1-50% VERT
Le Plan Nord, si cher à Jean Charest,
c’est, en vérité, une sorte de panneau réclame visant à faire croire aux
électeurs que le gouvernement libéral est le dynamique et indispensable maître
d’œuvre du développement nordique et que, par conséquent, il est à l’origine et
le responsable des investissements et des créations d’emplois dans cet immense
territoire. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une fumisterie, mais c’est
certainement un immodeste «pétage de bretelles».
Car, voyez-vous, les minières, les forestières
et Hydro-Québec n’ont pas attendu la mise sur le marché politique de ce label
accrocheur pour entreprendre le développement du Nord. C’est en cours depuis la
construction des centrales de La Grande.
En fait, il n’y a aurait pas de
panneau réclame, et les investissements se feraient sans doute quand même.
Mais admettons tout de même que
coordonner le développement du Nord n’est pas en soi une mauvaise idée.
Mais là ou le gouvernement déraille,
c’est en matière d’environnement.
Que le gouvernement «s’engage à ce
que les projets se fassent dans le respect des lois et règlements
environnementaux et soient soumis à des analyses environnementales
rigoureuses», cela va de soi. C’est tout à fait normal.
(D’ailleurs, j’en profite pour me
vanter un peu. C’est moi, à titre de ministre de l’environnement dans le
gouvernement Parizeau, qui ait fait adopter par le Conseil des Ministres, avec
l’appui du Premier Ministre il va sans dire, un décret de mise en vigueur des
articles de la loi de protection de l’environnement, inopérants depuis son
adoption en 1978, prévoyant l’assujettissement des grands projets industriels à
la procédure complète de l’évaluation environnementale. La construction d’une
immense aluminerie à Alma, dans ma circonscription, fut le premier projet
soumis à cette procédure. Fin de la vantardise!)
Et le déraillement s’est produit
lorsque le gouvernement a proclamé qu’il «va consacrer, d’ici 2035, 50% du
territoire du Plan Nord, à des fins autres qu’industrielles, à la protection de
l’environnement et à la sauvegarde de la biodiversité. Cet engagement se
concrétisera par une stratégie de mise en œuvre, suivant l’adoption d’une loi.»
50%! C’est fou braque! Il faut vraiment halluciner pour soutenir une aberration
aussi dévastatrice sur le plan économique.
Le pire, c’est qu’un objectif aussi
démentiel n’a pas indigné le moins du monde ni les partis d’opposition, ni les
«penseurs» médiatiques.
Il aura fallu que les élus municipaux
et les entreprises forestières de la région Saguenay-Lac-St-Jean se rendent
compte que la mise en œuvre d’une extravagance aussi stupide allait faire de
terribles dégâts à l’industrie forestière, pour qu’on daigne s’interroger dans
la classe politique sur cette grossière ineptie.
Et ce sont les députés de la
région la plus concernée
(Saguenay-Lac-St-Jean) qui ont attaqué le gouvernement sur cette question.
Soustraire 50% de la forêt nordique
aux activités de récolte «à des fins industrielles», c’est condamner à mort de
nombreuses entreprises forestières, déjà mal en point suite à la crise, dans
plusieurs régions du Québec.
Le fait qu’une telle idiotie suscite
si peu d’opposition nous révèle bien jusqu’à quel point les élites
politico-médiatiques sont littéralement envoûtées par les lubies idéologiques
des activistes écolos qui classent toutes atteintes portées à la Nature dans la
catégorie des crimes abjects. Oui, certes, de l’envoûtement, mais mélangé à la
peur morbide d’irriter les écolos. Car, c’est bien connu, la classe politique
et les médias s’accroupissent lamentablement devant les gourous et les chamanes
verts. Comme aussi, d’ailleurs, devant les indignés gauchistes.
Je le répète, dans le domaine
forestier, soustraire 50% du territoire nordique à l’exploitation pour des fins
industrielles constitue sans nul doute la plus horrible des calamités pour des
régions entières du Québec.
Comment un gouvernement qui se prétend
obsédé par le développement économique peut-il ignorer à ce point les effets
malfaisants d’une mesure aussi délirante?
Je suis vraiment sidéré (et
découragé) devant une majorité de la classe politique si lourdement contaminée
par le crétinisme et la déraison.
2-LA THÉOLOGIE VERDOYANTE
«Le changement climatique est une
crise planétaire sans frontière.»
«De nombreux pays souffrent
actuellement de conséquences à long terme des émissions sans restriction de
carbone qui détériorent l’atmosphère.»
«Il faut changer les ruineux régime
de production et de consommation.»
«Il faut mettre en œuvre un accord
international contraignant qui, successeur du Protocole de Kyoto, engage les
États à réduire les émissions de carbone.»
«Il faut instaurer la justice climatique
en jouant un rôle constructif dans la conception d’un Fonds Vert pour le
Climat.»
D’après vous, d’où sont tirées ces
citations?
D’un manifeste de Greenpeace? D’un
rapport du GIEC? D’un discours de Jean Charest? D’un sermon de Steeve
Guilbeault? D’un article du Devoir, gazette écolo par excellence? D’un
gauchiste indigné?
Pas du tout! Ce sont des extraits
d’un «appel interreligieux canadien au leadership et à l’action pour la justice
climatique». Ça vous en bouche un coin, n’est-ce pas?
Et c’est signé par les anglicans,
l’église arménienne, les musulmans progressistes (!), le Conseil canadien des
imams (!!), les quakers, l’église réformée chrétienne d’Amérique du nord (!!!),
l’église orthodoxe éthiopienne, les luthériens, les mennonites, les baha’is
(?!), et, tenez-vous bien, la loge de la tortue de la nation anishnade du
Manitoba (??!!).
Foutrement impressionnant!
Notez que le texte n’est pas signé
par un prélat catholique romain. On voit bien là la prudence et la sagesse
légendaires de l’Église. Elle n’a jamais été soucieuse d’être à la mode, dans
le vent, et de se soumettre au goût du jour. Elle n’a pas 2000 ans pour rien.
C’est tout à son honneur.
Il faut dire cependant que le texte
et la pétition en annexe sont accessibles sur le site du diocèse de Montréal.
On veut sans doute ainsi faire une faveur aux catholiques de gauche qui sont
tout à la fois antisionistes, plus ou moins socialistes, alter mondialistes, et
réchauffistes.
Ce prêche interreligieux est sans
doute une pitoyable manoeuvre de racolage auprès des Verts et d’une opinion
publique chauffée à blanc par une propagande réchauffiste omniprésente dans les
médias et le discours politique.
Dans le genre : «Voyez comme
nous sommes dans le vent! Comme nous sommes à vos côtés! Comme nous pensons
comme vous! Unissons-nous et menons ensemble le combat pour la Justice
climatique!»
Cet appel interreligieux sera-t-il
entendu et bien reçu par le GIEC et son clergé et par les grandes et petites
congrégations écolo-réchauffistes?
Probablement! C’est un soutien qui
arrive à point nommé. Car, voyez-vous, le dogme du réchauffement d’origine
anthropique est de plus en plus battu en brèche. Il chancelle sur son socle. Il
va tomber.
Les gouvernements, la mouvance écolo,
les médias continuent, il est vrai, de tenir le haut du pavé et ils soutiennent
toujours sans réserve les thèses réchauffistes du GIEC.
Mais, sur le plan scientifique, le
travail de sape se poursuit et, très bientôt, le dogme du réchauffement causé
par les émissions humaines de CO2 va être jeté dans la poubelle des fausses
théories.
Alors, non seulement cet appel
interreligieux est déphasé par rapport à l’état de la science climatique, mais
en plus il met de l’avant un concept pour le moins nébuleux. C’est quoi, cet
étrange bidule conceptuel, la «justice climatique»?
Car, en contraignant les pays à
«réduire massivement les émissions de carbone», non seulement cela n’aura aucun
effet sur le climat de la Terre, mais la croissance et le développement
économiques des sociétés riches seront gravement affectés et les pays pauvres ne pourront pas s’engager
sur la voie du développement.
Pour la simple raison que la
croissance et le développement économique reposent toujours sur le recours
massif aux énergies fossiles. Et pour longtemps encore.
Où niche-t-elle donc, dans ces
conditions, la «justice climatique»? Au Paradis des âneries biscornues, sans
doute!
Heureusement, l’Église catholique ne
semble pas s’être laissée embringuer dans ce prêchi-prêcha fondé sur une
imposture scientifique et sur une idéologie écolo anti humaniste (et anti
judéo-chrétienne) qui considère l’humanité comme une espèce malveillante placée
sur le même pied, au sein de la Nature, que la couleuvre brune, le baobab,
l’épinette noire ou le grand requin blanc.
Souhaitons que, contrairement à la
ribambelle d’églises et de religions signataires de l’Appel, l’Église
catholique reste à l’écart de cette douteuse croisade. De la même façon qu’elle
a pris ses distances à l’égard de la théologie de la libération qui épousait
bien des thèses marxistes (celle de la lutte des classes, entre autres), elle
devrait sagement se tenir loin d’une idéologie reposant sur des fondations
scientifiquement défaillantes.
Bref, pour faire preuve de compassion
et de solidarité envers les peuples pauvres, il n’est pas nécessaire d’inventer
et d’adhérer à un concept aussi fumeux et aussi déglingué que celui de «justice
climatique».
Jacques Brassard