellion, remettant en question son leadership.

Il y a toutefois une grande différence avec le chemin de croix de P-M Johnson. Dans le cas présent, il n’y a pas de successeur de l’envergure de Parizeau qui piaffe d’impatience dans l’ombre.

Pauline Marois va donc certainement rester à la tête du parti, mais la désertion de trois députés influents risque de compromettre la prise du pouvoir qui, normalement, ne serait-ce qu’en vertu de l’alternance, lui était pratiquement assurée.

Ce qui me sidère et m’éberlue dans cette histoire, c’est le motif du départ : les trois rebelles quittent (officiellement du moins…) sur une triviale et prosaïque «question d’aréna». Je sais bien qu’ils s’efforcent de revêtir leur raison de partir des oripeaux de la «question de principe» et de la conviction éthique. Tout de même! Ça manque singulièrement de crédibilité.

Sérieusement – tout en comprenant qu’on puisse être en désaccord avec un projet de loi aux fins de sécuriser juridiquement une entente Ville de Québec-Québécor sur la construction d’un amphithéâtre – j’ai du mal à saisir que ça puisse justifier un départ fracassant du caucus.

Lorsque plusieurs ministres (dont certains étaient de vieux amis de René Lévesque : Parizeau, Laurin) ont quitté le gouvernement du PQ en 1984, c’était sur une question fondamentale, celle du Beau Risque. Ce dernier, rappelez-vous (moi, je ne peux certes pas l’oublier, car c’est cette «hémorragie» qui m’a permis d’entrer au Conseil des Ministres), constituait un virage considérable puisqu’il s’agissait de répondre à l’appel du nouveau Premier Ministre du Canada, Brian Mulroney, qui souhaitait réparer les dégâts du Coup de Force trudeauiste de 1982.

Pas sur une question d’aréna! Pas sur un projet d’infrastructure! Pas sur un banal projet de loi privé!

Les trois démissionnaires conscients de la légèreté (pour ne pas dire la frivolité) de leur motif de départ, ont centré leurs propos sur la nature de la gouvernance au PQ. Lisette Lapointe n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle dénonce « l’autorité outrancière d’une direction obsédée par le pouvoir ». C’est énorme! Je l’avoue, je ne croyais pas que Pauline Marois était tellement…stalinienne!

Louise Beaudoin, elle, prend soudainement conscience qu’il est urgent de faire de la politique…autrement. Ah! Bon! Mais comme elle savait très bien que la «ligne de parti» est une composante essentielle de la joute parlementaire, pourquoi, à 65 ans, a-t-elle décidé de rempiler? Surprenant!

Quant à Pierre Curzi, il nous revient avec la métaphore du miroir. En restant, avoue-t-il, «je n’aurais pas pu me regarder dans le miroir». Le miroir est un accessoire d’acteur, pas de politicien. Il ne faut pas trop en user…surtout quand on a tendance à voir de l’inconfort moral en toutes choses, y compris une «question d’aréna».

Ceux qui lisent ce blogue savent très bien que je suis souvent critique à l’égard du PQ (dont j’ai pourtant porté les couleurs à l’Assemblée Nationale pendant 25 ans). Je suis souvent en désaccord avec plusieurs de ses positions. C’est mon droit d’homme libre, n’étant plus ni député, ni militant.

Mais lorsqu’on est député, comme c’est le cas des quatre déserteurs (un autre s’est ajouté), j’ai toujours cru que la loyauté était une vertu essentielle et qu’il faut des raisons fondamentales pour s’en dépouiller.

René Lévesque et Pierre-Marc Johnson ont été désarçonnés et évincés sur la question de la souveraineté, la raison d’être du parti. C’était triste et désolant mais les déchirements portaient au moins sur des sujets de fond.

Dans le cas présent, on plonge Pauline Marois dans un terrible embarras...sur un vulgaire dossier d’infrastructure. Ça dépasse l’entendement!

Dernière nouvelle : Jean Charest reporte à l’automne  le débat et le vote sur le projet de loi Labeaume!! L’urgence a soudainement disparu. Aurait-il appliqué un plan démoniaque pour semer la zizanie dans les rangs du PQ? Si c’est le cas, c’est d’une perversité machiavélique absolument répugnante.

Jacques Brassard
Là, c'est vrai, je prend congé jusqu'en août.

dimanche 5 juin 2011

COMPLÉMENT DE RÉPONSE

Un lecteur anonyme (dont vous pourrez lire le commentaire ci-dessous) me semonce et me critique parce que j’ai précisé à propos de l’Agité du Plateau «que l’antisionisme est la forme contemporaine de l’antisémitisme». Il conclut sa missive par un «n’importe quoi!» méprisant. Ce qui, je l’avoue, m’a agacé et piqué au vif.

Je ne suis évidemment pas le seul à affirmer un lien indissoluble entre antisémitisme et antisionisme. Pierre-André Taguieff, dans un livre-phare sur la question, intitulé La Judéophobie des Modernes, démontre, en long et en large, et sur la base d’une abondante documentation, qu’à l’époque du Jihad islamiste (c’est notre époque) la haine du Juif (la plus vieille haine du monde) a revêtu la défroque de l’antisionisme, c’est-à-dire une virulente négation de la légitimité de l’État juif et une volonté acharnée de l’anéantir.

Il suffit d’ailleurs de faire l’effort de prendre connaissance des motivations profondes (et affichées) sur lesquelles s’appuie le refus systématique de reconnaître l’existence de l’État juif, pour constater que c’est la haine du Juif (une haine tenace, féroce, pathologique) qui en est le principal fondement.

L’axe doctrinale de l’islamisme radical est très claire : il faut éradiquer l’État juif… parce qu’il faut effacer toutes traces de la présence juive au Proche et au Moyen-Orient; l’antisionisme (le refus de l’État hébreu) est nourri et justifié par l’antisémitisme (la haine du Juif).

Si vous ignorez cette haine, présente dans tous les discours et toutes les actions de toute la nébuleuse islamiste et jihadiste (théocratie iranienne, Hamas, Hezbollah, Frères Musulmans, Al Qaida, Fatah etc.), c’est que vous pratiquez l’aveuglement et la surdité volontaires.

Par conséquent, les occidentaux, surtout de gauche, qui soutiennent, prétendument pour lutter contre le néo-colonialisme, la position antisioniste des islamistes de tout poil, et tout particulièrement celle des Palestiniens (incarnant à leurs yeux la Victime exemplaire et l’Opprimé par excellence), cautionnent du même coup l’antisémitisme, c’est-à-dire la haine du Juif, qui constitue le sous-bassement idéologique de cette position.

Si vous ne voyez pas la jonction essentielle, l’accouplage indissoluble entre les deux, c’est que vous faites partie de la grande cohorte des Idiots Utiles.

Dernière remarque. Quand vous affirmez qu’il y a des «millions de Juifs qui, pour des raisons religieuses et personnelles, sont contre l’existence d’Israël», là, vraiment, vous débloquez à fond! Des millions!? Comme vous dites à mon propos…c’est n’importe quoi! Je sais très bien qu’il existe certains ultra-orthodoxes et certains hyper-gauchistes juifs (tel Noam Chomsky) qui pensent ainsi, mais des millions? Quand même! Soyons sérieux!

Il faut, par ailleurs, savoir faire la différence entre critiquer les décisions et les actions du gouvernement israélien (ce qui est une réalité constante, aussi bien en Israël que parmi les amis d’Israël, parce que, voyez-vous, Israël est une démocratie, une authentique) et nier la légitimité et le droit à l’existence de l’État juif.

Je sais bien que je ne vous aurai sans doute pas convaincu. Et je sais aussi très bien que vous ne lirez probablement pas le livre exceptionnel de Pierre-André Taguieff.

Et je crains que vous ne lirez pas non plus le livre remarquablement lucide de Michel Gurfinkiel : Israël peut-il Survivre? La Nouvelle Règle du Jeu.

Je me permets d’ailleurs, en conclusion, de vous citer un extrait de ce dernier.

«Être promis à la destruction par les uns, être abandonné par les autres : aucun peuple ne peut prendre à la légère une telle situation. Israël moins qu’un autre. Le peuple juif garde dans sa mémoire collective d’autres génocides et d’autres trahisons : l’Égypte pharaonique, la Perse achéménide, la Rome d’Hadrien, l’extermination des juifs et des judaïsants d’Arabie, les expulsions d’Angleterre, de France, d’Espagne, les pogroms d’Occident et de Russie, et enfin la Shoa. Quand le président de la République islamique iranienne, Mahmoud Ahmadinejad, affirme —en accord avec le guide spirituel Ali Khamenei – qu’Israël doit être «rayé de la carte» (2005) ou qu’il est entré «dans le processus de l’anéantissement» (2008), les Israéliens et les autres juifs à travers le monde se rappellent d’autres imprécations, dans le Reich allemand des années 1930. Qui furent suivies d’effet.»

L'État d'Israël est un État de trop et , pour reprendre l'expression de Taguieff, «le peuple juif est un intrus dans le genre humain», telles sont les deux faces du fantasme idéologique qui surplombre le monde contemporain.

Jacques Brassard

vendredi 3 juin 2011

L'AGITÉ DU PLATEAU

Les bobos du Plateau nous ont fait un bien joli cadeau aux dernières élections : ils ont envoyé à l’Assemblée Nationale Amir Khadir, le co-chef de Québec-solidaire. Comme ils sont généreux!

Mais attention! Plusieurs, au Québec et dans les médias, sont enclins à le ranger dans la catégorie des énergumènes populistes. D’autres, et ils sont semble-t-il nombreux, le considèrent comme un Robin des Bois au service de la veuve et de l’orphelin. Les uns et les autres ont bien tort.

Le Camarade Khadir, c’est surtout, voyez-vous, l’incarnation accomplie de l’écolo-socialisme québécois, crachant à tout vent sa haine inextinguible de l’entreprise privée capitaliste. C’est aussi un modèle exemplaire de l’anti-américanisme pathologique, pour qui les États-Unis d’Amérique sont un monstre impérialiste. Il est même conspirationiste, étant porté à croire que le 11 Septembre est le fruit d’un complot américano-sioniste. C’est enfin un antisioniste enragé, ce qui signifie qu’il nie toute légitimité au peuple Juif d’avoir un État bien à lui dans son antique patrie. Et je précise que l’antisionisme est la forme contemporaine de l’antisémitisme.

Tel est l’Agité du Plateau dans toute sa splendeur!

Toutes ses actions et tous ses discours sont donc fondés sur cette idéologie écolo-socialiste, anti-américaine et antisioniste.

Qu’il lance ses godasses sur un poster de Bush; qu’il harcèle un modeste marchand en prêchant le boycott de son commerce parce qu’il vend des chaussures fabriquées en Israël; qu’il exprime son hostilité à l’égard de Pierre-Karl Péladeau parce qu’il est riche et qu’il a réussi; qu’il traite toutes les entreprises minières et pétrolières de spoliatrices de nos ressources; qu’il manque de respect envers Lucien Bouchard en l’accusant d’être traître aux Québécois parce qu’il croit au développement économique sous l’impulsion d’investissements privés venant d’ici et d’ailleurs, toutes ses actions et tous ses discours révèlent quelles sont les convictions, les croyances et les prédilections idéologiques de l’Agité du Plateau.

Remercions le Bon Dieu de ne pas vivre dans un État «Québec-Solidaire». Ce serait une sorte de Cuba Nordique. Les socialo-communistes, ça peut peut-être vous inspirer à l’occasion de la sympathie, mais s’ils se retrouvaient aux commandes de l’État, je vous assure que vous les trouveriez très vite fort déplaisants et tout à fait malfaisants.

(Je me souviens que, dans les années 60, bien des occidentaux, et bien des Québécois, trouvaient Mao, Fidel et Ho Chi Minh avenants, aimables et chaleureux. Sympathiques, quoi! Et ils étaient scandalisés de voir Chinois, Cubains et Vietnamiens fuir par milliers et par tous les moyens leurs lumineux Paradis Socialistes. C’est qu’ils n’avaient pas le malheur d’y vivre.)

Alors, avant de céder à l’extase devant les sparages et les loufoqueries de l’Agité du Plateau, pensez juste un petit moment à l’idéologie néfaste et dévastatrice dont il est le porteur et le porte-parole.

Et je ne peux m’empêcher d’ajouter qu’en plus d’être un écolo-bobo-communiste anti-américain et antisioniste, ce triste sire n’aime manifestement pas le hockey. Ce qui est un comble! Et ce qui le rend à mes yeux encore plus louche et plus pernicieux!

Jacques Brassard

Je prends congé pour quelques semaines. Je pars pour l’Italie avec ma femme, ma fille et mon gendre. Nous allons retrouver ma petite-fille de 18 ans qui a séjourné un an dans une famille milanaise. Et nous la ramenons au pays. Mais avant, comme elle parle maintenant couramment l’italien, elle nous servira de guide et d’interprète dans nos pérégrinations à travers l’Italie. À plus tard. Quelque part au mois d’aout.

mercredi 25 mai 2011

IL ÉTAIT UN PETIT NAVIRE...

En Occident, depuis la Révolution Bolchévique, la race des Idiots Utiles est tellement résistante et tellement prolifique, qu’elle n’est pas à la veille de disparaître.

Au Canada et au Québec, cette engeance s’agite de nouveau en collectant des fonds en vue de financer l’envoi d’un «bateau canadien pour Gaza» chargé de «matériel humanitaire».

Vous avez compris qu’il s’agit de s’opposer au «blocus illégal de Gaza imposé par Israël».

Au sein de la brigade d’Idiots Utiles, on y retrouve, comme toujours, les palestinophiles habituels tels l’abbé Raymond Gravel, l’écrivain gauchiste Gil Courtemanche et la co-chef de Québec Solidaire, Françoise David (l’autre co-chef, l’ineffable Khadir n’est sûrement pas loin).

À les entendre, ils se font corsaires au service du Hamas pour défendre la dignité humaine (dixit l’abbé Gravel), la liberté (!!! Dixit Gil Courtemanche) et la justice (dixit Françoise David).

Comme si ça allait de soi que ce soit Israël qui, à Gaza, bafoue la dignité humaine, anéantit toute liberté et tord le cou à la Justice.

C’est le monde à l’envers. L’inversion des valeurs. Le réel escamoté.

L’Idiot Utile, de par sa nature, est aveugle. Il ne voit donc pas que le Hamas, une branche des Frères Musulmans, a pris le pouvoir à Gaza en égorgeant ses adversaires du Fatah (le parti de Mahmoud Abbas) et qu’il a mis en place une tyrannie sanguinaire. Il ne voit pas non plus que le Hamas prêche la haine de l’Occident et des Juifs en particulier et qu’il applique la charia avec rigueur, y incluant lapidation et amputation. Il ne voit surtout pas que la raison d’être du Hamas, c’est le jihad, la guerre sainte contre les Croisés et les Juifs. Et ils sont évidemment bien loin de voir que l’obsession du Hamas, son idée fixe, telle qu’inscrite dans sa charte, c’est la destruction d’Israël et le parachèvement de la Shoa (en somme, finir le travail des nazis).

L’Idiot Utile ne voit forcément pas les attaques terroristes lancées par le Hamas contre les civils ni les milliers de roquettes balancées à l’aveuglette sur les populations israéliennes.

Il ne voit pas, à l’intérieur du Hamastan, la violation systématique des droits humains et des libertés fondamentales.

Il ne voit pas les ressources considérables, provenant largement de l’aide internationales, détournées à des fins de réarmement, et ce, malgré le blocus légitime établi par Israël.

Et ne vous attendez pas qu’il voit que la population de Gaza est, malgré le blocus, parfaitement bien approvisionnée en nourriture et en médicaments.

Je suis toujours sidéré de voir des personnes comme l’abbé Gravel, Gil Courtemanche, Françoise David et bien d’autres gauchistes de toutes obédiences de même que des ONG se donnant une vocation de défense des droits humains, se porter à la rescousse d’une maffia terroriste comme le Hamas et traîner dans la boue, diffamer, boycotter, dénigrer, le seul État démocratique de toute la région, Israël.

C’est le monde à l’envers. L’inversion des valeurs. La distorsion du Réel.

Sont-ils conscients qu’en agissant ainsi, ils cautionnent le terrorisme et l’antisémitisme des satrapes du Hamastan?

Sont-ils conscients qu’en servant de relais à la propagande mensongère des Palestiniens sur Israël, ils se comportent en agents de désinformation contribuant ainsi à délégitimer Israël?

La réponse est non. Ils ne sont pas conscients d’être des Idiots Utiles. Parce que c’est le propre de l’Idiot Utile d’être convaincu qu’il est un combattant de la Liberté, de la Justice et de la Paix. Il vit au cœur de fantasmes masquant et déformant la réalité. Et c’est justement parce qu’il est idiot…qu’il est utile. Car il est impuissant à mettre à nu la nature terroriste et génocidaire du Hamas et autres organisations islamo-fascistes.

Et, concernant le conflit israélo-palestinien, comme les Idiots Utiles pullulent dans toute la gauche et au sein des médias, on comprend pourquoi Israël est diabolisé, métamorphosé en agresseur, délégitimé, voit son droit à l’existence nié, et on comprend aussi pourquoi la haine des Juifs, sous la forme ancienne de l’antisémitisme, et sous la forme moderne de l’antisionisme, est dominante dans le monde musulman et en progression rapide en Occident.

Heureusement, la démocratie israélienne et le peuple Juif peuvent toujours compter sur les États-Unis d’Amérique. On l’a vu ces jours-ci avec l’accueil chaleureux réservé par le Congrès américain au Premier Ministre d’Israël. Cet appui du peuple américain est d’ailleurs si solide que le locataire actuel de la Maison Blanche, résolument hostile à Israël pendant deux ans, a cru bon, sans doute pour des motifs électoraux, de reconnaître le bien-fondé des positions israéliennes dans un éventuel processus de paix.

Israël et le peuple Juif peuvent aussi compter sur le soutien sans faille du gouvernement conservateur canadien, Stephen Harper n’hésitant jamais à proclamer la pleine légitimité de l’État d’Israël et à reconnaître son plein droit de défendre son existence.

Le «bateau canadien pour Gaza», c’est la croisière de l’imposture et de la mystification. Les moussaillons de la gauche québécoise qui y seront à bord sont des alliés objectifs du terrorisme et du jihad.

Quel déshonneur, quelle déchéance et quel pourrissement pour une gauche qui s’est longtemps considérée comme le réceptacle, je dirais même le tabernacle, de la liberté et de la compassion.

Jacques Brassard

mercredi 18 mai 2011

CHEMIN DE TRAVERSE

L’anéantissement du Bloc et le comportement «banc de ménés», ou moutons de Panurge, tellement peu rationnel, des Québécois en faveur du NPD, obligent le mouvement souverainiste à faire le bon choix d’orientation. Il lui faut une bonne boussole.



Déjà, certains maîtres à penser se sont empressés de conclure que les Québécois ont voté à gauche, alors que le reste du Canada a voté à droite, et que l’option de la souveraineté a été, par le fait même, mise au rancart.



C’est allé un peu vite en affaire. D’abord, quand on analyse les motivations du vote NPD au Québec, on se rend vite compte qu’elles sont plutôt…sans grande consistance. Je ne nie pas qu’il y ait des électeurs qui ont voté NPD avec de fortes convictions de gauche (plusieurs commentaires de ce blogue en témoignent), mais je persiste à dire que le vote de l’immense majorité des Québécois n’est d’aucune façon un vote de gauche. C’est un vote de lassitude, de désabusement, d’écoeurement.



Et maintenant, en regardant les résultats, dont plusieurs, dans certains comtés, sont carrément burlesques, ils se sentent plutôt gênés, comme au lendemain d’une «brosse» quand de mauvais souvenirs de conduite humiliante remontent à la mémoire à travers un brouillard éthylique.



La pire erreur que le mouvement souverainiste pourrait faire, ce serait de fonder sa stratégie à partir du clivage gauche-droite.



Le Canada anglais s’installe à droite, le Québec s’incruste à gauche, misons donc sur cette fracture et efforçons-nous de l’élargir. Telle serait, selon certains, la ligne de conduite qu’il conviendrait de tenir. Une pareille stratégie serait pour les souverainistes et, au premier chef, le PQ, une fausse manœuvre. Parce que ne reposant pas sur une prise en compte adéquate et exhaustive de la réalité politique.



La polarisation idéologique droite-gauche ne ferait que masquer et même évacuer du débat public la Question Nationale.



La mission fondamentale du mouvement souverainiste, ce n’est pas de poursuivre la diabolisation d’un gouvernement canadien de droite et de se cantonner dans des postures de gauche pour marquer sa différence, c’est, au contraire, non seulement de reprendre le combat identitaire, mais de mettre en branle ce que Mathieu Bock-Côté appelle « le démantèlement du multiculturalisme québécois », lui-même un appendice ou une excroissance du multiculturalisme canadien.



Et ce démantèlement ne pourra jamais être pleinement achevé, à mon avis, compte tenu de la nature même de l’opération, que dans un Québec indépendant.



C’est tout simple, je l’ai déjà dit et écrit, il nous faut revenir aux sources du mouvement indépendantiste. « Nous, Québécois et Québécoises, sommes une nation, la plus profondément enracinée du continent. Sur l’immensité de notre territoire, partout nos souvenirs anciens comme notre présence vivante nous rappellent que ce peuple est ici chez lui, dans son foyer ancestral. » Qui a écrit cela? René Lévesque, en 1980.



Or, cette nation est en plein désarroi identitaire. Et l’identité d’un peuple, ce n’est pas seulement sa langue, mais c’est aussi sa culture, ses traditions, son patrimoine, matériel et immatériel, son histoire. Il est évident que toute cette substance identitaire est en voie d’érosion et de dégradation sous les assauts ordonnés du multiculturalisme. Cette idéologie, bien implantée dans les structures de l’État et endossée par une large partie de nos élites, est en train de réussir à nous culpabiliser (nous nous sentons coupables d’être nous-mêmes) et à nous pousser au renoncement à notre héritage historique.



Si nous jugeons indispensable de faire la souveraineté, ce n’est certes pas pour mettre en place des politiques ruineuses écolo-réchauffistes, ni pour faire un virage idiotement pacifiste, ni pour surtaxer les salauds de riches, ni pour se doter d’un État encore plus obèse, ni pour soviétiser encore plus notre système de santé, non, si l’on doit aboutir à l’indépendance, c’est pour entreprendre et mener à terme une nécessaire déconstruction du multiculturalisme qui gangrène depuis des décennies l’État, l’école, l’université, la politique d’immigration, l’intégration des nouveaux venus, la métropole, la culture, la mémoire collective (ce qui en reste).



Plusieurs stratèges souverainistes sont tentés d’amplifier l’affrontement entre un Canada anglais de droite et un Québec de gauche espérant que ça finisse par prendre la forme, d’une part, d’un rejet haineux du Québec et des Québécois (exact contrepied de la grande déclaration d’amour des Canadiens anglais à la veille du référendum de 95) et, d’autre part, par contrecoup, chez les Québécois, d’une telle éruption de dépit et de mauvaise humeur qu’ils aspirent ardemment et massivement à l’indépendance.



On a déjà joué dans un film semblable. C’était à l’époque de l’échec de Meech. Les Québécois étaient tellement en furie d’avoir été dédaignés par le Canada anglais, qu’ils ont majoritairement adhéré à la souveraineté. Dans les sondages! Ce fut un feu de paille. Quelques années plus tard, la colère s’est apaisée et le soutien à la souveraineté est retombé à son niveau antérieur (entre 40 et 45%).



Cette stratégie uniquement fondée sur le ressentiment et l’exécration est donc à rejeter.



L’action, le programme, la stratégie du mouvement souverainiste doivent être axés, à mon humble avis, sur la Restauration Nationale.



Toute nation, en s’inscrivant dans la durée, vit une histoire qui lui est propre. Elle se forge une identité. C’est cette identité qui marque ses œuvres et ses travaux. C’est cette identité qui s’exprime à travers sa langue, sa culture, ses traditions, ses valeurs, son patrimoine, sont art de vivre, sa façon d’occuper le territoire et de bâtir ses lieux d’habitation, son enracinement dans un morceau de la Planète qui devient ainsi une patrie.



Si on oublie cette tâche fondamentale de protection, de promotion et de transmission de toutes ses composantes de notre identité, on ne fait pas seulement fausse route, on renonce à ce qui constitue, depuis ses origines, la raison d’être du projet d’indépendance.



De grâce, ne cédons pas aux flagorneries de ceux (et ils sont nombreux ces temps-ci) qui nous disent que notre progressisme étatiste de gauche fait de nous des être supérieurs, brillants et tellement d’avant-garde, face à des Canadiens anglais obtus, rustres et arriérés. Cultiver cet antagonisme, ce serait, pour les souverainistes, s’engager dans un chemin de traverse qui ne mène nulle part.



Jacques Brassard

lundi 16 mai 2011

NAQBA: LE TRIOMPHE DE LA FALSIFICATION HISTORIQUE

Naqba signifie «catastrophe» en arabe. Quelle est donc cette catastrophe? Elle a eu lieu en 1920. Cette année-là, il y eut des émeutes violentes et meurtrières opposant les Arabes de Palestine, territoire sous mandat britannique, et les troupes anglaises considérées comme un armée occupante. Il s'agissait donc d'un soulèvement populaire contre le régime «colonial» imposé par les Alliés aux pays arabes (Syrie, Palestine, Irak). L'année 1920 fut dès lors appelée «A'm al-naqba», l'année de la catastrophe.
La naqba, à l'origine, n'avait donc rien à voir avec les juifs, puisque l'État d'Israël n'existait pas encore. C'est Arafat qui, en 1988, a récupéré le nom pour désigner la naissance d'Israël en 1948 comme une catastrophe. C'est alors qu'à chaque année se déchaîne à travers le monde, à l'occasion de la naqba, une propagande outrageusement mensongère sur Israël, sa nature «coloniale», les «territoires occupés» et les Palestiniens «victimes d'apartheid». Propagande accompagnée de manifestations téléguidées  par les autorités palestiniennes (Hamas et OLP), le Hezbollah et le gouvernement syrien. Et en Occident, tout le monde (médias et classes politiques) avale cet infect prêt-à-penser et trouve là une belle occasion de cracher sur Israel.
Je me permet de reproduire ci-dessous un autre texte de Guy Millière. Ce grand combattant de la liberté en profite pour démanteler les assises de cette ignoble falsification de l'histoire. Cet article provient de l'excellent blogue DRZZ.


Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 09:33

L'IMMENSE OBSCÉNITÉ DE LA NAKBA 
Par GUY MILLIÈRE
La propagande palestinienne marche bien. Le mensonge qu’est le discours sur la nakba est partout. Si Dominique Strauss-Kahn ne s’était pas précipité sur une femme de chambre à New York, ruinant ainsi ses chances de devenir Président de la République, on n’aurait parlé que de ça à la télévision française.

Le discours sur la Naqba est en soi, obscène, car il est conçu pour présenter une symétrie avec la Shoah. Six millions de Juifs sont morts dans le plus abominable de tous les crimes contre l’humanité, et les propagandistes palestiniens veulent faire croire en un génocide perpétré contre les « Palestiniens » : Mahmoud Abbas est un négationniste. La naqba est, en soi, un événement négationniste : des gens qui nient la Shoah essaient de présenter un événement qui serait équivalent à la Shoah. Tout en niant un vrai génocide, ils présentent un faux génocide comme s’il était vrai. Cela devrait être suffisant pour disqualifier moralement et sur tout autre plan la clique qui règne à Ramallah.

Le discours sur la naqba est, de fait, une falsification éhontée. Nul n’a demandé aux Arabes vivant sur la terre d’Israël d’organiser des pogroms antijuifs dès les années 1920. Nul ne leur a demandé de suivre les directives d’Amin al Husseini, mufti de Jérusalem, ami personnel d’Hitler et de tous les dignitaires du Troisième Reich, chantre de la « solution finale », fondateur d’une légion Waffen SS musulmane, père spirituel de tous les dirigeants palestiniens.

Nul ne leur a demandé de contribuer à la guerre d’extermination lancée contre Israël dès sa (re)naissance par les pays arabes de la région, et s’ils sont partis au moment où la guerre s’enclenchait, aux fins de ne pas être éclaboussés par le sang juif qu’ils espéraient voir versé, cela n’en fait pas moins d’eux des coupables.

Les Arabes qui n’ont pas pris le parti des exterminationnistes sont citoyens israéliens aujourd’hui, et si nombre d’entre eux crachent sur la démocratie israélienne tout en profitant de ses avantages, ils n’en sont pas moins, disent les derniers sondages, 77% à ne vouloir vivre nulle part ailleurs dans la région et à déclarer qu’ils tiennent à leur nationalité israélienne.

On doit aussi rappeler les faits.

Il n’y a jamais eu d’Etat arabe palestinien. Les Arabes ont été des envahisseurs dans la région, au moment des conquêtes musulmanes. Ils ont été asservis par les Turcs, Seldjoukides, puis Ottomans jusqu’aux lendemains de la Première Guerre Mondiale. Le « Mandat palestinien » confié par la Société des Nations pour créer un foyer national juif s’est trouvé rapidement amputé de quatre-vingt pour cent de sa surface pour créer un Etat arabe palestinien, la Jordanie. Les vingt pour cent restants ont été divisés en deux par décision des Nations Unies en 1948, et cette division prévoyait la création d’un deuxième Etat arabe palestinien à côté d’Israël. Les dirigeants arabes n’ont pas voulu de ce deuxième Etat, ils n’ont pas voulu d’un Etat à côté d’Israël, (re)créé sur dix pour cent seulement du Mandat palestinien : ils ont voulu exterminer. Ils ont échoué. Ils ne méritent que le dégoût. Ces gens sont porteurs d’intolérance, de haine, de désir de meurtre. Ils sont imprégnés du goût du sang. Outre le dégoût, ils méritent le mépris et ne cesseront de le mériter que s’ils montrent concrètement qu’ils ne sont pas méprisables.

On doit ajouter que le deuxième Etat palestinien n’a pas été créé, mais que la Judée-Samarie a été annexée de force par la Jordanie, et Gaza par l’Egypte : pendant toutes les années où a duré l’annexion forcée, nul n’a parlé de naqba. Nul, il est vrai, ne parlait de territoires palestiniens ou de peuple palestinien. Les notions n’avaient pas encore été inventées. Les Arabes vivant en Judée-Samarie et ceux vivant à Gaza n’avaient alors subi aucune catastrophe. Ils n’ont commencé à parler de catastrophe que bien plus tard. La commémoration de la naqba a été instaurée en 1988, par Yasser Arafat, l’homme à la serpillière sur la tête. Pourquoi 1988 ? Parce que le traité de paix entre la Jordanie et Israël avait été signé, et parce que la Jordanie avait laissé la Judée-Samarie pour qu’y soit créé un jour le deuxième Etat palestinien.

On doit noter que les « réfugiés » sont aussi réfugiés que je suis marchand de frites : il leur a été demandé de prouver deux années de résidence sur le territoire d’Israël pour bénéficier de cet intéressant statut. Ils sont, depuis, devenu réfugiés professionnels, financés par les Nations Unies qui ont créé une administration spéciale pour eux, qui les rémunère, et veille à ce qu’ils restent dans l’état de haine frénétique dans lequel elle les a trouvé. Ils sont Palestiniens professionnels. Ils sont, par ailleurs, dans une position étrange pour des gens censés avoir subi un « génocide » : ils sont partis cinq cent mille et ils veulent revenir cinq millions. Chez ces gens-là, on est réfugié de père en fils et de mère en fille et on fait beaucoup de petits réfugiés. On peut acquérir le statut de réfugié par mariage ou par cousinage. Il n’existe nulle autre population sur la planète qui ait bénéficié un jour du statut de réfugié octroyé de cette façon : cherchez ailleurs des réfugiés qui héritent du statut de réfugié, ou des réfugiés par alliance, cherchez des réfugiés sur trois ou quatre générations, vous n’en trouverez pas.

Ces gens ont été maintenus dans leur statut de réfugié grâce à l’administration spéciale des Nations Unies créée exprès pour eux, l’UNWRA. Ils ont été maintenu aussi dans ce statut par les pays arabes qui les ont maintenu dans des « camps de réfugiés » aux fins de les utiliser comme chair à canon et comme otages d’une stratégie qui visait à poursuivre la guerre exterminationniste ratée de 1948-49. Et ils jouent jusqu’à présent le rôle qu’on leur a assigné. Ils sont maintenus dans une situation réelle d’apartheid au Liban et en Jordanie, mais nul ne proteste nulle part contre l’apartheid pratiqué par le Liban et la Jordanie : chez les nouveaux antisémites européens, si on ne peut pas accuser des Juifs et souhaiter leur mort, ce n’est pas intéressant.

La réalité est qu’il y a déjà un Etat palestinien sur quatre vingt pour cent du territoire du Mandat palestinien, la Jordanie. La réalité est que la Jordanie est peuplée à quatre vingt pour cent d’Arabes « palestiniens » : le reste de la population étant composée de bédouins et d’Arabes venus d’Arabie Saoudite avec un roi qui s’est retrouvé là parce qu’il avait été chassé de La Mecque, mais qui est aussi « jordanien » que je suis aztèque.

La réalité est qu’il n’y a pas la moindre légitimité à parler de « peuple palestinien », de « territoires palestiniens », et pas la moindre légitimité non plus à envisager de créer un deuxième Etat palestinien. Les Arabes « palestiniens » n’ont qu’à prendre le pouvoir dans l’Etat palestinien de Jordanie et qu’à le rebaptiser Palestine s’ils y tiennent. Arafat avait d’ailleurs tenté de faire cela voici quarante ans. Cela s’était mal terminé pour l’OLP, mais cela ne change rien à la réalité : le roi de Jordanie règne sur un fragment de terre arabe « palestinienne » tout en opprimant les populations arabes « palestiniennes ».

La réalité est qu’Israël a commis une grave erreur en signant les accords d’Oslo. Ces accords ont toujours été nuls et non avenus. Mais l’accord entre partisans du djihad lent, Autorité Palestinienne, et partisans du djihad rapide, Hamas, montre en soi qu’ils n’ont jamais eu même la valeur du papier sur lequel ils sont imprimés.

La réalité est qu’il n’y aura pas de deuxième Etat palestinien, parce que ce n’est pas nécessaire, et parce que ce n’est pas ce que veulent les dirigeants « palestiniens », qui n’ont cessé de vouloir la destruction d’Israël et l’extermination du peuple juif.

La réalité est que tôt ou tard, Israël devra faire ce qui s’impose : tracer des frontières compatibles avec la sécurité d’Israël, et celles-ci doivent inclure l’essentiel de la Judée-Samarie, qui n’a jamais été terre « palestinienne ».

La réalité est que le monde arabe et une bonne part du monde musulman sont imprégnés d’une pathologie venimeuse et très émétique. Lorsqu’on a affaire à des malades rêvant d’assassinat et de meurtres de masse, à des disciples d’Hitler et d’Eichmann, on les traite comme il se doit : on les met hors d’état de nuire. Cela peut se faire en se séparant d’eux. Cela peut se faire en ripostant s’ils attaquent, et je suis partisan de ripostes très dissuasives, du style « pour une dent, toute la mâchoire ». Les seules ripostes efficaces sont les ripostes très dissuasives, celles qui otent à l’ennemi la volonté de recommencer.

Israël doit se séparer des Arabes de Judée-Samarie et tracer unilatéralement ses frontières. Concéder un Troisième Reich miniature à Mahmoud Abbas me semble en soi une mauvaise idée, mais s’il ne dispose pas de davantage d’armes que la principauté de Monaco, ce sera peut être un mal nécessaire.

Tant que les Arabes de Judée-Samarie se conduiront en animaux sauvages, il faudra les traiter conformément à leur comportement.

La seule façon qu’ils redeviennent des êtres humains dignes d’être traités en êtres humains serait qu’ils soient désintoxiqués. Israël devrait suggérer au monde occidental de contribuer financièrement à la désintoxication, alors qu’aujourd’hui le monde occidental fait l’inverse.

Israël devait sortir de la posture défensive qui est la sienne depuis trop longtemps, rappeler les faits, cesser de se placer sur le terrain de l’ennemi, et ne jamais se faire complice des manœuvres cauteleuses d’Obama, de Sarkozy ou de David Cameron.

La seule naqba, la seule catastrophe, c’est ce que les Arabes palestiniens font de leur propre vie. C’est l’existence de dirigeants répugnants tels que Mahmoud Abbas et les dirigeants du Hamas. C’est la complicité de tant de dirigeants occidentaux. C’est la complicité de tant de journalistes occidentaux.

Et qu’on ne se méprenne pas : je suis pour que les peuples arabes soient délivrés, y compris les Arabes qu’on dit Palestiniens. Je suis pour qu’ils soient délivrés du mensonge, du fanatisme, du racisme antisémite, du désir de meurtre. Je suis pour une délivrance rapide.

Je suis aussi pour que le monde occidental contribue à cette délivrance et sorte de son attitude globale aujourd’hui, qui le rend complice d’une tentative de perpétuer une seconde shoah.

Je suis pour qu’Israël, qui est déjà debout, comprenne plus largement qu’il faut changer d’attitude. Impérativement. Lorsqu’on a affaire à des gens qui parlent comme des assassins, qui agissent comme des assassins, qui pensent comme des assassins, il faut les traiter comme on traite les assassins.

Lorsqu’on a la vérité historique de son côté, on doit affirmer la vérité.

Lorsqu’on a affaire à des menteurs, il faut leur rappeler, poliment, mais fermement, ce qu’est la vérité.

Dois-je l’ajouter ? Ceux qui ont tenté d’envahir Israël le jour de la « naqba » n’étaient pas des civils innocents, mais des gens impliqués dans un acte de guerre. L’armée israélienne a fait preuve de retenue et de sang froid. Ce qui explique quil n’y ait pas eu davantage de victimes.

Des gens imprégnés de haine génocidaire qui tentent d’envahir un pays sont en guerre. Même s’ils n’ont pas d’uniforme. Même s’ils servent volontairement de boucliers humains à ceux qui ont des armes. Servir volontairement de bouclier humain est contribué à l’action de celui dont on est le bouclier.

Reproduction autorisée avec les mentions suivantes et le lien vers cet article :

© Guy Millière pour Drzz.fr

mercredi 11 mai 2011

CHEMIN DE TRAVERSE

L’anéantissement du Bloc et le comportement «banc de ménés», ou moutons de Panurge, tellement peu rationnel, des Québécois en faveur du NPD, obligent le mouvement souverainiste à faire le bon choix d’orientation. Il lui faut une bonne boussole.

Déjà, certains maîtres à penser se sont empressés de conclure que les Québécois ont voté à gauche, alors que le reste du Canada a voté à droite, et que l’option de la souveraineté a été, par le fait même, mise au rancart.

C’est allé un peu vite en affaire. D’abord, quand on analyse les motivations du vote NPD au Québec, on se rend vite compte qu’elles sont plutôt…sans grande consistance. Je ne nie pas qu’il y ait des électeurs qui ont voté NPD avec de fortes convictions de gauche (plusieurs commentaires de ce blogue en témoignent), mais je persiste à dire que le vote de l’immense majorité des Québécois n’est d’aucune façon un vote de gauche. C’est un vote de lassitude, de désabusement, d’écoeurement.

Et maintenant, en regardant les résultats, dont plusieurs, dans certains comtés, sont carrément burlesques, ils se sentent plutôt gênés, comme au lendemain d’une «brosse» quand de mauvais souvenirs de conduite humiliante remontent à la mémoire à travers un brouillard éthylique.

La pire erreur que le mouvement souverainiste pourrait faire, ce serait de fonder sa stratégie à partir du clivage gauche-droite.

Le Canada anglais s’installe à droite, le Québec s’incruste à gauche, misons dons sur cette fracture et efforçons-nous de l’élargir. Telle serait, selon certains, la ligne de conduite qu’il conviendrait de tenir. Une pareille stratégie serait pour les souverainistes et, au premier chef, le PQ, une fausse manœuvre. Parce que ne reposant pas sur une prise en compte adéquate et exhaustive de la réalité politique.

La polarisation idéologique droite-gauche ne ferait que masquer et même évacuer du débat public la Question Nationale.

La mission fondamentale du mouvement souverainiste, ce n’est pas de poursuivre la diabolisation d’un gouvernement canadien de droite et de se cantonner dans des postures de gauche pour marquer sa différence, c’est, au contraire, non seulement de reprendre le combat identitaire, mais de mettre en branle ce que Mathieu Bock-Côté appelle « le démantèlement du multiculturalisme québécois », lui-même un appendice ou une excroissance du multiculturalisme canadien.

Et ce démantèlement ne pourra jamais être pleinement achevé, à mon avis, compte tenu de la nature même de l’opération, que dans un Québec indépendant.

C’est tout simple, je l’ai déjà dit et écrit, il nous faut revenir aux sources du mouvement indépendantiste. « Nous, Québécois et Québécoises, sommes une nation, la plus profondément enracinée du continent. Sur l’immensité de notre territoire, partout nos souvenirs anciens comme notre présence vivante nous rappellent que ce peuple est ici chez lui, dans son foyer ancestral. » Qui a écrit cela? René Lévesque, en 1980.

Or, cette nation est en plein désarroi identitaire. Et l’identité d’un peuple, ce n’est pas seulement sa langue, mais c’est aussi sa culture, ses traditions, son patrimoine, matériel et immatériel, son histoire. Il est évident que toute cette substance identitaire est en voie d’érosion et de dégradation sous les assauts ordonnés du multiculturalisme. Cette idéologie, bien implantée dans les structures de l’État et endossée par une large partie de nos élites, est en train de réussir à nous culpabiliser (nous nous sentons coupables d’être nous-mêmes) et à nous pousser au renoncement à notre héritage historique.

Si nous jugeons indispensable de faire la souveraineté, ce n’est certes pas pour mettre en place des politiques ruineuses écolo-réchauffistes, ni pour faire un virage idiotement pacifiste, ni pour surtaxer les salauds de riches, ni pour se doter d’un État encore plus obèse, ni pour soviétiser encore plus notre système de santé, non, si l’on doit aboutir à l’indépendance, c’est pour entreprendre et mener à terme une nécessaire déconstruction du multiculturalisme qui gangrène depuis des décennies l’État, l’école, l’université, la politique d’immigration, l’intégration des nouveaux venus, la métropole, la culture, la mémoire collective (ce qui en reste).

Plusieurs stratèges souverainistes sont tentés d’amplifier l’affrontement entre un Canada anglais de droite et un Québec de gauche espérant que ça finisse par prendre la forme, d’une part, d’un rejet haineux du Québec et des Québécois (exact contrepied de la grande déclaration d’amour des Canadiens anglais à la veille du référendum de 95) et, d’autre part, par contrecoup, chez les Québécois, d’une telle éruption de dépit et de mauvaise humeur qu’ils aspirent ardemment et massivement à l’indépendance.

On a déjà joué dans un film semblable. C’était à l’époque de l’échec de Meech. Les Québécois étaient tellement en furie d’avoir été dédaignés par le Canada anglais, qu’ils ont majoritairement adhéré à la souveraineté. Dans les sondages! Ce fut un feu de paille. Quelques années plus tard, la colère s’est apaisée et le soutien à la souveraineté est retombé à son niveau antérieur (entre 40 et 45%).

Cette stratégie uniquement fondée sur le ressentiment et l’exécration est donc à rejeter.

L’action, le programme, la stratégie du mouvement souverainiste doivent être axés, à mon humble avis, sur la Restauration Nationale.

Toute nation, en s’inscrivant dans la durée, vit une histoire qui lui est propre. Elle se forge une identité. C’est cette identité qui marque ses œuvres et ses travaux. C’est cette identité qui s’exprime à travers sa langue, sa culture, ses traditions, ses valeurs, son patrimoine, sont art de vivre, sa façon d’occuper le territoire et de bâtir ses lieux d’habitation, son enracinement dans un morceau de la Planète qui devient ainsi une patrie.

Si on oublie cette tâche fondamentale de protection, de promotion et de transmission de toutes ses composantes de notre identité, on ne fait pas seulement fausse route, on renonce à ce qui constitue, depuis ses origines, la raison d’être du projet d’indépendance.

De grâce, ne cédons pas aux flagorneries de ceux (et ils sont nombreux ces temps-ci) qui nous disent que notre progressisme étatiste de gauche fait de nous des être supérieurs, brillants et tellement d’avant-garde, face à des Canadiens anglais obtus, rustres et arriérés. Cultiver cet antagonisme, ce serait, pour les souverainiste, s’engager dans un chemin de traverse qui ne mène nulle part.

Jacques Brassard