mardi 24 juillet 2012

LE PEUPLE INVENTÉ


                                                   

Vous souvenez-vous de l’émoi et de l’indignation provoqués, au sein de la gauche politique et intello-médiatique, par une déclaration de Newt Gingrich, alors candidat à la primaire républicaine et ancien président de la Chambre des Représentants, déclaration qualifiant les Palestiniens de «peuple inventé».

Comment ce conservateur américain pouvait-il oser écorner l’aura et entacher la réputation du peuple considéré par toute la gauche occidentale comme l’archétype du Peuple-Victime par excellence? Quelle bassesse! Quelle ignominie! N’est-ce pas?

En fait, il n’a fait que dire la vérité. Le peuple palestinien est en effet un peuple d’invention récente.

Pour vous en convaincre, il vous suffit, à moins que vous suffoquiez tellement de rage devant cet énoncé que vous en soyez incapables, de lire un livre fort éclairant de David Horowitz et de Guy Millière intitulé : Comment le Peuple Palestinien fut Inventé.

«Depuis trop longtemps, écrit Guy Millière en introduction, les faits historiques les plus élémentaires concernant le Proche-Orient sont laissés de côté : ils sont ici rappelés avec simplicité et vigueur.»

Le premier fait qu’il faut rappeler est le suivant : les Juifs ont toujours vécu dans cette région du monde. Depuis plus de 3000 ans, très certainement. Ils y ont créé un royaume, un pays, le Royaume d’Israël. Ce dernier fut il est vrai anéanti par les Romains en l’an 70 de l’ère chrétienne. Il y a eu certes dispersion (la diaspora) tout autour de la Méditerranée, mais il y a toujours eu, à travers les siècles, une présence juive significative dans leur antique patrie et dans leur ville sainte, Jérusalem.

Et les Arabes, eux? Ils sont arrivés au VIIe siècle et se sont installés sur le même territoire que les Juifs. Mais aucun État palestinien n’a été créé. Cette région fut tout à tour soumise et dominée par les Byzantins, puis par les Arabo-musulmans, puis par les Turcs Ottomans, et enfin, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, par les Britanniques.

Ce sont d’ailleurs les Britanniques qui se sont vus confier par la Société des Nations le mandat visant à faire renaître un «Foyer National Juif».

À partir de là, beaucoup de Juifs venant du monde entier sont retournés dans leur patrie. Ils ont légalement acquis des terres et les ont développées (la spoliation des terres par les Juifs est un des nombreux mensonges historiques forgés dans ce coin du monde).

Fait remarquable, note David Horowitz, «les immigrants juifs ont apporté le développement industriel et agricole et attiré des gens en quête de travail». Et ces gens étaient des Arabes qui venaient des pays  environnants : Liban, Syrie, Égypte, future Jordanie.

Car, avant même la création de l’État d’Israël, un nouvel État arabe fut créé sur plus de 80% du territoire sous mandat britannique (tout le territoire à l’est du Jourdain). Il s’est d’abord appelé Transjordanie, puis Jordanie, et la direction du nouvel État fut confiée à la dynastie hachémite. Et c’était en fait un État palestinien.

En 1948, enfin, les Nations Unies adoptent un plan de partition pour le reste du territoire. «Les Arabes, écrit Horowitz, se sont vus attribuer les terres juives anciennes de Judée et de Samarie— aujourd’hui plus communément appelées Cisjordanie. Les Juifs ont reçu trois rubans de  terre coupés les uns des autres, situés au bord de la Méditerranée, et le désert du Néguev. Ils se sont vus accorder  l’accès la ville de Jérusalem.»

Sur le futur territoire d’Israël, il y avait un million deux cent mille Juifs et huit cent mille Arabes.

On connait la suite : les pays arabes voisins (Égypte, Syrie, Jordanie, Irak) ont refusé ce partage et leurs armées se sont ébranlées en vue d’anéantir l’État naissant d’Israël. Mais, à la surprise du monde entier, les armées arabes furent repoussées et vaincues.

L’État d’Israël était né. Mais aucun État palestinien n’apparut. Et personne n’en réclamait la création.

«En 1950, la Jordanie a annexé la totalité de la Judée-Samarie (Cisjordanie) et l’Égypte a annexé Gaza, sans protestation de qui que ce soit.»

Dès lors, la question des réfugiés est apparue.

D’abord, 600,000 Juifs, chassés de leurs terres par les États arabes  du Proche-Orient et d’Afrique du Nord, ont été majoritairement accueillis en Israël. L’établissement de cet afflux d’immigrants expulsés s’est fait sans aucun financement de l’ONU.

Par ailleurs, des centaines de milliers d’Arabes (de 4 à 500,000) ont quitté le territoire du nouvel État, suivant en cela les consignes des armées arabes. On leur disait qu’il s’agissait d’un départ temporaire, le temps de faire disparaître l’État d’Israël. Ce qui n’est jamais survenu. Tous ces «fuyards temporaires» se sont vus aussitôt accorder par l’ONU le statut de réfugiés. Et on a créé en 1950 un organisme spécifique, l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency), chargé de fournir aide et assistance aux «réfugiés palestiniens». Le budget de cette agence onusienne, financé par des gouvernements surtout occidentaux (les États-Unis sont le principal bailleur de fonds), dépasse les 500 millions annuellement.

Ce statut de «réfugié palestinien» est unique dans le monde entier. Il est transmissible de génération en génération. Enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, des quelques 500,000 réfugiés de 1948 ont acquis le statut à la naissance. Ce singulier statut héréditaire n’existe nulle part ailleurs. Ailleurs, depuis toujours, les réfugiés s’intègrent dans la société d’accueil et leurs descendants sont des citoyens du pays qui les a reçus.

Par conséquent, ces 5 à 600,000 réfugiés, s’étant multipliés, sont maintenant plus de 5 millions. Et le côté surréaliste de  l’affaire, c’est que ces 5 millions de «réfugiés palestiniens»  exigent qu’Israël leur reconnaisse un «droit au retour»! Vous imaginez la situation : le peuple juif d’Israël submergé sous le flot de «réfugiés palestiniens» qui carburent depuis des décennies à la haine des Juifs et qui n’ont qu’une obsession, «rayer Israël de la carte».

D’ailleurs, depuis la naissance d’Israël, l’objectif des pays arabo-musulmans a toujours été d’anéantir l’État d’Israël.

En 1967, les armées arabes se lancent de nouveau à l’assaut d’Israël. Tsahal leur inflige une raclée et prend le contrôle de la bande de Gaza, du Sinaï, de la Judée-Samarie et du plateau du Golan.

En 1973, les mêmes armées arabes sont encore une fois mises en déroute.

Et la création d’un État palestinien ne fait nullement partie des «buts de guerre» des pays agresseurs.

Ce n’est qu’après ces défaites que le «peuple palestinien»  a été inventé. Sur les conseils du KGB. Les gouvernements arabes de la région se sont laissés convaincre que de maquiller la volonté de détruire Israël en «lutte de libération nationale» serait bien vu en Occident.

Et ils ont eu raison. Les vertueux bien-pensants de la gauche occidentale  se sont empressés de donner leur soutien à un autre peuple «opprimé», sans se soucier le moindrement de la falsification historique qui  était à l’origine de ce changement de cap.

Le «peuple palestinien» était né. Et comme il était engagé dans une «lutte de libération nationale», il fallait, en toute logique, une peuple oppresseur et tyrannique. Ce fut, évidemment, le peuple juif qui, par un singulier retournement des choses, d’agressé se métamorphosa en agresseur.

Toute la gauche occidentale (y incluant les catholiques de gauche, ce qui est proprement scandaleux) adhéra à cette contrefaçon historique bricolée par l’OLP et les États arabes.

Soit que les vertueux bien-pensants de gauche sont sincèrement convaincus que cette falsification historique est une vérité indubitable, et ce sont alors de parfaits idiots utiles; soit ils sont tout à fait conscients que le «peuple palestinien» est une invention toute récente, mais ils jugent cette énorme tromperie indispensable pour masquer leur antisionisme et leur judéophopie. D’après vous, dans quelle catégorie (idiot utile ou antisémite déguisé) doit-on ranger les Gérald Larose, Raymond Gravel, Françoise David, Amir Khadir, Julien Poulin, les présidents de centrales syndicales et bien des politiciens de gauche de chez nous?

Laissons la parole, en conclusion de ce billet, aux deux auteurs d’un livre (Comment le Peuple Palestinien fut Inventé) que vous ne vous retrouverez malheureusement pas dans les librairies québécoises (si j’ai pu le lire, c’est grâce à mon libraire d’Alma qui l’a commandé en Europe…et ça a pris trois mois avant de le recevoir), David Horowitz et Guy Millière.

«Le conflit du Proche-Orient, écrit Horowitz, tient à la volonté du monde arabe de détruire Israël, et au refus des pays arabes et des Arabes palestiniens d’accepter l’existence d’Israël. Si les Arabes étaient prêts à reconnaître Israël et à vivre en paix avec lui en tant qu’État du peuple juif, il y aurait sans doute eu, en supplément de la Jordanie, un État arabe palestinien depuis longtemps.»

«Accepter, écrit Guy Millière, la création unilatérale d’un État palestinien judenrein, antisémite, islamique, exaltant le terrorisme, prônant l’annihilation d’Israël, serait une capitulation par laquelle le monde occidental renoncerait à toutes les valeurs qu’il prétend incarner, et créerait les conditions immédiates d’une guerre où il en irait de la survie d’Israël…Ce qui devrait préoccuper les dirigeants occidentaux aujourd’hui, c’est l’agitation islamiste et les périls qu’elle porte, et c’est la haine anti-israélienne et ce qu’elle signifie de haine anti-occidentale.

L’apaisement  et la lâcheté ne calmeront pas l’agitation islamiste. La complaisance vis-à-vis de la haine anti-israélienne n’empêchera pas celle-ci d’être ce qu’elle est. Abandonner Israël serait abandonné infiniment plus qu’Israël.

Gaza, sous l’autorité du Hamas, est déjà un quasi-État terroriste. Créer un État terroriste en Judée-Samarie serait un crime contre Israël et contre la civilisation occidentale elle-même.»

Que dire de plus?



Jacques Brassard










mercredi 4 juillet 2012

LE SALUTAIRE FIASCO

4 juillet 2012
                                              

Depuis l’échec de Copenhague, les Grands Messes vertes planétaires consacrées au bavardage réchauffiste et vouées au sauvetage d’une Terre soi-disant «aux portes du néant», sont devenues des séances de défoulement pour les écolos radicaux du monde entier et des occasions, pour les politiciens occidentaux, de «faire le jars» en faveur du développement durable.

Ce fut le cas du dernier Sommet de Rio, 20 ans après le premier en 1992. Déconfiture totale! Ça s’est terminé par une déclaration ennuyeuse pleine de vœux pieux et d’objectifs fumeux et sans portée réelle. Ouf!

Savez-vous quoi? Je me bidonne de satisfaction! Comme c’est réjouissant de voir le clergé vert trépigner et hurler de rage devant les gesticulations grandiloquentes et les postures «poudre aux yeux» des chefs d’États de la Planète et des mandarins de l’ONU. Oui, vraiment, je me tiens les côtes! Le rideau tombe sur un mauvais mélo et j’en rigole encore!

Et ce qu’il y a également de fort satisfaisant, c’est le peu d’intérêt suscité par l’événement dans les médias. Se pourrait-il que la presse commence à prendre conscience que toutes ces grandes cérémonies planétaires reposent très largement sur des impostures, des mensonges et des dérapages idéologiques.

Ajoutons, par ailleurs, que bien des chefs d’États, semblant subodorer l’inanité de ces célébrations mondiales de la parlote déconnectées du réel dans lequel sont plongés les peuples de la Terre, se sont dispensés d’y assister. Ce fut le cas de Cameron de la Grande-Bretagne, de Merkel de l’Allemagne et même d’Obama, le chouchou des écolo-gauchistes.

Oui, vraiment, nous l’avons échappé belle. Car l’objectif véritable du mandarinat onusien et des grandes congrégations écolos (internationales et nationales), c’est d’instaurer une gouvernance mondiale en matière d’écologie, de développement durable et de changements climatiques. Dites-moi, ça vous intéresse d’être dirigé et contrôlé par une super technocratie onusienne qui va vous faire les poches et vous enfermer dans des «cages réglementaires» sous le fallacieux prétexte de «sauver la Planète». Et tout cela au détriment des souverainetés nationales et sans la moindre reddition de compte. Merci pour moi!

Voyez comment fonctionne l’ONU. Cette organisation est tombée sous la coupe d’un conglomérat de dictatures et d’États islamistes qui vouent une haine tenace à l’Occident et à ses valeurs. Les dizaines de milliards dépensés par ce Machin ne sont-ils pas largement du gaspillage? Son Conseil des Droits de l’Homme est noyauté par des États qui violent systématiquement les droits humains. Et il faudrait confier à cette superstructure discréditée et dévoyée la fonction de gouvernance mondiale en matière d’environnement? Dieu nous en préserve! Alors que ce sont les dictatures, les États totalitaires et islamistes qui dominent l’Assemblée générale de l’ONU, une gouvernance mondiale «écologique» serait assujettie à la nébuleuse écolo-radicale (dont Greenpeace en est un bel échantillon), ce qui serait une catastrophe planétaire.

Car, au fond, n’oublions jamais que tous les clergés verts sont animés d’une haine tellement féroce envers le mode de production capitaliste qu’ils sont convaincus que la meilleure façon de l’asphyxier et de  l’anéantir, c’est de lui imposer la décroissance.

Écoutez bien Steven Guilbeault, le gourou d’Équiterre, qui accuse les pays riches, comme le Canada, les États-Unis et le Japon, de faire obstacle à la «décarbonisation» de l’environnement et de l’économie.

Décarboniser, cela signifie réduire massivement la part des énergies fossiles dans le fonctionnement de l’économie. Et comme d’autres formes d’énergie ne peuvent pas se substituer, dans un avenir prévisible, aux hydrocarbures, la décroissance en est la conséquence. Et comme les pays dits émergents et les pays pauvres ne peuvent aspirer au développement que par le recours aux énergies fossiles, les en empêcher ou leur imposer de sévères restrictions de nature écologique serait les condamner au sous-développement et à la misère. Il y a beaucoup d’écolos hypocrites qui n’osent pas reconnaître que leur véritable objectif, c’est la décroissance. Mais quand on décode leurs prêches, c’est ce qu’il faut conclure.

D’autres filières énergétiques vont sans doute apparaître dans l’avenir et réduire progressivement la place et l’importance des combustibles fossiles dans l’économie. C’est ce qui s’est produit dans le passé. Au début du XXe siècle, par exemple, c’est le charbon qui était la source d’énergie dominante dans l’industrie et les transports. Progressivement, au fil des décennies, le pétrole et le gaz ont pris la première place. Et le nucléaire est ensuite apparu. Tout cela grâce au génie inventif de l’être humain. Le même phénomène évolutif va certainement  se produire au cours du siècle qui commence. Et l’histoire nous démontre que ce n’est pas l’épuisement de la ressource qui provoque les changements de filières énergétiques. L’Âge de Pierre ne s’est pas terminé avec le manque de pierre. Ni l’Âge du Charbon, avec la pénurie du charbon. Le changement et le progrès sont les fruits de l’inventivité et de l’ingéniosité humaine.

Par conséquent, on peut être assuré que le «paysage» énergétique à la fin de ce siècle qui commence sera radicalement différent de celui que nous connaissons présentement.

Ceci étant dit, pour ce qui concerne la pollution de l’environnement, il est essentiel de rappeler que ce sont les sociétés développées, les économies avancées, qui sont les plus en mesure de la réduire, sinon de la faire disparaître.

Il est maintenant reconnu que plus une économie se développe, plus elle crée de richesse, plus elle dispose de ressources pour combattre et éradiquer les diverses pollutions qui contaminent notre environnement. Les sociétés pauvres et démunies sont incapables de s’attaquer à la pollution. Elles n’en ont pas les moyens. Les gens de mon âge n’ont qu’à se rappeler combien, il y a 50 ans, nos industries (papeteries et alumineries, par exemple) étaient polluantes et combien, aujourd’hui, les mêmes industries ont réduit considérablement leurs effluents nocifs.

Autrement dit, c’est le développement économique issu du mode de production capitaliste,  qui rend possible la réduction et, dans bien des cas, la disparition de diverses pollutions. Je sais bien que j’énonce là une hérésie obscène aux yeux des écolo-gauchistes, mais je ne fais que décrire un fait.

Une chose est sûre cependant, le socialisme et son économie collectiviste ne constituent certes pas une voie prometteuse en matière de protection de l’environnement. Il suffit de se souvenir non seulement de la misère des peuples soumis à des oligarchies communistes, mais également de l’état de délabrement et du niveau élevé de pollution de l’environnement dans tous ces pays  pour se convaincre que le socialisme est un cul-de-sac écologique.

Il est assez curieux à cet égard de constater que l’immense majorité des écolos occidentaux (et de leurs gourous) sont viscéralement hostiles à l’économie de marché et au mode de production capitaliste et sont des partisans enthousiastes d’une économie socialiste. Il y a là un étrange paradoxe qui ne peut s’expliquer que par la haine pathologique des Verts à l’endroit de l’entreprise privée.

Voilà, me direz-vous, un long détour pour souligner toute ma jubilation de voir, depuis quelques années, toutes les Grands Messes écolo-climatiques tourner en eau-de-boudin. Ces flops planétaires, je l’avoue, me mettent de joyeuse humeur. Se pourrait-il qu’un comportement rationnel finisse par s’imposer?

Malheureusement, chez nous, notre Premier Ministre continue de faire le Matamore verdoyant. Alors que bien des grands chefs d’État (Obama, Cameron, Merkel) ont jugé plus prudent de ne pas se pavaner dans un mauvais vaudeville qui se termine par une diarrhée verbeuse de clichés et de vœux pieux au milieu des braillements des écolos dépités, le Premier Ministre du Québec, lui, a cru bon d’aller faire son numéro avec une tirade irresponsable sur le marché du carbone qu’il s’acharne toujours à vouloir mettre en place.

Ce qui est, je le répète, une aberration économique, non pas seulement parce que le Québec sera le seul endroit en Amérique (avec la Californie) qui mettrait en branle un tel marché, mais également parce qu’il est pour le moins périlleux et déraisonnable de dépenser des milliards pour réduire les émissions d’un gaz (le CO2) inoffensif et non polluant dont il est de moins en moins certain qu’il constitue le facteur déterminant des changements climatiques.

(À ce propos, Mario Dumont et son complice Martin Pelletier, à leur émission de fin de soirée, ont durement critiqué le projet de marché de carbone de M. Charest. Avec pertinence. Mais ils ont tort d’affirmer que les industries assujetties à ce marché sont «les industries les plus polluantes». Ce n’est pas le niveau de pollution de ces industries qui sera le critère de leur présence obligatoire sur un tel marché, mais leur niveau d’émissions de dioxyde de carbone (CO2). Or, Mario et Martin devraient savoir que le CO2 n’est pas un polluant. C’est un gaz à effet de serre, certes, mais un gaz essentiel à la vie sur Terre et qui n’est pas le moindrement toxique. Si on le classe et le pourchasse comme polluant, c’est simplement parce qu’on prétend qu’il est la cause du réchauffement).

Concluons. Se pourrait-il que le salutaire fiasco des derniers happenings internationaux sur le climat et l’environnement nous annonce la fin du catastrophisme et des prophéties de Fin du Monde? Et le retour à la raison et à la confiance envers le génie innovateur de l’humanité? Je voudrais tant le croire!

Jacques Brassard







 

lundi 11 juin 2012

LES FACES CACHÉES D'AMIR KHADIR

11 juin 2012
                          

Si vous êtes un «idiot utile» qui trouvez bénéfique et tellement «progressiste» le rôle joué par Québec Solidaire sur la scène politique;

Si vous êtes un ignare candide qui considérez que voter pour Québec Solidaire (ou NPD) est un «cri du cœur» d’une grande noblesse;

Si vous êtes un intello ou un «naaartiste» qui pensez que le copinage aplat-ventriste avec les «forces révolutionnaires» est furieusement dans le vent;

Si vous êtes un grand cœur naïf sérieusement convaincu que le Hamas est une organisation humanitaire qui lutte contre l’horrible apartheid qui ravage Israël ;

Si vous êtes un électeur anonyme qui, dans les sondages, croyez sincèrement qu’Amir Khadir est un député humaniste qui n’a qu’une seule mission : la défense des pauvres, de la veuve et de l’orphelin,

Alors, il vous faut lire le livre de Pierre K. Malouf, paru aux éditions ACCENT GRAVE, Les Faces Cachées d’Amir Khadir. Ça défrise et ça déniaise!

C’est un livre non seulement bien écrit, mais solidement documenté. Et agrémenté d’humour caustique.

C’est le dévoilement, la mise à nu, de la vision, des objectifs, des obsessions idéologiques du député de Mercier, Amir Khadir, bien sûr, mais, du même coup, de l’extrême-gauche mal élevée et de la gauche caviar bon chic bon genre québécoise. On y voit aussi apparaître en pleine lumière les accointances, les alliances et les complicités du personnage avec tout ce qui grouille et grenouille dans le cloaque gauchiste.

En fait, quand vous fermez le livre de M. Malouf (après l’avoir lu bien sûr!), vous en sortez convaincu que le Kamarade Amir est l’archétype du gauchiste québécois. Il synthétise en lui-même tous les travers, toutes les dérives, toutes les falsifications idéologiques et historiques du socialisme contemporain. Il est tout à la fois anti-américain, anti-capitaliste, antisioniste, anti-occidental, écolo radical, socialiste pur et dur et compagnon de route cordial des communistes et des islamistes. N’en jetez plus, la cour est pleine!

Et l’auteur reprend un à un chacun des éléments constitutifs de cette figure de proue de la mouvance québécoise du socialo-écolo-gauchisme.

Dès le départ, la narration complète de ce que M. Malouf appelle «l’intifada sur la rue St-Denis», nous dévoile les motivations et les arrière-pensées  d’Amir Khadir sur Israël et le peuple Juif.

On y décrit les  connivences et les collusions du député de Mercier avec tous les escadrons antisionistes de la gauche québécoise. Et tout particulièrement un groupuscule dénommé Palestiniens et Juifs Unis (PAJU)  qui organise le boycott d’un marchand de chaussures de la rue St-Denis qui a l’audace de vendre des produits israéliens. Ce qui constitue, selon ces antisionistes délirants, un soutien intolérable à «l’apartheid» qui sévit en Israël.

Cette accusation d’apartheid est tout à la fois une grossière diffamation et une falsification malveillante de la réalité. Israël est l’unique démocratie du Proche et Moyen Orient et l’état de droit y est solidement établi. Prétendre que l’apartheid y règne ne peut être inspiré que par la haine pathologique de l’État hébreu et des Juifs.

Car, après le récit des épisodes de cet immonde et scandaleux boycott d’un honnête marchand, une question surgit dans l’esprit du lecteur : Amir Khadir est-il antisémite? Une chose est sûre, il est antisioniste, c’est-à-dire qu’il nie manifestement  le droit d’Israël à exister. Prenant fait et cause en faveur de la légende d’un «peuple palestinien» dépouillé de son territoire par les Juifs, il devient ainsi l’allié et le compagnon de route de l’islamisme dans toutes ses composantes (Hamas, Hezbollah, Fatah, Djihad islamique etc.), toutes imprégnées non seulement d’antisionisme (négation de toute légitimité à l’État d’Israël) mais aussi d’antisémitisme (haine des Juifs). Ce que poursuit l’islamisme, c’est donc non seulement l’anéantissement d’Israël, c’est aussi l’éradication des Juifs de toute la région. La Palestine doit être «judenrein», comme l’Allemagne hitlérienne, c’est-à-dire sans le moindre Juif. Tel est «l’idéal» de l’islamisme.

Par conséquent, Amir Khadir est trop intelligent pour se proclamer ouvertement antisémite. Mais il copine assidument et collabore étroitement avec les antisémites les plus virulents. Dis-moi qui tu fréquentes…

Dans la deuxième partie de son livre, Pierre K. Malouf décrit, à partir de textes, de déclarations et du programme de Québec Solidaire, le «projet de société» pour le Québec du député de Mercier. Attachez vos tuques et vos bretelles, c’est la descente aux enfers!

Le Québec d’Amir Khadir sera, tenez-vous bien, un Québec écologiste radical, socialiste de bord en bord (on nationalise tout, ou presque), un territoire «privilégié» de la décroissance (il faut mettre à terre l’odieuse société de consommation), et, par conséquent, de l’appauvrissement généralisé. M. Malouf ne peut s’empêcher de lancer ce cri du cœur : «C’est ça la gauche de la gauche? Plus cave que ça, tu meurs!».

Je vous le redis, il faut lire ce livre. Après sa lecture, vous serez heureusement immunisés contre la gangrène socialiste, la folie islamiste et la peste écolo. Et surtout, vous n’aurez plus aucune envie de faire partie de la brigade des «idiots utiles» et des zélotes zombies d’Amir Khadir.

Aux dernières nouvelles, le député de Mercier était en crise de mégalomanie : il se prenait pour un Ghandi québécois. Manque de chance, Pierre K. «Malouf vient, avec son livre, de déboulonner sa statue!

Jacques Brassard














lundi 4 juin 2012

UNE JEUNESSE À LA DÉRIVE

(Chronique parue le premier Juin dans le Journal de Québec. Je suis en vacances comme chroniqueur, mais je publierai des billets à l'occasion...selon l'inspiration du moment!)
                                         

D’abord, une précision : il n’y a pas, au Québec comme ailleurs, UNE jeunesse, un bloc monolithique, uniforme, porteuse d’une seule vision des choses et inspirée par une seule idéologie. Il y a plusieurs jeunesses. C’est le cas maintenant et ce l’était aussi dans le passé.

Vous en doutez? La preuve est pourtant sous vos yeux : une nette majorité d’étudiants ont complété leur session et obtenu leurs diplômes. C’est d’ailleurs le cas de mes trois petits-enfants qui fréquentent le cegep et l’université. Et tous les trois sont au travail.

Il y a une autre jeunesse, celle des enfants-rois, qui considère que l’éducation universitaire est un droit absolu et non pas également une forme d’investissement dans son avenir et que, par conséquent, toute hausse des frais de scolarité est une scandaleuse aberration sociale. C’est d’ailleurs la gratuité pure et simple qui serait pour elle idéale. Cette jeunesse est notoirement soutenue par les grandes centrales syndicales qui voient en elle les troupes d’avant-garde dans les combats à venir ayant pour but de préserver intacts les privilèges issus de l’État-Providence.

Et nous découvrons qu’il y a une troisième jeunesse, celle qui a ingurgité et réussi à digérer tant bien que mal le ragoût idéologique pourtant bien indigeste de l’anti capitalisme, de l’anarchisme et du communisme. Cette jeunesse-là s’est manifestée avec bruits et fureurs à l’occasion du boycott des cours dans certains cegeps et universités. Et on a vu à l’œuvre sur la place publique plusieurs groupuscules anarcho communistes soutenus par des professeurs gauchistes.

C’est le cas, par exemple, de Normand Baillargeon, qui enseigne à l’UQUAM et qui annonce qu’il portera le carré noir de l’anarchisme. «Je le porterai, proclame-t-il, pour me rappeler l’immense et noble espoir que l’anarchisme n’a cessé de porter.»

On peut d’ailleurs découvrir toute la «noblesse» de la cause anarcho-communiste dans le Manifeste du Carré Noir. Quelques citations devraient vous en convaincre. «Nous n’infiltrons pas les manifestations, nous aidons à les organiser, nous les rendons vivantes. Nous ne sabotons pas la grève, nous en sommes partie intégrante, nous aidons à l’organiser, nous faisons battre son cœur.» Poétique en plus! Mais c’est clair : les anarchistes ne sont pas en marge du mouvement, ils en sont le cœur battant.

«Nous croyons que la violence du système qui attaque des classes économiques et des populations entières justifie l’usage de la violence qui cible du matériel et des agents politiques que sont les flics.» C’est également limpide : la violence n’est pas un déraillement, un dérapage, elle fait partie intégrante de leur stratégie d’action. Et les policiers n’ont pas le statut d’êtres humains, ce ne sont que des «individus armurés», mercenaires de l’ordre établi. Les attaquer et les blesser est tout à fait légitime.

Je suis toujours stupéfié de voir des jeunes et leurs mentors rêver encore d’une société communiste. Comment peut-on, en plein XXIe siècle, ignorer les ravages humains des régimes communistes qui se sont établis sur des meurtres de masse, des famines, des génocides, des goulags, la misère et la négation des libertés?

C’est à la fois angoissant et démoralisant d’observer le basculement d’une partie de la jeunesse québécoise dans un cloaque idéologique aussi malsain.

On sait tous qu’un poisson commence à pourrir par la tête. Il semble qu’une société amorce son pourrissement par sa métropole. Par vent d’ouest, nous en sentons les effluves!

Jacques Brassard






vendredi 25 mai 2012

GASPILLAGES

(Chronique parue le 25 Mai dans le Journal de Québec)
                                                   

Tout ce qui va à l’encontre de la «bien-pensance» écolo ne fait guère la manchette. L’information discordante est vite passée à la trappe.

C’est ce qui est arrivé au rapport du Commissaire au Développement Durable. Allez! Vite! À la déchiqueteuse!

Il faut dire qu’il met à mal le mythe --échafaudé par un gouvernement qui s’affiche verdoyant pur jus et par des chamans écolos -- qui fait du Québec un chef de file en matière de climat et de développement durable. `

C’est ainsi que le Commissaire, Jean Cinq-Mars, affirme que la mise en œuvre du plan de lutte contre les changements climatiques (2006-2012) n’a pas permis d’atteindre les cibles fixées de réduction des gaz à effet de serre (surtout le CO2, bien sûr). L’objectif était d’atteindre 6% de baisse par rapport à 1990. Or, les niveaux sont demeurés stables à toutes fins pratiques.

Il est vrai que devant cette incapacité à réduire substantiellement les émissions de CO2 d’origine humaine, je dois vous faire un aveu que les inquisiteurs verts vont sans doute trouver grossier pour ne pas dire obscène : je ne suis guère soucieux…de mon empreinte carbone! Car, voyez-vous, ce n’est un secret pour personne, j’adhère à la position dite climato-sceptique défendue par d’éminents scientifiques (tout aussi respectables et crédibles que ceux qui croient au réchauffement d’origine anthropique), position qui ne reconnait pas le CO2 comme un facteur déterminant en matière de changement climatique.

Mais ce qui me scandalise au plus haut point, ce sont les coûts impliqués dans la mise en branle d’un tel plan : 1,5 milliard $ pour 2006-2012 et 2,7 milliard $ pour 2013-2020. C’est beaucoup d’argent! Et tout ça pour échouer lamentablement dans l’atteinte des cibles fixées. D’ailleurs, même si on les atteignait, cela n’aurait aucun effet sur la température. Il est en effet avéré que l’application stricte et rigoureuse de l’accord de Kyoto n’aurait eu qu’un effet infinitésimal sur la température de la Terre.

Donc, comment doit-on désigner une dépense de plusieurs milliards en vue de financer un plan dont la mise en œuvre ne permet pas d’atteindre les objectifs fixés et qui, même si on les atteignait, n’aurait qu’un effet indétectable sur le thermomètre? D’après vous? Est-ce que ça ne s’appellerait pas du gaspillage de fonds publics? À tout le moins, dans un contexte d’endettement et de périlleux déficits de l’État, c’est  certainement une très mauvaise allocation de ressources! Et personne ne s’indigne de cette dilapidation de vos impôts! Scandaleux!

Le pire c’est qu’il faut ajouter à ce plan ruineux et stérile bien d’autres politiques tout aussi néfastes. Il n’y a qu’à penser à ce parti-pris affiché en faveur de la filière éolienne. Une filière non seulement coûteuse (son prix dépasse les 11 cents le KWh) mais inefficace (une éolienne ne fonctionne guère plus que 20% du temps). Ces grands vire-vent sont les dispendieux totems des gourous écolos. Pourtant, partout dans le monde, les États surendettés coupent les subventions à ces énergies dites renouvelables. Et les faillites se multiplient.

Autre exemple : la multiplication des aires protégées en forêt boréale réduit tellement les approvisionnements que l’industrie forestière ne parvient pas à se dépêtrer d’une crise qui frappe durement plusieurs régions du Québec.

Toutes ces politiques soi-disant écologiques handicapent la création de richesse et l’empêchent de se déployer. La dérive écolo de la classe politique est  une calamité économique pour le Québec.

Jacques Brassard


vendredi 18 mai 2012

PAUVRE FRANCE!

(Chronique parue le 18 Mai dans le Journal de Québec)
                                                     

D’entrée de jeu, il faut signaler que Nicolas Sarkozy, l’ami de Paul Desmarais, est le premier artisan de sa défaite aux présidentielles françaises.

D’abord, il n’a pas été en mesure de respecter ses engagements proclamés lors de la campagne de 2007. Il n’a pas osé toucher aux 35 heures, cette aberration économique concoctée au temps de Mitterrand par Martine Aubry. Il s’est contenté d’une timide réforme des retraites.

Il n’a pas non plus amélioré la sécurité dans les nombreuses «zones sensibles» des grandes villes (euphémisme pour désigner des zones de non-droit livrées aux imams islamistes et aux trafiquants). Enfin, il n’a pas réussi à freiner l’islamisation de la France, l’islam radical prévalant au détriment d’un islam modéré introuvable.

D’autre part, il s’est sans doute bien démené pour combattre la crise économique, mais à la façon d’Obama, c’est-à-dire en gonflant les dépenses publiques et en accroissant de façon pernicieuse le niveau d’endettement. Ajoutons que son flirt avec la gauche (des ministres issus du parti socialiste) a désenchanté sa base électorale.

C’est un fait difficilement contestable : la France n’est pas en très bonne santé. Comme le révélait Le Point (12 avril), «certains pays européens ont une grosse dette, d’autres, un gros déficit, la France a les deux…» : une dette publique de 90% du PIB et un déficit de 5,2% du PIB. Et la Cour des Comptes cible l’effet «boule de neige» qui pourrait «faire monter la dette à 100% du PIB dès 2015 et à 122% en 2020».

Quant aux dépenses publiques, elles atteignent 54% du PIB, un championnat européen. La balance du commerce extérieur  est en chute libre : un déficit de 70 milliard d’euros (l’Allemagne a un excédent de 160 milliards). La croissance est à toutes fins pratiques à zéro.

Face à ce déclin accéléré de la France, quelle est la feuille de route du nouveau Président, soutenu (et plombé) par les communistes et les écolos : des impôts et des taxes. Plus la création de 60,000 postes au sein de la plus lourde bureaucratie du continent européen. Les riches («Je hais les riches!», a-t-il déclaré) et les classes moyennes déjà lourdement taxées vont encore écoper.

«Comment peut-on, au XXIe siècle, écrivent une vingtaine d’économistes français, après des décennies et siècles de réflexion et d’expérience, croire à des recettes qui relèvent plus de la magie incantatoire que de la science? Comment croire qu’un État peut promouvoir la croissance par le seul fait qu’il dépense plus, sans se rendre compte qu’il prélève par l’impôt ou par l’emprunt les ressources nécessaires à ses gaspillages et à ses dépenses démagogiques?». La politique socialiste de M. Hollande, concluaient-ils, «ne pourra produire que la stagnation économique, un chômage accru, un endettement publique insupportable».

Et concernant les vives inquiétudes des Français en matière d’islamisation et de sécurité, elles ne seront certes pas apaisées par François Hollande. Qu’il suffise de signaler que plus de 90% des musulmans ont voté socialiste et que, lors du festival de la gauche, place de la Bastille, les drapeaux marocains, algériens, syriens, palestiniens étaient plus nombreux que les drapeaux tricolores. Mauvais présage!

En 1981, l’application du programme socialo-communiste de Mitterrand a plongé la France dans la débâcle économique. Il a fallu vite recourir à la rigueur et  aux privatisations. Mais à la différence de 1981, pour François Hollande, la banqueroute est déjà là. Dans l’antichambre de l’Élysée!

Jacques Brassard

vendredi 11 mai 2012

MAUVAIS AUGURE

(Chronique parue le 11 mai dans le Journal de Québec)
                                                  

Le Québec tout entier aura basculé dans une crise socio politique qui dure et perdure pour une raison somme toute…banale : une hausse modérée et justifiée des frais de scolarité sur cinq ans (ramenée à sept ans).

Cette crise, que l’on se plait en certains milieux branchés à désigner pompeusement sous le vocable de «Printemps Québécois», est révélatrice de l’état de la société québécoise au moment même ou elle doit faire face à un sérieux effritement des fondations de l’État Providence, édifié au cours des 50 dernières années à des coûts dépassant largement nos moyens.

C’est ainsi que la fronde étudiante (mélange détonnant d’utopisme débridé, de vandalisme et d’intimidation) a pu compter sur l’appui de toutes les forces dites «progressistes», c’est-à-dire, essentiellement, l’ensemble des composantes de la gauche : les corporatismes syndicaux, un partie notable de la classe politique (PQ, Québec-Solidaire), la colonie artistique et une large proportion de l’intelligentsia (écrivains, universitaires, intellos).

De sorte qu’on peut dire que les rebelles étudiants apparaissent de plus en plus comme l’avant-garde des troupes des bénéficiaires syndiqués du coûteux «Modèle Québécois» qui s’apprêtent à monter l’assaut de tout gouvernement  qui osera entreprendre des réformes visant à rendre plus conformes à nos moyens  des pièces majeures de l’État providence.

La révolte étudiante, c’est la «bataille de Dieppe» précédant et préparant le «Grand Débarquement»!

Par ailleurs, ce que révèle cette crise, c’est l’état de déliquescence avancé de l’autorité à tous les niveaux de la société. Pour ce qui est de l’autorité parentale, on s’en doutait déjà. Mais ce qui inquiète au plus haut point, c’est la démission des autorités institutionnelles. Celles des universités et des cegeps se sont comportées dans ce foutoir comme des lopettes. Quant aux profs syndiqués, ce fut, de leur part, des prosternations obséquieuses et totalement irresponsables devant la «grandeur et la beauté» du combat révolutionnaire des étudiants. De plus, on a fait un «doigt d’honneur» aux tribunaux.

Tout cela est de très mauvais augure pour la suite des choses.

Si on a eu droit à tout ce tohu-bohu pour un trivial dégel des frais de scolarité, imaginez-vous ce qui va survenir lorsqu’un gouvernement courageux (est-ce un oxymore?) entreprendra une inévitable opération de reconfiguration de notre sacro-saint «Modèle Québécois»? Une guerre sociale? Une plongée dans l’anarchie? Une insurrection généralisée?

Vous voyez bien ce que je veux dire? Évoquons quelques exemples.

Un gouvernement courageux met en œuvre une nécessaire réforme en profondeur des services de garde pour en réduire les coûts exorbitants. Que se passe-t-il? Le chaos social? Une immense pagaille dans tout le Québec?

Un gouvernement courageux met en branle une révision de l’assurance parentale pour la rendre moins «chromée». Qu’advient-il? Une mutinerie universelle? Le Grand Bordel?

Un gouvernement courageux décide d’élargir la place du privé dans le système de santé. Quelle est la réaction? La «guerre nucléaire»?



Vous croyez que je suis pessimiste? Que j’exagère? Je ne crois pas. Toutes les sociétés occidentales, vivant depuis des décennies au-dessus de leurs moyens et donc surendettées, sont dans l’obligation de donner à leurs États Providence une taille plus modeste. Certaines ont réussi (Allemagne, Suède), d’autres ont sombré dans le désordre et l’émeute (Grèce).

Chez nous, je crains que le chahut estudiantin ne préfigure bien des tourmentes et bien des tumultes lorsqu’apparaitra un gouvernement courageux décidé d’agir. Nous aurons un gouvernement, ça c’est sûr, mais sera-t-il courageux?  Un doute m’assaille!

Jacques Brassard