mercredi 16 novembre 2011

DEUX DÉRAILLEMENTS


                                           

1-50% VERT

Le Plan Nord, si cher à Jean Charest, c’est, en vérité, une sorte de panneau réclame visant à faire croire aux électeurs que le gouvernement libéral est le dynamique et indispensable maître d’œuvre du développement nordique et que, par conséquent, il est à l’origine et le responsable des investissements et des créations d’emplois dans cet immense territoire. Je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une fumisterie, mais c’est certainement un immodeste «pétage de bretelles».

Car, voyez-vous, les minières, les forestières et Hydro-Québec n’ont pas attendu la mise sur le marché politique de ce label accrocheur pour entreprendre le développement du Nord. C’est en cours depuis la construction des centrales de La Grande.

En fait, il n’y a aurait pas de panneau réclame, et les investissements se feraient sans doute quand même.

Mais admettons tout de même que coordonner le développement du Nord n’est pas en soi une mauvaise idée.

Mais là ou le gouvernement déraille, c’est en matière d’environnement.

Que le gouvernement «s’engage à ce que les projets se fassent dans le respect des lois et règlements environnementaux et soient soumis à des analyses environnementales rigoureuses», cela va de soi. C’est tout à fait normal.

(D’ailleurs, j’en profite pour me vanter un peu. C’est moi, à titre de ministre de l’environnement dans le gouvernement Parizeau, qui ait fait adopter par le Conseil des Ministres, avec l’appui du Premier Ministre il va sans dire, un décret de mise en vigueur des articles de la loi de protection de l’environnement, inopérants depuis son adoption en 1978, prévoyant l’assujettissement des grands projets industriels à la procédure complète de l’évaluation environnementale. La construction d’une immense aluminerie à Alma, dans ma circonscription, fut le premier projet soumis à cette procédure. Fin de la vantardise!)
Et le déraillement s’est produit lorsque le gouvernement a proclamé qu’il «va consacrer, d’ici 2035, 50% du territoire du Plan Nord, à des fins autres qu’industrielles, à la protection de l’environnement et à la sauvegarde de la biodiversité. Cet engagement se concrétisera par une stratégie de mise en œuvre, suivant l’adoption d’une loi.» 50%! C’est fou braque! Il faut vraiment halluciner pour soutenir une aberration aussi dévastatrice sur le plan économique.

Le pire, c’est qu’un objectif aussi démentiel n’a pas indigné le moins du monde ni les partis d’opposition, ni les «penseurs» médiatiques.

Il aura fallu que les élus municipaux et les entreprises forestières de la région Saguenay-Lac-St-Jean se rendent compte que la mise en œuvre d’une extravagance aussi stupide allait faire de terribles dégâts à l’industrie forestière, pour qu’on daigne s’interroger dans la classe politique sur cette grossière ineptie.

Et ce sont les députés de la région  la plus concernée (Saguenay-Lac-St-Jean) qui ont attaqué le gouvernement sur cette question.

Soustraire 50% de la forêt nordique aux activités de récolte «à des fins industrielles», c’est condamner à mort de nombreuses entreprises forestières, déjà mal en point suite à la crise, dans plusieurs régions du Québec.

Le fait qu’une telle idiotie suscite si peu d’opposition nous révèle bien jusqu’à quel point les élites politico-médiatiques sont littéralement envoûtées par les lubies idéologiques des activistes écolos qui classent toutes atteintes portées à la Nature dans la catégorie des crimes abjects. Oui, certes, de l’envoûtement, mais mélangé à la peur morbide d’irriter les écolos. Car, c’est bien connu, la classe politique et les médias s’accroupissent lamentablement devant les gourous et les chamanes verts. Comme aussi, d’ailleurs, devant les indignés gauchistes.

Je le répète, dans le domaine forestier, soustraire 50% du territoire nordique à l’exploitation pour des fins industrielles constitue sans nul doute la plus horrible des calamités pour des régions entières du Québec.

Comment un gouvernement qui se prétend obsédé par le développement économique peut-il ignorer à ce point les effets malfaisants d’une mesure aussi délirante?

Je suis vraiment sidéré (et découragé) devant une majorité de la classe politique si lourdement contaminée par le crétinisme et la déraison.



2-LA THÉOLOGIE VERDOYANTE

«Le changement climatique est une crise planétaire sans frontière.»

«De nombreux pays souffrent actuellement de conséquences à long terme des émissions sans restriction de carbone qui détériorent l’atmosphère.»

«Il faut changer les ruineux régime de production et de consommation.»

«Il faut mettre en œuvre un accord international contraignant qui, successeur du Protocole de Kyoto, engage les États à réduire les émissions de carbone.»

«Il faut instaurer la justice climatique en jouant un rôle constructif dans la conception d’un Fonds Vert pour le Climat.»

D’après vous, d’où sont tirées ces citations?

D’un manifeste de Greenpeace? D’un rapport du GIEC? D’un discours de Jean Charest? D’un sermon de Steeve Guilbeault? D’un article du Devoir, gazette écolo par excellence? D’un gauchiste indigné?

Pas du tout! Ce sont des extraits d’un «appel interreligieux canadien au leadership et à l’action pour la justice climatique». Ça vous en bouche un coin, n’est-ce pas?

Et c’est signé par les anglicans, l’église arménienne, les musulmans progressistes (!), le Conseil canadien des imams (!!), les quakers, l’église réformée chrétienne d’Amérique du nord (!!!), l’église orthodoxe éthiopienne, les luthériens, les mennonites, les baha’is (?!), et, tenez-vous bien, la loge de la tortue de la nation anishnade du Manitoba (??!!).

Foutrement impressionnant!

Notez que le texte n’est pas signé par un prélat catholique romain. On voit bien là la prudence et la sagesse légendaires de l’Église. Elle n’a jamais été soucieuse d’être à la mode, dans le vent, et de se soumettre au goût du jour. Elle n’a pas 2000 ans pour rien. C’est tout à son honneur.

Il faut dire cependant que le texte et la pétition en annexe sont accessibles sur le site du diocèse de Montréal. On veut sans doute ainsi faire une faveur aux catholiques de gauche qui sont tout à la fois antisionistes, plus ou moins socialistes, alter mondialistes, et réchauffistes.

Ce prêche interreligieux est sans doute une pitoyable manoeuvre de racolage auprès des Verts et d’une opinion publique chauffée à blanc par une propagande réchauffiste omniprésente dans les médias et le discours politique.

Dans le genre : «Voyez comme nous sommes dans le vent! Comme nous sommes à vos côtés! Comme nous pensons comme vous! Unissons-nous et menons ensemble le combat pour la Justice climatique!»

Cet appel interreligieux sera-t-il entendu et bien reçu par le GIEC et son clergé et par les grandes et petites congrégations écolo-réchauffistes?

Probablement! C’est un soutien qui arrive à point nommé. Car, voyez-vous, le dogme du réchauffement d’origine anthropique est de plus en plus battu en brèche. Il chancelle sur son socle. Il va tomber.

Les gouvernements, la mouvance écolo, les médias continuent, il est vrai, de tenir le haut du pavé et ils soutiennent toujours sans réserve les thèses réchauffistes du GIEC.

Mais, sur le plan scientifique, le travail de sape se poursuit et, très bientôt, le dogme du réchauffement causé par les émissions humaines de CO2 va être jeté dans la poubelle des fausses théories.

Alors, non seulement cet appel interreligieux est déphasé par rapport à l’état de la science climatique, mais en plus il met de l’avant un concept pour le moins nébuleux. C’est quoi, cet étrange bidule conceptuel, la «justice climatique»?

Car, en contraignant les pays à «réduire massivement les émissions de carbone», non seulement cela n’aura aucun effet sur le climat de la Terre, mais la croissance et le développement économiques des sociétés riches seront gravement affectés  et les pays pauvres ne pourront pas s’engager sur la voie du développement.

Pour la simple raison que la croissance et le développement économique reposent toujours sur le recours massif aux énergies fossiles. Et pour longtemps encore.

Où niche-t-elle donc, dans ces conditions, la «justice climatique»? Au Paradis des âneries biscornues, sans doute!

Heureusement, l’Église catholique ne semble pas s’être laissée embringuer dans ce prêchi-prêcha fondé sur une imposture scientifique et sur une idéologie écolo anti humaniste (et anti judéo-chrétienne) qui considère l’humanité comme une espèce malveillante placée sur le même pied, au sein de la Nature, que la couleuvre brune, le baobab, l’épinette noire ou le grand requin blanc.

Souhaitons que, contrairement à la ribambelle d’églises et de religions signataires de l’Appel, l’Église catholique reste à l’écart de cette douteuse croisade. De la même façon qu’elle a pris ses distances à l’égard de la théologie de la libération qui épousait bien des thèses marxistes (celle de la lutte des classes, entre autres), elle devrait sagement se tenir loin d’une idéologie reposant sur des fondations scientifiquement défaillantes.

Bref, pour faire preuve de compassion et de solidarité envers les peuples pauvres, il n’est pas nécessaire d’inventer et d’adhérer à un concept aussi fumeux et aussi déglingué que celui de «justice climatique».

Jacques Brassard







 




samedi 5 novembre 2011

UNE BOUFFONNERIE NAUSÉABONDE




J’aime bien Gilles Proulx. À l’émission quotidienne de Mario Dumont, c’est un commentateur coloré, au franc-parler vigoureux et qui ne cesse avec raison de s’indigner face aux périls qui menacent notre langue.

Mais une remarque qu’il a faite sur la position résolument pro-Israël du gouvernement Harper m’a désagréablement surpris. Décevant de voir ce libre-penseur ennemi de la langue de bois et de la rectitude politique de nos «élites» politico-médiatiques adhérer ainsi au mythe de la victimisation des Palestiniens.

Disposons d’abord de l’accusation de servilité de M. Harper envers les États-Unis relativement à la question israélo-palestinienne. C’est là une accusation sans fondement. M. Harper n’est pas, en cette matière, un suiveux de Washington. Au contraire, c’est d’abord et avant tout un homme de conviction. Et c’est tout à son honneur.

La gauche québécoise (à l’instar de Gérald Larose) a beau se déchaîner contre le PM fédéral, celui-ci ne déroge pas de ses convictions et maintient son appui sans réserve à la seule vraie démocratie de tout le proche et moyen orient. M. Harper reconnait sans la moindre équivoque la pleine et entière légitimité de l’État d’Israël et son droit incontestable de défendre son intégrité contre toutes formes possibles d’agressions terroristes.

Voilà pourquoi le Canada avait annoncé son intention ferme de voter contre l’admission à l’ONU d’un «État palestinien» tel que réclamée par le Président de l’Autorité Palestinienne (dont le mandat est échu depuis plus de deux ans), Mahmoud Abbas.

Et voilà aussi pourquoi le Canada fut un des rares pays à voter contre l’admission d’un État qui n’existe pas à l’UNESCO, organisation onusienne vouée la promotion de la culture, de l’éducation et de la science.

Ces deux démarches palestiniennes démontrent deux choses.

La première, c’est le refus systématique de l’Autorité Palestinienne, depuis qu’elle existe, de négocier sérieusement sur la base de deux États vivant côte à côte en paix et en sécurité. Malgré les multiples concessions d’Israël, malgré le retrait de l’armée israélienne du sud-Liban et de la bande Gaza, de véritables négociations n’ont jamais eu lieu. Jamais!

Ceux (tous les palestinophiles de gauche) qui renvoient dos à dos l’État d’Israël et l’Autorité Palestinienne (embryon du futur État palestinien), les rendant également responsables de l’échec des diverses négociations sont des aveugles inaptes à discerner entre une dynamique de pourparlers et une dynamique de confrontation. Il n’y a pas et il n’y a jamais eu d’équivalence morale (tout le monde est coupable) entre Israël et les Palestiniens. Jamais!

Combien de fois les caciques palestiniens ont-ils torpillé des négociations sur le point d’aboutir? Aussi bien Arafat en 2000 qu’Abbas plus récemment n’ont jamais pu être en mesure de conclure et de parapher un pacte avec Israël. Et cela malgré de substantielles concessions de la part du gouvernement israélien. On est même allé dans les deux cas jusqu’à accepter que Jérusalem-est soit la capitale du futur État palestinien. Dans ses mémoires, Condelizza Rice, secrétaire d’État dans le gouvernement Bush, nous révèle qu’elle fut étonnée que le PM israélien d’alors, M. Olmert, aille aussi loin dans son offre de paix. D’ailleurs, personnellement, et comme beaucoup d’amis d’Israël, je pense qu’il s’agit là d’une concession déraisonnable et injustifiable. Jérusalem, étant une ville juive multi millénaire, n’a pas à être partagée.

L’échec de toutes négociations s’explique par la volonté palestinienne, non pas de vivre en paix aux côtés d’Israël, mais de l’anéantir. En septembre 2011, Mahmoud Abbas déclare au New York Times que les Palestiniens «vivent sous occupation depuis 63 ans». Ce qui veut dire que pour Abbas, pourtant considéré comme un «modéré» par les bien-pensants, «l’occupation» ne commence pas avec la guerre de 1967 (au cours de laquelle Tsahal a chassé les armées arabes de la bande de Gaza et de la Judée-Samarie), mais en 1948, date de la création d’Israël. La position du «modéré» Abbas est donc la même que celle de la confrérie islamo-terroriste du Hamas : l’État d’Israël est illégitime et il doit disparaître de la surface de la Terre. Et le lessivage des cerveaux palestiniens est tellement intensif sur cette question depuis 60 ans que tout recul de la part de ces insolites «modérés» provoquerait ipso facto leur «mort politique».

L’autre constat à faire, à l’examen de ces démarches palestiniennes, c’est celui de l’avilissement et du déshonneur dans lesquels a sombré l’ONU. Cette dernière est devenue au fil des ans un conglomérat de dictatures, de tyrannies, d’États voyous et de théocraties islamistes qui s’acharnent à faire d’Israël un perpétuel bouc émissaire dont la légitimité et le droit à l’existence sont sans cesse déclarés nuls et non avenus.

Voilà pourquoi ce qui était une farce de mauvais goût à l’ONU (l’admission de la Palestine) est devenu une bouffonnerie nauséabonde à l’UNESCO.

En proclamant l’admission de la Palestine (un État qui n’existe pas), la secrétaire générale de l’UNESCO a déclaré que ce nouveau venu est le «fruit de l’aspiration d’un peuple à rejoindre pleinement la famille des nations du monde, liées entre elle par une même ambition de paix, et le partage de valeurs communes». Elle a dit ça sans rire! Quelle apothéose d’hypocrisie!

Comment peut-on parler d’une «même ambition de paix» quand tout le monde sait qu’une pluie de roquettes en provenance de Gaza ne cesse de tomber sur les villes et villages israéliens; que l’on massacre des enfants juifs en Judée-Samarie (faut dire que ce n’est pas bien grave : ce sont des enfants de «colons»); que l’on célèbre et glorifie des assassins dans les rues de Gaza et de Ramallah; que l’on enseigne la haine des Juifs dans les écoles de Palestine; que les droits humains les plus élémentaires sont piétinés en territoire palestinien (surtout à Gaza); que les chrétiens y sont persécutés sans vergogne; que le futur État palestinien sera «judenrein», comme on disait en Allemagne Nazie, c’est-à-dire interdit aux Juifs (alors qu’en Israël plus d’un million d’Arabes sont des citoyens à part entière).

Ajoutons au tableau que l’embryon d’État est corrompu jusqu’à la moelle et que sa survie n’est possible que grâce à des centaines de millions de dollars en subventions provenant surtout des démocraties. Et que cet argent sert non seulement à enrichir les caïds du Fatah et du Hamas, mais aussi à rémunérer les terroristes, reconnus coupables après procès, et emprisonnés en Israël (60 millions d’euros par année).

Et puisque la vocation de l’UNESCO, c’est la promotion de la culture, sait-elle, la secrétaire générale, que la culture dominante en territoire palestinien, c’est la culture de la haine des Juifs, la culture du racisme antisémite et la culture du terrorisme? Veut-elle vraiment en faire la promotion?

Alors, oui, je n’ai aucune réticence à rendre hommage au Premier Ministre Harper. Il est du côté du Droit et il refuse de cautionner le terrorisme et l’antisémitisme. Il est du côté de la Démocratie et il soutient la démocratie israélienne. Il est du côté de la Liberté et des valeurs fondamentales de l’Occident et il reconnait que l’État Israël est une terre de liberté, avant-poste de la civilisation occidentale dans un environnement hostile ou des forces obscurantistes veulent le «rayer de la carte».

Et je suis vraiment désolé de voir un pourfendeur de lâchetés et d’inepties comme Gilles Proulx dénigrer et rabaisser la position, honorable et courageuse, du PM Harper sur la question israélo-palestinienne.

Jacques Brassard



















dimanche 30 octobre 2011

CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCÉE?




J’ai mis un point d’interrogation au titre de ce billet. C’est que je ne veux pas être trop…tranchant quant au destin du Parti Québécois. Je me garde un modeste doute. Et s’il arrivait malgré tout que le PQ rende l’âme comme ce fut le cas du Bloc le 2 mai dernier, cela m’attristerait beaucoup. Car, après tout, j’ai participé à la fondation de ce parti, j’y ai milité pendant des années et je l’ai représenté à l’Assemblée Nationale pendant un quart de siècle.

Mais il faut bien regarder les choses en face.

Je dirais tout d’abord que, contrairement aux médias qui ciblent Pauline Marois comme unique cause des déboires du PQ, je ne crois pas que la chef soit la seule responsable de la descente aux enfers de son parti.

Il convient également de pointer du doigt les démissionnaires du printemps (Curzi, Beaudoin, Lapointe, Aussant). Leur départ a bousillé l’indispensable cohésion d’un parti qui aspire à gouverner. Les électeurs (C’est bien connu) retirent leur confiance envers un parti politique qui se transforme en pétaudière et en foutoir à grenouillage. Avec comme effet secondaire le laminage de la crédibilité, ingrédient essentiel au succès d’un parti de gouvernement.

Mais il y a plus que cela.

J’affirme que la marginalisation du PQ dans l’opinion publique vient d’abord et avant tout du fait qu’il a été incapable de se transformer afin d’être en mesure de bien cerner les problèmes et les tribulations de la société québécoise et, par voie de conséquence, d’identifier les solutions et les réponses appropriées. La nécessaire mutation ne s’est pas faite.

Le PQ, malgré qu’il soit le fruit d’une coalition «arc-en-ciel», est devenu dès le départ un parti de gauche, social-démocrate, «progressiste», étatiste et écologiste. Méfiant à l’égard de l’entreprise privée et plus ou moins anti-américain. À l’époque (fin des années 60), et pendant les décennies suivantes, c’était là un paradigme gagnant.

Mais les choses ont changé.

De nos jours, l’État-Providence est en crise. Partout en Occident. Ce qu’on appelle chez nous le «modèle québécois» et qui n’est pas très différent de ce qu’on retrouve dans les autres pays, c’est l’État-Providence. En certains milieux, on s’extasie devant l’originalité et même la singularité du «modèle québécois». Il y a là une gloriole bien dérisoire. Car rien ne ressemble plus à un État nounou qu’un autre État nounou.

Et la crise de l’État-Providence tire son origine du fait qu’il a été érigé sur la dette. Tous les peuples occidentaux ont vécu pendant des décennies au-dessus de leurs moyens. Les déficits se sont accumulés et l’endettement a pris des proportions éléphantesques.

Une telle situation de crise exige des partis politiques (surtout ceux de gauche, si viscéralement attachés à l’interventionnisme étatique) qu’ils modifient leurs jugements sur la réalité et qu’ils changent leurs pratiques. Ils ne peuvent plus, comme autrefois, continuer de promettre au Bon Peuple de poursuivre l’empilage des largesses état-providentielles. Sinon, c’est la banqueroute…à la grecque!

Je sais bien qu’il y a chez nous des chroniqueux qui nous disent que la Grèce est un repoussoir de mauvais aloi. Ils ont tort. Car, je ne cesserai de le répéter, si nous n’avions pas un cadeau de 8,5 milliards en provenance d’Alberta via la péréquation, nous serions, budgétairement parlant, dans un foutu merdier.

La question est donc la suivante : les partis politiques, et plus particulièrement le PQ, ont-ils la capacité et le courage de revisiter le «modèle québécois» afin de le ramener à des proportions conformes à nos moyens?

Le Parti Québécois le peut-il? J’en doute fortement.

Il faut se rappeler que le PQ est, depuis sa fondation, encombré de deux factions radicales qui l’empêchent de sortir des vieilles ornières.

Vous les connaissez. C’est d’abord la faction des souverainistes «purs et durs», qui crient à la trahison à chaque fois que les dirigeants du parti s’avisent de constater que la souveraineté n’est pas pour demain matin et, qu’entretemps, il ne faut pas se cantonner dans une sorte d’attente messianique, mais s’efforcer de régler des problèmes criants et urgents …dans le cadre, peu exaltant sans doute, d’un Québec-Province. Pour cette aile radicale, c’est là un acte de félonie qui mérite la répudiation immédiate.

La plupart des chefs du PQ, à l’exception sans doute de Jacques Parizeau, incarnation exemplaire de la fidélité à la Cause, se sont vus, en maintes occasions (surtout dans les Conseils Nationaux), accusés de manque de ferveur et de négligence quasi-criminelle envers l’option fondamentale du parti. Dans cette perspective, tout chef du PQ dispose d’une marge de manœuvre très étroite.

L’autre faction, c’est celle de la gauche syndicalo-progressiste qui considère toute atteinte au «modèle québécois» comme une hérésie ou, à tout le moins, comme une déviance insupportable. Donc, sur ce plan-là aussi, le chef du PQ est menotté et tenu solidement en laisse. Toute velléité d’escapade est sévèrement réprimandée et stoppée.

Telle est la situation de Pauline Marois. Et des autres chefs avant elle. Elle n’a pas les coudées franches. Elle n’a pas de marge de manœuvre. Elle a donc été lâchée par l’aile souverainiste «pure et dure» pour cause de tiédeur et même de défection.

L’aile gauche la tolère encore parce qu’elle n’a pas vraiment dévié de l’orthodoxie social-démocrate et écolo-progressiste. Elle a continué de rendre un culte bien senti au sacro-saint «modèle québécois». Elle évite ainsi l’excommunication par le tribunal gardien de la rectitude de gauche, présidé par l’ancien syndicaliste Marc Laviolette.

Je sais très bien que ces deux factions radicales sont minoritaires au sein du membership du parti. Mais, dans les Conseils Nationaux et les Congrès, elles parlent haut et fort et elles sont suffisamment tenaces, pour ne pas dire coriaces, pour menacer de façon constante l’autorité et la crédibilité du chef. Et ça ne les dérange pas du tout de semer la pagaille au sein du parti en vue de contraindre les militants et l’appareil dirigeant à garder le cap.

Voilà pourquoi Pauline Marois dirige un parti qui, contrairement à certains partis socio-démocrates occidentaux (pensons à l’Allemagne par exemple), n’a pas su se renouveler ni se réorienter en fonction d’une réalité qui, elle, avait profondément changé.

Je pense que c’est ce phénomène qui explique la désaffection de l’électorat à l’endroit du PQ, bien davantage que la personnalité et les façons de faire de Pauline Marois.

D’ailleurs, pourquoi François Legault n’a-t-il pas envisagé de prendre la direction du PQ? Tout simplement parce qu’il connaissait bien le carcan idéologique qui entrave les chefs du PQ. Il savait qu’il aurait été indubitablement un «chef à mobilité réduite».

Il a donc choisi plutôt de créer un nouveau parti. De cette façon, il peut, sans subir l’anathème, mettre entre parenthèses l’option de la souveraineté. Et il peut aussi se permettre de revoir et de repenser le «modèle québécois». Jusqu’à maintenant, il n’a toutefois pas osé brusquer les Québécois, de peur sans doute de trop les rebuter.

En éducation, par exemple, il promet de rehausser la rémunération des enseignants, mais il n’annonce pas une indispensable «contre-réforme» visant à se recentrer sur les savoirs de base et à purger le système du relativisme moral et du multiculturalisme qui le gangrènent. S’engager à abolir le cours Éthique et Culture Religieuse serait sans nul doute un signe d’une volonté réelle de changer les choses.

Il serait aussi impérieux qu’il s’engage à remplacer le nouveau cours d’histoire du Québec au secondaire, ce dernier étant le fruit, nous dit Charles-Philippe Courtois, docteur en histoire, «d’un travail de sape en règle de l’identité et de la mémoire québécoises».

En santé, il est muet sur l’élargissement de la place du privé au sein du système. Combien lui faudra-t-il d’enquêtes et de rapports pour avancer résolument dans cette voie?

Sur la question identitaire, il fait bien le constat que le Québec connait de sérieuses difficultés à intégrer les immigrants à la société d’accueil, mais il n’envisage qu’une baisse modeste et temporaire du nombre de nouveaux venus par année. Or, il faut abaisser le seuil bien davantage et pendant plus longtemps que deux ans.

Et comment ne pas reconnaître la nécessité d’une politique linguistique plus vigoureuse et plus efficace. Un réveil s’impose car le pire aspect de la situation linguistique au Québec, c’est cette espèce d’indifférence, une sorte de détachement résigné qui tétanise les Québécois devant les reculs du français, surtout à Montréal. La fierté d’autrefois qui s’exprimait si fortement en matière de défense et de promotion de notre langue a manifestement «baissé pavillon» et s’est endormie. Et ce n’est certes pas le parti Libéral qui va sonner le rappel et la reprise du combat.

Par ailleurs, François Legault et son équipe sont-ils vraiment déterminés à revisiter le «modèle québécois» d’État-Providence pour en réduire les coûts conformément à nos moyens. Vaste entreprise qui requiert un grand courage politique parce qu’il faudra affronter les lobbies et les corporatismes de tous les horizons.

En guise d’exemples, il est évident que nous nous sommes dotés d’un service de garde trop coûteux et inefficace (parce qu’incapable de répondre aux besoins) et d’une assurance parentale nettement prohibitive. Il ne s’agit pas de les abolir mais de les remodeler en réduisant substantiellement leurs coûts.

Le PQ n’est pas «équipé» pour entreprendre un pareil chantier. Trop à gauche! Trop étatiste! Trop lié aux corporatismes!

Seul le nouveau parti de François Legault, en s’alliant à l’ADQ, est dans une bonne posture pour briser la dépendance multi décennale du Québec et des Québécois à l’endettement et aux déficits. Le fera-t-il? Ira-t-il jusqu’au bout? S’arrêtera-t-il à mi-chemin? On verra bien!

Jacques Brassard

Dernière heure : un sondage Léger et Léger nous montre que Gilles Duceppe à la tête du Parti Québécois serait porté au Pouvoir. Les Québécois se sentent coupables et honteux d’avoir passé le Bloc à la trappe. Voudraient-ils se repentir en élisant Duceppe à la tête du gouvernement? Quelles âmes sensibles, que ces Québécois! Est-ce qu’ils regrettent aussi leur dérapage irrationnel du 2 mai dernier en faveur du NPD?











mardi 18 octobre 2011

INDIGNÉE OU ABRUTIS?




Il s’appelle Stéphane Hessel. C’est un vieillard qui laisse croire qu’il a participé à la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en 1947. Ce qui est exagéré. Il fut tout au plus observateur. Il a écrit récemment un pamphlet, vendu à des centaines de milliers d’exemplaires, intitulé : «Indignez-vous!». Il faut signaler que son indignation, à lui, est on ne peut plus sélective, pour ne pas dire unilatérale. Car il ne s’échauffe que presque exclusivement contre la démocratie israélienne! Les monceaux de cadavres à travers le monde le laisse plutôt froid. C’est le genre : «il me faut des Juifs pour attiser mon indignation! ».

Et voilà que dans les grandes villes d’Occident l’on voit soudainement s’agiter des braillards qui semblent avoir répondu à son appel et qui se baptisent «Indignés».

Vous vous doutez bien que la presse les cajole. Enfin! Des manifestants révolutionnaires de gauche! Comme cette indignation est admirable, n’est-ce pas? Ce n’est pas comme ces «extrémistes-racistes-nazis-demeurés d’extrême-droite» que sont les tea parties, tellement insignifiants qu’ils laissent leurs lieux de manifestations propres, sans ordures et sans dégâts! Franchement! Quelle bande d’insipides, d’inodores et de sans saveur!

Qui sont-ils donc, ces «indignés»? Si on les écoute (les médias leur donnant la parole avec complaisance), la pensée apparait confuse et embryonnaire, elle se limite à des slogans simplistes et des borborygmes vaseux.

Mais on réussit malgré tout à décoder quelques idées bien courtes. C’est ainsi qu’on finit par savoir qu’ils sont hostiles au capitalisme inévitablement «sauvage», à la finance internationale forcément «inhumaine», à la croissance «malfaisante», à la surpopulation dangereusement galopante, à la dégradation scandaleuse de notre chère Planète.

Par conséquent, tout observateur le moindrement attentif aux éructations de ces primates indignés conclurait vite qu’il est en face d’une irruption sur la place publique (les circonstances s’y prêtant) d’un conglomérat de faction d’activistes gauchistes : socialistes, communistes, alter mondialistes, écologistes, anarchistes…et casseurs en tout genre.

D’ailleurs, aux États-Unis, le Working Family Party, une coalition d’organisations socialistes et syndicales, soutient la fiesta anti capitaliste et y participe à fond. David, du blogue Antagoniste, nous apprend aussi que le Parti Nazi et le Parti Communiste américains lui ont également apporté leur appui.

Il est donc relativement facile de constater que les «indignés» ne sont en fait qu’un ramassis de gauchistes incultes. Il n’y a que les journalistes pour ne pas s’en rendre compte. Les entrevues qu’ils font avec une mansuétude loufoque sont dignes d’une anthologie de la ratatouille idéologique. Il était par ailleurs particulièrement affligeant de voir Bernard Landry, un ancien Premier Ministre, vanter les mérites et la clairvoyance de ces jeunes gauchistes tout juste capables de baragouiner des slogans débiles.

Je veux bien convenir que des naïfs de la classe moyenne se sont égarés au milieu de cette faune vociférante. Mais il saute aux yeux que la classe moyenne, même si elle est exaspérée d’avoir à supporter presque toute seule les extravagances des États, n’est pas partie prenante de ce «woodstock sans musique».

La classe moyenne américaine, par exemple, se retrouve vraiment chez les Tea Parties. Et quand elle manifeste, cette classe moyenne, elle ne dresse pas de tentes pour s’incruster en parasites dans les parcs publics et les souiller…Elle rentre tout bonnement à la maison. Et elle continue de travailler…et de payer des impôts.

Par ailleurs, si on se base sur le ramdam médiatique, on est enclin à croire que nous sommes en face d’une déferlante révolutionnaire irrésistible qui va balayer le Vieux Monde capitaliste. Erreur manifeste d’estimation, sans doute due à l’enthousiasme jubilatoire des scribes et gratte-papier devant une «perspective aussi lumineuse».

En réalité, le nombre de manifestants, dans les grandes villes d’Occident, se limitait à quelques milliers par cité. Ce qui est très modeste. Le nombre des «indignés» est inversement à proportionnel à l’intensité de la couverture médiatique qu’il leur est accordée. Avec une participation aussi maigre à une manif des tea parties, la presse aurait aussitôt proclamé la déconfiture.

Quant aux «solutions» que les Indignés à travers le Monde parviennent péniblement à bafouiller, ce n’est que vieilles ritournelles socialo-écolo-étatistes : protectionnisme, étatisation, démondialisation, dirigisme d’État, taxation musclée des «riches», décroissance etc. Toutes ces vieilles recettes ne feraient qu’aggraver la crise et plongeraient la Planète dans un ruineux foutoir. Je ne souhaite à aucun peuple de se retrouver avec un gouvernement qui surtaxerait abusivement les entreprises (ce qui aurait pour effet immédiat de faire chuter dramatiquement les investissements) ou qui lèverait des barrières pour mettre fin au libre-échange avec des pays moins développés (ce qui entrainerait une réduction dangereuse de la croissance mondiale). Ce serait une catastrophe!

Le plus désolant dans ce Carnaval d’Automne, c’est de voir, à Ottawa, les partis d’opposition faire des clins d’œil courtisans à ces jusqu’au-boutistes de la rue. C’est d’une démagogie irresponsable (un pléonasme?) que de laisser croire que les âneries jargonnées dans les parcs urbains pourraient constituer des voies de sortie de crise.

Le même phénomène est apparu aux États-Unis où l’on peut voir une Nancy Pelosi, par exemple, ancienne présidente Démocrate de la Chambre des Représentants (qui serait depuis longtemps, si elle était Républicaine, classée dans la catégorie des parfaites idiotes), faire des risettes pathétiques aux gauchistes de Occupy Wall Street (les indignés américains). « Ces rassemblements, a-t-elle déclaré, sont composés de jeunes (et alors?). Ils sont spontanés (pas si sûr!), focalisés (vous m’en direz tant!) et ils sont efficaces (efficaces sur elle sans doute!).» Les Démocrates se fourvoient s’ils imaginent que les Indignés vont les aider à se sortir du trou.

Ce que les peuples d’Occident doivent bien comprendre, c’est que la banqueroute qui les menace (quand elle ne les a pas déjà plongés dans le désarroi), ce ne sont pas les banques ni les entreprises qui en sont responsables. Ce sont eux-mêmes et les gouvernements qu’ils ont choisis. Le peuple québécois, par exemple, a choisi, comme presque tous les peuples d’Occident, de vivre au-dessus de ses moyens pendant plus de 40 ans.

Et la classe moyenne, celle qui aura à assumer et subir, un jour ou l’autre, les conséquences d’un douloureux redressement, sait fort bien que les solutions simplistes vociférées par les abrutis de la rue ne feraient que précipiter la faillite. Et, entre vous et moi, ce serait déjà fait si nous n’avions pas la «bouffée d’oxygène» annuelle de la péréquation fédérale (soustrayez 8,5 milliards du budget du Québec, et nous voilà devenus…des «Grecs»).

Jacques Brassard







lundi 3 octobre 2011

LE CLAN DES MÉCRÉANTS




Le 21 septembre dernier, une chronique de Richard Martineau sur Obama- le Messie m’a mis de joyeuse humeur. Le libre penseur du Journal de Québec évoquait et décrivait le syndrome de la «tombée en pâmoison» qui afflige les journalistes dès que le Génie du Potomac ouvre la bouche. Et surtout il osait écrire «qu’en ce qui concerne l’économie, Obama est un pee-wee, un junior qui n’a pas les qualités requises pour sortir le pays du trou».

Ces critiques virulentes de Martineau envers Obama- le- Thaumaturge lui ont été inspirées par le journaliste américain Ron Suskind qui vient de publier un livre portraiturant le Grand Timonier de Washington comme un marin d’eau douce tout juste bon à naviguer sur un étang. Surtout pas sur la mer déchaînée de l’économie planétaire!

Cette chronique de Martineau, ai-je besoin de vous le dire, me mit du baume au cœur. Car, depuis l’arrivée sur la scène politique américaine de l’Icône de Chicago, j’étais, au Québec, l’un des rares vilains mécréants (dont quelques chroniqueurs du Journal de Québec, par exemple Nathalie Elgrably) qui refusait de se prosterner devant le demi-dieu étatsunien. Plusieurs chroniques parues dans le Quotidien et plusieurs billets de mon blogue témoignent de ma totale impiété à l’endroit du Nouveau Messie. L’intronisation de Martineau dans le Clan des Mécréants et des Iconoclastes (un club plutôt sélect au Québec) me comble d’aise.

Mais depuis les élections de mi-mandat qui ont donné une forte majorité aux Républicains à la Chambre des Représentants, les yeux se dessillent (aux États-Unis surtout) et l’on s’aperçoit tout à coup que «le Roi est nu»!

Dans le monde francophone, il n’y avait que quelques dissidents (dont le lucide Guy Millière) pour aller au-delà du clinquant de la propagande Démocrate et voir Obama tel qu’il est, c’est-à-dire un homme formé et modelé dans les cénacles et les chapelles de l’Amérique gauchiste et très tôt accoutumé aux accointances avec l’islamisme. Un homme sous influence, quoi!

D’ailleurs, Michel Gurfinkiel , dans son livre, «Israël Peut-il Survivre?», évoque, à propos d’Obama, un autre livre, celui d’Aaron Klein, intitulé «Le Président Mandchourien».

Pour comprendre cette appellation, il faut se rappeler un roman publié en 1959, de Richard Condon, «Le Candidat Mandchourien», dans lequel des «soldats américains sont capturés par les communistes pendant la guerre de Corée, soumis à des lavages de cerveau dans une base secrète de Mandchourie, et renvoyés aux États-Unis pour y participer à un coup d’État». Dans le roman, on assassine le Président qui est remplacé par le vice-président, lui-même ancien prisonnier des Nord-Coréens. L’objectif du complot, c’est évidemment de faire basculer les États-Unis dans le communisme! Quelle horreur, n’est-ce pas?

Deux films ont été inspirés par ce roman «conspirationniste», l’un avec Frank Sinatra en 1962, l’autre avec Denzel Washington en 2004. Le premier respectait bien l’intrigue du roman. Le second (que j’ai vu) racontait un complot d’extrême-droite fomenté par une firme d’armement américaine. Rappelez-vous aussi que l’une des aventures de Jack Bower dans «24 Heures Chrono» tournait autour d’un thème semblable.

Mais en quoi Obama est-il un «Président Mandchourien» ? On ne peut évidemment pas parler d’un véritable complot échafaudé dans le plus grand secret. Mais Gurfinkiel met en relief la personnalité «mandchourienne» d’Obama : «une personnalité fragile, instable, friable. Donc, manipulable. Mais aussi, des liens multiples et divers avec les réseaux communistes américains ou une proximité constante avec l’Islam».

En fait, l’ultra-gauche américaine n’a pas sciemment conspiré pour s’emparer de la Présidence, mais elle s’est rendue progressivement compte qu’un de ses militants, devenu un de ses protégés, formé en son sein, pouvait devenir un «présidentiable» crédible capable de la faire entrer à la Maison-Blanche. Et de plus, signale Michel Gurfinkiel, Obama disposait d’un atout majeur et nécessaire : c’était un non-blanc, donc en mesure d’empocher les «votes ethniques».

Mais les Américains se sont vite aperçus qu’ils avaient élu un «mandchourien» qui allait mettre en œuvre les chimères et les lubies socialisantes de l’ultra-gauche américaine qui, c’est bien connu, domine dans les tanières de l’élite intello-progressiste : médias, universités et colonie artistique.

Ce qui se traduit par un interventionnisme étatique aussi débridé qu’irresponsable; un surendettement pharaonique en voie d’amocher durablement l’économie américaine; le lâchage d’Israël (le soudain rapprochement récent ave l’État Hébreu n’est dicté que par un calcul électoral) pourtant le seul allié sûr des États-Unis dans la poudrière moyen-orientale; une politique étrangère complaisante à l’égard de l’islamisme; une diplomatie angélique envers les tyrannies et les dictatures, comme l’Iran par exemple; et, pour finir, un rapport au monde marqué par une repentance malsaine pour les «crimes impérialistes de l’Amérique».

Les Américains, qui ont toujours majoritairement été en désaccord avec les dérapages idéologiques qu’ils perçoivent comme contraires aux valeurs fondamentales de leur pays, ne retourneront certes pas à la Maison-Blanche le porte-étendard messianique de l’aile gauche du Parti Démocrate.

Martineau a cependant tort de croire que l’idolâtrie des médias québécois envers le «Président mandchourien» s’explique par le fait qu’ils «sont tellement contents d’avoir un nouveau visage à se mettre sous la dent qu’ils perdent tout sens critique». Ce n’est nullement la nouveauté du visage qui les met en transe, c’est tout simplement parce que l’Envoyé du Ciel incarne la gauche américaine. Et comme l’immense majorité des journalistes, chroniqueux, éditorialistes, experts auto proclamés, intellos de service campe à gauche, le sens critique n’est pas au rendez-vous et il est remplacé par des génuflexions et des inepties flagorneuses.

On en a eu récemment une preuve irréfutable lorsque le Génie du Potomac, dans une tentative désespérée pour retrouver la confiance des Américains, a sorti de son bric-à-brac gauchiste la vieille recette socialo-marxiste : « Il faut faire payer les riches!». Comme si, dans nos sociétés développées, les riches ne payaient pas d’impôts. Les renseignements fiscaux dans tous ces pays démontrent le contraire.

Mais ça fait tellement «ami du Peuple» de taxer davantage les nantis que le Président aux abois ne peut pas résister à la tentation de recourir à cette mesure gauchiste totalement improductive dans le but de rehausser sa cote. Et lorsque l’on voit les scribes et les chroniqueux québécois encenser et glorifier le Grand Timonier de Washington pour avoir enfanté une idée aussi insignifiante, on se dit que, chez nous (et même si l’illustre Martineau est devenu mécréant), l’idolâtrie médiatique aveugle et abrutissante se poursuit allégrement.

Jacques Brassard

(Je repars pour la chasse. En espérant que «mon» orignal m’attend.Il se peut que vous ayez des difficultés techniques dans l'envoi de commentaires. Dès mon retour, je vais consulter pour régler le problème )

dimanche 2 octobre 2011

RÉPONSES

Je publie deux commentaires, l'un du 18 septembre et signé par Sylvain Gagné, l'autre, anonyme, du 24 septembre. Les deux sont malveillants et je me permet quelques remarques.
Sylvains Gagné est un ancien membre du CNEE du PQ (conseil national de l'environnement et de l'écologie). Quand j'étais ministre des Ressources Naturelles, ce cénacle écolo pur et dur inscrivait à l'ordre du jour de chaque Conseil National du parti des résolutions de blâmes à l'égard des politiques et des programmes que je mettais en oeuvre. C'est dire que ces petits censeurs m'emmerdaient...souverainement!
Lui aussi reprend l'accusation dégueulasse de négationniste pour désigner ceux qui sont sceptiques à l'égard du dogme réchauffiste. Cet amalgame entre le scepticisme climatique et la négation de la Shoa, je le répète, est ignoble et fangeux.
Quant à Copernic qui aurait, selon lui, été brûlé vif parce qu'il adhérait à l'héliocentrisme, il faut signaler qu'il étale, par une telle affirmation, une ignorance bien crasse et bien gênante. Copernic est mort dans son lit et il fut enterré dans la cathédrale de Frombork.
Pour ce qui de l'anonyme, il confond le CO, monoxyde de carbone, toxique, et le CO2, dioxyde carbone, inoffensif. William Harper, dans un article sur les gaz à effet de serre, explique que «la marine américaine, pour les sous-mariniers, et la NASA pour les astronautes, ont fait des études approfondies de la résistance humaine au CO2. à la suite de ces études, la marine recommande une limite supérieure d'environ 8000 ppm pour des croisières de 90 jours, et la NASA recommande une limite supérieure de 5000 ppm pour des missions de mille jours, les deux à la pression de l'atmosphère. Nous concluons donc que les niveaux de CO2 dans l'atmosphère devraient être au-dessus de 150 ppm pour éviter de nuire aux plantes vertes et sous 5000 ppm pour éviter de nuire aux personnes. Actuellement, la combustion des énergies fossiles ajoute environ 2 ppm par ans dans l'atnmosphère, de sorte qu'il faudrait 300 ans pour monter à 1000 ppm. » Faire peur au monde avec ce gaz non-toxique, c'est donc de l'alarmisme écolo-catastrophiste!
Ceci étant dit, en modérant les commentaires, je ne censure pas, j'élimine les injures et les idioties.Et qund je les publie, j'ai bien le droit (après tout, c'est mon blogue) de mettre en relief leur ineptie.

Jacques Brassard

mercredi 14 septembre 2011

LE PIÈGE À CONS

Tiens! Tiens! Voilà que l’industrie de l’aluminium trouve que le Québec va beaucoup trop vite dans la mise en place d’un marché du carbone dès 2013 (Presse Canadienne, septembre 2011). Et cela angoisse nos industriels qui, sans doute pour faire bonne figure aux yeux des écolos-réchauffistes, s’étaient empressés de revêtir la défroque de Sauveur de la Planète.

Ils commencent à prendre conscience que le «marché du carbone» est un vrai piège à cons. Ils se rendent compte que, pour avoir trop marivaudé et batifolé avec les Verdoyants-hystériques-du-carbone, ils ont donné leur assentiment à un système dont les fondations scientifiques sont en voie de se désarticuler.

Car, voyez-vous, cet échafaudage du «marché du carbone» est tout entier fondé sur la croyance que le réchauffement climatique récent est causé par les émissions de gaz à effet de serre (et particulièrement le CO2, le dioxyde de carbone) de l’être humain. C’est ce qu’on désigne de plus en plus comme le dogme de l’anthropo-réchauffisme.

La plupart des États occidentaux ont adhéré à ce dogme et ont mis en branle des programmes et des politiques entraînant d’énormes dépenses de fonds publics, dont le tarabiscoté «marché du carbone». Un tel marché ne peut fonctionner que si l’État impose des cibles de réduction de CO2 et des pratiques aux diverses industries. Si une industrie rate sa cible, elle doit acheter des «crédits carbone» pour se conformer aux contraintes gouvernementales. Il saute aux yeux qu’une telle mécanique peut gravement affecter la rentabilité des entreprises à court, moyen et long terme. C’est ce que l’industrie de l’aluminium, dégrisée de ses racolages et dévergondages avec les Verdoyants, constate maintenant avec inquiétude.

Or, je le répète, pour qu’un tel marché fonctionne, il faut tout un assemblage compliqué de contraintes étatiques. Sinon, ça ne marche pas! Et en Amérique du Nord, ça ne marche pas! Tout simplement, parce que les États-Unis sont loin d’être prêts à embarquer dans une pareille charlatanerie. Les Républicains, majoritaires à la Chambre des Représentants, ne croient pas au réchauffement d’origine anthropique et refusent d’entériner le projet de «politique carbone» d’Obama. Bravo! Plutôt réconfortant!

La classe politique québécoise, elle, s’est quasiment toute entière assujettie au credo anthropo-réchauffiste, tel qu’élaboré, propagé et défendu par le GIEC (qui a, dès sa naissance, substitué le dogme à la démarche scientifique). Ce qui a donné lieu à des politiques et des programmes de dépenses visant à réduire les émissions humaines de CO2, un gaz inoffensif métamorphosé, par une opération idéologique, en «agent de pollution» parce qu’investi du rôle de moteur du réchauffement planétaire. Et qui, il convient de le rappeler, ne constitue qu’à peine 5% du total du CO2 dans l’atmosphère.

Et cette classe politique est tellement convaincue de sa mission de «sauver la planète» qu’elle a la prétention de créer un «marché du carbone» sur le territoire québécois, alors que le reste de l’Amérique du Nord s’y refuse. Il faut croire que la vanité rend stupide et loufoque.

Il est donc tout à fait pertinent que les grandes entreprises du Québec mettent un terme à leur acoquinement disgracieux avec la secte écolo-réchauffiste et opposent une fin de non-recevoir à toutes les manœuvres étatiques fondées sur la «nocivité» du CO2, gaz non-polluant indispensable à la vie sur Terre. Elles devraient également refuser de se voir affubler du titre de «grands pollueurs», sous prétexte qu’elles émettent du CO2, ce qui constitue une aberration scientifique.

Il est d’autant plus impérieux de renoncer au dogme réchauffiste et de s’opposer aux politiques coûteuses qui en découlent, qu’une partie notable de la communauté scientifique n’a cessé depuis ces dernières années, par des études et des recherches, de démontrer que les thèses et les projections informatiques du GIEC ne sont pas scientifiquement fondées.

Attardons-nous, parmi bien d’autres, sur deux de ces travaux de recherche.

La première étude, celle de Roy Spencer, chercheur de l’université d’Alabama, porte sur les données fournies par le satellite Terra de la NASA.

Rappelons au préalable que, selon la théorie réchauffiste du GIEC et des scientifiques qui la soutiennent, le CO2 (dioxyde de carbone) émis par les humains retient davantage de chaleur dans l’atmosphère, provoquant ainsi le réchauffement.

Or, il n’en est rien. Spencer a découvert, en analysant les données satellitaires, « qu’il y a beaucoup plus d’énergie qui se perd dans l’espace avant et après le réchauffement que ce que montrent les thèses climatiques. Il y a une gigantesque différence entre les chiffres réels et les suppositions, tout particulièrement au-dessus de l’océan». Signalons que l’éminent climatologue américain, Richard Lindzen, en était arrivé aux mêmes conclusions que Roy Spencer en étudiant les données du satellite ERBE pour les années 1985 à 1999.

Ainsi, alors que, selon les modèles informatiques (devenus pour le GIEC le nec plus ultra de la climatologie) les émissions humaines de CO2 devaient emprisonner davantage de chaleur dans l’atmosphère, il est maintenant établi, à partir non pas de projections informatiques mais d’observations (élément majeur de la démarche scientifique), que ce surcroit de chaleur s’échappe dans l’espace.

Ce qui signifie tout bonnement que le CO2 émis par l’être humain et ses activités industrielles n’est d’aucune façon le facteur déterminant du réchauffement climatique. Ce dernier est tout simplement d’origine naturelle. D’ailleurs, ce réchauffement récent (moins de un degré sur 150 ans) s’est arrêté depuis une douzaine d’années.

C’est cet arrêt qui a provoqué la panique chez les réchauffistes. Panique manifestée dans les courriels qu’ils se sont échangés, donnant lieu au scandale du Climategate. «Il faut masquer le déclin!», se disaient-ils. Car il y a bel et bien déclin des températures, même si le niveau de CO2 continue d’augmenter. Plusieurs scientifiques prévoient même que nous sommes entrés dans une période froide.

L’autre projet de recherche, d’envergure, est celui de CLOUD et il implique plusieurs instituts de recherche du monde entier. L’expérimentation s’est déroulée en utilisant un accélérateur de particules du CERN (Conseil Européen de Recherche Nucléaire).

Ce projet vise à vérifier le bien fondé de la théorie du Danois Henrik Svensmark. Sommairement, la théorie est la suivante : l’activité du Soleil est cyclique; ces cycles se caractérisent par la présence, variable en nombre, des taches solaires; quand il y a peu ou pas de taches à la surface du Soleil, l’activité magnétique diminue, ayant pour conséquence un plus grand flux de rayonnement cosmique (en provenance de la galaxie); or, un rayonnement cosmique accru, par un mécanisme complexe, augmente la couverture nuageuse, ce qui fait baisser la température.

C’est donc cette théorie qu’on a expérimentée au CERN de Genève. Et ce qu’on sait maintenant, c’est que l’expérience fut concluante. Visitez le site de Jacques Duran, Pensée Unique, pour des informations plus détaillées.

Vous devinez les conséquences. La plus importante, c’est que tous les modèles climatiques du GIEC, tous basés sur le rôle moteur du CO2, sont sans valeur. Et toutes les simulations de réchauffement catastrophique pour le siècle en cours sont nulles et non avenues. Le CO2 n’est plus un gaz «toxique, nuisible, et générateur de calamités». Et les hydrocarbures ne sont plus des matières diaboliques et malfaisantes. La climatologie est en voie de redevenir …une science.

Évidemment, comme l’écrit Jean-Michel Belouve, «on peut s’attendre à un baroud désespéré de tous ceux qui ont misé sur les prévisions du GIEC et sur les campagnes de conditionnement du public». Cela va de soi.

Les scientifiques qui ont bâti leurs carrières (et il y en a plusieurs au Québec) sur le réchauffement anthropique vont certainement résister. Ils ne renonceront pas facilement aux généreuses subventions de l’État et à leur rôle si gratifiant de gourous climatiques.

Les médias, robotisés, vont continuer à rabâcher les vieilles rengaines sur la culpabilité de l’être humain accro du pétrole.

La classe politique, celle du Québec surtout, va encore s’accrocher à ses programmes ineptes, à ses «taxes carbone» abusives et à ses lieux communs dépassés. Il faut comprendre, c’est tellement pénible et douloureux de se voir retrancher une si glorieuse mission : sauver la Planète.

Quant aux écolos, ils vont s’enfoncer encore plus profondément dans le charlatanisme catastrophiste.

Quoi de mieux pour illustrer ce «baroud désespéré» que la campagne que vient d’entreprendre le Pape de la secte anthropo-réchauffiste, Al Gore. Il est en furie, M. Gore! Selon ce que rapporte Richard Martineau dans une de ses chroniques, sa réaction face aux théories des climato-sceptiques (Svensmark, Spencer, Lindzen et bien d’autres) fut brutale et… succincte : «Bullshit! Bullshit! Bullshit!» Voilà qui nous promet un débat d’une profondeur scientifique inégalée.

Il faut comprendre la fureur du Grand Pacha quand on sait qu’aux États-Unis, une majorité d’Américains ne croient pas à la responsabilité humaine en matière de changement climatique. Il pourra toujours se réfugier au Québec, une terre où le débat scientifique n’existe pas dans ce domaine et où la pensée moutonnière, pour ce qui est du climat, est de rigueur pour tous.

En attendant la ruine du réchauffisme et le discrédit inéluctable du GIEC et de ses suppôts, les industriels québécois pourraient au moins se sortir du piège à cons que constitue pour eux le «marché du carbone» et se dissocier de la paranoïa carbonique qui fait des ravages au Québec et dont nous serons sans doute les derniers dans le monde à nous guérir.

Comme ils sont au premier chef les cibles et les victimes des mesures ruineuses de la part de l’État, ils ont intérêt à entrer en résistance au plus sacrant. Le feront-ils? Les propos de Jean Simard, président de l’Association de l’Aluminium du Canada, semblent l’indiquer. Mais l’attitude et les déclarations sont encore bien frileuses.

En fait, pour tout vous dire, je compte davantage sur les Républicains et sur le prochain Président américain (Eh! Oui! Je ne crois pas que ce sera le Messie Obama) afin de parachever le sabordement de l’imposture climatique échafaudée par le GIEC et de mettre un terme au déplorable dévoiement de la science du climat.

Jacques Brassard