vendredi 5 novembre 2010

BLOC-NOTES SUR LA GAUCHE ÉCOLO-BOBO-CAVIAR

Le tsunami Républicain

Dans mon billet précédent, je me suis amusé à jouer à l’astrologue. Ce qui n’était pas bien difficile. Prévoir un raz-de-marée Républicain aux élections de mi-mandat aux États-Unis ne requerrait certes pas de fouiller dans les entrailles d’un poulet. Même nos outrecuidants et hautains écolo-bobos de la gauche québécoise l’avaient anticipé.

Mais j’ai surtout visé juste en prédisant que tous ces prétentiards allaient expliquer la défaite cinglante d’Obama par une ruée inopportune vers les urnes des dégénérés de l’Amérique profonde.

Je ne me suis pas trompé. Il fallait écouter le quatuor de Maîtres à penser que RDI avait sélectionné pour se rendre compte que les Américains venaient de commettre un crime abominable en désavouant le Génie du Potomac. C’était délirant!

D’abord, on a longuement fredonné la plus vieille rengaine de la démagogie démocratique, celle qui consiste à faire retomber la faute sur le gouvernement précédent : «C’est la faute de Bush!». Comme c’est réconfortant! Vous comprenez : si Obama est dans la bouse jusqu’à la racine des cheveux, c’est la faute de Bush! C’était pathétique à regarder! Un panel de la Gauche Démocrate!

En fait, la gogôche, au Québec et ailleurs, ne peut pas tolérer qu’on mette le moindrement en doute l’endettement gigantesque et les déficits abyssaux comme méthode de sortie de crise. Pour nos experts patentés et pour une grande partie de la classe politique occidentale, c’est la seule et unique façon de réagir à une crise économique. Or, les Américains, majoritairement, et sans équivoque, ont rejeté cette méthode et ont, à la première occasion, répudié celui qui l’a appliquée avec démesure et un néfaste entêtement idéologique.

La gauche et tous ses interprètes médiatiques ont aussi trouvé inconcevable que les Américains, majoritairement, ne veulent pas d’un régime de santé étatique, bureaucratique et fort coûteux. Comment ces abrutis ne peuvent-ils pas tomber en pâmoison admirative devant notre magnifique système public de santé avec ses longues files d’attente, ses engorgements et ses coûts astronomiques? Pour nos doctes experts, ça dépasse l’entendement!

Un autre argument, qui était parfaitement prévisible de la part de la gauche caviar qui domine dans les médias (surtout Radio-Canada) et les universités, consiste à traiter les Tea parties comme des demeurés incultes et contaminés par le racisme. C’est la voie empruntée par Richard Martineau dans le Journal de Québec, mercredi, le 3 novembre. Toute sa chronique porte sur le thème : le sublime Obama a été humilié par des Caves. C’est simple, c’est limpide et ça donne la nausée, nous explique Martineau : les Américains sont des Caves inaptes à comprendre l’immense intelligence et la grandeur messianique de leur Président. Il lui arrive donc, de temps en temps, à ce cher Martineau, de revenir se blottir dans le réconfortant giron idéologique de la Gauche, bon chic, bon genre.

Mais le dégoût est à son maximum quand il s’agit d’épiloguer sur le Tea Party. On en fait un épouvantail immonde. On lui accole les qualificatifs d’ultra, d’extrémiste, de radical, de raciste. Des ultra-conservateurs! Comme c’est ignoble, n’est-ce pas? On se refuse à voir dans ce mouvement (conservateur, il est vrai) une volonté proclamée de revenir aux principes fondateurs de la Constitution : liberté, responsabilité individuelle, limitation de l’interventionnisme étatique, refus de toute forme de collectivisme, rejet du relativisme moral. Et quand nos «progressistes» tiennent compte de cette vision affichée, c’est pour se moquer de la ringardise et du ridicule (selon eux) de pareilles convictions.

« Et si la vraie raison (du désaveu d’Obama), écrit Luc Rosenzweig, ancien journaliste du Monde, était tout simplement que la majorité des Américains trouvent que Barak Obama est un mauvais Président?...Et maintenant que va-t-il faire? Que sera sa vie? Ses amis démocrates se plaisent à évoquer le scénario de Clinton, étrillé aux midterm de 1994, et réélu triomphalement en 1996. Peut-être, mais peu probable, à moins que l’on assiste à une rapide amélioration de la situation économique. Tout d’abord une nécessaire lapalissade :Obama n’est pas Clinton et ne dispose pas de la souplesse idéologique de l’ancien président. Ensuite son «recentrage» nécessaire pour cogérer avec une Chambre hostile et un Sénat dont il faudra ménager les Démocrates conservateurs peut brouiller définitivement son image et lui aliéner les «liberals». Ce sont eux, d’ailleurs, qui ont causé la défaite d’Al Gore en 2000, en dispersant leurs voix sur le candidat «de gauche», Ralph Nader. Enfin, quoi que puissent penser nos commentateurs patentés, les Républicains ne sont pas des buses. Ils ont tiré les leçons de 1996, et ne laisseront pas Obama leur faire porter le chapeau des décisions politiques impopulaires comme Clinton le fit avec succès aux dépens de Newt Gringrich, le président républicain de la Chambre…»

Voilà une analyse pas mal plus lucide que les tirades fielleuses et les vilaines caricatures qui sont éructées par nos journaleux et gazetiers de gauche.

Et la réaction d’Obama était, elle aussi, on ne peut plus prévisible. «Il ne s’attendait pas à semblable résistance, non, il ne s’attendait pas aux tea parties, écrit Guy Mililère, un intellectuel français, conservateur sans doute, mais un connaisseur de l’Amérique. Il mise tout désormais sur le premier mardi de novembre dans deux ans, et entend tout à la fois pousser les Républicains à la faute, et s’attribuer les bénéfices de tout résultat qui s’avérerait positif. Son discours et sa conférence de presse le 3 novembre ne peuvent tromper personne : les Américains sont impatients et frustrés de ne pas voir encore de résultats, a-t-il dit. C’est faux : les Américains ne veulent pas de la politique menée. Et discernent que la situation actuelle est le résultat de cette politique. Les Américains n’ont pas encore compris, a-t-il ajouté. C’est faux encore. Les Américains, en leur majorité, ont très bien compris. Ils ont tellement bien compris qu’ils ont voté pour dire «non». Et ils attendent des Républicains qu’ils inversent la tendance, et arrêtent le train fou lancé par Obama. Obama a précisé qu’il était prêt à travailler avec les Républicains. C’est faux, toujours : ou disons qu’il est prêt à travailler avec les Républicains comme un chasseur est prêt à travailler avec ce qu’il espère être sa proie. Aux Républicains de ne pas être la proie, et de montrer au chasseur que sa poudre est humide et sent le moisi.»

Un tel point de vue n’est pas très…«radio-canadien»…ni très «Devoir», mais il nous permet d’oublier un peu les jacasseries de la gauche intello-bobo.

Jacques Brassard

Les menteries du Chaman Guilbeault (à venir)

jeudi 28 octobre 2010

RETOUR DE L'ANTIAMÉRICANISME

Je ne vous fais pas une grande prédiction en vous disant que, le 2 novembre prochain, Barak Hussein Obama va subir une sacrée dégelée aux élections de mi-mandat. Les Républicains devraient redevenir majoritaires à la Chambre des Représentants et gagner des sièges au Sénat. Tous les sondages l’indiquent et le niveau de réprobation très élevé dans l’opinion américaine envers les politiques furieusement étatistes du Président annonce également une débâcle électorale pour les Démocrates.

Rendez-vous compte? Le Messie est redevenu (et assez vite) une être humain! Et les Américains, mécontents et insatisfaits de l’interventionnisme débridé de l’administration Obama, effrayés par l’ampleur de la dette publique et des déficits budgétaires, parfaitement conscients que les plans de relance extrêmement coûteux n’ont pas résolu la crise, s’apprêtent à enlever au Sauveur de la Nation sa majorité au Congrès.

«Les militants du Tea Party, écrit Sébastien Castillon, de la Menapress, incarnent une particularité américaine qui n’a presque pas d’équivalent en Europe (j’ajouterais au Québec aussi) : l’existence d’une part importante de la population qui est convaincue que la politique et le gouvernement ne sont pas la solution; que l’objectif des citoyens doit être de tenir les hommes politiques à l’écart de leur vie et non de leur extraire des avantages supplémentaires; et que l’on sort d’une crise par le travail et l’épargne, non par la redistribution et l’impulsion publique. En temps normal, ces Américains ne sont logiquement pas impliqués en politique, puisqu’ils considèrent que le rôle de la politique doit être limité autant que possible. Il aura fallu, pour en faire des militants, que le Président Obama et le Congrès Démocrate commencent à mettre en œuvre, agressivement, une philosophie politique opposée à la leur : une doctrine qui veut que le gouvernement est la solution à tous les problèmes et que l’on peut sortir d’une crise par la nationalisation de secteurs entiers de l’économie (santé, automobile), la multiplication du nombre de fonctionnaires, l’augmentation de la dette publique et la redistribution des revenus.»

Dans de telles circonstances, c’est-à-dire une défaite cinglante du Messie, attendez-vous à voir réapparaître, dans le monde médiatique, l’indestructible antiaméricanisme de la gauche. Surveillez bien les commentaires le soir du scrutin et lisez bien la prose pleine de dépit et de mépris des chroniqueurs parentés.

Toute cette glose macérant dans l’amertume tentera de répondre à l’horrible question suivante : Comment les Américains ont-ils pu oser déboulonner la statue du Rédempteur? Pourquoi un tel manque de savoir-vivre? Et la réponse est bien connue (elle a déjà été servie lors de la réélection de George W. Bush) : c’est, nous dira-t-on, le retour, sur la place publique, et le triomphe des abrutis et des tarés de l’Amérique profonde (profond dans le sens de «trou perdu peuplé de crétins racistes») qui n’ont pas compris le transcendant message du Sauveur!

Ce n’est absolument pas (ben voyons donc) parce qu’Hussein Obama leur a foutu sur le dos une dette colossale pour financer un plan de relance qui n’a donné aucun fruit;

Ce n’est absolument pas parce qu’Obama n’a pas réussi à faire baisser le taux de chômage sous la barre de 10% (quand même!);

Ce n’est sûrement pas parce qu’il a réussi, en maquignonnant à fond, à obtenir de justesse l’adoption par le Congrès d’un régime de santé bureaucratique et ruineux (alors que plus de 80% des Américains étaient satisfaits de leur système de santé);

Ce n’est sûrement pas parce que, sur la scène internationale, il a multiplié les courbettes obséquieuses devant les despotes de la Planète;

Ce n’est certes pas parce que, à toutes fins pratiques, il a décidé de laisser le régime totalitaire des mollahs se doter de l’arme nucléaire;

Ce n’est absolument pas parce que son aversion pour Israël, la seule vraie démocratie du Moyen-Orient, lui inspire des manœuvres et des pressions insoutenables sur l’État Hébreu alors qu’il est tout en gentillesse et en mollesse à l’égard de l’islamisme.

Non, ce n’est pas du tout pour ces raisons que les électeurs américains vont récuser la vision du Grand Timonier de Washington. Bien sûr que non! Nos scribes et nos experts vont nous expliquer en long et en large que les citoyens américains sont trop gnochons et trop morons pour apprécier et comprendre la grandeur, la clairvoyance et la sublimité du Génie du Potomac!

Moi, le 2 novembre au soir, je vais me réjouir que les gnochons et les morons de la «profonde Amérique» aient décidé de rogner les ailes du Parangon de la Maison Blanche! Il sera moins nuisible. Et je suis à peu près certain que, dans deux ans, ils vont le renvoyer à Chicago.

Et à partir de là, un grand débat va s’enclencher aux États-Unis pour déterminer qui, de Jimmy Carter ou de Barak Hussein Obama, aura été le plus mauvais Président de l’histoire contemporaine.



Jacques Brassard

dimanche 24 octobre 2010

L'IMPOSTURE CLIMATIQUE

(Voici le texte de mon allocution prononcée lors du colloque de Réseau Liberté-Québec dans un atelier dont le thème était le climato-scepticisme. M. Reynald Du Berger, géologue, a traité de la dimension scientifique de la question. Moi, j’ai plutôt examiné le phénomène du réchauffisme sous l’angle idéologique. À partir de la question suivante : Comment se fait-il qu’une théorie (le réchauffement anthropique), malgré le fait que, sur le plan scientifique, elle est pratiquement en miettes, continue de dominer sur la scène politique et dans l’opinion?)



Depuis que je suis retraité (2002), je me suis beaucoup intéressé à la question climatique. Je ne suis pas climatologue, évidemment. Mais je constate que tous les chamans québécois du réchauffisme n’en sont pas non plus. Claude Villeneuve détient un bac en biologie. Jean Lemire aussi. Steeve Guilbeault, le baratineur d’Équiterre, a fait des études en théologie. Même Hubert Reeves, exceptionnel astro-physicien, n’est pas plus qualifié pour dogmatiser sur les ours blancs ou le temps qu’il fera dans cent ans. En fait, si tous les non-spécialistes se taisaient tout d’un coup (y compris ma modeste voix), il y aurait un silence monacal.

N’étant donc pas spécialiste, j’ai beaucoup lu sur la question et j’ai beaucoup examiné les positions de ceux qu’on appelle les sceptiques.

Et ce que j’ai surtout constaté, c’est qu’en climatologie la démarche scientifique avait été très tôt viciée, corrompue, gangrenée par l’idéologie.

Toute démarche scientifique est fondée sur le doute et l’esprit critique. Toute hypothèse, toute théorie est soumise au débat, souvent invalidée et remplacée par une autre. C’est ainsi que ça fonctionne dans la plupart des sciences : physique, chimie, astronomie, anthropologie. Mais il y a une science qui a le privilège d’échapper au doute, à la critique et à la remise en question, et c’est la science du climat. Ça a commencé dès la fin des années 80. Plusieurs considèrent que le témoignage de James Hansen (climatologue de la NASA) devant le Sénat américain est un évènement décisif, un moment charnière, dans le processus de transformation de la climatologie en idéologie écolo-politique. «Nous sommes responsables du réchauffement!», lance-t-il comme un cri d’alarme.

Qu’est-ce qu’une idéologie? J-F Revel nous dit que c’est « une construction à priori, élaborée en amont et au mépris des faits».C’est un système explicatif de la réalité, mais fermé. La science, elle, est un système ouvert.

En matière de climat, très rapidement, la théorie mise de l’avant voulant que la Terre se réchauffe et que la cause de ce réchauffement soit les gaz à effet de serre, et surtout le CO2 émis par les humains et leurs activités consommatrices d’hydrocarbures, cette théorie va se figer, se scléroser et devenir un dogme intouchable et immuable. Et pour défendre et propager ce dogme, on va voir se constituer une grande secte internationale écolo-réchauffiste, avec son credo, ses rituels, ses grand-messes festives…et même sa procédure d’excommunication. Et dans chaque pays occidental, on va voir apparaître une ribambelle de chamans consacrés à la propagation de la Vraie Foi. Toutes les brigades verdoyantes de l’Occident tout entier vont trouver dans cette vulgate réchauffiste l’idéologie susceptible de transformer le Monde.

Car d’autres dogmes vont se greffer au dogme central. Par exemple, celui qui affirme que l’humanité est une espèce ontologiquement malveillante, nuisible, mauvaise, qui se plaît à maltraiter Gaïa, Mère-Nature. Un autre dogme (celui-là capital en matière d’action) découle du premier. Et il consiste à considérer le mode de production industrialo-capitaliste et la société de consommation qui en résulte, tous deux responsables des émissions de ce gaz diabolique, le CO2, comme un épouvantable fléau. Il convient donc de forcer le système économique à réduire ces émissions de CO2, de restreindre pour ce faire sa croissance et, ce qui serait encore mieux, d’entrer en décroissance. Pour la secte écolo-réchauffiste, la croissance économique est une calamité. (D’ailleurs, avez-vous entendu un Vert se plaindre de la récession?) Mais pour ce faire, il ne suffit pas de proclamer «halte à la croissance»! «À bas le capitalisme industriel»! «Mort à la société de consommation»! Les slogans ne suffisent pas.

Vous comprenez que pour appliquer de pareils préceptes, pour remodeler la nature humaine, pour créer l’Homme nouveau (notez que c’était aussi l’ambition du communisme), il faut obliger, contraindre, sanctionner, punir. L’être humain étant intrinsèquement mauvais, il faut l’enserrer, l’emprisonner dans un réseau de lois, de règlements, de prohibitions, d’interdits, de punitions, de contrôles. Je l’ai déjà écrit, un État écolo porterait en lui des germes de totalitarisme. Dans un gouvernement, il y a toujours au moins un ministre, ne serait-ce qu’en raison de sa fonction, plus ou moins vert, et c’est le ministre de l’environnement. Imaginez un instant que tous les ministres le soient, Verts, ce serait cauchemardesque. Ce serait le monde de Big Brother!

Donc, la science climatique a été gangrenée par l’idéologie et s’est muée en catéchisme. Et ce catéchisme – ce Petit Livre Vert – n’est pas seulement prêché par toutes les brigades vertes et tous les chamans écolos. Il est aussi diffusé avec une complaisance crasse par tous les médias. L’univers médiatique tout entier s’est converti au réchauffisme, et il soutient et propage ce que Claude Allègre a appelé l’imposture climatique et il sombre du même coup dans le catastrophisme irrationnel. J’avoue qu’il est plutôt affligeant de voir journalistes, chroniqueurs, éditorialistes, commentateurs pratiquer avec zèle le psittacisme, mot savant pour désigner la répétition mécanique (donc, sans réfléchir) de mots et de phrases préfabriqués. Comme les perroquets, de la famille des psittacidés. Tous nos scribes et nos vedettes médiatiques se comportent donc comme des perruches en débitant les lieux communs et les poncifs climatiques que leur souffle à l’oreille le clergé écolo, tel le chaman Guilbeault, cet apparatchik d’Équiterre, devenu le directeur de conscience patenté des médias québécois.

Mais il y a pire encore. Les classes politiques de l’Occident tout entier se sont converties au réchauffisme. Il faut dire qu’à la tête d’États surendettés et déficitaires, elles sont en mal de mission. Quoi de plus valorisant que de devenir des Sauveurs de la Planète. C’est beaucoup plus honorable et plus héroïque de sauver la Planète que de pratiquer des compressions budgétaires dans les dépenses publiques ou de réduire le nombre de fonctionnaires, vous en conviendrez! Et c’est d’autant plus valeureux de sauver la Planète que ça vous permet, malgré l’endettement et les déficits, et malgré un fardeau fiscal à la limite du tolérable, de pouvoir concocter et imposer de nouvelles taxes, les taxes vertes. C’est-y pas beau, tout ça! Et en prime, on se fait congratuler par les chamans écolos.

Ajoutons un dernier étage à cette superbe superstructure ecclésiale : l’ONU. Ce gros Machin inefficace, incapable de remplir sa mission première, soit d’assurer la paix dans le monde (le nombre de génocides et de guerres civiles bien massacrantes en témoigne) ne pouvait pas manquer l’occasion de redorer son blason en devenant maître du jeu pour sauver la Planète. Elle s’est donc recyclée dans l’apostolat écolo-climatique. Et elle a créé une grosse patente intergouvernementale – le GIEC – pour coordonner la guerre au gaz satanique, le CO2. Et comme son nom l’indique, GIEC, Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat, c’est une organisation à dominante politique regroupant des délégations de gouvernements. Ce n’est donc pas un centre de recherche climatique, et encore moins un forum scientifique. Sa mission est très claire : colliger les données et les travaux qui vont étoffer et conforter la théorie du réchauffement anthropique. Ce qui signifie que dès le début le GIEC n’a jamais vraiment prise en compte les travaux et les recherches qui mettaient en doute le dogme officiel.

Dans de telles conditions, il était donc permis aux dirigeant du GIEC, au clergé réchauffiste et à tous les sauveurs de la Planète de proclamer et de décréter que le débat était clos, que la science était établie, que l’affaire était entendue (c’est l’un des fondements du film d’Al Gore). Il y a consensus, toute discussion devient oiseuse et superflue. Une perte de temps. Tout cela est évidemment faux. Il y a de par le monde un très grand nombre de scientifiques qui n’adhèrent pas au credo écolo-réchauffiste. Pas seulement quelques-uns. Pas seulement quelques professeurs Tournesol hallucinés! Pas du tout. Des centaines et des centaines dont plusieurs sont des sommités en climatologie. Et dont plusieurs ont été excommuniés par les instances orthodoxes. Ou privés de subventions, ou rejetés par les revues scientifiques dont les comités de lecture étaient contrôlés par des apôtres du GIEC. On constate leur grand nombre par les pétitions et les lettres collectives. Mais ce qui importe surtout, ce n’est pas leur nombre, ce sont les travaux scientifiques de ces savants sceptiques qui sont en voie de mettre en pièce la théorie de la responsabilité humaine du réchauffement.

Les jours de cette théorie sont comptés. Et s’il n’y avait pas cette vaste coalition rassemblant les phalanges écolos, le monde des médias, la classe politique, une partie de la communauté scientifique qui cautionne le dévoiement de la science, les États et l’ONU, il y a longtemps que le credo réchauffiste aurait été jeté dans la poubelle des théories mortes.

Mais ça viendra. Déjà, les Grands Messes ne sont plus que des palabres de marchands de tapis et de maquignons qui n’aboutissent pas. La Grande Parlote de Copenhague en est une illustration exemplaire. Et il en sera de même pour les autres. On peut compter sur les Chinois et les Indiens pour ce faire. Ces derniers n’ont certainement pas l’intention de sombrer dans la décroissance. Le suicide économique ne les tente pas. Et même les États-Unis, ou 60% de la population ne croit pas à la responsabilité humaine du réchauffement, et qui n’ont pas signé Kyoto I, n’embarqueront sans doute pas dans cette galère de Kyoto II.

Mais il ne faudrait certes pas compter sur le Québec pour contribuer à mettre un terme à cette arnaque climatique planétaire. Le Québec est sans doute la seule société occidentale où règne sans partage, au sein des médias, de la classe politique et de la communauté scientifique, le charlatanisme climatique assaisonné de catastrophisme. Aucun espace pour le doute, la critique et le scepticisme. Chez nous, c’est le monolithisme de la Pensée Unique en matière de climat. Sans doute une autre façon d’être une société distincte. Une illustration de ce que j’avance pour conclure : dans toutes les pétitions, résolutions, lettres ouvertes signées par des centaines de scientifiques à travers le monde, pas une seule signature d’un scientifique québécois. Par exemple, on aurait pu s’attendre que dans la lettre adressée au PM Harper en 2007 réclamant un réexamen de la science du réchauffement global, il y ait quelques signataires québécois. Pas un seul. Il semble bien que, dans les universités québécoises, la science du climat soit complètement verrouillée et totalement inféodée au bric-à-brac idéologique du dogme réchauffiste. Mais cette singularité québécoise n’empêchera pas la poursuite de la débâcle de ce dogme.



Jacques Brassard

lundi 20 septembre 2010

CRÉER DE LA RICHESSE

Une envolée oratoire sur le thème de la création de richesse, ça fait partie depuis belle lurette de la rhétorique de base de la classe politique. Chez nous, au Québec, de l’intendant Jean Talon à Mme Nathalie Normandeau en passant par Alexandre Tachereau, Maurice Duplessis, Jean Lesage et Robert Bourassa, c’est un thème récurrent du discours politique. Mais alors qu’autrefois, on s’efforçait de passer de la parole aux actes, on se limite de nos jours à des déclamations sans lendemain de «péteux de broue».

On l’a bien vu récemment avec la chef du PQ, Pauline Marois. Elle avait d’abord promis de placer au cœur du programme de son parti la création de richesse, virage nécessaire pour retrouver la prospérité et regarnir les coffres de l’État. Mais ces belles intentions se révélèrent vite n’être que de la jactance velléitaire. C’est ainsi que sur la question de l’exploration et de l’exploitation gazières et pétrolières dans le golfe St-Laurent, on ne l’entendit jamais réclamer la levée du moratoire ni exiger la signature d’un accord avec le fédéral sur l’émission des permis et le partage des redevances. Silence radio! Quant au dossier des gaz de schiste dans les basses terres du St-Laurent, elle s’est empressée de s’acoquiner avec les curetons écolos pour exiger un moratoire à la fois sur l’exploration et sur l’exploitation de cette ressource. Il n’y a rien de bien surprenant dans cette position quand on la voit apparaître avec à ses côtés l’ancien chef du parti Vert et une militante verdoyante de longue date, devenus tous deux des députés du PQ qui ne sont vraiment pas, c’est le moins qu’on puisse dire, obsédés par le développement économique. Alors, le recentrage du PQ vers la création de richesse, oubliez ça! Avec une pareille garde rapprochée, soyez certain que le PQ va demeurer un parti vert de bon aloi.

En sera-t-il de même avec le gouvernement actuel? Pour le moment, dans le dossier des gaz de schiste, Mme Normandeau semble vouloir garder le cap vers la nécessaire et salutaire création de richesse. Elle présente la naissance et le développement de cette nouvelle filière énergétique comme un bon moyen non seulement de générer des investissements et de créer des emplois mais aussi de s’attaquer à l’endettement massif du Québec en augmentant les revenus de l’État. Va-t-elle résister aux assauts des divers escadrons écolos qui réclament à grands cris un moratoire sur toutes les actions visant à explorer et exploiter cette richesse naturelle?

Et comme toujours dans ces cas-là, les médias relaient en l’amplifiant le prêchi-prêcha des verts sur les prétendus menaces que fait peser sur l’environnement l’exploitation des gaz de schiste. Faire peur au monde pour stopper tout développement est le plus vieux stratagème utilisé par les chamans écolos.

Et ça marche! Les Québécois sont sans doute le peuple occidental qui subit le plus, sans la moindre contrepartie, le mitraillage incessant de la propagande de peur des prédicateurs verts. Un grand chaman comme Steeve Guilbault, par exemple, peut dire n’importe quoi sur toutes les tribunes médiatiques (qu’on lui offre avec complaisance) sans que personne, au sein de la classe politique et parmi les faiseurs d’opinions, n’ose lui rabattre le caquet. Il pérore dans tous les médias, il assène au Bon Peuple des inepties et des clichés insipides, et nul n’a le courage de lui répliquer.

Reconnaissons toutefois —c’est déjà inusité —que, dans le dossier des gaz de schiste, la ministre n’est pas restée muette. Il faudrait maintenant qu’elle ait le courage (s’il lui en reste) de mettre fin au stupide moratoire qui empêche l’exploration et l’exploitation du gaz et du pétrole dans le golfe St-Laurent et qu’elle conclut au plus sacrant un protocole d’entente avec le fédéral sur les permis et les redevances. Je ne le répéterai jamais assez, il y a sous les eaux du golfe, des richesses considérables dont la mise en valeur pourrait nous permettre, à l’instar de Terre-Neuve, de nous libérer de l’assistanat fédéral (le régime de péréquation, le B.S. des provinces). Si elle fait cela, je vais la saluer bien bas et la congratuler.

Et puisque j’évoque Terre-Neuve, sachez qu’elle a déjà autorisé des forages dans la partie du site à haut potentiel dénommé Old Harry qui se trouve dans son territoire maritime. Le Québec, lui, est toujours paralysé par un moratoire décrété par le gouvernement libéral.

Et, malgré toutes les prédictions et les prophéties d’horreurs et de dégâts provoqués par l’exploitation des gaz de schiste, il est parfaitement possible de mettre en valeur cette richesse sans contaminer la nappe phréatique. Et il est possible aussi de faire en sorte de traiter adéquatement les eaux ayant servi au pompage du gaz. La catastrophe n’existe que dans les cauchemars enfantés par les chamans écolos.

Ces derniers claironnent partout qu’ils sont pour le développement à condition qu’il soit durable. En réalité, ce concept de «développement durable» est un attrape-nigaud. Car, dans les faits, chez les verdoyants de toutes obédiences, aucun projet de développement économique ne parvient à se voir accoler le label de «durabilité». Curieusement, le développement n’est jamais …durable. Ça n’existe pas! C’est comme la licorne ou le yéti, ce sont des chimères fricotées par des songe-creux.

La création de richesse, c’est la voie du salut économique pour les Québécois, comme pour tout peuple qui refuse le déclin et la dépendance. Surtout pas la croissance zéro et encore moins la décroissance. Il est affligeant de constater que la classe politique n’en fait qu’une figure de rhétorique et une matière à harangue.

Jacques Brassard



RÉPONSE

Vous le savez, je n’ai pas l’habitude de répondre à vos commentaires. Mais certains parmi vous ont laissé entendre par de petites «phrases assassines» que si, aujourd’hui je fais le matamore devant les verts, lorsque j’étais ministre, je courbais piteusement l’échine devant eux. Je ne peux pas laisser sans réponse une pareille vacherie. Tout simplement parce que quand j’étais ministre, j’ai eu, à plusieurs reprises, à confronter les brigades vertes. En voici quelques exemples.

I Après un horrible accident dans la côte des Éboulements (une quarantaine de victimes), le PM Bouchard et moi-même avons pris l’engagement de refaire la côte pour la rendre sécuritaire. Comme j’étais ministre des transports, j’avais le mandat de mener à bien ce projet avec diligence. Mais voilà que les écolos et les artistes se dressent contre le projet évoquant une terrible cicatrice en plein cœur d’une région reconnue comme patrimoine naturel par l’UNESCO. Ils exigeaient l’application intégrale de la procédure d’évaluation environnementale. Ce qui n’était pas nécessaire en vertu des règlements. J’ai refusé d’aller en ce sens. Ils sont allés devant les tribunaux (jusqu’en cour d’Appel). Ils ont perdu. Et la côte a été refaite.

II- Pour assurer la sécurité d’approvisionnement de plusieurs régions, Hydro-Québec, à la suite du Grand Verglas, a commencé rapidement la construction de la ligne de transport Hertel-Des Cantons. En ne suivant pas, il est vrai, compte tenu de l’urgence, toutes les dispositions de la procédure environnementale. Une «coalition» s’est alors formée pour arrêter les travaux et exiger le démantèlement de la partie construite. Comme j’étais alors ministre des ressources naturelles, j’ai donc affronté cette coalition verdoyante, soutenue par toutes les congrégations écolos. Dans ce dossier-là aussi, ils ont emprunté la voie des tribunaux. Jusqu’en Cour d’Appel. Cette dernière enjoignait le gouvernement de faire voter une loi spéciale pour régulariser les «manquements» réglementaires. Ce que j’ai fait, malgré les vociférations de la «coalition ». Et comme j’étais aussi leader du gouvernement, j’ai dû recourir à la suspension des règles pour faire adopter la loi.

III- Constatant que nous avions accordé trop de pouvoirs à la nouvelle Régie de l’Énergie, j’ai entrepris la modification de la loi. Avec l’appui, et je dirais même le mandat, du Premier Ministre. Le dépôt du projet de loi qui, entre autres objets, enlevait de la juridiction de la Régie la production d’électricité, a provoqué un ouragan de protestation dans toute la mouvance écolo. Manifestations, campagne de presse, lobbying intense, «chemises déchirées» sur la place publique, tout fut mis en œuvre pour me faire plier. Je n’ai pas bronché d’un poil. Et la loi fut adoptée …grâce encore une fois à la suspension des règles.

IV- Je pourrais également rappeler l’offensive que j’ai dû subir à la suite de la sortie du film de propagande mensongère du gourou abitibien Richard Desjardins sur la forêt. On réclamait à grands cris une commission d’enquête publique sur la forêt. J’ai toujours refusé parce que je savais que ça dégénérerait en un mauvais procès sur la gestion forestière du Québec… et ce n’était ni opportun ni mérité. La commission ne fut créée qu’après mon départ. Et ce fut effectivement un injuste procès.

Par conséquent, ne venez plus dire ou insinuer que je me suis couché, quand j’étais ministre, devant le clergé écolo. Je trouve cela offensant. Il faut dire que je pouvais compter sur le soutien sans réserve du Premier Ministre Bouchard. Je n’ai eu jamais à craindre, comme c’est souvent le cas, d’être désavoué où lâché par le chef du gouvernement. Admettons que ça crée des «conditions de combat» pour le moins favorables. J’ajoute cependant que je ne pouvais guère compter sur l’appui des instances du parti (Conseil National, Congrès, Comité d’environnement) qui, elles, ne cessaient de me mettre des bâtons dans les roues sous la forme de motions et de résolutions hostiles.

Jacques Brassard

mercredi 1 septembre 2010

DÉVELOPPEMENT ZÉRO

Commençons par les faits qui serviront d’exemples.

Sur les rives de la Péribonka, une entreprise de sciage récolte le bouleau parvenu à maturité. Elle respecte les normes de la loi sur les forêts. Et si ce bois n’est pas récolté, l’entreprise devra interrompre ses opérations. Un groupe de citoyens du coin crie au scandale, outré que l’on défigure les bords d’une rivière à fort potentiel récréo touristique. Notons qu’il n’y a aucune personne qui habite sur l’une ou l’autre rive de la Péribonka dans ce secteur. Et si les parterres de coupe sont présentement visibles à ceux qui naviguent sur la rivière, dans quelques années, la régénération va faire son œuvre et une forêt nouvelle va apparaître.

À Sept-Iles, les médecins de la ville ont déclenché une campagne d’opposition à une éventuelle exploitation d’un gisement d’uranium dans la région. Et ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Ils assurent qu’il y aura des dangers de contamination et de radiation. Une partie de la population croit les toubibs et affiche son hostilité à l’ouverture d’une mine d’uranium sur son territoire. Quelques voix se sont élevées pour dire que l’exploitation d’un gisement d’uranium pouvait se faire de façon sécuritaire si l’on respectait les normes en vigueur. Mais rien n’y fit, le charlatanisme des chamanes de Sept-Iles a prévalu.

Dans la vallée du St-Laurent, il y aurait des gisements intéressants de gaz de schiste. Plusieurs PME ont entrepris des travaux d’exploration à divers endroits. Et les résultats sont prometteurs. C’en est assez pour que les écolos entrent en scène et s’insurgent contre une pareille initiative en invoquant de graves dangers pour la nappe phréatique. Et comme c’est leur habitude, ils exigent un moratoire sur tout projet d’exploration et d’exploitation du gaz de schiste.

Dans le golfe St-Laurent, le potentiel gazier et pétrolier est bien connu. Un site comme Old Harry, par exemple, pourrait produire des millions de barils de pétrole. Mais il ne se passe rien parce que les écolos ont obtenu un moratoire sur toute activité d’exploration et d’exploitation de gaz et de pétrole. Terre-Neuve va sans doute nous devancer.

Le Gouvernement a annoncé un plan prétendument de développement économique du nord du Québec. On lui a trouvé un nom : le Plan Nord. Le contenu de nature économique est inexistant, mais on sait cependant que 50% du territoire concerné sera une immense aire protégée.

Je pourrais aligner d’autres faits similaires, mais ces cinq exemples suffisent pour illustrer la très forte hostilité au développement économique qui domine dans les médias et au sein de la classe politique au Québec. Depuis des années, le paradigme écolo, qui considère l’entreprise comme intrinsèquement malfaisante et l’activité économique (surtout quand elle porte sur les ressources dites naturelles) comme foncièrement nuisible, est solidement incrusté dans l’univers médiatique. Il suffit qu’un groupuscule (qui prend presque toujours le nom de coalition pour faire forte impression) se lève pour clamer, au nom de la virginité de la nature, son hostilité à tel projet de développement pour qu’aussitôt les médias lui accordent un préjugé fortement favorable et le présente comme une vague de fond populaire.

Et comme le courage politique est de nos jours une denrée très rare, la classe politique, devant ces gesticulations ostentatoires démesurément amplifiées par les médias, s’effarouche et se défile en recourant à des mesures dilatoires. Déprimant spectacle!

Dans le dossier du pétrole dans le golfe et du gaz de schiste dans les basses-terres du St-Laurent, le gouvernement a refilé le tout au BAPE pour évaluation. Ça lui permet de gagner du temps sans avoir à se commettre. À Sept-Iles, l’entreprise, écoeurée, a laissé tomber ses travaux d’exploration.

Concernant la Pérbonka, c’est un fonctionnaire (le directeur régional du MRN) qui a eu la hardiesse de maintenir l’autorisation requise pour les opérations forestières. S’il avait fallu que le dossier aboutisse sur le bureau de la Ministre, on aurait sans aucun doute eu droit …à une autre évaluation environnementale.

Dieu sait pourtant que le Québec a un urgent besoin de développement économique. Il a besoin de croissance, d’investissements massifs, de création d’emplois. Il a aussi besoin des retombées fiscales du développement, ce qui lui permettrait d’envisager de se sortir du B.S. fédéral. C’est une vraie honte que 8 milliards de dollars des revenus budgétaires du Québec proviennent essentiellement, via le régime de péréquation, de l’Alberta qu’on se permet, par ailleurs, de sermonner et de flétrir comme l’incarnation de la vilenie et de la malveillance envers Mère-Nature. On devrait au moins se faire discret et se déguiser en courants d’air!

Le Québec est dans le pétrin, pour ne pas dire un foutu merdier, sur le plan des finances publiques. Pourtant, pas un seul parti politique qui ne fasse du développement économique non seulement une priorité, mais une véritable obsession. Il est vrai que l’ADQ l’a fait, mais ce n’est plus un parti de gouvernement. Les deux partis de gouvernement, le PLQ et le PQ, ne font que semblant de faire du développement une mission prioritaire. Ils le proclament à tout venant, mais, dans les faits, dès qu’un groupuscule, déguisé en coalition, sort ses pancartes et vocifère ses slogans débiles, ils détalent comme des lapins ou bien ils lui font des mamours impudiques.

Devant une telle abdication et une telle poltronnerie, comme ne pas céder au découragement et être tenté par le cynisme?

Jacques Brassard

dimanche 1 août 2010

MATHÉMATIQUES RÉPUGNANTES

Gérald Larose est un personnage public bien connu. Il fut longtemps président de la CSN, la centrale syndicale la plus gauchiste de toutes. Il est depuis quelques années à la tête du Conseil pour la Souveraineté. Je l’ai connu et côtoyé lors des travaux de la Commission Bélanger-Campeau sur l’avenir du Québec, étant tous deux membres de cette instance. C’était une personne plutôt sympathique dans les relations interpersonnelles, mais il portait et il porte toujours la lourde défroque idéologique de la gauche.

On peut d’ailleurs le vérifier en lisant un billet odieusement antisioniste qu’il a écrit sur son blog et qu’un lecteur m’a signalé.

Je le cite : « Netanyahu, le premier ministre, est prêt a libérer 1000 personnes qu’Israël a kidnappées en Palestine pour une (le soldat Gilad Shalit) que le Hamas a kidnappée d’Israël! Comme j’avais été impressionné par les 1250 morts infligées aux Palestiniens dans la dernière intrusion d’Israël à Gaza par rapport aux 125 pertes de vie qu’il a lui-même subies sur le terrain lors de cette opération. Avec Israël, ce n’est jamais du simple au double, c’est du 10 pour un, du 100 pour un et même du 1000 pour un.»

Voilà un exercice mathématique plutôt pestilentiel! D’abord, le Camarade Larose, avec une malhonnêteté intellectuelle vraiment dégoûtante, s’efforce de nous faire croire que les Palestiniens qui sont incarcérés dans les prisons israéliennes ont été «kidnappés» au même titre que le soldat Gilad Shalit qui, lui, a été vraiment kidnappé par un commando terroriste sur le sol israélien. Cette insidieuse interprétation des faits est un grossier mensonge puisé dans le bric-à-brac nauséabond de la propagande palestinienne. Les Palestiniens qui sont emprisonnés en Israël le sont parce qu’ils ont commis des crimes --pour la plupart de nature terroriste --et qu’ils ont été reconnus coupables et donc condamnés. Du personnel de la Croix-Rouge les visite régulièrement. Quant au soldat franco-israélien, Gilad Shalit, lui, c’est un véritable otage, vraiment kidnappé, et dont la famille est sans nouvelle de lui depuis plus de quatre ans. Et personne de la Croix-Rouge n’est parvenu à la voir.

Et si le gouvernement israélien est disposé à libérer 1000 prisonniers palestiniens pour un otage juif, ce n’est pas parce que l’État Hébreu croit, comme l’affirme le gauchiste antisioniste Gérald Larose, «qu’une liberté juive vaut bien 1000 libertés arabes». C’est le contraire qui est vrai. Ce sont les terroristes sanguinaires du Hamas qui évaluent à 1000 prisonniers palestiniens (peut-être plus) le prix d’un otage israélien. Quand on sait que les djihadistes du Hamas utilisent les civils comme bouclier humain; quand on sait qu’ils n’hésitent pas à envoyer des jeunes se faire exploser dans des attentats terroristes; quand on sait que les tueurs du Hamas ont froidement massacré (en les égorgeant très souvent) les partisans du Fatah dans la bande de Gaza; quand on sait tout cela, on se rend bien compte (à moins d’être aveuglé par la haine des Juifs) que, pour tous ces barbus nazislamistes meurtriers du Hamas, la vie d’un être humain est de peu de valeur.

Pensez-vous que Gérald Larose ignore tous ces faits? Je suis sûr que non. Mais, comme toute la gauche occidentale, il les met entre parenthèses, pour ne pas être obligé de remettre en question son exécration pathologique d’Israël et des Juifs et, du même coup, son soutien au fascisme islamiste, totalitaire, terroriste et liberticide.

Je le cite : «La démocratie non plus n’a pas la même valeur. Qu’Israël élise systématiquement des gouvernements à la merci des petits partis sionistes ultraracistes, «c’est la démocratie!» Et parce que démocratique, il faut faire avec. Que la population de Gaza élise «une fois» démocratiquement et fortement majoritairement un gouvernement radical du Hamas, c’est une abomination! Ça beau être démocratique, Israël ne fera pas avec».

On atteint là vraiment le comble de la mauvaise foi et le zénith de la confusion morale! Comment peut-on honnêtement accorder le label démocratique à un régime, celui du Hamas, qui est une tyrannie obscurantiste et sanguinaire, affichant sans vergogne ses intentions génocidaires, massacrant ses opposants, brimant la moindre liberté, bafouant les droits humains les plus élémentaires et inculquant aux enfants la haine des Juifs et de l’Occident? Comment peut-on opérer de façon aussi systématique une pareille inversion du réel et des valeurs? C’est une dictature sanglante qui est considérée comme une démocratie et c’est la seule vraie démocratie de toute cette région qui est rabaissée au rang d’une entité belliqueuse et raciste! Carrément répugnant!

Pour en arriver à une équivalence aussi ignoble, il faut, comme le fait Gérald Larose et toute la gauche occidentale, exécuter de disgracieuses cabrioles idéologiques. Comme, par exemple, restreindre la démocratie à la procédure électorale. Il y a des élections, donc il y a démocratie. À ce compte là, l’Allemagne nazie, la Russie stalinienne, l’Iran des Mollahs et le Liban du Hezbollah sont d’authentiques démocraties. Parce qu’on y votait et qu’on y vote.

Une véritable démocratie, ce n’est pas seulement la tenue d’élections. Ce doit être aussi l’état de droit, le pluralisme politique réel, un système judiciaire indépendant et des libertés vraiment protégées. Rien de tout cela dans la bande de Gaza. Mais vous trouvez tout cela en Israël.

Mais, au fond, quand on analyse bien le propos de Gérald Larose (une figure emblématique de la gauche québécoise), on constate qu’à l’origine de ce soutien de la gauche au totalitarisme islamiste, il y a un refus sans équivoque de reconnaître le droit à l’existence de l’État d’Israël. Ce dernier a beau être une démocratie exemplaire, pour la gauche, il n’a aucune légitimité. Par conséquent, le projet islamiste d’anéantir l’État Hébreu et l’intention affichée des tyrans enturbannés de Téhéran et de toutes les phalanges terroristes du Moyen-Orient de parachever l’Holocauste en liquidant tous les Juifs (les nazis n’ayant pas eu le temps de finir la besogne) ne sont pas perçus comme des abominations, mais comme un programme politique, sans doute quelque peu agressif, mais parfaitement légitime par, à toutes fins pratiques, toute la gauche occidentale. Voilà pourquoi cette gauche demeure systématiquement silencieuse devant les proclamations génocidaires de la caste des Mollahs aussi bien que devant les infamies et les horreurs des régimes islamistes corrompus et barbares. Le silence est de rigueur!

Forcément! Quand on manifeste dans les rues des grandes villes occidentales côte à côte et copain-copain avec les séides du Hamas et du Hezbollah en hurlant des slogans antisémites, il va de soi qu’on doit fermer les yeux sur les pulsions terroristes de ses camarades de combat, n’est-ce pas? C’est ce que font Gérald Larose et tous ses pareils, ce qui inclut la masse des idiots utiles qui prolifèrent dans la colonie artistique et les salles de rédaction.

Dernière citation : «Quand, suivant qu’elles nous interpellent ou interpellent les autres, on accorde une valeur différente à la vie, à la liberté, à la démocratie et aux règles internationales qui régissent la paix dans le monde, on milite sérieusement pour ne plus être considéré comme une partie de la solution mais finalement comme la totalité du problème.»

Ce paragraphe devrait entrer dans une anthologie de la Bêtise et de l’Aveuglement. Car devant un cas de figure où les protagonistes «accordent une valeur différente à la vie, à la liberté, à la démocratie et aux règles internationales», il faut vraiment être déboussolé pour oser affirmer que c’est Israël qui se fourvoie. Bien au contraire! Ce que feint d’ignorer Gérald Larose, c’est que pour le Hamas (il faut lire sa charte), ou le Hezbollah, ou les Frères Musulmans, ou Al Qaida, ou toutes les brigades islamistes à travers le monde et toutes les dictatures islamistes, la vie n’a pas de valeur, la liberté est un vice occidental, la démocratie est un chancre développé par l’Occident dégénéré et les règles internationales sont des fadaises onusiennes.

C’est pour Israël (et pour l’Occident tout entier) que la vie humaine est précieuse, que la liberté est un droit humain fondamental, que la démocratie est une réalité vécue et que le droit international est pris en compte.

On a souvent l’impression désagréable qu’il est vain de combattre le mensonge haineux et la désinformation venimeuse sur Israël et le peuple juif. Parce que tous ces gens comme Gérald Larose (et ils sont légions) sont totalement assujettis au «Paradigme de Gauche» qui stipule et proclame que le Palestinien est l’Opprimé par excellence alors que le Juif israélien, lui, incarne le Bourreau, l’Exploiteur, le Fourbe, le Méchant, le Persécuteur, le Conspirateur planétaire, le Massacreur. Bref, l’archétype du Coupable! Le Bouc émissaire intemporel! Et en plus, tous ces gens-là sont gangrenés par l’antisionisme et l’antisémitisme, «la plus vieille haine du monde».

Et c’est très sécurisant, voyez-vous, d’avoir ce «prêt-à-penser» sous la main. Pour tout évènement qui survient dans le monde, cherchez le Juif! Il est présent, alors, là, vous tenez le coupable! Il ne vous reste plus qu’à hurler votre indignation et à exiger condamnation et mise en quarantaine. Et si le Juif est absent, comme dans les massacres du Darfour, les bains de sang au Sri Lanka, les persécutions et les assassinats de Chrétiens dans le monde musulman, les pendaisons d’opposants en Iran, les violences sanglantes en Birmanie, les hécatombes au Congo et les répressions en tous genres au Tibet, à Cuba, en Corée du Nord, en Chine, au Venezuela et ailleurs, alors, là, c’est tout simple, vous effacez l’évènement. Il est sans intérêt! Il ne mérite ni une pétition, ni une manifestation, ni même une mention sur les blogs de gauche!

Je suis souverainiste depuis 50 ans. Mais je suis aussi, à l’instar du chroniqueur du Figaro, Ivan Rioufol, un ami d’Israël et un «sioniste chrétien». Je me situe, c’est bien connu, plutôt à droite de l’échiquier politique. Alors, forcément, je n’adhère pas à la vulgate socialo-étatiste, écolo-pacifiste, antisioniste de la gauche québécoise, y compris la gauche souverainiste organisée (Bloc, PQ, Conseil de la Souveraineté). Par conséquent, en tant que souverainiste catholique sioniste de droite, il va sans dire que Gérald Larose et le Conseil qu’il préside ne reflètent en rien mes convictions. Et je ne suis pas le seul souverainiste dans cette situation. En s’ancrant résolument à gauche, le mouvement souverainiste québécois n’assume pas la mission de rassembleur qui devrait être la sienne.

Jacques Brassard

jeudi 8 juillet 2010

OURANOS ET LES «PIANOTEUX»

Si vous n’avez pas lu un article de la Presse du 20 juin (signé Hélène Baril) sur les effets des changements climatiques sur Hydro-Québec tels que prédits et décrits par le consortium québécois OURANOS, vous avez manqué une ahurissante incursion dans la science-fiction.

Voici le scénario : d’abord, le climat se réchauffe; avec pour résultat d’augmenter les précipitations dans le Nord du Québec; ensuite, les réservoirs d’Hydro-Québec débordent; et « à la limite, écrit Mme Baril, d’autres réservoirs pourraient être construits pour contenir ces surplus, suggèrent-ils» (il s’agit des scientifiques d’OURANOS).

Quand j’ai lu cela, je me suis dit : «Tiens! Tiens! L’évacuateur de crues de la Grande (vous savez, l’Escalier des Géants) va enfin pouvoir servir!» À moins qu’on décide de construire, à coup de milliards, d’autres réservoirs pour emmagasiner les surplus d’eau.

Ce n’est pas tout! Comme il fera plus chaud en 2050, OURANOS nous annonce que notre facture de chauffage va baisser. Merveilleux! On passe de la science-fiction au conte de fée!

Mais qui est donc OURANOS? Il s’agit d’un consortium qui regroupe quelque 250 scientifiques et professionnels. Il dépense 12 millions de dollars par année. Et il est financé par les gouvernements (fédéral et québécois) et Hydro-Québec.

OURANOS adhère sans réserve au dogme réchauffiste. «L’action d’OURANOS, peut-on lire dans son texte de présentation, s’inscrit dans un contexte ou la contribution des activités humaines aux changements du climat et à l’amplification des changements climatiques est reconnue par la communauté scientifique internationale.» Vous avez compris? Le consensus est établi et le doute n’est plus permis sur l’origine humaine du réchauffement. Et sur quoi s’appuie cette foi inébranlable? Sur les rapports du GIEC!

On le voit, la démarche d’OURANOS n’est surtout pas de s’efforcer de mieux comprendre les causes des changements climatiques et d’explorer d’autres théories que celle du réchauffisme anthropique. Il ne faut surtout pas prendre le risque d’ébranler le dogme et l’orthodoxie climatique du GIEC.

Alors, que font-ils donc, tous ces 240 «scientifiques et professionnels»? Ils font des simulations! Ils simulent le temps qu’il fera en 2030, où en 2050, où en 2100.

Le GIEC, dont la mission est de préciser l’ampleur de la responsabilité humaine dans le réchauffement récent, a donné une importance démesurée, au sein de la climatologie orthodoxe, aux modèles informatiques et aux prédictions climatiques qui en découlent. Le problème, c’est que ces modèles ne reproduisent en rien la réalité complexe (et aussi chaotique) du climat de la Terre. Ils sont tous fondés sur le postulat, simpliste et faux, affirmant que l’augmentation de température résulte de la hausse du CO2.

Aujourd’hui, ces modèles ont été réduits en miettes par la critique émanant de plusieurs climatologues reconnus. Je pense, entre autres, à Richard Lindzen et à Marcel Leroux.

Or, c’est dans ce contexte qu’OURANOS entend «assumer la responsabilité de la simulation du climat régional au Canada». Fort bien! Mais c’est sur la base de modèles qui sont faux parce qu’ils incorporent une théorie qui est fausse. Par conséquent, si les simulations planétaires sont fausses, les simulations régionales le sont aussi.

Iles vrai qu’OURANOS se glorifie de posséder 3 superordinateurs CRAY-SX-6, mais ce n’est pas parce qu’on pianote sur le clavier de gros et puissants ordinateurs que ce qu’ils régurgitent est nécessairement conforme à la réalité climatique de l’avenir. OURANOS, au fond, c’est un club sélect de pianoteux de superordinateurs qui font des horoscopes climatiques pour le siècle à venir. Par exemple, l’horoscope d’Hydro-Québec : température à la hausse jusqu’en 2100; pluies abondantes; vous allez devoir construire de nouveaux barrages pour contenir les surplus d’eau.

De nos jours, si quelqu’un s’avisait de faire des prophéties à partir de l’examen des entrailles des poulets, comme dans l’antiquité, on trouverait cela burlesque et d’une imbécilité absolue. Mais si c’est en fouillant les entrailles d’un superordinateur, alors là, vraiment, c’est on ne peut plus sérieux et admirable. Inclinons-nous avec respect devant de si clairvoyants pianoteux!

Je vais scandaliser dans doute bien des croyants de la secte carbocentriste, mais je vous annonce sans détour que consacrer 12 millions par année pour faire de l’astrologie climatique, c’est une très mauvaise allocation de ressources, pour ne pas dire du gaspillage.

Jacques Brassard