vendredi 4 février 2011

ANGÉLISME ET TROMPE-L'OEIL

Comme vous tous, par les temps qui courent, je regarde à la télé les manifestations gigantesques qui ont lieu en Tunisie d’abord, en Égypte ensuite, et même en Jordanie et au Yémen. Les images nous montrent des foules qui hurlent leur colère et des régimes autoritaires qui vacillent et se lézardent.

Évidemment, comme toujours dans ces cas-là, des reporters dépêchés sur les lieux recueillent les commentaires enfiévrés des manifestants et mettent en relief le désir de liberté et l’aspiration à la démocratie. À TVA comme à Radio-Canada, les reportages tendent tous à montrer et à démontrer qu’il s’agit d’une révolution, c’est-à-dire d’un renversement de régime, et dont l’issu quasi inéluctable sera la naissance d’une démocratie véritable. Et les reporters de s’extasier béatement devant la ferveur et l’enthousiasme des manifestants convaincus d’être les accoucheurs d’un État libre et démocratique.

Or, il y a beaucoup d’angélisme et une approche jovialiste chez les reporters de même que chez les Chefs d’État et ministres occidentaux, dans leur évaluation des évènements supposément révolutionnaires qui se déroulent dans cette région du monde. De l’angélisme et une compréhension superficielle de ces convulsions qui secouent des régimes autoritaires qu’on croyait immuables.

Car, voyez-vous, dans toute cette immense partie du Monde, la démocratie n’a jamais existé. Il n’y a jamais eu de régimes qu’on aurait pu désigner comme étant démocratiques. Jamais! Par conséquent, il n’y existe aucune culture démocratique. Toutes les valeurs qui sont la substance d’une démocratie -- état de droit, libertés reconnues et constitutionnalisées, système judiciaire indépendant du pouvoir politique, pluralisme politique, alternance pacifique en matière d’accession au Pouvoir-- toutes ces valeurs n’ont jamais pris racine dans ces pays.

Quand le communisme s’est effondré en Europe de l’est, les peuples concernés ont été en mesure, après avoir balayé leurs dictatures, de renouer avec une expérience et une culture démocratiques antérieures à la mise en place des régimes totalitaires par Staline. Dans le monde arabo-musulman, ce n’est pas cela du tout. La démocratie ne fait pas partie du vécu historique de ces peuples.

Sauf au Liban ou vit une importante communauté chrétienne. Mais, aujourd’hui, la démocratie libanaise est chose du passé. Le Hezbollah, organisation islamiste et terroriste, commanditée et armée par la mollahcratie iranienne, a fait main basse récemment sur l’État libanais par un véritable coup d’état. Adieu démocratie!

En fait, le seul et unique État pleinement démocratique dans cette partie du monde, c’est Israël. Une authentique démocratie! Ce qui d’ailleurs ulcère et pousse au mensonge tous les Amir Khadir de ce monde.

Ceux qui s’imaginent que les régimes qui remplaceront les autocraties de Tunisie et d’Égypte (et d’ailleurs) seront meilleurs et plus favorables à la liberté et la démocratie se font des illusions. Ils sont bernés par des trompe-l’œil.

«Dans les conditions qui prévalent en Égypte, écrit Stéphane Juffa de la Metula News Agency, si l’armée perdait la main, tous les indices montrent que le nouveau régime serait encore moins démocratique et plus répressif que celui de Moubarak. Avec en prime, un risque de voir les Frères Musulmans-- principale force organisée en dehors de l’armée—s’approcher du trône pour ne plus le lâcher.»

C’est ça la réalité socio-politique de ces pays. Ce sont tous des pays musulmans, et l’Islam qui y domine, ce n’est pas l’Islam modéré que l’on souhaite en Occident (d’ailleurs, existe-t-il vraiment?), mais l’Islam radical, extrémiste, l’Islam de la charia intégrale, l’Islam anti-occidental et antisémite pour qui la liberté est un vice et la démocratie une tare.

Dans de telles circonstances, la politique d’Obama est carrément irresponsable et dangereuse. Son angélisme de gauche risque d’avoir des conséquences désastreuses pour l’Occident tout entier. Il fait preuve d’un messianisme imbécile. Il se voit comme un accoucheur de démocratie dans un pays où elle n’a jamais existé. Et pour la faire naître, il croit utile de larguer son allié Moubarak. Exiger des élections dans un pareil chaos, ça ne peut que reproduire, mais à grande échelle, ce qui s’est passé dans la bande de Gaza : l’accession des barbus obscurantistes au pouvoir. N’oublions pas que le Hamas est une branche des Frères Musulmans.

Si l’Égypte bascule dans l’islamisme, les Américains (et l’Occident) ne perdront pas seulement leur principal allié dans cette partie du monde, mais ils vont se retrouver face à un camp islamo-totalitaire (Iran, Syrie, Gaza, Liban) puissamment renforcé par l’inclusion du pays qui contrôle le canal de Suez.

Voilà pourquoi Caroline Glick, l’analyste toujours lucide et pénétrante du Jerusalem Post, qualifie « la réponse des USA aux évènements d’Égypte, comme étant irrationnelle, irresponsable, catastrophique, stupide, aveugle, traîtresse et terrifiante ». Voilà qui n’est guère ambigu!

Caroline Glick nous rappelle par ailleurs qu’un sondage de juin 2010 révélait que 59% des Égyptiens déclaraient soutenir les islamistes, que 82% soutiennent la lapidation des adultères, 82% approuvent le fouet et la main coupée pour les voleurs et 84% acquiescent à l’exécution de tout musulman qui change de religion. Merveilleuses conditions d’implantation de la démocratie, n’est-ce pas?

Attention! Je ne suis pas en train de vous dire que je ne suis pas démocrate et que j’ignore que le régime Moubarak est corrompu et despotique.

Je dis simplement que le fait de larguer un allié ne conduira pas à l’instauration inévitable d’une démocratie et aura plutôt pour effet non seulement de favoriser l’arrivée au pouvoir des islamistes anti-occidentaux et antisémites, mais également de précariser les alliances avec d’autres États de la région (Arabie, Yémen, Jordanie et même l’Irak) et d’accentuer l’insécurité et l’encerclement de la seule démocratie de toute cette partie du Monde, Israël.

Jimmy Carter, qui est sans doute le pire président américain du XXe siècle, porte une très large responsabilité dans l’apparition d’un régime totalitaire islamiste en Iran. Il a laissé tomber le régime du Shah (qui, il est vrai, n’était pas très exemplaire sur le plan démocratique) pour se retrouver avec un régime bien pire encore.

Aujourd’hui, Obama le Messie est en voie de surpasser Carter en aveuglement et en angélisme, car il aura perdu comme alliés le Liban, la Turquie et l’Égypte, consolidant ainsi l’aire d’influence de la tyrannie des Mollahs.

C’est le nabot frénétique de Téhéran qui doit se frotter les mains!

Jacques Brassard

dimanche 30 janvier 2011

LE SAC D'EMBROUILLES

L’arrivée de Lucien Bouchard dans le sac d’embrouilles que constitue l’affaire des gaz de schistes au Québec a suscité des réactions on ne peut plus prévisibles.

Du côté du gouvernement, premier responsable du gâchis, soupir de soulagement! Ouf! Enfin! Quelqu’un de crédible, et qui n’a pas la réputation d’être poltron, va être en mesure de ramener le débat sur le terrain rationnel. Le gouvernement, qui a l’habitude de se planquer dans le placard à chaque fois que les chamans écolos fulminent contre tout projet de développement économique, va pouvoir sans doute continuer de faire l’ectoplasme.

Attendons voir, se dit fort probablement le Premier Ministre. S’il s’aperçoit que sa cote de popularité poursuit sa dégringolade, il pourrait bien trouver que le moratoire est une bonne idée et laisser tomber sa ministre des Ressources Naturelles. Ce ne serait pas la première fois qu’il agirait ainsi. Rappelons-nous, il a déjà largué ses ministres dans les dossiers du Suroît et du Mont Orford. Et dans le dernier cas, c’était pourtant son ministre préféré, Claude Béchard, qui était impliqué.

Quant au clergé écolo, rien de bien surprenant de sa part. Une réaction genre pisse-vinaigre! Ça pourrait se résumer ainsi : « Mais qu’est-ce qu’il vient foutre celui-là dans notre petite guéguerre au scénario si bien ficelé? On va l’éreinter cet enquiquineur! ». On comprend leur arrogance. Ces prêcheurs verts ont déjà mis en pièces André Caillé, un homme honorable et respectable. Il faut dire que ce sont des peignes-cul hargneux pour qui tous les moyens sont bons quand il s’agit de disqualifier un adversaire.

Et le PQ dans tout ça? Ah! Le PQ avait l’air plutôt coincé! Ce qui prit la forme d’une réitération péremptoire et tranchante de la demande d’un moratoire sur l’exploration des gaz de schiste, et aussi de balourdises gênantes comme l’affirmation que Lucien Bouchard devrait ressentir de la honte en se regardant dans le miroir (dixit Pierre Curzy)! M’enfin!

Comment en est-on arrivé à ce merdier? Et quels sont les défis que devra relever Lucien Bouchard?

D’abord, je dirais qu’il devra affronter une culture anti-développement économique très fortement enracinée dans bien des couches de la société québécoise. Ça fait des décennies que les Verdoyants et la gauche prêchent la perversité du développement économique et le caractère nocif de l’entreprise privée. On pourrait faire une longue liste de projets créateurs de richesse qui ont eu à subir les assauts hostiles du clergé écolo soutenu par une fraction substantielle du peuple québécois. Pensons seulement au Suroît, à Rabaska, à l’éventuel projet d’exploitation d’un gisement d’uranium, à n’importe quel projet hydroélectrique, à l’exploration pétrolière dans le golfe, et vous conviendrez que développer l’économie du Québec, c’est une tâche herculéenne qui exige une patience angélique et un courage indomptable.

Il faut quasiment être masochiste parce qu’au Québec tout promoteur d’un quelconque projet économique doit s’attendre à être abreuvé d’injures et à être traité comme un immonde agresseur de Mère-Nature par toute la confrérie de chamans verdoyants.

Même François Cardinal, de la Presse, pourtant connu comme un scribe écolo, le reconnait. « Partout dans le monde, écrit-il, la découverte d’énormes gisements gaziers seraient accueillie avec des feux d’artifice. Partout…sauf au Québec.»

Est-il possible d’éradiquer cette idéologie toute centrée sur le rejet du développement économique et la diabolisation de l’entreprise privée? Certainement pas en criant ciseau! Mais il faut au moins ne pas lui laisser toute la place dans les esprits et sur la place publique.

À cet égard, le gouvernement ne joue pas son rôle. Mis à part la ministre des Ressources Naturelles qui évoque de temps à autre les retombées positives et bénéfiques de la mise en valeur de cette ressource, le Premier Ministre, ses ministres et ses députés se terrent dans leur cénacle… comme les apôtres avant la venue de l’Esprit Saint!

Espérons que l’arrivée de Lucien Bouchard dans le dossier des gaz de schiste les incitera à riposter de façon articulée à la désinformation systématique et au catastrophisme sans vergogne propagés par les gourous écolos (les patentés comme Guilbeault et Bélisle, les «doctorisés» comme David Suziki et tous les sous-diacres de villages à leur suite). Imaginez! Même José Bové, décrit par le Journal de Québec comme un «altermondialiste à l’action et au verbe éclatants» (n’importe quoi!) est mis à contribution. En fait, les actions de cet Astérix de pacotille ont été le pillage d’un Mc Do et le fauchage d’un champ d’OGM.

Parce que, voyez-vous, dans ce dossier, la désinformation a fonctionné…à plein gaz! Tous les pires scénarios apocalyptiques ont été jetés à la figure des promoteurs; André Caillé a été conspué de façon répugnante; les médias se sont faits les vecteurs complaisants (pour ne pas dire serviles) de la propagation de toutes espèces de catastrophes appréhendées.

Les émanations de méthane par exemple, baptisés fuites, sont désignées comme des calamités d’une extrême nocivité. Un pas de plus dans la désinformation, et on évoquerait les nuages de gaz moutarde qui décimaient les rangs des poilus de la guerre 14-18.

Ces émanations sont des incidents normaux dans ce genre d’industrie. Et on apporte rapidement les correctifs. Il n’y a pas péril en la demeure.

Même exagération concernant la contamination hypothétique des nappes phréatiques. À en croire les prêcheurs d’apocalypse, les eaux souterraines seront irrémédiablement viciées. Ce qui est un grossier mensonge. Y a-t-il un risque? Il y a toujours des risques. Et il y a toujours moyen de les circonscrire, de les prévenir et de remédier à des défaillances inattendues. Si on avait appliqué, depuis la naissance de l’humanité, le principe de précaution de la façon dont l’entendent les écolos, on vivrait encore dans les cavernes et il n’est pas du tout certain qu’on aurait «inventé» le feu (trop de risque de se brûler!).

Ce qu’il convient de faire, face à ce catastrophisme débile, c’est une démonstration que l’exploration et l’exploitation de cette ressource naturelle peuvent se faire dans le respect et de l’environnement et des populations concernées. Le rapport du BAPE va certainement proposer des balises et des façons de faire appropriées.

Nul besoin d’un moratoire! Parce que tout le monde sait très bien ce que signifie un moratoire pour les Verdoyants. Ça veut dire pas de développement du tout…aujourd’hui, demain et à tout jamais! Et même si le gouvernement et l’industrie s’engagent à prendre toutes les précautions requises et à bien encadrer les opérations, ce sera toujours NON pour les écolos! Cessons d’être naïfs envers les Verts. Ils nous mystifient avec leur concept-mirage de Développement Durable. Le fait est que, par le plus curieux des hasards, le développement n’est JAMAIS durable. C’est comme la licorne où le Yéti, ça n’existe pas!

Il est aussi évident que le PQ, en réclamant un moratoire, soutient de facto l’abandon pur et simple de la mise en place d’une filière gazière au Québec. Je sais bien que Mme Marois va nous dire : « Non! Non! Ça ne signifie pas un renoncement ad vitam aeternam! On pourra lever le moratoire…un jour! ». Ah! Oui! Vous pensez pouvoir le lever? Le moratoire sur l’exploration et l’exploitation du pétrole dans le golfe St-Laurent est toujours en vigueur et ça fait plus de dix ans. Et il n’est toujours pas question de le lever. Pendant ce temps, Terre-Neuve agit et a autorisé des forages sur un site très prometteur appelé Old Harry.

Je viens tout juste de prendre connaissance d’un texte remarquable signé par un habitant (depuis 35 ans) de Saint-Édouard-de-Lotbinière. Il s’appelle Gaétan Soucy.

Il nous raconte comment l’entreprise Questerre Energy a procédé pour obtenir l’approbation de la population à l’égard d’un projet d’exploration et d’exploitation des gaz de schiste sur le territoire de la municipalité.

Dieu sait pourtant que les opposants se sont fait entendre avec le brouhaha habituel. Mais, selon M. Soucy, il a quand même été possible « d’obtenir l’information sans ingérence indue » et « plus de 90% des propriétaires fonciers ont donné leur accord au projet et apposé leur signature à cet effet ».

Je pense qu’il n’y a pas grand monde qui était au courant de cet évènement. C’était forcément sans le moindre intérêt pour les médias. 90%! C’est pas rien! Mais je suis sûr que pour les chamans Guilbeault et Bélisle, ces 90% sont des naïfs et des abrutis qui se sont faits embobiner par la diabolique entreprise capitaliste. Le clergé écolo est toujours méprisant envers tous ceux qui ne le vénèrent pas.

La conclusion du texte de M. Soucy est percutante.

« Ce n’est pas un moratoire sur l’exploration et l’exploitation des gaz de schiste qu’il faut, écrit-il, mais un moratoire sur la désinformation entourant la question. On ferait bien d’y adjoindre également un autre moratoire, celui-là sur le militantisme fanatique de petites cliques qui se prétendent dépositaires de la vérité absolue et cherchent à imposer leurs idées sous le regard bienveillant des médias, de gré ou de force, à toute la population, et ce, au détriment d’un débat d’idées serein et libre. »

Ce qui s’est passé à Saint-Édouard-de-Lotbinière devrait inspirer Lucien Bouchard et toutes les entreprises gazières. Et le gouvernement aussi. C’est la preuve que les Québécois, s’ils parviennent à se désengluer de la désinformation et du catastrophisme, peuvent soutenir le développement économique.

Jacques Brassard

lundi 24 janvier 2011

LE CUL-DE-SAC

Le sondage d’opinion sur le rapport de la commission Bastarache ne comporte aucune surprise.

Avant même que les travaux débutent, les jeux étaient déjà faits. Marc Bellemare était vainqueur haut la main du concours de crédibilité entre lui et M. Charest et, une fois les audiences terminées et le rapport rendu public, Marc Bellemare est toujours le gagnant.

C’est lui qu’une très forte majorité de Québécois considèrent comme le «porteur de vérité» dans ce combat de coqs autour de la nomination des juges relevant de l’État québécois (n’oublions pas que la grande majorité des magistrats sont nommés par le fédéral). Il n’y a sans doute que les partisans libéraux «purs et durs» qui croient que le PM Charest dit la vérité dans cette affaire.

Comment cet homme politique (je parle de M. Charest, bien sûr!), réputé si perspicace et si habile, a-t-il pu concevoir et mettre en place un piège politique aussi dévastateur pour sa propre crédibilité?

Certains partis politique prétendent qu’il voulait faire diversion et faire oublier la revendication majoritaire d’une commission pour faire la lumière sur les allégations de corruption, de collusion, de chantage, de magouille et de violence qui émanent de l’industrie de la construction. Peut-être!

D’autres affirment que M. Charest a voulu régler ses comptes avec quelqu’un qu’il voit comme un traître et un déloyal. Et qu’il a donc été guidé par l’agressivité et la détestation que Marc Bellemare lui inspirent. Peut-être bien aussi!

Mais dans les deux hypothèses, diversion et règlement de compte, il a mis en veilleuse sa sagacité habituelle. Il a très mal flairé l’état d’esprit du peuple et il n’a pas vu qu’il se piégeait lui-même et que, par conséquent, il était assuré d’être mis KO dans un combat dont l’enjeu était la crédibilité.

Mais ce qui est surtout déplorable dans toute cette mascarade, c’est de voir combien ce climat politique délétère et insalubre a eu pour effet d’amplifier la dévalorisation de la classe politique et, par voie de conséquence, le discrédit qui pèse sur l’action politique elle-même.

Et personne n’y échappe. Aucun parti. Aucun acteur politique. L’adage «Tous dans le même sac!» s’applique totalement.

Je dis «amplifier», car il est bien connu que depuis une quinzaine d’années il existe dans nos sociétés occidentales une perte de confiance substantielle à l’égard des acteurs politiques, toutes tendances confondues.

Mais chez nous, au Québec, il est évident que le vaudeville autour de la nomination des juges et les exhalaisons nauséabondes en provenance du milieu de la construction ont eu pour résultat d’accentuer encore davantage le discrédit généralisé de la classe politique.

Dans une démocratie, un tel phénomène est à la fois affligeant et angoissant. Car en plus de faire grimper le niveau de cynisme chez les citoyens, il consolide le désintérêt et l’indifférence à l’égard du politique. C’est le règne décourageant du «Bof!».

Dans de telles conditions, il est toutefois à peu près inéluctable que l’alternance amène le Parti Québécois au Pouvoir. Mais ça se fera sans enthousiasme et sans beaucoup d’espoir.

Pourquoi, me direz-vous? Parce que j’appréhende qu’à la suite du Congrès qui aura lieu au printemps, le parti que j’ai représenté pendant 25 ans à l’Assemblée nationale ne soit pas en mesure de faire les virages qui s’imposent et de mettre au rancart le vieil atavisme étatiste qui l’afflige depuis sa fondation.

Je connais très bien le fonctionnement des congrès du PQ, ayant participé à presque tous en quarante ans. Les militants vont donc examiner (très studieusement d’ailleurs) et adopter un lourd catalogue de propositions, toutes qualifiées il va sans dire de «progressistes», et don l’application aura sans aucun doute pour effet d’élargir le rôle de l’État dans nos vies.

Je voudrais bien me tromper, mais je crains que, lors de ce congrès, le PQ renonce à envisager des réponses adéquates aux questions préoccupantes et incontournables sur la dette publique (225 milliards de dollars!), l’ampleur des déficits budgétaires, la lourdeur de la fiscalité, l’empilement de politiques et de programmes étatiques dont les coûts dépassent nos moyens depuis des décennies, le gouffre financier de la santé couplé à une détérioration constante des services, les blocages et les nuisances multiples (sous la forme, par exemple, de moratoires ineptes) qui entravent la création de richesse, la dépendance honteuse de l’État québécois envers le régime de BS fédéral (8,5 milliards de péréquation provenant pour l’essentiel de l’Alberta), une réforme de l’éducation qui confine au désastre, un échec patent en matière d’intégration des immigrants, un quota annuel trop élevé d’immigrants reçus, un cours d’Éthique et de Culture religieuse qui constitue une agression délibérée de la technostructure contre notre substance identitaire, une langue et une culture nationales de plus en plus bafouées.

Je ne dis pas qu’il n’y a aucun militant du PQ qui soit conscient du naufrage en cours. Mais comme le congrès sera sous la domination de l’aile gauche du parti (ce fut presque toujours le cas), on peut être certain qu’elle va tuer dans l’œuf toute tentative de jeter un regard neuf sur toutes questions énumérées plus haut. Il suffira de rendre honteux les militants en leur faisant prendre conscience qu’ils sont en train de «virer à droite». Accusation toujours efficace et qui paralyse tous ceux qui, depuis des décennies, s’enorgueillissent d’être des «progressistes». Au PQ, dire à un militant que sa proposition n’est pas «progressiste» a pour effet immédiat de la mettre au rancart.

Par conséquent, l’arrivée au Pouvoir du PQ avec Pauline Marois comme Première Ministre ne fera pas disparaître le discrédit populaire qui affecte l’action politique. Le peuple va continuer de ne plus faire confiance à la classe politique. Et il va persister à se conduire de façon paradoxale, se scandalisant de la situation financière désastreuse de l’État québécois tout en réclamant l’intervention du gouvernement pour tout problème qui l’accable.

Pourquoi pensez-vous que François Legault tarde tant à rendre public son manifeste. Parce que s’il est trop «brutal», trop «sans ménagement», avec son diagnostic et les mesures inévitables et douloureuses qui en découlent, il devine sans doute que sa cote de popularité (très élevée quand il est muet) va dégringoler.

Les Québécois, souffrant d’une forte addiction à l’État, vont probablement adhérer à son diagnostic (même s’il est d’une franchise rebutante), mais ils vont sans doute se rebiffer et se braquer face aux solutions «lancinantes et pénibles» qui y sont rattachées.

Suis-je trop pessimiste? J’aimerais bien me tromper. Mais une idée très déplaisante ne cesse de me turlupiner : nous nous résignerons à la mise en œuvre d’un vigoureux et rigoureux redressement national que lorsque nous y serons contraints. Pas avant.

Il est quand même …ironique que ce qui empêche cette contrainte de surgir, ce soit cette transfusion monétaire annuelle du bon Samaritain albertain. Si nous ne pouvions pas compter sur ce «fixe» de 8,5 milliards (c’est une dose coûteuse), nous serions bien obligés de passer à la désintox. Et d’entreprendre de nous sortir du cul-de-sac dans lequel (comme la Grèce, l’Irlande et bien d’autres) nous sommes enfermés.

Jacques Brassard

mercredi 12 janvier 2011

À GAUCHE TOUTE!

J’aime bien Richard Martineau. Je suis rarement en désaccord avec son propos. C’est un flamboyant chasseur de contradictions et d’incohérences (Oh! Pardon! Une métaphore guerrière!).

Mais dès qu’il s’agit de la politique américaine, il réactive le vieux logiciel de gauche et il débite les poncifs et les clichés de la gauche Démocrate.

Et il rejoint ainsi les rangs des Maîtres-Penseurs certifiés de la gauche québécoise qu’on voit et qu’on entend pontifier sur les plateaux et qui ne font que retransmettre mécaniquement l’indécent discours de récupération de la tuerie de Tucson par la gauche américaine.

Cette fusillade meurtrière est une terrible tragédie. Le tireur détraqué de 22 ans a tué six personnes et gravement blessé une représentante Démocrate, Gabrielle Giffords. Et parmi les morts, il y a une petite fille de 9 ans.

Les gauchistes américains ne se sont pas recueillis très longtemps. Ils ont presque immédiatement réagi et ils ont vite identifié les responsables de ce massacre.

D’abord, ils ont ciblé (Oups! Une autre métaphore guerrière!) la cause première : « la violence de la rhétorique de la droite américaine », ce que la presse appelle l’ultra-conservatisme (quelle bête immonde!). Et cette droite infecte et violente a un visage : les tea parties!

Sincèrement, comment les partisans des tea parties peuvent-ils inciter au meurtre alors que, de toute évidence, ils s’inscrivent dans le processus démocratique de la vie politique américaine? Comment peut-on les accuser de violence alors qu’ils veulent changer les choses par la voie législative, donc en toute légalité? Rappelons et signalons qu’ils ont organisé d’immenses manifestations (dont une entre autres a rassemblé plus d’un million de participants), sans la moindre échauffourée et sans aucune atteinte à la propriété.

Ce qui est loin d’être le cas, ai-je besoin d’insister, des manifestations gauchistes, pacifistes et altermondialistes, qui s’achèvent toujours par des affrontements violents avec les forces de l’ordre et par des destructions de biens publics et privés.

Au temps de George W. Bush, il y avait dans ces dernières manifestations de nombreuses pancartes et affiches où l’on pouvait lire ce slogan d’une gentillesse extrême : « Kill Bush! ». En comparaison, les métaphores de chasseuses de grizzly de Sarah Palin sont plutôt fades.

Ah! Sarah Palin! La voilà, la monstrueuse harpie qui s’est glissée dans le cerveau du tueur de Tucson pour le conduire au meurtre. Elle a utilisé des «points de mire» pour désigner les circonscriptions démocrates à conquérir. Ce serait là une incitation subliminale au crime! En 2004, cependant, c’était tout à fait convenable, pour les Démocrates, d’utiliser des «cibles» pour identifier les États où il fallait absolument devancer Bush.

Comment peut-on s’offusquer de l’utilisation d’une rhétorique guerrière et de graphismes empruntés au monde de la chasse uniquement quand il s’agit des Républicains et de la droite, et faire preuve d’une indulgence nauséabonde quand cela concerne les Démocrates? Cette indignation sélective à géométrie variable est un phénomène plutôt sordide qui illustre bien le côté tartufe de la gauche …planétaire.

Ah! J’oubliais! Il faut aussi mettre Fox News au banc des accusés. Le tueur de l’Arizona devait être sûrement branché jour et nuit sur cette chaîne maudite.

Pourtant, il est déjà bien évident que la gauche américaine a, dès le départ, mis en mouvement une stratégie de récupération politique (politicienne, devrais-je plutôt dire) de la fusillade de Tucson dont l’objectif est de culpabiliser la droite conservatrice. La gauche espère ainsi que les Républicains et les tea parties, traumatisés par la culpabilité, vont freiner leur ardeur à combattre les politiques étatistes d’Obama. À la guerre comme à la guerre, n’est-ce pas? Tous les moyens sont bons pour stopper l’adversaire, y compris l’exploitation politique d’une tuerie.

Mais ça ne marchera pas. L’action politique de la droite conservatrice américaine est non seulement parfaitement légitime mais pleinement respectueuse des processus démocratiques et des fondements de la Constitution. Il n’y a donc aucune raison de baisser pavillon et de rendre les armes (Merde! Encore des métaphores guerrières!).

La récupération politique du massacre de Tucson par la gauche américaine a quelque chose de dégoûtant. Et comme d’habitude, dans de telles circonstances, nos intellos et nos scribes se comportent en courroies de transmission des fantasmes vertueux de cette gauche …tellement pharisienne. Ils sont tous arrimés solidement à la gauche américaine et ils ne se nourrissent qu’exclusivement de la presse de gauche. Et c’est parmi eux que les chaînes de télévision recrutent leurs «experts». J’ai eu l’occasion d’en entendre une à TVA : une sorte de poupée parlante qui récitait les ritournelles de la gauche : violence du discours de droite, virulence des tea parties, incitation au crime par Sarah Palin, lessivage des cerveaux par Fox News.

Nos «experts» québécois en matière de politique américaine, en tout cas ceux et celles que l’on voit et entend à la télé, sont tous interchangeables. Il n’y a chez eux qu’une seule grille de lecture et qu’un seul credo et c’est celle et celui de la gauche américaine. L’uniformité idéologique de nos «experts» est digne des régimes totalitaires.

Et ce qui me désole, c’est que même Richard Martineau, quand il s’agit des États-Unis, met en veilleuse sa lucidité légendaire et son sens critique si décapant pour se faire le messager docile de la gauche américaine.



Jacques Brassard

mercredi 5 janvier 2011

BLOC-NOTES III

BYE! BYE!

Le Bye! Bye! de cette année était comme d’habitude largement imprégné de l’idéologie propre à Radio-Canada et au gratin artistique, soit celle de la gauche bien-pensante et de la rectitude écologique.

Partant de là, il était donc prévisible que Stephen Harper, incarnation de la droite présumée obscurantiste, soit présenté comme un personnage débile et inculte. Car, c’est bien connu, l’intelligence et la culture ne logent qu’à gauche. C’est ce stéréotype qui sert de pierre d’assise à presque tous les sketchs politiques à prétention humoristique. Je me souviens, par exemple, d’une saynète de RBO sur les gens d'Hérouxville qui s’étaient dressés contre l’islamisme. Ils étaient tous représentés par des personnages complètement dégénérés et consanguins il va sans dire : des zombis aux cerveaux ramollis. Même schéma avec le PM Harper. Pas très comique tout ça!

Quant à la rectitude écologique, elle fut véhiculée dans une scène grotesque où l’on voit un Jean-François Mercier complètement déchaîné pourchasser André Caillé avec un batte de baseball. Il s’agissait, en l’occurrence, d’anathématiser l’exploration des gaz de schiste, dépeinte comme la pire des ignominies. Concrètement, pour les scripteurs de la gauche radio-canadienne, oser envisager la création de richesse à partir d’une ressource naturelle, mérite la bastonnade. Réconfortante mentalité!

Et que dire de la dégoûtante bouffonnerie présentant le cardinal Ouellet et les cathos comme de ridicules arriérés. On se serait cru au temps des Cyniques. Cet acharnement à avilir l’Église s’explique par la hargne et la malveillance qui imbibent tous les adeptes du relativisme moral (ils pullulent au sein de nos élites bien-pensantes et parmi les scribes) à l’égard de l’Église, seule bastion de résistance face à la négation d’un ordre moral objectif et face au subjectivisme éthique. Ce qu’on enseigne désormais dans nos écoles par le biais du cours Éthique et culture religieuse. Cette résistance les met en rogne et en rage!

Notez par ailleurs que ça ne demande pas beaucoup de courage ni d’audace pour brocarder l’Église et la tourner en dérision. Les scribes et les acteurs ne risquent pas de se retrouver avec une fatwa au cul les condamnant à mort, ce qu’ils leur seraient arrivés s’ils avaient eu la témérité de se moquer de Mahomet et du Coran.

LES CHRÉTIENS PERSÉCUTÉS

Fin octobre 2010, un commando terroriste d’Al Quaïda a mitraillé les fidèles de la cathédrale de Bagdad. Bilan : 46 morts.

31 décembre 2010, une voiture piégée explose devant une église d’Alexandrie en Égypte. Bilan : 21 morts et 79 blessés.

C’est juste deux exemples. On pourrait allonger la liste de ces horreurs.

Partout, dans le monde musulman, les chrétiens sont persécutés, massacrés, kidnappés, condamnés à mort pour avoir blasphémé contre Allah et son prophète, forcés de s’exiler. On leur interdit de construire et même de réparer leurs églises.

Partout, dans le monde musulman, la liberté religieuse n’existe pas. Elle est sans cesse bafouée. Tout musulman qui ose se convertir au christianisme est voué à la mort.

Et les États musulmans, où l’islam est religion d’État, tolèrent ces violences contre les chrétiens et souvent les justifient et les encouragent.

Que ce soit au Soudan (où l’on a fait un hécatombe de chrétiens dans le sud du pays), au Nigéria, au Pakistan, en Égypte, en Iran, partout, dans le monde musulman, ce n’est que brimades, exactions, destructions des lieux du culte, assassinats, atrocités envers les chrétiens.

Et partout, dans le monde musulman, de tels comportements sont considérés comme étant tout à fait légitimes et tout à fait conformes aux multiples sourates guerrières, anti-juives et anti chrétiennes du Coran.

Comment peut-on dans certains milieux bien-pensants et multiculturalistes, réussir à nous présenter l’islam comme «une religion de paix et d’amour», alors qu’elle cautionne et soutient dans tout le monde musulman la pratique d’une véritable politique de purification religieuse? Déjà, les communautés chrétiennes, pourtant présentes au Proche et au Moyen-Orient bien avant l’arrivée de l’islam au VIIe siècle, décroissent à vue d’œil. Terrorisés et persécutés, les fidèles quittent leurs patries vers des pays où leur foi ne sera pas brimée. Elles vont finir par disparaître complètement comme les communautés juives avant elles.

«L’islam, écrit Ftouh Souhail (avocat au barreau de Tunis), dans le blogue DRZZ, montre qu’il incarne la haine, l’intolérance, les insultes, le racisme et la violence. L’islam est une religion qui, malheureusement, dans son texte sacré même, autant que dans certains de ses rites banals, exalte violence et haine. Cette violence vise tous les non-musulmans et tous les musulmans considérés comme de mauvais musulmans, parce qu’ils n’observent pas scrupuleusement les lois coraniques.»

Et que fait l’Occident, berceau du christianisme et supposément porteur des valeurs judéo-chrétiennes, devant tant d’atrocités? Rien! Où presque rien! En Occident, on ferme les yeux! Où on regarde ailleurs! On ne veut pas voir les souffrances infligées par les musulmans aux chrétiens.

On ne veut surtout pas se souvenir de nos racines judéo-chrétiennes. Car il faudrait alors considérer tous ces chrétiens assassinés…comme nos frères. Tout de même! Trop dérangeant! Ce serait vraiment pas très moderne, pas vraiment du dernier cri, que de se soucier du sort de pauvres naïfs plutôt simples d’esprit qui, au fin fond du Pakistan, ou dans les bidonvilles du Caire, croient encore dans le Christ! De pauvres arriérés, comme on les appelait dans le dernier Bye! Bye!

Ça donne la nausée de voir ainsi nos élites occidentales abandonner à leur triste sort ces communautés chrétiennes martyrisées.

Il y a même des gouvernements qui ont offert leurs condoléances au Président égyptien Moubarak! Faut le faire! Aucune condamnation bien sentie! Aucune indignation devant l’absence de volonté véritable du gouvernement égyptien de défendre la vie et la liberté de religion de la communauté copte. Pas du tout! «Mes sympathies, M. le Président», tel est le message insignifiant qui émane des États occidentaux!

Lorsque Israël, écoeuré de recevoir sur la gueule une pluie de roquettes en provenance de gaza, décide de riposter, qu’arrive-t-il? D’abord, des blâmes bien virulents contre l’État hébreu venant du monde entier; ensuite le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU (une loufoquerie où siègent d’exemplaires démocraties, telles la Lybie, Cuba et l’Arabie Saoudite, tellement obsédées par le respect des droits humains) qui condamne sans ménagement la «barbarie juive» et qui met sur pied illico une commission d’enquête pour identifier les «crimes» d’Israël; puis, le Conseil de Sécurité de l’ONU se démène pour adopter une résolution afin d’arrêter les hostilités; et enfin le Parlement européen s’étrangle d’indignation devant la disproportion de la réplique israélienne. Bref, ça bouge, ça grouille et ça hurle.

Mais quand les chrétiens se font massacrer en terre d’islam, Dieu que la diplomatie se fait doucereuse, discrète et obséquieuse!

Il y a une vaste opération d’épuration religieuse, par la terreur et la violence, qui a cours depuis des années dans le monde musulman, et l’Occident somnole. Quelle infamie et quel avilissement!

Je vous le dis sans détour, j’en suis profondément dégoûté!

2011 : UN COUP D’ÉTAT

Je vous l’annonce, à moins que vous ne le sachiez déjà, la droite vilaine et sans cœur envisage un coup d’État en 2011. Réseau Liberté-Québec veut s’emparer du pouvoir et nous plonger dans l’enfer.

Mais, heureusement, la chevalerie syndicaliste va faire rempart et empêcher cette ignominie. Les trois mousquetaires de l’Alliance Sociale (Claudette Carboneau, Réjean Parent et Michel Arsenault), avec toute la clairvoyance qu’on leur connait et leur magnifique sens du Bien Commun (leur bien!) et malgré leurs modestes ressources, vont se sacrifier pour combattre et terrasser la droite épaisse, égoïste et méchante.

Que le bon peuple soit donc soulagé, les champions de l’étatisme veillent au grain. Ils le proclament, un autre Québec est possible. Et ils vont le faire naître. Cet autre Québec, chers contribuables, c’est …plus d’impôts, plus de taxes, plus de dettes et plus d’État!

Rassurez-vous, chers citoyens, ils veulent votre bien…et ils l’auront!

Jacques Brassard

mardi 28 décembre 2010

DEUX CHRONIQUES

En réponse à certains commentaires, vous trouverez ci-dessous deux chroniques que j'avais écrites lorsque j'étais chroniqueur au Quotidien. Elles traitent d'un mythe, largement partagé par plusieurs commentateurs, celui du Palestinien en tant qu'Opprimé par excellence et  d'une imposture, celle qui impose comme grille de lecture du conflit israélo-palestinien l'équivalence morale.
LE MYTHE DE L'OPPRIMÉ

À chaque fois que j’écris sur le conflit israélo-palestinien, je reçois toujours des courriels dont les auteurs m’enguirlandent furieusement, me reprochant d’oublier que les-Palestiniens-sont-un-peuple-opprimé, victime de la domination malveillante et perverse de l’État Hébreu. Cette ritournelle est bien connue. Elle est au cœur de la Machine de propagande palestinienne et elle est reprise en chœur par une large partie de la classe politique occidentale et du monde médiatique. L’affaire est donc entendue : si les Palestiniens sont pauvres et sous-développés, s’ils sont devenus les nouveaux Damnés de la Terre ( à la place du Prolétaire et du Colonisé ) englués dans l’assistanat international ( ils viennent de recevoir encore des milliards des pays occidentaux culpabilisés ), le responsable, le coupable est tout désigné, c’est le Juif.



D’ailleurs, le Juif-coupable-de-tous-les-malheurs-du-Monde, ce n’est pas une invention récente. Ça fait 2000 ans que les Juifs subissent pogroms, persécutions, brimades de toutes natures, expulsions collectives, meurtres de masse, finalement Holocauste, parce qu’ils sont désignés comme responsables des calamités et des fléaux qui se sont abattus sur tous les peuples de la Terre. Rendez-vous compte, il y a encore beaucoup de gens ( surtout les Musulmans ) qui sont convaincus que le Protocole des Sages de Sion --un faux fabriqué par la police secrète du Tsar au XIXe siècle, qui devait mettre en branle un vaste complot des Juifs pour dominer le Monde-- est un document authentique. Il y a également beaucoup de gens qui sont persuadés que le 11-septembre est le résultat d’une terrible conspiration judéo-américaine dans le but de justifier la guerre contre l’Islam. Le co-chef de Québec Solidaire, Amir Khadir, le croit et la comédienne oscarisée, Marion Cotillard, aussi, ce qui prouve que la race des idiots utiles et inutiles n’est pas près de l’extinction.



Il suffit pourtant d’un examen attentif des faits et des événements pour conclure que ce sont les Palestiniens eux-mêmes ( et surtout l’engeance extrémiste qui leur tient lieu d’élite dirigeante ) qui sont les responsables de leur état de misère et de sous-développement. Rien de mieux qu’une anecdote pour illustrer cette assertion. Lorsque Sharon a fait démanteler les « colonies juives de Gaza », il en est resté un vaste complexe de serres produisant des légumes. Les Palestiniens l’ont-ils remis en opération? Pas du tout! Ils l’ont saccagé! Le développement ne les intéresse pas, la sortie progressive de l’assistanat international ( qui dure depuis aussi longtemps que l’État d’Israël ) ne les intéresse pas non plus. Sinon, expliquez-moi pourquoi les Juifs rescapés de l’Holocauste et ceux expulsés des pays arabes ont-ils réussi, à force de travail et d’ingéniosité, à faire surgir du désert une économie moderne et diversifiée…et pas les Palestiniens? C’est qu’ils ont choisi de cultiver la haine du Juif et l’exécration d’Israël, et d’exporter le fanatisme et le terrorisme. Remarquable économie, n’est-ce pas, que celle de la Terreur! Et « l’occupation » des Territoires de même que la clôture de sécurité ne sont pas la cause ni le moteur de cette haine pathologique, elles en sont les effets et les conséquences. «L’occupation » résulte de quatre guerres d’agression contre Israël par les États arabes et la clôture est le seul moyen d’empêcher les attentats-suicides dans les bus et les restaurants.



La haine est là depuis toujours. Bien avant que les Juifs, de retour dans leur antique Patrie, furent autorisés à créer l’État d’Israël. Dans les années 30 et durant la 2e guerre mondiale, le Grand Mufti de Jérusalem copinait ouvertement avec Hitler et soutenait son programme d’extermination des Juifs. Une bonne idée selon lui! L’antisémitisme, ce cancer qui infecte tous les société arabo-musulmanes du Proche-Orient, n’est pas généralisé parce qu’Israël occupe la Judée et la Samarie, où parce que les Palestiniens sont pauvres et vivent sur « le BS de l’ONU », où encore parce qu’il y a dans plusieurs pays des contingents de réfugiés maintenus dans l’assistanat de façon permanente afin de provoquer et d’entretenir la compassion chez les occidentaux naïfs. Non, ce cancer est généralisé tout simplement parce qu’Israël EXISTE. « Israël, écrit Guy Millière, c’est le bouc émissaire qui permet d’éviter de se regarder dans un miroir. »



Israël n’a pas le choix, il doit se défendre avec force. Il est parfaitement légitimé de nettoyer Gaza et d’en extirper la racaille terroriste. Et il devrait verrouiller de nouveau la frontière avec l’Égypte. Et demeurer sourd au concert d’indignation des Pleureuses occidentales et des avaleurs de propagande palestinienne.



Jacques Brassard

L’IMPOSTURE DE L’ÉQUIVALENCE MORALE




Il est coutumier, en Occident, dans les médias, chez les universitaires s’affichant experts et dans la classe politique de pratiquer, à l’égard du conflit israélo-arabe, ce qu’on peut appeler l’imposture de l’équivalence morale. Concrètement, l’équivalence morale, cela signifie une culpabilité également partagée, une mauvaise foi également répartie, une intransigeance également intraitable. Vous voyez le topo : Israéliens et Palestiniens, tous dans le même sac. Ils sont tous fautifs, tous criminels, tous pleins de haine. C’est là, reconnaissez-le, une posture facile et combien rassurante puisque ça vous dispense de prendre parti. C’est cependant une attitude parfaitement odieuse et méprisable.



Évidemment, tout ce beau monde s’est félicité de la « providentielle élection d’Obama ». Le nouveau Président, on en était convaincu, allait offrir comme en cadeau la Paix au Moyen Orient. Voilà un optimisme qui confine à l’angélisme. Parce qu’aucune paix ne saurait surgir de l’équivalence morale. Or, le Président américain a justement fondé sa politique au Moyen Orient sur l’équivalence morale entre Juifs et Palestiniens. Les négociations sont donc intrinsèquement vouées à l’échec. Convenons toutefois que la pratique de l’équivalence morale n’est pas un phénomène récent. Il est sans cesse présent dans l’histoire. En 1938, à Munich, la France et l’Angleterre se sont déshonorées en mettant sur le même pied d’une part le régime nazi, raciste, totalitaire, militariste, fourbe et d’autre part, les États démocratiques. On sait fort bien ce qu’il advint : la Tchécoslovaquie fut avalée par le Reich et la Paix rata son rendez-vous.



Obama, lui, n’hésite pas, pour asseoir son équivalence morale, à dénaturer l’histoire en adhérant au mensonge arabe sur Israël. Pour les arabes, Israël est en quelque sorte le fruit de l’Holocauste. L’Occident, se sentant coupable du génocide de 6 millions de Juifs, aurait cherché l’apaisement de sa conscience en créant l’État d’Israël. Les Juifs n’auraient donc aucun droit sur la Terre d’Israël du point de vue légal, historique et moral. Obama, dans son discours du Caire (une inconvenante et fantaisiste louange de l’islam) légitime cette mystification comme, d’ailleurs, tous les antisionistes et antisémites occidentaux.



Pourtant, comme l’écrivait Caroline Glick, « la communauté internationale a reconnu les droits légaux, historiques et moraux du peuple Juif sur la Terre d’Israël bien avant que quiconque ait jamais entendu parler d’Adolphe Hitler. En 1922, la Société des Nations avait mandaté la « reconstruction » --et non la création -- du foyer national juif sur la Terre d’Israël dans ses frontières historiques sur les deux rives du Jourdain. »



L’autre volet de l’équivalence morale consiste à se focaliser, de façon quasi exclusive, sur la question des implantations juives en Judée Samarie (moins de 4% de ce qu’on appelle la Cisjordanie ) tout en occultant pudiquement le refus systématique, depuis 60 ans, des Palestiniens de reconnaître à Israël le droit à une existence légitime. Enfin, les adeptes de l’équivalence morale mettent sur le même pied d’une part, les actions et les opérations de défense d’une population agressée et, d’autre part, le terrorisme aveugle et barbare des phalanges islamistes. Pire encore, écrit Caroline Glick, « de façon odieuse et mensongère, Obama a allègrement comparé la manière dont Israël traite les Palestiniens à celle dont les esclavagistes blancs en Amérique traitaient leurs esclaves noirs. De façon plus ignoble encore, en utilisant le terme de « résistance », euphémisme arabe pour désigner le terrorisme palestinien, Obama a conféré à celui-ci la grandeur morale des révoltes des esclaves et du mouvement des droits civiques. »



Face à ce triste spectacle où l’on voit Hussein Obama accentuer les pressions sur Israël en exigeant des concessions irrecevables sans rien demander aux Palestiniens, quelle est, pensez-vous, la stratégie de Mahmoud Abbas, le chef du Fatah et président de l’Autorité Palestinienne? Ne pas bouger! Se mettre en attente! Ne rien donner. Se faire spectateur euphorique de la manoeuvre du Président américain installant Israël, comme l’écrit Guy Millière « en position de bouc émissaire, puis de victime expiatoire ». Inutile de vous dire qu’une telle politique est vouée dès le départ à l’échec, à moins que l’État hébreu soit devenu subitement suicidaire.



Ceux qui, tel Obama , adoptent la posture de l’équivalence morale dans le conflit israélo-palestinien sont convaincus de choisir la sagesse, la neutralité, l’équité. En fait, ils prennent parti pour les palestiniens et ils inversent les rôles, l’agressé devenant l’agresseur et vice versa. L’écrivain Pierre Jourde a sans doute raison d’écrire qu’au fond trop d’occidentaux perçoivent comme un scandale insupportable « une poignée de Juifs qui transforme un désert en pays prospère et démocratique au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption ». C’est trop contraire à la réconfortante équivalence morale.



Jacques Brassard 





 

vendredi 24 décembre 2010

SUR ET AUTOUR DE L'AFFAIRE KHADIR

Je ne peux résister à l’envie, à la suite de bien d’autres, de commenter l’affaire Khadir.

Vous avez tous vu le député socialiste lanceur de godasses, Amir Khadir, en train d’écoeurer, sur le trottoir en face de son commerce, un marchand québécois de souche. Et il nous a dévoilé le motif qui inspirait son action : il faut boycotter les produits d’Israël. Et pourquoi donc faut-il cesser d’acheter les produits d’Israël? Retenez bien la réponse, elle est étonnante : c’est parce qu’Israël a mis en place un régime d’apartheid, similaire à celui de l’Afrique du Sud d’avant Mandela!

Le pire, c’est que beaucoup de scribes et d’intellectuels n’ont même pas entre’aperçu le côté démentiel et outrancier du motif invoqué. Il paraîtrait même que le radio-canadien Michel Labrecque aurait déclaré à Amir Khadir : « D’accord sur le principe, mais pas sur la méthode! » Autrement dit, il est vrai qu’il y a apartheid en Israël, mais pourquoi s’en prendre à un modeste commerçant? Même Mario Dumont, d’habitude plus combatif, n’a pas jugé bon de questionner le député socialiste sur la raison d’être du boycott.

Pourtant, il y a là un immense et un immonde mensonge venant tout droit du bataclan mythologique de la propagande islamo-palestinienne. Je rappelle, même si vous le savez déjà, que l’apartheid est un système raciste de ségrégation et de séparation d’un groupe social. Et il est évident pour quiconque n’est pas aveuglé par la haine des Juifs, qu’il n’y a pas en Israël la moindre présence d’un pareil système.

Il est quand même surprenant que l’on soit obligé de rappeler à bien des scribes et à toute la mouvance de gauche (inutilement, j’en conviens) qu’Israël est une démocratie exemplaire, la seule d’ailleurs dans tout le Proche et le Moyen Orient. Il n’y a pas si longtemps, on pouvait sans doute y ajouter le Liban, mais c’est chose du passé. Aujourd’hui, le Liban est inféodé au Hezbollah qui, comme chacun sait, est une milice de fanatiques islamistes chiites aux ordres de Téhéran.

Donc, Israël est la seule démocratie de toute cette immense région. Et les citoyens arabo-musulmans d’Israël (ils sont plus d’un million) jouissent des mêmes droits et des mêmes libertés que les citoyens juifs. Ils peuvent s’exprimer librement (la plupart du temps en critiquant Israël) et se faire élire à la Knesset. Ils peuvent gagner leur vie comme ils l’entendent et être propriétaires. Ils peuvent pratiquer leur religion sans entraves. Et ils peuvent avoir recours à un système judiciaire indépendant du pouvoir politique. Une vraie démocratie, quoi!

Il suffit donc d’un regard le moindrement objectif sur l’État d’Israël pour constater qu’il n’y a pas dans ce pays la plus petite trace d’un quelconque régime de ségrégation ou d’apartheid.

Affirmer le contraire comme le fait Amir Khadir, l’incarnation de la gauche «platoïde», c’est mentir effrontément, c’est faire preuve d’une répugnante malhonnêteté intellectuelle et c’est également être mû par une judéophobie malsaine (toute proche de l’antisémitisme, ce cancer millénaire de l’humanité).

C’est quand même renversant, personne ne lui a posé la question toute simple : pourquoi accusez-vous Israël d’apartheid? Quelles sont vos preuves? Il n’en a évidemment aucune!

Il s’en tire par une pirouette en invoquant Jimmy Carter, Desmond Tutu ou Noam Chomsky, tous des palestinophiles frénétiques et de judéophobes délirants.

Où alors, il change de sujet et s’apitoie sur le terrible sort des Palestiniens de Gaza et de Judée-Samarie, accusant Israël d’être responsable de leur misère et de leur enfermement. Il oublie un minuscule détail : les Israéliens ont quitté Gaza et la tyrannie obscurantiste que les habitants de Gaza subissent n’est pas celle de l’État hébreu, mais des barbus islamo-fascistes du Hamas. Et ce n’est guère mieux en Judée-Samarie ou le Fatah de Mamoud Abbas impose un régime corrompu jusqu’à la moelle, pétri de haine et de duplicité et qui, soit dit en passant, serait balayé par le Hamas s’il advenait que l’armée israélienne quitte les lieux.

Le comportement d’Amir Khadir, ami, complice et partenaire des communistes et des islamistes de tout poil, met en relief un paradoxe, partagé par toute le gauche occidentale.

Cette incohérence est la suivante :

Le seul État que l’engeance islamo-gauchiste accuse de violations des droits humains, de ségrégation, de violences disproportionnées et de fanatisme, c’est Israël! Et par le plus curieux des hasards, il appert qu’Israël est le seul État démocratique de toute la région, le seul État ou les droits et libertés fondamentaux sont consacrés et respectés, le seul état ou le pluralisme politique est en vigueur, le seul État ou les valeurs éthiques de l’Occident sont tenues en estime et enseignées. Trouvez l’erreur!

Et par le plus curieux des hasards, il appert également que cette engeance islamo-gauchiste est frappée par une cécité totale face aux multiples dictatures et régimes totalitaires du monde musulman qui piétinent les droits humains les plus fondamentaux, maintiennent leurs peuples dans l’asservissement à un islam archaïque et barbare qui macère dans la haine du Juif et de l’Occident (surtout les États-Unis, bien sûr!), cautionnent l’infériorisation et la domestication de la femme et ne bougent pas devant la persécution des communautés chrétiennes minoritaires.

D’ailleurs, avez-vous déjà entendu le député du Plateau condamner sévèrement les violations systématiques des droits humains, la répression brutale de la moindre opposition, les éruptions de haine à l’égard des judéo-croisés qui sont monnaie courante dans les États musulmans? Jamais! A-t-il déjà condamné la volonté, maintes fois exprimée, du despote de Téhéran d’anéantir l’État Hébreu? Jamais! Au contraire, il est le compagnon de route des organisations terroristes, telles le Hamas et le Hezbollah, avec qui il manifeste régulièrement.

En fait, si vous voulez observer une forme d’apartheid dans le monde actuel, vous n’avez qu’à jeter un coup d’œil sur le sort et le statut des «réfugiés» palestiniens qui ont quitté le territoire israélien en 1948, obéissant ainsi aux injonctions des dirigeants des pays musulmans environnants, le temps de permettre à leurs armées de liquider l’État naissant d’Israël et de «jeter à la mer» les «sales Juifs».

Mais comme les armées de ces pays (Égypte, Syrie, Jordanie, Irak) ont subi une cuisante défaite (d’autres suivront en 1967 et en 1973), les réfugiés palestiniens ont alors été parqués dans des camps qui sont devenus permanents. Et surtout, contrairement à ce qui se passait partout dans le monde, le statut de réfugié palestinien est devenu, par la grâce de l’ONU, transmissible de génération en génération. Ils étaient 900,000 au départ, ils sont maintenant plusieurs millions qui n’ont jamais été intégrés à la société d’accueil et qui sont privés de tous les droits de citoyens.

Si Amir Khadir et ses amis communistes de même que tous les boycotteurs syndicaux, veulent vraiment combattre un apartheid réel, ils devraient aller manifester devant les ambassades des États musulmans (tels le Liban et la Jordanie) qui pratiquent, à des fins politico-idéologiques (il faut bien entretenir le mythe de la «nation palestinienne» et soutenir l’absurde «droit au retour» de tous les «réfugiés»), une ségrégation systématique à l’égard des «réfugiés» palestiniens sur leurs territoires.

La petite mascarade d’Amir Khadir suscite par ailleurs deux questions.

La première pourrait se formuler ainsi :

Pourquoi s’attaquer à un modeste commerçant québécois de souche qui ose vendre des godillots israéliens? Parce que, sinon, il lui faudrait s’attaquer aux grandes surfaces (Wall Mart, Future Shop, par exemple), surtout celles où l’on vend des produits de haute technologie, particulièrement dans les domaines de l’informatique et de la téléphonie. L’économie d’Israël étant une économie très performante dans les secteurs de pointe, on voit mal cependant le député socialiste de Québec Solidaire renoncer à son ordinateur, à la clé USB ou à sa boîte vocale, pour régresser à l’époque de la machine à écrire. Alors, courageusement, on choisit d’emmerder un humble contribuable de son quartier. Quel déconnage exemplaire!

L’autre question est la suivante :

Comment se fait-il que, parmi les centaines de pays à travers le monde, dont un fort contingent est constitué de dictatures, de tyrannies, de régimes totalitaires, de fausses démocraties, qui oppriment leurs peuples, persécutent et massacrent les chrétiens, foulent aux pieds les droits humains les plus fondamentaux, lapident les femmes adultères, pendent les homosexuels, tuent les musulmans qui se convertissent à une autre religion, soutiennent le terrorisme, comment se fait-il que le seul pays qui doive subir anathèmes et malédictions, mise en quarantaine et boycott, détestation et ressentiment, soit le seul État juif de la Planète? La voilà, la vraie question!

Et elle contient la réponse : c’est parce que, justement, c’est un État juif! Ce boycott n’est, au fond, que la manifestation, parmi tant d’autres, de l’antisionisme et de la judéophobie qui gangrènent toute la gauche occidentale, tout le gratin intellectuel et une grande partie des scribes de nos médias. Même Jean-François Lisée, figure de proue de la gauche efficace, considère somme toute que ceux qui accusent Israël d’apartheid sont des «personnes raisonnables»! !!

En réalité, l’antisémitisme et l’antisionisme prennent très souvent une forme plus subtile chez les élites occidentales. Plutôt que l’expression brutale et fortement antisémite, qui domine dans le monde musulman, de la négation pure et simple du droit à l’existence de l’État d’Israël (se référer à l’intention proclamée de la mollahcratie, du Hezbollah, du Hamas, du Fatah, d’Al Quaida, d’anéantir l’État hébreu), en Occident, on ne va pas jusqu’à nier la légitimité de l’État d’Israël, mais toutes les actions ayant pour fins d’assurer l’existence même d’Israël et de défendre la vie et les droits de ses citoyens, sont toujours systématiquement désapprouvées.

Elles sont toujours disproportionnées. Elles violent toujours le droit international. À croire que le droit international a été conçu et élaboré spécifiquement pour discréditer toutes les actions d’Israël. Quoiqu’il fasse, il a toujours tort. Il est coupable par nature.

Il construit une clôture de sécurité pour se protéger des attentats meurtriers contre les civils. Coupable!

Il riposte à la pluie de roquettes qui lui tombe dessus. Coupable!

Il ose considérer Jérusalem comme la Ville Sainte millénaire des Juifs. Coupable!

Il établit un blocus maritime pour empêcher l’entrée d’armes dans la bande de Gazas. Coupable!

Il est réticent à accorder des concessions exigées par Obama parce que l’Autorité Palestinienne refuse toujours de reconnaître l’État d’Israël comme préalable à des négociations. Coupable! Coupable!

«Toutes ces accusations, écrit Pierre-André Taguieff, un expert en matière d’antisémitisme et de judéophobie, convergent vers une conclusion qu’on peut ainsi formuler : le peuple juif est un intrus dans le genre humain. Dans le vieil antisémitisme, les Juifs faisaient figure d’intrus dans les nations européennes, de peuple en trop venu d’Orient, sans territoire, au sein de l’Occident chrétien. Amalgamés avec les Occidentaux, ils sont désormais traités comme des intrus au Moyen-Orient et, plus largement, dans la société mondiale. Doublement diabolisés en tant que «sionistes» et Occidentaux, ils sont rejetés comme le peuple en trop par excellence – ce que traduit la rumeur qu’Israël serait un État en trop. Un État-monstre, le seul à être supposé tel. Telle est la nouvelle matière symbolique exploitée depuis près d’un demi-siècle par les ennemis, déclarés ou non, des Juifs.»

L’affaire Khadir est une bien petite affaire, mais elle demeure représentative, malgré sa petitesse, de l’idéologie dominante au sein de la gauche et des élites intellectuelle et médiatique en Occident. Idéologie caractérisée par la haine de soi, c’est-à-dire le rejet de la civilisation occidentale perçue comme impérialiste, colonialiste, raciste et dont il faut combattre cet avatar ignoble qu’est l’alliance américano-sioniste visant à dominer le monde. Il est donc impérieux, selon cette vision idéologique, de faire repentance d’être un occidental oppresseur en se portant à la défense des opprimés du monde entier, la figure mythique de l’opprimé par excellence étant le Palestinien.

Khadir lance des godasses sur un poster de Bush et il prêche le boycott des godasses israéliennes. C’est la conjugaison de la haine de l’Amérique et de la haine du Juif. Khadir est un milicien dans la guerre contre l’axe américano-sioniste.

Demain, c’est Noël. C’est la fête de la Nativité. C’est la célébration de la naissance d’un Juif de la lignée de David.

J’en profite donc pour exprimer mon ferme soutien à l’État d’Israël et ma profonde amitié au peuple Juif.

Israël est un bastion avancé de l’Occident en terre ennemie.

Son combat est le nôtre. Il devrait l’être en tout cas. Car pour nous, judéo-chrétiens d’Occident, les Juifs sont, pour reprendre l’expression admirable de Jean-Paul II, nos «frères ainés bien-aimés».

Jacques Brassard