samedi 17 novembre 2012

ANGÉLISME ET BRICOLAGE

(Chronique parue le 16 Novembre 2012 dans le Journal de Québec)
                                           

Dans ses mémoires, René Lévesque écrit ce qui suit à propos de la loi sur le financement des partis politiques : «De toutes les réformes que nous avons pu mener à bien, voila celle dont je serai toujours le plus fier. Celle également qu’on ne laisserait ternir que pour avoir à s’en mordre les doigts.»

Quand on observe d’un regard horrifié les péripéties sordides de la Commission Charbonneau, on comprend mieux pourquoi, pour René Lévesque, son principal objet de fierté en matière de législation, ce n’était pas la charte de la langue française, ni la loi de l’assurance-automobile, ni celle sur le zonage agricole, c’était la loi sur le financement démocratique des partis politiques.

Or, ne voilà-t-il pas que le nouveau gouvernement, désireux sans doute de montrer que, lui, contrairement au gouvernement précédent, éclaboussé par des allégations de financement occulte et illégal, sera d’une moralité irréprochable. Et il le démontre illico en amendant la loi.

Comment? En fixant à 100$ la contribution  maximale d’un citoyen à un parti politique. Plutôt que 1000$ tel que le prévoit la loi actuelle. Rappelons que du temps de René Lévesque, c’était 3000$. En dollars d’aujourd’hui, ce serait sans doute au moins le double : 6000$.

Est-ce à dire qu’à 1000$, l’intégrité et la moralité sont six fois mieux défendues et sauvegardées qu’à 6000$, et le seront soixante fois mieux en fixant la limite à 100$? Bien sûr que non!

Je dirais même : au contraire! Une limite aussi basse ne fera qu’accroître la tentation de recourir aux prête-noms. Car, voyez-vous, plusieurs l’ont signalé, elle est là, la faille de la loi : les chèques sont personnels, comme le stipule la loi, mais, souvent, l’entreprise pour laquelle travaillait le donateur remboursait le montant donné. C’est ce trou dans la loi qu’il faut colmater.

Par conséquent, limiter à 100$, la contribution aux partis, ce n’est que de l’angélisme «plus blanc que blanc», mais ça ne règle pas le problème, ça ne peut que l’aggraver.  L’ancien ministre Yves Duhaime a bien raison : « Le PQ continue dans sa tradition : il a une mouche à écraser…il sort la masse!»

D’autre part, le gouvernement entend bien extirper de la vie démocratique les manigances politiciennes. De quelle manière? En prévoyant dans la loi des élections à date fixe.

Nous vivons depuis 1792 dans un régime parlementaire de type britannique. Et nous avons conquis la responsabilité ministérielle depuis 1848. Depuis ce temps, le gouvernement doit obtenir et conserver la confiance de la majorité des élus au Parlement. C’est la quintessence même du régime parlementaire britannique. Contrairement au régime présidentiel dont le détenteur du pouvoir exécutif, le Président, est élu au suffrage universel. Et il est indélogeable, même si l’institution législative (le Congrès par exemple) ne lui fait pas confiance et rejette ses propositions.

Dans notre régime (on peut ne pas l’apprécier, mais on ne doit pas le dénaturer), si un gouvernement perd la confiance de la Chambre, il est comme on dit renversé. Ce qui signifie presque toujours des élections. Et s’il est majoritaire, il peut démissionner en tout temps et déclencher un scrutin. Comme Lesage l’a fait en 1962. Et en 1981, autre cas de figure, Lévesque a fait un mandat de presque cinq ans. Dans les deux cas, était-ce des manigances? Dans notre régime, des élections à date fixe, c’est du bricolage …contre-nature.

Jacques Brassard

vendredi 9 novembre 2012

LE DÉCLIN DE L'AMÉRIQUE

(Chronique parue le 9 Novembre 2012 dans le Journal de Québec)
                                             

Une question me turlupine depuis mardi soir : pourquoi les Américains ont-ils réélu le faux-messie de la Maison-Blanche, alors que, de toute évidence, son premier mandat fut manifestement calamiteux?

Comment ont-ils pu mettre entre parenthèses la ruine de l’économie américaine et le désastre de la politique étrangère de la plus grande puissance mondiale et réélire le Génie du Potomac?

Car il faut bien se rendre à l’évidence : l’économie américaine est en panne. Tous les paramètres sont bien connus : un État surendetté (la dette fédérale est passée de 9000 milliards de dollars à 15000 milliards au cours des 4 dernières années); un taux de chômage toujours élevé; le recours aux banques alimentaires qui a bondi de 50%; les entreprises qui renoncent à investir; des milliards de subventions aux énergies dites renouvelables qui ont mené à des faillites en cascade. 

Devant une pareille débâcle, comment les électeurs ont-ils pu croire à la rengaine obamienne voulant que, puisque la crise s’était déclenchée avant son investiture, le demi-dieu de Chicago n’était nullement responsable du délabrement de l’économie américaine? C’est quand même lui qui a choisi de sortir de la dépression et de relancer la croissance par l’endettement massif et les déficits astronomiques. Et ce fut un échec lamentable dont il est pleinement responsable. Comme il est tout aussi indéniable que c’est Reagan qui est responsable de la sortie de crise et de la mutation de l’économie dans les années 80.

Sur le plan international, «les années Obama, écrit Guy Millière, ont vu s’effectuer la plus grande avancée de l’islam radical sur la planète». Après avoir joué un rôle essentiel dans le démantèlement des deux fléaux totalitaires qui ont ravagé le monde au XXe siècle, le nazisme et le communisme, il saute aux yeux que les États-Unis sous Hussein Obama ont renoncé à combattre ce nouveau totalitarisme que constitue l’islamisme.

Le «Benghazi gate» illustre bien cette complaisance et cette démission à l’égard de l’islam radical qui caractérisent la politique étrangère du gouvernement Obama. Quatre Américains, dont l’ambassadeur en Lybie, ont été massacrés à Benghazi à la suite d’une attaque d’une brigade terroriste d’Al Quaida qui a duré sept heures. À trois reprises, une demande de secours leur a été refusée au plus haut niveau de l’État. Pendant deux semaines, le Président n’a pas voulu reconnaître qu’il s’agissait d’une agression terroriste planifiée. Le scandale de Benghazi, toujours sous enquête au Congrès, pourrait bien devenir un cauchemar pour Obama.

Si Obama a pu être réélu, c’est sans aucun doute parce que les États-Unis ont connu une profonde mutation. L’adhésion aux valeurs fondatrices du pays (liberté, responsabilité, morale judéo-chrétienne) est loin désormais d’être unanime. La dépendance envers l’État s’est accrue. L’assistanat a progressé notablement. Et Obama, incarnation de la gauche du parti Démocrate, a su rallier à lui pauvres et chômeurs en stigmatisant les riches et les puissants, avec qui pourtant il a de solides accointances.

Et pour une deuxième fois, il a gagné grâce …à «l’argent et aux votes ethniques». Le fait est que les Noirs ont voté démocrate à 96%, les latinos à 75% et les asiatiques à 73%. En réalité, seul l’électorat blanc est divisé.

Nous voilà donc, de nouveau, avec un Président qui peinera à sortir l’économie du coma et  qui laissera l’islam radical progresser. Cela pourrait bien s’appeler le début du déclin de l’Amérique. Et de l’Occident.

Jacques Brassard

ADDENDUM

Vous pourrez lire dans la section «commentaires» une contribution typique de la gauche: un mélange de procès d'intention, de diabolisation de l'adversaire et de mensonges purs et simples.
Procès d'intention d'abord. Je croirais, selon lui, que les noirs, les latinos et les femmes ne sont pas de «vrais américains». Les seul vrais, pour moi, ce serait les «wasp's». En d'autres termes, je suis raciste, xénophobe et mysogine. N'en jetez plus, je suis comblé! Les Républicains aussi ont les mêmes tares que moi. Et, forcément, les tea parties. En fait les Républicains sont «une gang d'enragés» et les tea parties des «fous furieux». Et le procès est de courte durée. Les preuves sont inutiles. La cause est entendue. Et les pharisiens de gauche, tel le ci-devant commentateur, peuvent alors s'imbiber de bonne conscience et afficher leurs vertus exemplaires.
La diabolisation de l'adversaire ensuite. C'est là une vieille tactique de la gauche. Nous, la racaille de droite, nous sommes vraiment infréquentables. Et pas montrables. Parce que nous sommes motivés par «la haine, le mépris, le désir de vengeance». Dieu que nous sommes méchants! On fait même appel à Kant pour bien montrer que la gauche a de la culture. Alors que, c'est bien connu, les sales Républicains et les minables tea parties sont des ignares, des crétins et des pestiférés qui doivent penser que Kant est un joueur de baseball.
Des mensonges enfin. Ainsi, «la maxime de la droite républicaine et du tea party est de faire payer les pauvres». Comment peut-on sérieusement proférer une pareille ineptie? Ou est-il allé pêcher une telle baliverne? Il y a assurément une profonde divergence de points de vue entre la droite et la gauche relativement à la gouvernance de l'État. La gauche est keynésienne: la relance de l'économie doit se faire par l'endettement, les déficits et l'accroissement de la ponction fiscale. Et on voit ce que ça donne: un désastre! La droite privilégie, elle, la réduction massive des dépenses de l'État et une réduction du fardeau fiscal pour sortir de la crise. Dans les années 80, Ronald Reagan et Margaret Thatcher ont démontré que les façons de faire de la droite réussissent mieux que celles de la gauche, donc celles choisies par Obama. Et «faire payer les pauvres» ne fait nullement partie de la méthode de la gauche.
Dernière remarque. C'est tellement facile et réconfortant de voir les tea parties comme des «fous furieux». De cette façon, les vertueux de la gauche sont dispensés d'examiner les valeurs et les convictions de ces honnêtes citoyens qui sont toujours attachés aux valeurs fondatrices de l'Amérique (dont la liberté, au premier chef), à la famille, au sens de l'effort et qui pensent que trop de dépendance envers l'État n'est pas souhaitable. Ce ne sont donc ni des fous, ni des enragés.
Mais quoique je dise et quoique j'écrive, nous savons bien que c'est peine perdue. La gauche est tellement suffisante, tellement imbue d'elle-même qu'il est vain d'essayer de la faire sortir de son credo et de ses dogmes.
Jacques Brassard




 

 

vendredi 2 novembre 2012

BANDE À PART


  (chronique parue le 2 Novembre 2012 dans le Journal de Québec)                                         

L’élection québécoise de septembre a manifestement porté les Verts au Pouvoir. Les ministères clés de l’environnement et des ressources naturelles sont entre les mains de deux écolos de stricte observance. Les deux sont animés d’une aversion, de nature idéologique, à l’égard des hydrocarbures, ce qui risque fort d’entraver et même de bloquer l’exploration et l’exploitation des ressources gazières et pétrolières au Québec.

Il est vrai que, devant l’Association Pétrolière et Gazière du Québec (présidée par Lucien Bouchard), la ministre Martine Ouellet a exprimé son accord avec la production de pétrole au Québec. Mme Marois aussi. On verra dans les mois qui viennent si un pareil engagement va se traduire par des décisions et des actions concrètes. Et l’une de ces décisions sera, de la part de la ministre, de lever le moratoire, officieux sinon officiel, qui empêche d’exploiter le site prometteur d’Old  Harry dans le golfe St-Laurent.

Prendra-t-elle cette décision? À voir! Mais si elle la prend (ce qu’il faut souhaiter), elle devra affronter les brigades «enverdeuses», c’est-à-dire, en somme, ses camarades de combat pendant des années. Ce qui serait une rupture fort douloureuse.

 Mais il faut faire diligence. Car, déjà, Terre-Neuve s’active dans le secteur. D’ailleurs, la ministre n’a aucun motif pour ne pas aller de l’avant puisque le gouvernement précédent a conclu un accord avec le fédéral sur le partage des redevances. Nous verrons bientôt si son engagement pris devant l’APGQ n’était qu’une gentillesse de circonstance.

Dans le cas des gaz de schiste, c’est une toute autre histoire. Madame la ministre continue de proclamer qu’il n’y a pas de technologies suffisamment sécuritaires pour lever le moratoire. Il semblerait que le dossier est désormais entre les mains du ministre de l’environnement.  Ce qui n’est guère rassurant. En fait, le dossier transite d’une ministre écolo vers un ministre encore plus écolo.

Et, à cet égard, Lucien Bouchard a bien raison de signaler que si le Québec «devait renoncer à développer son potentiel gazier, il ferait curieusement figure à part au sein de l’entourage continental de ses voisins». Est-il vraiment souhaitable de faire ainsi bande à part?

Aux États-Unis, des milliers de puits sont en production et il s’avère que la technologie utilisée et mise au point depuis des décennies, la fracturation hydraulique, n’entraîne aucunement la contamination de la nappe phréatique. Par conséquent, la Grande-Peur des bien-pensants verdoyants, soit la pollution des aquifères, n’est nullement fondée.

Dans une étude substantielle, le New-York State Department  of Conservation écrit sans équivoque «qu’aucune occurrence de contamination des eaux souterraines n’a été enregistrée suite à des forages horizontaux ou l’emploi de fracturation hydraulique dans l’État de New-York».

Et le même constat a été fait par les agences environnementales et locales pour les États de l’Alabama, Alaska, Colorado, Indiana, Kentucky, Louisiane, Michigan, Oklahoma, Tennessee, Texas, Dakota du Sud et Wyoming.

À moins de continuer de faire croire aux citoyens que les États-Unis sont un État  du Tiers-Monde qui n’a aucune réglementation environnementale digne de ce nom, je ne vois pas comment les Verts au Pouvoir à Québec peuvent persister à cautionner la désinformation systématique qui sévit chez nous en matière de gaz de schiste.

La France mise à part (Québec et France : même aveuglement!), l’Europe aussi s’est lancée dans l’exploitation de cette ressource. Y compris l’Allemagne, l’État sans doute le plus vert au monde!

Jacques Brassard

 

 

mardi 16 octobre 2012

LES VERTS AU POUVOIR


                                         

En déclarant que, désormais, les Verts étaient au pouvoir à Québec, le nouveau Ministre de l’environnement, Daniel Breton, ne faisait pas que se péter les bretelles, il énonçait un fait. Une vérité qui ne pouvait surprendre que les inattentifs. Car il était évident, et depuis un bon moment, que Pauline Marois s’était entourée d’une garde rapprochée écolo radicale et que cette dernière ne pouvait qu’occuper une place centrale dans le nouveau gouvernement.

Mais le pire est survenu : une verdoyante pur jus, Martine Ouellet, titulaire du ministère économique le plus important de l’État, celui des ressources naturelles. C’est, je l’avoue, la nomination qui m’a le plus …horrifié. C’est comme confier au renard la surveillance du poulailler en croyant qu’il va inciter les poules à pondre! Stupéfiant!

Et Madame la Ministre a commencé très rapidement à faire de ravages. Sa déclaration sur les gaz de schiste est exemplaire de sa rigidité idéologique. Ainsi donc, elle ne voit pas le jour ou des technologies sécuritaires permettront l’exploitation des gaz de schiste. Aberrant!

Il y a des milliers de puits aux États-Unis qui produisent du gaz de schiste à partir d’une technologie mise au point depuis des décennies, la fracturation hydraulique, et cela sans dommages environnementaux majeurs. La Grande Peur des bien-pensants écolos, soit la contamination de la nappe phréatique, n’est d’aucune façon une réalité dans les États américains on l’on exploite ce type de gaz. Sinon, ça se saurait!

Les États-Unis, grâce à cette production  de gaz de schiste, ont considérablement accru le niveau de leur indépendance énergétique. Et c’est sans compter les effets économiques bénéfiques en matière d’investissements et de création d’emplois. Dans l’Amérique que le Messie Obama a menée à la ruine, c’est le secteur gazier qui est, à toutes fins utiles, le seul qui connait la croissance et qui crée de la richesse.

Nous aussi, au Québec, nous pourrions connaître un développement économique utile et avantageux en permettant, dans des conditions sécuritaires (ce qui est tout à fait possible dans l’état technologique actuel), l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste.

Mais on ne le fait pas et on ne le fera pas parce qu’on s’est laissé baratiner et désinformer par les chamans «enverdeurs»  et «environnementeurs», plus soucieux de faire triompher leur aversion quasi-religieuse pour les hydrocarbures (dont la combustion a le malencontreux effet de produire du CO2, ce gaz diabolique, symbole exécrable du capitalisme industriel) plutôt que de permettre une amélioration significative de la situation économique des Québécois.

Madame la Ministre n’est, parait-il, pas contre cependant l’exploitation du pétrole dan le golfe St-Laurent. Va-t-elle se contenter de ne pas être contre…ou va-t-elle poser des gestes concrets pour favoriser activement l’exploration et l’exploitation du site très prometteur dénommé Old Harry? Si, par ailleurs, elle n’est pas simplement passive, elle aura alors à se tenir debout face aux cohortes verdoyantes (ses amis et ses compagnons de lutte) qui vont se déchaîner contre toute forme d’exploitation pétrolière sous terre aussi bien qu’en mer. J’ai bien peur qu’elle va brandir très vite le drapeau blanc, celui de la capitulation honteuse.

Or donc, le Vert sont au pouvoir. Ce qui était prévisible (ils l’étaient déjà du temps des libéraux) quand on sait que toute la classe politique au Québec (ou presque) est envoûtée et subjuguée par le clergé écolo. En fait, nos politiciens meurent de trouille dès qu’un groupuscule vert sort ses pancartes et éructe ses slogans. Ils font dans leur froc et ils s’agenouillent.

Dans ces conditions, il n’est guère surprenant de voir la nouvelle Première Ministre confier à une écolo pure et dure un ministère qui devrait normalement jouer un rôle essentiel en matière de création de richesse. 

Je crains que Mme Ouellet n’ait pas fini de faire des dégâts.

Jacques Brassard    (16 octobre 2012)

 

 

dimanche 16 septembre 2012

L'INSOUTENABLE LÉGÈRETÉ DE LA VICTOIRE


                               

Il y aura donc un gouvernement minoritaire du Parti Québécois. Avec moins du tiers des suffrages exprimés et un écart de moins de 1% avec le PLQ, sa légitimité sera fort modeste et sa marge de manœuvre très mince. Voilà une victoire qui n’a rien d’un triomphe, c’est le moins qu’on puisse dire.

Chroniqueurs, blogueurs, experts vrais ou prétendus, éditorialistes ont tellement glosé sur cette élection qu’il n’y a plus grand-chose à rajouter. Glosons malgré tout!

Je vous dirai d’abord que, contrairement aux journalistes qui l’ont trouvée passionnante (sans doute parce que la lutte était serrée), moi, j’ai trouvé cette campagne électorale déprimante.

Car, voyez-vous, les partis politiques québécois (notez que c’est partout pareil)  ont tous mené le jeu électoral avec le même vieux logiciel datant de la Révolution tranquille. Il s’agit d’empiler des engagements ayant pour but, soit «d’enrichir» un programme étatique existant, soit d’en créer d’autres. L’opération se soldant il va sans dire par des augmentations de dépenses. Financées comment? Par la dette? Elle a depuis longtemps dépassé les limites du raisonnable. Par l’impôt? Sacrebleu! Nous sommes les plus taxés en Amérique du Nord!  Il y a là une sorte d’effet pervers du jeu démocratique : il semble que ce soit inconvenant de solliciter le vote des électeurs sans leur promettre de dépenser plus, toujours plus!

De sorte que quand je voyais les partis politiques prendre l’engagement de multiples façons de poursuivre le gavage de l’État-Providence pour qu’il devienne encore plus obèse, leur taux de crédibilité s’affaissait sous mes yeux  et je décrochais, envahi par la déprime et la lassitude.

En fait, on pourrait changer de logiciel, mais pour ce faire, il faudrait une forte dose de courage politique. On est loin d’en être là!

En tous cas, ce n’est surement pas le cas du parti qui est appelé à former un gouvernement minoritaire. Il a plutôt opté pour la démagogie facile (gel des droits de scolarité et des tarifs de garderie, sur taxation des riches),  l’interventionnisme étatique (moratoire sur les gaz de schiste, création d’une banque de développement économique, pressurer les minières, nationaliser la filière éolienne)  et l’écologisme radical.

Bref, le PQ a décidé de se décaler fortement à gauche et, ainsi, de se rapprocher de Québec Solidaire qui, lui, est un parti résolument socialiste (pour ne pas dire franchement communiste).

Ce faisant, il a abandonné le centre, le centre droit et la droite du prisme politique au PLQ et à la CAQ. Voilà pourquoi il est minoritaire, avec moins du tiers des votes, ce qui constitue un des pires résultats de ce parti depuis 1976.

Et n’allons surtout pas croire que ce déportement vers la gauche est une erreur de parcours. Il est voulu et délibéré. Il résulte du fait que le PQ a cessé d’être une «coalition arc-en-ciel» depuis le départ de Lucien Bouchard. Mais si ce n’est pas une erreur de parcours, c’est assurément une erreur d’évaluation des courants politiques au Québec. C’était pourtant bien connu que la population du Québec n’adhérait pas majoritairement au système de valeurs et aux schémas de pensée de la gauche étatiste. Les résultats électoraux en sont la preuve.  La gauche (PQ et Québec Solidaire) n’a récolté que le tiers des voix seulement.

Avec le score qu’il a obtenu, le PQ n’a manifestement pas assumé sa tâche de rassembleur de l’électorat souverainiste. En fait, il l’a mis de côté.

À l’époque ou l’ADQ, après être devenue l’Opposition officielle, avait, à l’élection suivante, perdu subitement la confiance de la population, j’avais alors (avec d’autres dont Joseph Facal et Mathieu Bock-côté) pressé le PQ à se recentrer  et à se rapprocher de ces centaines de milliers d’électeurs dépités.

On le sait, il ne l’a pas fait. Il n’a pas voulu mécontenter son aile gauche et il a fait les yeux doux à Québec Solidaire. Dès ce moment-là, les jeux étaient faits!

Et nous voilà avec un PQ minoritaire, plombé par un programme écolo-gauchiste dont la nature populiste a déplu aux deux tiers de l’électorat. Félicitations pour votre beau programme!

La suite sera navrante! Mme Marois ne pourra pas mettre en œuvre son programme de gauche et ses promesses irresponsables. C’est, d’une certaine façon, une chance pour nous!

Les Français, eux, sont moins chanceux. Non seulement, ils ont élu l’Ahuri à l’Élysée, mais ils lui ont donné une majorité à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Le désastre est en cours!

Chez nous, la Première Ministre devra se résigner à des reculades et à des abandons douloureux. Ce qui ne sera pas mauvais pour nous, mais ça risque de la placer dans des postures pas très avantageuses et vulnérables devant son escadron écolo-gauchiste.

En fait, pour tout le monde, l’horizon est brouillé.

Jacques Brassard

mardi 24 juillet 2012

LE PEUPLE INVENTÉ


                                                   

Vous souvenez-vous de l’émoi et de l’indignation provoqués, au sein de la gauche politique et intello-médiatique, par une déclaration de Newt Gingrich, alors candidat à la primaire républicaine et ancien président de la Chambre des Représentants, déclaration qualifiant les Palestiniens de «peuple inventé».

Comment ce conservateur américain pouvait-il oser écorner l’aura et entacher la réputation du peuple considéré par toute la gauche occidentale comme l’archétype du Peuple-Victime par excellence? Quelle bassesse! Quelle ignominie! N’est-ce pas?

En fait, il n’a fait que dire la vérité. Le peuple palestinien est en effet un peuple d’invention récente.

Pour vous en convaincre, il vous suffit, à moins que vous suffoquiez tellement de rage devant cet énoncé que vous en soyez incapables, de lire un livre fort éclairant de David Horowitz et de Guy Millière intitulé : Comment le Peuple Palestinien fut Inventé.

«Depuis trop longtemps, écrit Guy Millière en introduction, les faits historiques les plus élémentaires concernant le Proche-Orient sont laissés de côté : ils sont ici rappelés avec simplicité et vigueur.»

Le premier fait qu’il faut rappeler est le suivant : les Juifs ont toujours vécu dans cette région du monde. Depuis plus de 3000 ans, très certainement. Ils y ont créé un royaume, un pays, le Royaume d’Israël. Ce dernier fut il est vrai anéanti par les Romains en l’an 70 de l’ère chrétienne. Il y a eu certes dispersion (la diaspora) tout autour de la Méditerranée, mais il y a toujours eu, à travers les siècles, une présence juive significative dans leur antique patrie et dans leur ville sainte, Jérusalem.

Et les Arabes, eux? Ils sont arrivés au VIIe siècle et se sont installés sur le même territoire que les Juifs. Mais aucun État palestinien n’a été créé. Cette région fut tout à tour soumise et dominée par les Byzantins, puis par les Arabo-musulmans, puis par les Turcs Ottomans, et enfin, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, par les Britanniques.

Ce sont d’ailleurs les Britanniques qui se sont vus confier par la Société des Nations le mandat visant à faire renaître un «Foyer National Juif».

À partir de là, beaucoup de Juifs venant du monde entier sont retournés dans leur patrie. Ils ont légalement acquis des terres et les ont développées (la spoliation des terres par les Juifs est un des nombreux mensonges historiques forgés dans ce coin du monde).

Fait remarquable, note David Horowitz, «les immigrants juifs ont apporté le développement industriel et agricole et attiré des gens en quête de travail». Et ces gens étaient des Arabes qui venaient des pays  environnants : Liban, Syrie, Égypte, future Jordanie.

Car, avant même la création de l’État d’Israël, un nouvel État arabe fut créé sur plus de 80% du territoire sous mandat britannique (tout le territoire à l’est du Jourdain). Il s’est d’abord appelé Transjordanie, puis Jordanie, et la direction du nouvel État fut confiée à la dynastie hachémite. Et c’était en fait un État palestinien.

En 1948, enfin, les Nations Unies adoptent un plan de partition pour le reste du territoire. «Les Arabes, écrit Horowitz, se sont vus attribuer les terres juives anciennes de Judée et de Samarie— aujourd’hui plus communément appelées Cisjordanie. Les Juifs ont reçu trois rubans de  terre coupés les uns des autres, situés au bord de la Méditerranée, et le désert du Néguev. Ils se sont vus accorder  l’accès la ville de Jérusalem.»

Sur le futur territoire d’Israël, il y avait un million deux cent mille Juifs et huit cent mille Arabes.

On connait la suite : les pays arabes voisins (Égypte, Syrie, Jordanie, Irak) ont refusé ce partage et leurs armées se sont ébranlées en vue d’anéantir l’État naissant d’Israël. Mais, à la surprise du monde entier, les armées arabes furent repoussées et vaincues.

L’État d’Israël était né. Mais aucun État palestinien n’apparut. Et personne n’en réclamait la création.

«En 1950, la Jordanie a annexé la totalité de la Judée-Samarie (Cisjordanie) et l’Égypte a annexé Gaza, sans protestation de qui que ce soit.»

Dès lors, la question des réfugiés est apparue.

D’abord, 600,000 Juifs, chassés de leurs terres par les États arabes  du Proche-Orient et d’Afrique du Nord, ont été majoritairement accueillis en Israël. L’établissement de cet afflux d’immigrants expulsés s’est fait sans aucun financement de l’ONU.

Par ailleurs, des centaines de milliers d’Arabes (de 4 à 500,000) ont quitté le territoire du nouvel État, suivant en cela les consignes des armées arabes. On leur disait qu’il s’agissait d’un départ temporaire, le temps de faire disparaître l’État d’Israël. Ce qui n’est jamais survenu. Tous ces «fuyards temporaires» se sont vus aussitôt accorder par l’ONU le statut de réfugiés. Et on a créé en 1950 un organisme spécifique, l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency), chargé de fournir aide et assistance aux «réfugiés palestiniens». Le budget de cette agence onusienne, financé par des gouvernements surtout occidentaux (les États-Unis sont le principal bailleur de fonds), dépasse les 500 millions annuellement.

Ce statut de «réfugié palestinien» est unique dans le monde entier. Il est transmissible de génération en génération. Enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, des quelques 500,000 réfugiés de 1948 ont acquis le statut à la naissance. Ce singulier statut héréditaire n’existe nulle part ailleurs. Ailleurs, depuis toujours, les réfugiés s’intègrent dans la société d’accueil et leurs descendants sont des citoyens du pays qui les a reçus.

Par conséquent, ces 5 à 600,000 réfugiés, s’étant multipliés, sont maintenant plus de 5 millions. Et le côté surréaliste de  l’affaire, c’est que ces 5 millions de «réfugiés palestiniens»  exigent qu’Israël leur reconnaisse un «droit au retour»! Vous imaginez la situation : le peuple juif d’Israël submergé sous le flot de «réfugiés palestiniens» qui carburent depuis des décennies à la haine des Juifs et qui n’ont qu’une obsession, «rayer Israël de la carte».

D’ailleurs, depuis la naissance d’Israël, l’objectif des pays arabo-musulmans a toujours été d’anéantir l’État d’Israël.

En 1967, les armées arabes se lancent de nouveau à l’assaut d’Israël. Tsahal leur inflige une raclée et prend le contrôle de la bande de Gaza, du Sinaï, de la Judée-Samarie et du plateau du Golan.

En 1973, les mêmes armées arabes sont encore une fois mises en déroute.

Et la création d’un État palestinien ne fait nullement partie des «buts de guerre» des pays agresseurs.

Ce n’est qu’après ces défaites que le «peuple palestinien»  a été inventé. Sur les conseils du KGB. Les gouvernements arabes de la région se sont laissés convaincre que de maquiller la volonté de détruire Israël en «lutte de libération nationale» serait bien vu en Occident.

Et ils ont eu raison. Les vertueux bien-pensants de la gauche occidentale  se sont empressés de donner leur soutien à un autre peuple «opprimé», sans se soucier le moindrement de la falsification historique qui  était à l’origine de ce changement de cap.

Le «peuple palestinien» était né. Et comme il était engagé dans une «lutte de libération nationale», il fallait, en toute logique, une peuple oppresseur et tyrannique. Ce fut, évidemment, le peuple juif qui, par un singulier retournement des choses, d’agressé se métamorphosa en agresseur.

Toute la gauche occidentale (y incluant les catholiques de gauche, ce qui est proprement scandaleux) adhéra à cette contrefaçon historique bricolée par l’OLP et les États arabes.

Soit que les vertueux bien-pensants de gauche sont sincèrement convaincus que cette falsification historique est une vérité indubitable, et ce sont alors de parfaits idiots utiles; soit ils sont tout à fait conscients que le «peuple palestinien» est une invention toute récente, mais ils jugent cette énorme tromperie indispensable pour masquer leur antisionisme et leur judéophopie. D’après vous, dans quelle catégorie (idiot utile ou antisémite déguisé) doit-on ranger les Gérald Larose, Raymond Gravel, Françoise David, Amir Khadir, Julien Poulin, les présidents de centrales syndicales et bien des politiciens de gauche de chez nous?

Laissons la parole, en conclusion de ce billet, aux deux auteurs d’un livre (Comment le Peuple Palestinien fut Inventé) que vous ne vous retrouverez malheureusement pas dans les librairies québécoises (si j’ai pu le lire, c’est grâce à mon libraire d’Alma qui l’a commandé en Europe…et ça a pris trois mois avant de le recevoir), David Horowitz et Guy Millière.

«Le conflit du Proche-Orient, écrit Horowitz, tient à la volonté du monde arabe de détruire Israël, et au refus des pays arabes et des Arabes palestiniens d’accepter l’existence d’Israël. Si les Arabes étaient prêts à reconnaître Israël et à vivre en paix avec lui en tant qu’État du peuple juif, il y aurait sans doute eu, en supplément de la Jordanie, un État arabe palestinien depuis longtemps.»

«Accepter, écrit Guy Millière, la création unilatérale d’un État palestinien judenrein, antisémite, islamique, exaltant le terrorisme, prônant l’annihilation d’Israël, serait une capitulation par laquelle le monde occidental renoncerait à toutes les valeurs qu’il prétend incarner, et créerait les conditions immédiates d’une guerre où il en irait de la survie d’Israël…Ce qui devrait préoccuper les dirigeants occidentaux aujourd’hui, c’est l’agitation islamiste et les périls qu’elle porte, et c’est la haine anti-israélienne et ce qu’elle signifie de haine anti-occidentale.

L’apaisement  et la lâcheté ne calmeront pas l’agitation islamiste. La complaisance vis-à-vis de la haine anti-israélienne n’empêchera pas celle-ci d’être ce qu’elle est. Abandonner Israël serait abandonné infiniment plus qu’Israël.

Gaza, sous l’autorité du Hamas, est déjà un quasi-État terroriste. Créer un État terroriste en Judée-Samarie serait un crime contre Israël et contre la civilisation occidentale elle-même.»

Que dire de plus?



Jacques Brassard










mercredi 4 juillet 2012

LE SALUTAIRE FIASCO

4 juillet 2012
                                              

Depuis l’échec de Copenhague, les Grands Messes vertes planétaires consacrées au bavardage réchauffiste et vouées au sauvetage d’une Terre soi-disant «aux portes du néant», sont devenues des séances de défoulement pour les écolos radicaux du monde entier et des occasions, pour les politiciens occidentaux, de «faire le jars» en faveur du développement durable.

Ce fut le cas du dernier Sommet de Rio, 20 ans après le premier en 1992. Déconfiture totale! Ça s’est terminé par une déclaration ennuyeuse pleine de vœux pieux et d’objectifs fumeux et sans portée réelle. Ouf!

Savez-vous quoi? Je me bidonne de satisfaction! Comme c’est réjouissant de voir le clergé vert trépigner et hurler de rage devant les gesticulations grandiloquentes et les postures «poudre aux yeux» des chefs d’États de la Planète et des mandarins de l’ONU. Oui, vraiment, je me tiens les côtes! Le rideau tombe sur un mauvais mélo et j’en rigole encore!

Et ce qu’il y a également de fort satisfaisant, c’est le peu d’intérêt suscité par l’événement dans les médias. Se pourrait-il que la presse commence à prendre conscience que toutes ces grandes cérémonies planétaires reposent très largement sur des impostures, des mensonges et des dérapages idéologiques.

Ajoutons, par ailleurs, que bien des chefs d’États, semblant subodorer l’inanité de ces célébrations mondiales de la parlote déconnectées du réel dans lequel sont plongés les peuples de la Terre, se sont dispensés d’y assister. Ce fut le cas de Cameron de la Grande-Bretagne, de Merkel de l’Allemagne et même d’Obama, le chouchou des écolo-gauchistes.

Oui, vraiment, nous l’avons échappé belle. Car l’objectif véritable du mandarinat onusien et des grandes congrégations écolos (internationales et nationales), c’est d’instaurer une gouvernance mondiale en matière d’écologie, de développement durable et de changements climatiques. Dites-moi, ça vous intéresse d’être dirigé et contrôlé par une super technocratie onusienne qui va vous faire les poches et vous enfermer dans des «cages réglementaires» sous le fallacieux prétexte de «sauver la Planète». Et tout cela au détriment des souverainetés nationales et sans la moindre reddition de compte. Merci pour moi!

Voyez comment fonctionne l’ONU. Cette organisation est tombée sous la coupe d’un conglomérat de dictatures et d’États islamistes qui vouent une haine tenace à l’Occident et à ses valeurs. Les dizaines de milliards dépensés par ce Machin ne sont-ils pas largement du gaspillage? Son Conseil des Droits de l’Homme est noyauté par des États qui violent systématiquement les droits humains. Et il faudrait confier à cette superstructure discréditée et dévoyée la fonction de gouvernance mondiale en matière d’environnement? Dieu nous en préserve! Alors que ce sont les dictatures, les États totalitaires et islamistes qui dominent l’Assemblée générale de l’ONU, une gouvernance mondiale «écologique» serait assujettie à la nébuleuse écolo-radicale (dont Greenpeace en est un bel échantillon), ce qui serait une catastrophe planétaire.

Car, au fond, n’oublions jamais que tous les clergés verts sont animés d’une haine tellement féroce envers le mode de production capitaliste qu’ils sont convaincus que la meilleure façon de l’asphyxier et de  l’anéantir, c’est de lui imposer la décroissance.

Écoutez bien Steven Guilbeault, le gourou d’Équiterre, qui accuse les pays riches, comme le Canada, les États-Unis et le Japon, de faire obstacle à la «décarbonisation» de l’environnement et de l’économie.

Décarboniser, cela signifie réduire massivement la part des énergies fossiles dans le fonctionnement de l’économie. Et comme d’autres formes d’énergie ne peuvent pas se substituer, dans un avenir prévisible, aux hydrocarbures, la décroissance en est la conséquence. Et comme les pays dits émergents et les pays pauvres ne peuvent aspirer au développement que par le recours aux énergies fossiles, les en empêcher ou leur imposer de sévères restrictions de nature écologique serait les condamner au sous-développement et à la misère. Il y a beaucoup d’écolos hypocrites qui n’osent pas reconnaître que leur véritable objectif, c’est la décroissance. Mais quand on décode leurs prêches, c’est ce qu’il faut conclure.

D’autres filières énergétiques vont sans doute apparaître dans l’avenir et réduire progressivement la place et l’importance des combustibles fossiles dans l’économie. C’est ce qui s’est produit dans le passé. Au début du XXe siècle, par exemple, c’est le charbon qui était la source d’énergie dominante dans l’industrie et les transports. Progressivement, au fil des décennies, le pétrole et le gaz ont pris la première place. Et le nucléaire est ensuite apparu. Tout cela grâce au génie inventif de l’être humain. Le même phénomène évolutif va certainement  se produire au cours du siècle qui commence. Et l’histoire nous démontre que ce n’est pas l’épuisement de la ressource qui provoque les changements de filières énergétiques. L’Âge de Pierre ne s’est pas terminé avec le manque de pierre. Ni l’Âge du Charbon, avec la pénurie du charbon. Le changement et le progrès sont les fruits de l’inventivité et de l’ingéniosité humaine.

Par conséquent, on peut être assuré que le «paysage» énergétique à la fin de ce siècle qui commence sera radicalement différent de celui que nous connaissons présentement.

Ceci étant dit, pour ce qui concerne la pollution de l’environnement, il est essentiel de rappeler que ce sont les sociétés développées, les économies avancées, qui sont les plus en mesure de la réduire, sinon de la faire disparaître.

Il est maintenant reconnu que plus une économie se développe, plus elle crée de richesse, plus elle dispose de ressources pour combattre et éradiquer les diverses pollutions qui contaminent notre environnement. Les sociétés pauvres et démunies sont incapables de s’attaquer à la pollution. Elles n’en ont pas les moyens. Les gens de mon âge n’ont qu’à se rappeler combien, il y a 50 ans, nos industries (papeteries et alumineries, par exemple) étaient polluantes et combien, aujourd’hui, les mêmes industries ont réduit considérablement leurs effluents nocifs.

Autrement dit, c’est le développement économique issu du mode de production capitaliste,  qui rend possible la réduction et, dans bien des cas, la disparition de diverses pollutions. Je sais bien que j’énonce là une hérésie obscène aux yeux des écolo-gauchistes, mais je ne fais que décrire un fait.

Une chose est sûre cependant, le socialisme et son économie collectiviste ne constituent certes pas une voie prometteuse en matière de protection de l’environnement. Il suffit de se souvenir non seulement de la misère des peuples soumis à des oligarchies communistes, mais également de l’état de délabrement et du niveau élevé de pollution de l’environnement dans tous ces pays  pour se convaincre que le socialisme est un cul-de-sac écologique.

Il est assez curieux à cet égard de constater que l’immense majorité des écolos occidentaux (et de leurs gourous) sont viscéralement hostiles à l’économie de marché et au mode de production capitaliste et sont des partisans enthousiastes d’une économie socialiste. Il y a là un étrange paradoxe qui ne peut s’expliquer que par la haine pathologique des Verts à l’endroit de l’entreprise privée.

Voilà, me direz-vous, un long détour pour souligner toute ma jubilation de voir, depuis quelques années, toutes les Grands Messes écolo-climatiques tourner en eau-de-boudin. Ces flops planétaires, je l’avoue, me mettent de joyeuse humeur. Se pourrait-il qu’un comportement rationnel finisse par s’imposer?

Malheureusement, chez nous, notre Premier Ministre continue de faire le Matamore verdoyant. Alors que bien des grands chefs d’État (Obama, Cameron, Merkel) ont jugé plus prudent de ne pas se pavaner dans un mauvais vaudeville qui se termine par une diarrhée verbeuse de clichés et de vœux pieux au milieu des braillements des écolos dépités, le Premier Ministre du Québec, lui, a cru bon d’aller faire son numéro avec une tirade irresponsable sur le marché du carbone qu’il s’acharne toujours à vouloir mettre en place.

Ce qui est, je le répète, une aberration économique, non pas seulement parce que le Québec sera le seul endroit en Amérique (avec la Californie) qui mettrait en branle un tel marché, mais également parce qu’il est pour le moins périlleux et déraisonnable de dépenser des milliards pour réduire les émissions d’un gaz (le CO2) inoffensif et non polluant dont il est de moins en moins certain qu’il constitue le facteur déterminant des changements climatiques.

(À ce propos, Mario Dumont et son complice Martin Pelletier, à leur émission de fin de soirée, ont durement critiqué le projet de marché de carbone de M. Charest. Avec pertinence. Mais ils ont tort d’affirmer que les industries assujetties à ce marché sont «les industries les plus polluantes». Ce n’est pas le niveau de pollution de ces industries qui sera le critère de leur présence obligatoire sur un tel marché, mais leur niveau d’émissions de dioxyde de carbone (CO2). Or, Mario et Martin devraient savoir que le CO2 n’est pas un polluant. C’est un gaz à effet de serre, certes, mais un gaz essentiel à la vie sur Terre et qui n’est pas le moindrement toxique. Si on le classe et le pourchasse comme polluant, c’est simplement parce qu’on prétend qu’il est la cause du réchauffement).

Concluons. Se pourrait-il que le salutaire fiasco des derniers happenings internationaux sur le climat et l’environnement nous annonce la fin du catastrophisme et des prophéties de Fin du Monde? Et le retour à la raison et à la confiance envers le génie innovateur de l’humanité? Je voudrais tant le croire!

Jacques Brassard