lundi 11 juin 2012

LES FACES CACHÉES D'AMIR KHADIR

11 juin 2012
                          

Si vous êtes un «idiot utile» qui trouvez bénéfique et tellement «progressiste» le rôle joué par Québec Solidaire sur la scène politique;

Si vous êtes un ignare candide qui considérez que voter pour Québec Solidaire (ou NPD) est un «cri du cœur» d’une grande noblesse;

Si vous êtes un intello ou un «naaartiste» qui pensez que le copinage aplat-ventriste avec les «forces révolutionnaires» est furieusement dans le vent;

Si vous êtes un grand cœur naïf sérieusement convaincu que le Hamas est une organisation humanitaire qui lutte contre l’horrible apartheid qui ravage Israël ;

Si vous êtes un électeur anonyme qui, dans les sondages, croyez sincèrement qu’Amir Khadir est un député humaniste qui n’a qu’une seule mission : la défense des pauvres, de la veuve et de l’orphelin,

Alors, il vous faut lire le livre de Pierre K. Malouf, paru aux éditions ACCENT GRAVE, Les Faces Cachées d’Amir Khadir. Ça défrise et ça déniaise!

C’est un livre non seulement bien écrit, mais solidement documenté. Et agrémenté d’humour caustique.

C’est le dévoilement, la mise à nu, de la vision, des objectifs, des obsessions idéologiques du député de Mercier, Amir Khadir, bien sûr, mais, du même coup, de l’extrême-gauche mal élevée et de la gauche caviar bon chic bon genre québécoise. On y voit aussi apparaître en pleine lumière les accointances, les alliances et les complicités du personnage avec tout ce qui grouille et grenouille dans le cloaque gauchiste.

En fait, quand vous fermez le livre de M. Malouf (après l’avoir lu bien sûr!), vous en sortez convaincu que le Kamarade Amir est l’archétype du gauchiste québécois. Il synthétise en lui-même tous les travers, toutes les dérives, toutes les falsifications idéologiques et historiques du socialisme contemporain. Il est tout à la fois anti-américain, anti-capitaliste, antisioniste, anti-occidental, écolo radical, socialiste pur et dur et compagnon de route cordial des communistes et des islamistes. N’en jetez plus, la cour est pleine!

Et l’auteur reprend un à un chacun des éléments constitutifs de cette figure de proue de la mouvance québécoise du socialo-écolo-gauchisme.

Dès le départ, la narration complète de ce que M. Malouf appelle «l’intifada sur la rue St-Denis», nous dévoile les motivations et les arrière-pensées  d’Amir Khadir sur Israël et le peuple Juif.

On y décrit les  connivences et les collusions du député de Mercier avec tous les escadrons antisionistes de la gauche québécoise. Et tout particulièrement un groupuscule dénommé Palestiniens et Juifs Unis (PAJU)  qui organise le boycott d’un marchand de chaussures de la rue St-Denis qui a l’audace de vendre des produits israéliens. Ce qui constitue, selon ces antisionistes délirants, un soutien intolérable à «l’apartheid» qui sévit en Israël.

Cette accusation d’apartheid est tout à la fois une grossière diffamation et une falsification malveillante de la réalité. Israël est l’unique démocratie du Proche et Moyen Orient et l’état de droit y est solidement établi. Prétendre que l’apartheid y règne ne peut être inspiré que par la haine pathologique de l’État hébreu et des Juifs.

Car, après le récit des épisodes de cet immonde et scandaleux boycott d’un honnête marchand, une question surgit dans l’esprit du lecteur : Amir Khadir est-il antisémite? Une chose est sûre, il est antisioniste, c’est-à-dire qu’il nie manifestement  le droit d’Israël à exister. Prenant fait et cause en faveur de la légende d’un «peuple palestinien» dépouillé de son territoire par les Juifs, il devient ainsi l’allié et le compagnon de route de l’islamisme dans toutes ses composantes (Hamas, Hezbollah, Fatah, Djihad islamique etc.), toutes imprégnées non seulement d’antisionisme (négation de toute légitimité à l’État d’Israël) mais aussi d’antisémitisme (haine des Juifs). Ce que poursuit l’islamisme, c’est donc non seulement l’anéantissement d’Israël, c’est aussi l’éradication des Juifs de toute la région. La Palestine doit être «judenrein», comme l’Allemagne hitlérienne, c’est-à-dire sans le moindre Juif. Tel est «l’idéal» de l’islamisme.

Par conséquent, Amir Khadir est trop intelligent pour se proclamer ouvertement antisémite. Mais il copine assidument et collabore étroitement avec les antisémites les plus virulents. Dis-moi qui tu fréquentes…

Dans la deuxième partie de son livre, Pierre K. Malouf décrit, à partir de textes, de déclarations et du programme de Québec Solidaire, le «projet de société» pour le Québec du député de Mercier. Attachez vos tuques et vos bretelles, c’est la descente aux enfers!

Le Québec d’Amir Khadir sera, tenez-vous bien, un Québec écologiste radical, socialiste de bord en bord (on nationalise tout, ou presque), un territoire «privilégié» de la décroissance (il faut mettre à terre l’odieuse société de consommation), et, par conséquent, de l’appauvrissement généralisé. M. Malouf ne peut s’empêcher de lancer ce cri du cœur : «C’est ça la gauche de la gauche? Plus cave que ça, tu meurs!».

Je vous le redis, il faut lire ce livre. Après sa lecture, vous serez heureusement immunisés contre la gangrène socialiste, la folie islamiste et la peste écolo. Et surtout, vous n’aurez plus aucune envie de faire partie de la brigade des «idiots utiles» et des zélotes zombies d’Amir Khadir.

Aux dernières nouvelles, le député de Mercier était en crise de mégalomanie : il se prenait pour un Ghandi québécois. Manque de chance, Pierre K. «Malouf vient, avec son livre, de déboulonner sa statue!

Jacques Brassard














lundi 4 juin 2012

UNE JEUNESSE À LA DÉRIVE

(Chronique parue le premier Juin dans le Journal de Québec. Je suis en vacances comme chroniqueur, mais je publierai des billets à l'occasion...selon l'inspiration du moment!)
                                         

D’abord, une précision : il n’y a pas, au Québec comme ailleurs, UNE jeunesse, un bloc monolithique, uniforme, porteuse d’une seule vision des choses et inspirée par une seule idéologie. Il y a plusieurs jeunesses. C’est le cas maintenant et ce l’était aussi dans le passé.

Vous en doutez? La preuve est pourtant sous vos yeux : une nette majorité d’étudiants ont complété leur session et obtenu leurs diplômes. C’est d’ailleurs le cas de mes trois petits-enfants qui fréquentent le cegep et l’université. Et tous les trois sont au travail.

Il y a une autre jeunesse, celle des enfants-rois, qui considère que l’éducation universitaire est un droit absolu et non pas également une forme d’investissement dans son avenir et que, par conséquent, toute hausse des frais de scolarité est une scandaleuse aberration sociale. C’est d’ailleurs la gratuité pure et simple qui serait pour elle idéale. Cette jeunesse est notoirement soutenue par les grandes centrales syndicales qui voient en elle les troupes d’avant-garde dans les combats à venir ayant pour but de préserver intacts les privilèges issus de l’État-Providence.

Et nous découvrons qu’il y a une troisième jeunesse, celle qui a ingurgité et réussi à digérer tant bien que mal le ragoût idéologique pourtant bien indigeste de l’anti capitalisme, de l’anarchisme et du communisme. Cette jeunesse-là s’est manifestée avec bruits et fureurs à l’occasion du boycott des cours dans certains cegeps et universités. Et on a vu à l’œuvre sur la place publique plusieurs groupuscules anarcho communistes soutenus par des professeurs gauchistes.

C’est le cas, par exemple, de Normand Baillargeon, qui enseigne à l’UQUAM et qui annonce qu’il portera le carré noir de l’anarchisme. «Je le porterai, proclame-t-il, pour me rappeler l’immense et noble espoir que l’anarchisme n’a cessé de porter.»

On peut d’ailleurs découvrir toute la «noblesse» de la cause anarcho-communiste dans le Manifeste du Carré Noir. Quelques citations devraient vous en convaincre. «Nous n’infiltrons pas les manifestations, nous aidons à les organiser, nous les rendons vivantes. Nous ne sabotons pas la grève, nous en sommes partie intégrante, nous aidons à l’organiser, nous faisons battre son cœur.» Poétique en plus! Mais c’est clair : les anarchistes ne sont pas en marge du mouvement, ils en sont le cœur battant.

«Nous croyons que la violence du système qui attaque des classes économiques et des populations entières justifie l’usage de la violence qui cible du matériel et des agents politiques que sont les flics.» C’est également limpide : la violence n’est pas un déraillement, un dérapage, elle fait partie intégrante de leur stratégie d’action. Et les policiers n’ont pas le statut d’êtres humains, ce ne sont que des «individus armurés», mercenaires de l’ordre établi. Les attaquer et les blesser est tout à fait légitime.

Je suis toujours stupéfié de voir des jeunes et leurs mentors rêver encore d’une société communiste. Comment peut-on, en plein XXIe siècle, ignorer les ravages humains des régimes communistes qui se sont établis sur des meurtres de masse, des famines, des génocides, des goulags, la misère et la négation des libertés?

C’est à la fois angoissant et démoralisant d’observer le basculement d’une partie de la jeunesse québécoise dans un cloaque idéologique aussi malsain.

On sait tous qu’un poisson commence à pourrir par la tête. Il semble qu’une société amorce son pourrissement par sa métropole. Par vent d’ouest, nous en sentons les effluves!

Jacques Brassard






vendredi 25 mai 2012

GASPILLAGES

(Chronique parue le 25 Mai dans le Journal de Québec)
                                                   

Tout ce qui va à l’encontre de la «bien-pensance» écolo ne fait guère la manchette. L’information discordante est vite passée à la trappe.

C’est ce qui est arrivé au rapport du Commissaire au Développement Durable. Allez! Vite! À la déchiqueteuse!

Il faut dire qu’il met à mal le mythe --échafaudé par un gouvernement qui s’affiche verdoyant pur jus et par des chamans écolos -- qui fait du Québec un chef de file en matière de climat et de développement durable. `

C’est ainsi que le Commissaire, Jean Cinq-Mars, affirme que la mise en œuvre du plan de lutte contre les changements climatiques (2006-2012) n’a pas permis d’atteindre les cibles fixées de réduction des gaz à effet de serre (surtout le CO2, bien sûr). L’objectif était d’atteindre 6% de baisse par rapport à 1990. Or, les niveaux sont demeurés stables à toutes fins pratiques.

Il est vrai que devant cette incapacité à réduire substantiellement les émissions de CO2 d’origine humaine, je dois vous faire un aveu que les inquisiteurs verts vont sans doute trouver grossier pour ne pas dire obscène : je ne suis guère soucieux…de mon empreinte carbone! Car, voyez-vous, ce n’est un secret pour personne, j’adhère à la position dite climato-sceptique défendue par d’éminents scientifiques (tout aussi respectables et crédibles que ceux qui croient au réchauffement d’origine anthropique), position qui ne reconnait pas le CO2 comme un facteur déterminant en matière de changement climatique.

Mais ce qui me scandalise au plus haut point, ce sont les coûts impliqués dans la mise en branle d’un tel plan : 1,5 milliard $ pour 2006-2012 et 2,7 milliard $ pour 2013-2020. C’est beaucoup d’argent! Et tout ça pour échouer lamentablement dans l’atteinte des cibles fixées. D’ailleurs, même si on les atteignait, cela n’aurait aucun effet sur la température. Il est en effet avéré que l’application stricte et rigoureuse de l’accord de Kyoto n’aurait eu qu’un effet infinitésimal sur la température de la Terre.

Donc, comment doit-on désigner une dépense de plusieurs milliards en vue de financer un plan dont la mise en œuvre ne permet pas d’atteindre les objectifs fixés et qui, même si on les atteignait, n’aurait qu’un effet indétectable sur le thermomètre? D’après vous? Est-ce que ça ne s’appellerait pas du gaspillage de fonds publics? À tout le moins, dans un contexte d’endettement et de périlleux déficits de l’État, c’est  certainement une très mauvaise allocation de ressources! Et personne ne s’indigne de cette dilapidation de vos impôts! Scandaleux!

Le pire c’est qu’il faut ajouter à ce plan ruineux et stérile bien d’autres politiques tout aussi néfastes. Il n’y a qu’à penser à ce parti-pris affiché en faveur de la filière éolienne. Une filière non seulement coûteuse (son prix dépasse les 11 cents le KWh) mais inefficace (une éolienne ne fonctionne guère plus que 20% du temps). Ces grands vire-vent sont les dispendieux totems des gourous écolos. Pourtant, partout dans le monde, les États surendettés coupent les subventions à ces énergies dites renouvelables. Et les faillites se multiplient.

Autre exemple : la multiplication des aires protégées en forêt boréale réduit tellement les approvisionnements que l’industrie forestière ne parvient pas à se dépêtrer d’une crise qui frappe durement plusieurs régions du Québec.

Toutes ces politiques soi-disant écologiques handicapent la création de richesse et l’empêchent de se déployer. La dérive écolo de la classe politique est  une calamité économique pour le Québec.

Jacques Brassard


vendredi 18 mai 2012

PAUVRE FRANCE!

(Chronique parue le 18 Mai dans le Journal de Québec)
                                                     

D’entrée de jeu, il faut signaler que Nicolas Sarkozy, l’ami de Paul Desmarais, est le premier artisan de sa défaite aux présidentielles françaises.

D’abord, il n’a pas été en mesure de respecter ses engagements proclamés lors de la campagne de 2007. Il n’a pas osé toucher aux 35 heures, cette aberration économique concoctée au temps de Mitterrand par Martine Aubry. Il s’est contenté d’une timide réforme des retraites.

Il n’a pas non plus amélioré la sécurité dans les nombreuses «zones sensibles» des grandes villes (euphémisme pour désigner des zones de non-droit livrées aux imams islamistes et aux trafiquants). Enfin, il n’a pas réussi à freiner l’islamisation de la France, l’islam radical prévalant au détriment d’un islam modéré introuvable.

D’autre part, il s’est sans doute bien démené pour combattre la crise économique, mais à la façon d’Obama, c’est-à-dire en gonflant les dépenses publiques et en accroissant de façon pernicieuse le niveau d’endettement. Ajoutons que son flirt avec la gauche (des ministres issus du parti socialiste) a désenchanté sa base électorale.

C’est un fait difficilement contestable : la France n’est pas en très bonne santé. Comme le révélait Le Point (12 avril), «certains pays européens ont une grosse dette, d’autres, un gros déficit, la France a les deux…» : une dette publique de 90% du PIB et un déficit de 5,2% du PIB. Et la Cour des Comptes cible l’effet «boule de neige» qui pourrait «faire monter la dette à 100% du PIB dès 2015 et à 122% en 2020».

Quant aux dépenses publiques, elles atteignent 54% du PIB, un championnat européen. La balance du commerce extérieur  est en chute libre : un déficit de 70 milliard d’euros (l’Allemagne a un excédent de 160 milliards). La croissance est à toutes fins pratiques à zéro.

Face à ce déclin accéléré de la France, quelle est la feuille de route du nouveau Président, soutenu (et plombé) par les communistes et les écolos : des impôts et des taxes. Plus la création de 60,000 postes au sein de la plus lourde bureaucratie du continent européen. Les riches («Je hais les riches!», a-t-il déclaré) et les classes moyennes déjà lourdement taxées vont encore écoper.

«Comment peut-on, au XXIe siècle, écrivent une vingtaine d’économistes français, après des décennies et siècles de réflexion et d’expérience, croire à des recettes qui relèvent plus de la magie incantatoire que de la science? Comment croire qu’un État peut promouvoir la croissance par le seul fait qu’il dépense plus, sans se rendre compte qu’il prélève par l’impôt ou par l’emprunt les ressources nécessaires à ses gaspillages et à ses dépenses démagogiques?». La politique socialiste de M. Hollande, concluaient-ils, «ne pourra produire que la stagnation économique, un chômage accru, un endettement publique insupportable».

Et concernant les vives inquiétudes des Français en matière d’islamisation et de sécurité, elles ne seront certes pas apaisées par François Hollande. Qu’il suffise de signaler que plus de 90% des musulmans ont voté socialiste et que, lors du festival de la gauche, place de la Bastille, les drapeaux marocains, algériens, syriens, palestiniens étaient plus nombreux que les drapeaux tricolores. Mauvais présage!

En 1981, l’application du programme socialo-communiste de Mitterrand a plongé la France dans la débâcle économique. Il a fallu vite recourir à la rigueur et  aux privatisations. Mais à la différence de 1981, pour François Hollande, la banqueroute est déjà là. Dans l’antichambre de l’Élysée!

Jacques Brassard

vendredi 11 mai 2012

MAUVAIS AUGURE

(Chronique parue le 11 mai dans le Journal de Québec)
                                                  

Le Québec tout entier aura basculé dans une crise socio politique qui dure et perdure pour une raison somme toute…banale : une hausse modérée et justifiée des frais de scolarité sur cinq ans (ramenée à sept ans).

Cette crise, que l’on se plait en certains milieux branchés à désigner pompeusement sous le vocable de «Printemps Québécois», est révélatrice de l’état de la société québécoise au moment même ou elle doit faire face à un sérieux effritement des fondations de l’État Providence, édifié au cours des 50 dernières années à des coûts dépassant largement nos moyens.

C’est ainsi que la fronde étudiante (mélange détonnant d’utopisme débridé, de vandalisme et d’intimidation) a pu compter sur l’appui de toutes les forces dites «progressistes», c’est-à-dire, essentiellement, l’ensemble des composantes de la gauche : les corporatismes syndicaux, un partie notable de la classe politique (PQ, Québec-Solidaire), la colonie artistique et une large proportion de l’intelligentsia (écrivains, universitaires, intellos).

De sorte qu’on peut dire que les rebelles étudiants apparaissent de plus en plus comme l’avant-garde des troupes des bénéficiaires syndiqués du coûteux «Modèle Québécois» qui s’apprêtent à monter l’assaut de tout gouvernement  qui osera entreprendre des réformes visant à rendre plus conformes à nos moyens  des pièces majeures de l’État providence.

La révolte étudiante, c’est la «bataille de Dieppe» précédant et préparant le «Grand Débarquement»!

Par ailleurs, ce que révèle cette crise, c’est l’état de déliquescence avancé de l’autorité à tous les niveaux de la société. Pour ce qui est de l’autorité parentale, on s’en doutait déjà. Mais ce qui inquiète au plus haut point, c’est la démission des autorités institutionnelles. Celles des universités et des cegeps se sont comportées dans ce foutoir comme des lopettes. Quant aux profs syndiqués, ce fut, de leur part, des prosternations obséquieuses et totalement irresponsables devant la «grandeur et la beauté» du combat révolutionnaire des étudiants. De plus, on a fait un «doigt d’honneur» aux tribunaux.

Tout cela est de très mauvais augure pour la suite des choses.

Si on a eu droit à tout ce tohu-bohu pour un trivial dégel des frais de scolarité, imaginez-vous ce qui va survenir lorsqu’un gouvernement courageux (est-ce un oxymore?) entreprendra une inévitable opération de reconfiguration de notre sacro-saint «Modèle Québécois»? Une guerre sociale? Une plongée dans l’anarchie? Une insurrection généralisée?

Vous voyez bien ce que je veux dire? Évoquons quelques exemples.

Un gouvernement courageux met en œuvre une nécessaire réforme en profondeur des services de garde pour en réduire les coûts exorbitants. Que se passe-t-il? Le chaos social? Une immense pagaille dans tout le Québec?

Un gouvernement courageux met en branle une révision de l’assurance parentale pour la rendre moins «chromée». Qu’advient-il? Une mutinerie universelle? Le Grand Bordel?

Un gouvernement courageux décide d’élargir la place du privé dans le système de santé. Quelle est la réaction? La «guerre nucléaire»?



Vous croyez que je suis pessimiste? Que j’exagère? Je ne crois pas. Toutes les sociétés occidentales, vivant depuis des décennies au-dessus de leurs moyens et donc surendettées, sont dans l’obligation de donner à leurs États Providence une taille plus modeste. Certaines ont réussi (Allemagne, Suède), d’autres ont sombré dans le désordre et l’émeute (Grèce).

Chez nous, je crains que le chahut estudiantin ne préfigure bien des tourmentes et bien des tumultes lorsqu’apparaitra un gouvernement courageux décidé d’agir. Nous aurons un gouvernement, ça c’est sûr, mais sera-t-il courageux?  Un doute m’assaille!

Jacques Brassard








vendredi 4 mai 2012

NOUVEAU CALENDRIER

(Chronique parue le 4 mai dans le Journal de Québec)
                                                

Le calendrier judéo-chrétien auquel je suis habitué depuis ma tendre enfance est en voie d’être remplacé par un nouveau, établi par l’ONU, avec le soutien énergique des escadrons gauchistes et de l’Église écolo.

C’est ainsi que nous avons droit à une «Journée sans Voiture», consacrée à la détestation de cette horrifique invention : l’automobile. Et à un  «Jour sans Achat», voué à l’exécration de l’odieuse société de consommation.

N’oublions pas «une Heure pour la Planète», le soir ou l’on se plonge une heure dans la noirceur pour bien exprimer notre dégoût de l’énergie électrique. Et le «Jour sans Viande», moment choisi pour étaler toute la répugnance qu’inspirent les infects carnivores. Et le «Jour sans Tabac»…

La liste est longue : Journées mondiales de l’Environnement, de la Biodiversité, de l’Océan, de l’Eau, de la Protection de la Couche d’Ozone. Et pour ajouter une dimension festive, on agrémente le tout avec la Journée de la Blague, celle de la Gentillesse et, enfin, celle des Câlins!

Et surtout, il y a l’équivalent de la Pâques chrétienne, la «Journée de la Terre»! Il y a deux semaines, le 22 avril, à Montréal, on a pu voir un immense défilé, une grande marche, une magnifique procession (comme celle de la Fête-Dieu d’autrefois), afin de rendre hommage à la Terre, la Mère Nature, la déesse Gaïa!

Cet évènement rassemblait toute la mouvance écolo, les zartistes engagés, toutes les composantes de la gauche, des communistes aux socio-démocrates en passant par les alter mondialistes, les bobos et les étudiants en rébellion, sans doute accompagnés de leurs profs syndiqués. Une grandiose liturgie célébrant la Terre Mère!

L’écologie est, écrit Pascal Bruckner, «la nouvelle religion séculière qui s’élève sur les décombres d’un monde incroyant». Les zartistes et les chamans Verts en sont les «prophètes et les pasteurs». Et on l’enseigne et la propage, cette nouvelle religion dont l’ONU est en quelque sorte le Vatican, dans les écoles.

Je cite de nouveau Pascal Bruckner. «L’écologie, écrit-il (Le Fanatisme de l’Apocalypse), est devenue une idéologie globale qui couvre l’intégralité de l’existence, les modes de production autant que les manières de vivre. On y retrouve tous les travers du marxisme appliqués à l’environnement : le scientisme omniprésent, les visions effroyables de l’Humanité, l’admonestation aux hommes coupables de ne pas comprendre ceux qui leur veulent du bien.»

C’est ainsi que l’un des thèmes du grand cérémonial du 22 avril était la nocivité et la malfaisance, à l’endroit de Gaïa, du mode de production capitaliste. Le développement économique, surtout celui portant sur les mines et les hydrocarbures, est l’objet d’une furieuse hostilité. On y rêve de croissance zéro et même de décroissance. On y conspue les barrages hydroélectriques. C’est tout juste si l’on n’accuse pas Harper de crime contre l’humanité pour avoir renié le Protocole de Kyoto. Sur cette thématique, les zartistes ont d’ailleurs fait une vidéo d’une insondable débilité.

Évidemment, toutes ces hordes d’apôtres zélés de la Terre Mère ne se soucient guère du fait que contrecarrer le développement économique et entraver la création de richesse se traduisent concrètement par plus de chômage, une baisse du niveau de vie et des rentrées fiscales amoindries. Le sauvetage de la Planète est à ce prix, n’est-ce pas?

L’humanité est une espèce nuisible, la société dite de consommation est un cancer, l’économie de marché est une gangrène, tels sont les dogmes de cette nouvelle religion de la Terre-Mère. Ça vous intéresse?

Jacques Brassard




vendredi 27 avril 2012

ARRÊTEZ LES FRAIS!

(Chronique parue le 27 avril dans le Journal de Québec)
                                               

Les positions de la classe politique québécoise sur le registre des armes à feu ne sont, en fait, inspirées que par le besoin irrésistible d’exhiber compassion et empathie à l’égard des proches des victimes et des citoyens horrifiés par des tueries perpétrées par des déments saisis d’une rage meurtrière.

C’est une façon de proclamer : « Voyez comment, nous, les politiciens, sommes pleins de douleur et de tristesse devant ces massacres abominables! Et voyez comme nous sommes déterminés à empêcher de pareilles horreurs! » Le registre des armes à feu a constitué la concrétisation étatique de cette posture compassionnelle. Ce n’était cependant pas une réaction rationnelle.

Il y a aussi un autre mobile à la base de cette attitude de la classe politique québécoise et c’est qu’elle entend bien, tous partis confondus, profiter de la diabolisation de Stephen Harper au Québec. Exploiter cette image d’un Harper «froid et inhumain» peut procurer à peu de frais un bénéfice politique.

Combinez ces deux pulsions et vous avez un discours tout imprégné de démagogie, de mauvaise foi et d’hypocrisie. Détruire les données du registre des armes de chasse, déclarent les politiciens, la mine triste et indignée, c’est favoriser les crimes les plus violents et c’est abolir un instrument qui permettrait d’arrêter les criminels avant qu’ils passent à l’acte.

Ce discours est non seulement grossièrement démagogique, il est faux.

D’abord, personne n’est en mesure d’identifier un crime qui a pu être évité grâce au registre. D’autant plus que, dans pratiquement tous les cas, les armes utilisées n’étaient pas enregistrées. Ou c’était des armes illégales. Comment peut-on penser sérieusement qu’un assassin fou, un braqueur ou un tueur à gage va prendre bien soin de s’assurer que son arme est dûment enregistrée? À moins d’être un prodigieux crétin!

Par ailleurs affirmer, comme certaine députés et certains groupes, qu’une fois le registre aboli, n’importe qui pourra se procurer, sans le moindre contrôle, une arme d’épaule et s’en servir pour commettre un crime, c’est, soit étaler une ignorance bien crasse, soit manifester une affligeante mauvaise foi.

Car, voyez-vous, le chasseur (et j’en suis un), perçu comme un criminel en puissance, doit, pour posséder et utiliser des armes d’épaule (fusil et carabine), détenir deux permis. Le premier, accordé par l’État québécois, atteste que son détenteur connait bien le maniement sécuritaire des armes à feu. Le second, octroyé par le Fédéral, appelé «Permis de Possession et d’Acquisition», est indispensable pour posséder et acheter une arme d’épaule et pour se procurer des munitions.

Et avant d’obtenir ce dernier, il faut fournir plein de renseignements personnels qui sont vérifiées afin de s’assurer qu’il n’y a pas de menace pour la société.

Il existe donc deux registres de permis qui permettent aux policiers de savoir qu’une personne, d’une part, connait le maniement des armes et, d’autre part, possède des armes à feu.

Par conséquent, un registre des armes d’épaules est parfaitement inutile. Ce n’est qu’une autre grosse patente bureaucratique. Et les fanfaronnades et gesticulations judiciaires en vue de récupérer les données ne visent qu’à se faire du capital politique sur le dos de Harper, le «Malfaisant-et-satanique» PM fédéral.

Les chasseurs québécois sont d’honnêtes citoyens qui se servent de leurs armes de façon très sécuritaire. S’en servir comme boucs émissaires à des fins de basse politique est loin d’être honorable. Arrêtez les frais!

Jacques Brassard