vendredi 16 mars 2012

ÉDUCATION: UNE NÉCESSAIRE CONTRE-RÉFORME

(Chronique parue le 16 mars dans le Journal de Québec)
                        

D’abord, un rappel historique : en 1994, le nouveau gouvernement Parizeau convoquait les «états-généraux de l’éducation». Un vaste remue-méninges! 

Les conclusions de ces états-généraux étaient on ne peut plus claires. Les Québécois, quasi-unanimement, souhaitaient recentrer les programmes sur les matières de base et évaluer l’acquisition par les élèves des savoirs fondamentaux. Pour eux, c’était là la première mission de l’école. C’est d’ailleurs dans cette perspective qu’un large consensus se dégageait pour que l’école soit aussi le lieu par excellence de la transmission de la culture québécoise dans toutes ses dimensions (langue, histoire, patrimoine, valeurs).

Lors de cette consultation, il ne fut nullement question…de «compétences transversales», ni de refus de toute émulation, ni du rôle «d’animateur» ou «d’accompagnateur» de l’enseignant plutôt que de dispensateur-de-savoirs, ni du rejet de toute évaluation comparative. À ce moment-là, la caste des technocrates et des intello-pédagogues n’avaient pas encore fait des ravages.

C’est cependant ce qui est arrivé lorsque le mandarinat du Ministère de l’Éducation a pris en charge la suite des choses, c’est-à-dire la conception et l’élaboration des programmes en se fondant sur une approche socio-constructiviste. C’est quoi, me direz-vous, cette bibitte idéologique?

Le Collectif pour une Éducation de Qualité nous la décrit ainsi : « Le socio-constructivisme  postule que l’élève doit lui-même construire ses connaissances, non plus se les faire imposer par un maître sévère, censé tout savoir. Cette philosophie éducative suppose également que le «réel»  est un pur construit, que la «vérité» est relative et que ce qui «beau» et «grand» est une pure question de goût.»

Illustrons par un exemple. Au lieu d’évaluer l’apprentissage de la langue française, c’est-à-dire la grammaire, la syntaxe, l’organisation des idées, le vocabulaire, la lecture, il fallait désormais apprendre «à écrire des textes variés» et «savoir apprécier les œuvres littéraires». Exprime-toi, mon petit, même si c’est bourré de fautes!  Comme sur facebook : c’est du jargon, mais le jeune se…«construit»!

Les ministres de l’éducation successifs, peu familiers avec cette doctrine pédagogique, ont donné leur aval à ce curriculum sans détecter, semble-t-il, la contamination constructiviste qui l’infectait. C’est également ainsi qu’ils ont approuvé le Cours Éthique et Culture Religieuse et le nouveau Cours d’Histoire, fabriqués par les bonzes de la Rééducation, deux cours dont l’axe central est le multiculturalisme et la marginalisation de l’identité nationale.

Heureusement toutefois, il y encore des enseignants «rebelles» qui continuent d’enseigner à nos enfants les savoirs de base.

Devant ce désastre, planifié et accompli par les Maîtres du Mammouth (le ministère de l’éducation), vous conviendrez avec moi de la nécessité et de l’urgence d’une contre-réforme en éducation.

En 1994, lorsque le PQ a repris le pouvoir, son programme était on ne peut plus limpide. «L’école est le creuset de la société, le lieu privilégié ou la culture se transmet et s’élabore. «Notre» culture aussi, valeurs, comportements, attitudes et référents  culturels s’y façonnent de même que l’appartenance à la collectivité québécoise. Il importe à tout prix que le réseau québécois de l’éducation devienne incontestablement le lieu par excellence de la pensée et du savoir, de l’acharnement à apprendre.» Mais à la place, nous avons eu une réforme dont le peuple n’a jamais voulue.

Aujourd’hui, malheureusement, la classe politique s’égare dans des débats de structures (abolir ou non les Commissions scolaires?) et ne se soucie pas de l’essentiel, soit de mettre en branle une salutaire et vigoureuse Contre-Réforme en éducation.

Jacques Brassard




vendredi 9 mars 2012

UNE NOUVELLE RELIGION

(Chronique parue le 9 mars dans le Journal de Québec)
                                  

La Cour Suprême a donc tranché. Les parents québécois qui réclamaient pour leurs enfants «le droit à l’exemption» au Cours d’Éthique et de Culture Religieuse (ECR) ont vu leur requête déboutée par un tribunal dont la liste des décisions favorables au multiculturalisme s’allonge de façon alarmante.

Saluons malgré tout le courage de cette poignée de dissidents qui refusaient de voir leurs enfants assujettis à un cours que j’ai déjà qualifié de laboratoire de détraquement identitaire et de relativisme moral.

Cette défaite judiciaire est la preuve qu’au Québec il y a bien longtemps que les parents se sont fait dépouiller par l’État de leurs droits en matière d’éducation de leurs enfants.

Il convient de rappeler de nouveau les intentions des concepteurs de ce cours. Il faut, selon eux, favoriser le «vivre-ensemble», la tolérance et le respect du «pluralisme religieux». Et comme ils s’appuient sur le multiculturalisme (enchâssé dans la constitution canadienne), cela signifie que les nouveaux venus qui s’établissent chez nous sont parfaitement légitimés  de conserver leurs identités et leur valeurs. Mieux encore, ils peuvent non seulement les garder, mais aussi les promouvoir.

C’est donc sur une telle base que l’on entend inculquer à nos enfants le «vivre-ensemble», la tolérance et le relativisme moral. Toute résistance de la part des membres du «NOUS» (les «de-souche») à ce remodelage idéologique est considérée par les concepteurs du programme comme de la «suffisance identitaire» qu’il est nécessaire d’ébranler et de rabattre.

En d’autres termes, pour vivre avec l’Autre, pour s’ouvrir à l’Autre, il faut mettre au placard notre identité nationale. Le reniement de soi devient une condition du «vivre-ensemble». Quel hasardeux délabrement!

Résultat : dès le primaire, on immerge l’enfant au sein de huit religions : catholicisme, protestantisme, judaïsme, spiritualités autochtones, islam, bouddhisme, hindouisme, orthodoxie. Et on ajoute «autres religions»…parce qu’au secondaire, une des activités «pédagogiques» consiste à demander aux jeunes d’inventer leur propre religion (credo, livre saint, liturgie, célébrations, clergé). Cela s’appelle : «Youpi! Ma religion à moi!». Ce qui fait dire à Joëlle Quérin, qui l’a analysé sous tous ses aspects, «qu’avec le pluralisme du cours ECR, toutes les pratiques religieuses sont dignes de respect, même celles qui sortent tout droit de la tête des élèves». Du théâtre burlesque à son meilleur!

Il y a tout de même une religion qui prend du gallon dans le cours ECR, et c’est la «spiritualité autochtone». Étant pratiquée par moins de 1%, 20% des pages des manuels lui sont étonnamment consacrées. C’est la nouvelle bigoterie à la mode. On y apprend à prier «notre Mère la Terre» et à remercier «l’Esprit des Plantes et l’Esprit des Animaux». En fait, c’est l’écologisme qui, par ce biais, se hausse au rang de religion planétaire par excellence. Interrogez vos enfants et vos petits-enfants et vous verrez  qu’ils connaissent fort bien les dogmes, les rites et les devoirs de cette nouvelle religion. Ils en connaissent aussi les «péchés» à ne pas commettre : ne pas recycler, utiliser des sacs de plastique, avoir un «gros char», faire bobo aux arbres. Le bêtisier écolo au grand complet!

Cette bouillabaisse multiculturaliste, multireligieuse et relativiste doit être éradiquée de nos écoles. Elle est inspirée par un mépris et une négation de notre identité, de notre histoire, de notre héritage et de nos valeurs judéo-chrétiennes. Malheureusement, aucun parti politique n’a le courage de s’engager à l’abolir.

Jacques Brassard


vendredi 2 mars 2012

UN COMBAT PLANÉTAIRE?

(Chronique parue le 2 Mars dans le Journal de Québec)
                             

Au risque de revigorer l’hostilité (des appuis aussi?) que j’avais suscitée à mon égard à la suite d’un long billet (sur mon blogue) sur le conflit qui sévit depuis déjà 2 mois à l’usine de Rio Tinto Alcan d’Alma, je reviens sur le sujet. Après tout, «n’inspirer aucune antipathie, c’est jouir de la quiétude des insignifiants» (Pascal Bruckner).

Je vous rappelle que le litige entre les parties porte sur le plancher d’emplois et des restrictions à la sous-traitance. En d’autres termes, ce que revendique le syndicat, c’est de garantir de façon indéfinie les emplois actuels et d’ajouter des postes à ce plancher d’emplois en réduisant le champ d’action des sous-traitants.

L’entreprise, de son côté, tout en acceptant que les emplois actuels soient garantis jusqu’à la retraite, refuse de s’engager à «geler» le niveau d’emploi à tout jamais, ce qui constituerait, selon elle, une trop grande rigidité lorsque surviendrait, dans l’avenir, des changements technologiques lui permettant de réduire le nombre de postes de travail. D’autre part, limiter la sous-traitance au-delà d’un certain niveau, la placerait dans une position désavantageuse par rapport à ses concurrents dans un marché mondialisé.

Pour le moment rien ne bouge. Et lorsque les politiciens sont contraints d’émettre quelques sons articulés sur le sujet, ils fredonnent le refrain de circonstance sur le thème du «retour à la table de négociation». C’est sans doute mieux …qu’un silence embarrassé!

Ce fut le cas du Premier Ministre qui a jugé utile de rencontrer des délégués syndicaux la veille d’un discours sur le Plan Nord à Saguenay. En leur promettant de parler à la chef de direction de RTA, Jacynthe Côté, pour plaider en faveur, devinez quoi, d’un «retour à la table», il a calmé le jeu pour la manif syndical du lendemain sur le lieu de la conférence.

Entretemps, le syndicat déploie tous les rituels imposés en des telles circonstances : piquetage et manifs, il va de soi, mais aussi récolte d’appuis et de soutiens de tous les horizons, surtout de syndicats et de partis politiques (Québec Solidaire et NPD bien sûr).

Et voilà que les leaders syndicaux se sont lancés dans un combat planétaire. Ils se sont envolés jusqu’aux antipodes (Australie) pour y recueillir soutien et financement des syndicats dans les usines de RTA.

Questions : est-ce que ce déploiement «liturgique» aura des effets sur la négociation d’Alma? Est-ce que ces appuis de l’autre bout du monde vont modifier substantiellement le rapport de force en faveur du syndicat? Est-ce  que le soutien de tous les syndicats québécois de RTA va faire pencher la balance du côté syndical? Est-ce que RTA va être ébranlé et affaibli en sachant que des syndiqués du monde entier vont accorder un appui moral (et peut-être financier) aux travailleurs d’Alma?

Objectivement parlant, pas «pantoute»! Car tout ce tintamarre ne change pas d’un poil la nature du face-à-face ni le poids des antagonistes. Le syndicat d’Alma est toujours tout seul au front et il va le rester. Les autres syndicats lui manifestent sans doute une sympathie ostentatoire, mais leurs membres ne monteront pas aux créneaux. Ils continuent de travailler. Une pareille situation, ça s’appelle un cul-de-sac! Manifestement, les syndiqués d’Alma ont surestimé leurs forces.

Et n’allez pas croire que ça me réjouit. Une situation semblable n’engendre malheureusement que des dégâts moraux et financiers au sein de la communauté.

Jacques Brassard




vendredi 24 février 2012

ENTRAVES AU DÉVELOPPEMENT

(Chronique du 24 Février parue dans le Journal de Québec)
                            

Alignons quelques faits.

Fondation Rivières (et son gourou, l’acteur Roy Dupuis) s’oppose à tout projet hydroélectrique, quelle que soit sa dimension. Ses disciples sont montés aux barricades contre le projet de la Romaine. Et nous apprenons qu’ils sont aussi partis en croisade contre le projet d’une petite centrale à Val Jalbert au Lac St-Jean.

Dans le secteur des énergies fossiles, vous connaissez l’opposition farouche qui s’est manifestée contre toute exploitation des gaz de schiste dans la vallée du St-Laurent. Opposition si forte que le Gouvernement a opté pour un moratoire. Pour ce qui est du pétrole, il se fait bien un peu d’exploration, mais l’hostilité à des forages dans le golfe St-Laurent est intense.

Dans le domaine minier, sitôt qu’on envisage une expansion le moindrement d’envergure, la chorale des indignés, face à ce qu’ils décrivent comme une «dilapidation de nos richesses naturelles», crie au scandale et réclame le gel des projets.

Dans le secteur forestier, la multiplication des aires protégées en forêt boréale réduit substantiellement le volume des approvisionnements en bois destinés aux entreprises, ce qui ne fait qu’aggraver la crise forestière qui perdure. Le gouvernement agit, sous les pressions des zélotes de Richard Desjardins, comme si, au Québec, il y avait déforestation, c’est-à-dire destruction de la forêt. Ce qui n’est évidemment pas le cas : la récolte de matière ligneuse, pas plus d’ailleurs que le feu ou les insectes, ne change la vocation du territoire forestier. Après une récolte, aussi bien qu’après un incendie, une nouvelle forêt surgit.

Je pourrais multiplier les exemples. Mais ces quelques faits illustrent bien que la société québécoise toute entière est gangrenée par une méfiance pathologique à l’égard du développement économique et de l’entreprise privée qui en est le moteur.

Comment expliquer ce phénomène? Car cette hostilité envers la croissance économique est bien davantage incrustée dans les esprits au Québec qu’ailleurs en Amérique. Il apparait évident que le Québec, depuis des décennies, subit un pilonnage intensif des cerveaux en provenance d’une idéologie qu’on pourrait baptiser «écolo-socialo-étatisme».

C’est ainsi que les Verts toutes catégories ont propagé le culte de Gaïa, la Mère-Nature violentée et martyrisée par les «pilleurs de ressources». À chaque fois qu’un projet de développement est mis de l’avant, c’est la ruée des écolos et leur credo anti-croissance est si bien relayé par les médias complices que la classe politique s’affole et capitule.

D’autre part, les socialo-étatistes, hostiles par nature à l’économie de marché, trouvent aisément des tares à un projet piloté par l’entreprise privée (la vilaine!) et ne confèrent des vertus qu’à des sociétés d’État.

C’est en somme l’idéologie «Pastèque» : Vert à l’extérieur (déification de la Nature) et Rouge à l’intérieur (diabolisation du mode de production capitaliste).

Quand on observe la situation économique du Québec, nous concluons très vite que la création de richesse est anémique. C’est un thème de discours, mais dans la réalité, on s’évertue à l’entraver.

Il est pourtant impératif de faire sauter les verrous qui freinent le développement et la croissance économiques : l’écologisme et le socialo-étatisme. Le nécessaire remodelage de l’État-Providence doit absolument être couplé à une expansion vigoureuse de la création de richesse.

C’est aussi la seule voie à suivre pour se désintoxiquer de la péréquation. Et, à cet égard, les souverainistes devraient comprendre que ce sevrage est une condition vitale à la réalisation de leur projet.

Jacques Brassard

vendredi 17 février 2012

SALAMALECS ÉLECTORAUX

(Chronique parue le 17 Février dans le Journal de Québec)
                                              

Franz-Olivier Giesbert, éditorialiste au Point, décrit la campagne présidentielle française comme ne parvenant pas à «s’élever au-dessus de la salaméquisation », néologisme forgé à partir du mot «salamalec».Selon lui, les candidats se bornent à faire des révérences exagérées, des salutations flagorneuses et des prosternations populistes devant l’électorat. Des salamalecs, quoi! J’ai bien peur que la prochaine élection au Québec soit aussi «salaméquisée» que la française. Voyons voir!

Le PLQ d’abord! Comme il a échoué lamentablement à réduire la dette et les dépenses publiques, de même qu’à rendre plus efficient le système de santé, M. Charest a donc choisi de faire rêver le Bon Peuple en lui promettant un développement mirobolant du Nord avec des retombées en termes d’investissements et d’emplois tellement grandioses que le Québec va entrer dans une ère de prospérité paradisiaque.

Des investissements et des emplois, il y en aura assurément dans le Nord du Québec, mais il y a quand même un côté attrape-nigaud électoraliste dans tout ce gigantesque mirage nordique. Et ça permet, de plus, de détourner l’attention de l’électeur des graves défaillances du Modèle québécois. «Le peuple a faim d’utopie, proclame M. Charest, et je vais le rassasier!».

Et le PQ? Ah! Le PQ! Il flagorne l’électeur sans retenue! Il «salaméquise» à fond! Il a manifestement décidé de faire plaisir au peuple en esquintant les riches. C’est toujours d’un bon rapport électoral. Et ça lui permet de faire les yeux doux à l’électorat de Québec-Solidaire. Donc, premier engagement : on substitue à la taxe-santé une hausse d’impôts sur les plus riches.

On obtiendra ainsi un milliard qui tombera dans le tonneau sans fond du système de santé. Merveilleux! La vieille recette socialo-marxiste qui consiste à «faire payer les riches» est le plus ancien salamalec populiste de gauche. Et cela, en dépit du fait que dans toutes les sociétés occidentales, les 5% des citoyens les plus «riches» paient le tiers des impôts. Et alors? Un milliard de plus, c’est si peu! Et ça permet au PQ d’afficher son «progressisme», c’est-à-dire sa propension à poursuivre le gavage de l’État-nounou! Surveillez la suite!

Et la CAQ? François Legault, s’il veut maintenir intact sa coalition, qui n’est plus guère «arc-en-ciel», mais plutôt multicolore (une toile de Riopelle?), devra sans doute se cantonner dans le flou et le nébuleux quant aux changements qu’il souhaite mettre en œuvre. À la fois pour ne pas susciter de tensions dans son parti «courtepointe» et ne pas stresser les électeurs. Un exemple : les services de garde. Il s’est contenté d’évoquer une hausse du tarif quotidien. Pourtant, il doit surement savoir qu’il faut revoir de fond en comble le système de financement des services de garde et redonner aux parents leur pleine liberté de choisir le mode de garde pour leurs enfants.

Or s’engager dans cette voie, c’est déclencher les hostilités avec les corporatismes syndicaux. Il vient d’ouvrir un front en éducation. Il va sans doute hésiter à en ouvrir d’autres. N’est pas Maggy Thatcher qui veut! Alors? Des salamalecs?

Donc, j’ai bien peur que la prochaine élection québécoise qui vient sera largement imprégnée de ce que le rédacteur en chef du Point appelle la «salaméquisation». Les partis vont courtiser et cajoler l’électorat. Faire des salamalecs, quoi!

Malheureusement, l’inéluctable reconfiguration du modèle québécois devra encore attendre! Et notre addiction à la péréquation permettra de repousser l’échéance.

Jacques Brassard


vendredi 10 février 2012

TRIOMPHE DE LA «BIEN-PENSANCE»

(Chronique parue le 10 Février dans le Journal de Québec)
                                 

Comme ce fut le cas lors de l’élection présidentielle de 2008, la couverture médiatique, au Québec, de celle de 2012 sera biaisée, bornée et mesquine. Ce qui n’a rien d’étonnant puisque la confrérie intello-médiatique-zartistique, dans son ensemble, a des atomes crochus avec l’ultra gauche du Parti Démocrate dont est issu l’hôte actuel de la Maison-Blanche. Tout ce beau monde a pratiqué, et pratique encore, un culte idolâtrique envers Barak Hussein Obama.

Ce parti-pris, souvent imprégné de mauvaise foi, peut déjà s’observer dans la couverture québécoise des primaires Républicaines. C’est le triomphe de la «Bien-Pensance», celle qui consiste, si je vais à l’essentiel, à présenter le Parti Républicain comme un ramassis d’extrémistes débiles et les Tea Parties comme des bouseux sectaires et dangereux, tellement désaxés qu’ils se réfèrent à Thomas Jefferson (un fasciste sans doute!) et qu’ils lisent la Bible (plutôt que de s’abreuver à Mao et à Guevara).

Alors, forcément, les candidats d’un tel parti sont tout, sauf normaux et présentables. En comparaison, vous pensez bien, le Génie du Potomac, Obama, est modéré, compatissant, ami des pauvres, terreur des riches, sauveur de la nation.

Et pourtant! Le Grand Timonier de Washington ne pourra empêcher les Américains de jeter un regard sur son premier mandat qui, si l’on veut le qualifier par un seul mot, est un désastre.

Désastre économique, d’abord. On pourrait croire qu’Obama n’avait qu’un seul objectif : ruiner l’Amérique! Si c’est le cas, opération réussie! Surendettement astronomique, déficits abyssaux, dépenses massives sans effet de relance, chômage élevé, décote inévitable, multiplication des démunis, tous les éléments du cataclysme économique sont au rendez-vous!

En matière de politique étrangère, c’est un cauchemar! Et n’allez pas croire que c’est le fruit du hasard. Obama est issu de la gauche radicale Démocrate et il a fréquenté les milieux de l’Islam radical (dont Rashid Khalidi, qui fut porte-parole de l’OLP) et les groupes d’extrême-gauche (dont Bill Ayers, fondateur de la faction terroriste Weather Underground). Et pendant 20 ans, il s’est imprégné des sermons du Pasteur Wright, un raciste antisémite, pour qui l’Amérique est satanique, des prêches sous le thème : « Not God bless America, but God damn America». Belle formation!

Vous voyez le topo : l’Amérique est impérialiste. Elle doit faire repentance. «L’Amérique, écrivait Laurent Murawiec, ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition et une forme de disparition. Recouverte par les unanimités onusiennes.»

Et c’est ce qu’il a fait. Il ne cesse de battre sa coulpe et de demander pardon : recul devant la Russie; départ de l’Irak qui va devenir une satrapie de l’Iran; retrait de l’Afghanistan en se rassurant avec la fiction de «Talibans modérés»; Liban sous la coupe du Hezbollah, de gentils démocrates; Égypte, Tunisie, Lybie désormais dominés par les Frères Musulmans, à qui Obama attribue aussi le label de «modération»; complaisance à l’égard des islamistes de partout; indifférence devant les massacres de chrétiens dans le monde musulman; acharnement contre Israël; et surtout, une diplomatie angélique et de la «main tendue» envers les Mollahs fanatiques qui seront bientôt dotés de l’arme nucléaire.

C’est vous dire le mandat calamiteux du Messie de la Maison-Blanche. Ne le comptons cependant pas pour battu. Mais les Américains, heureusement, ne sont plus dans un état de dévotion et de transe mystiques comme ce fut le cas en 2008.

Jacques Brassard

Vous trouverez dans la section «commentaires» une diatribe provenant sans doute ...d'un intello de gauche. C'est un bel échantillon du discours dédaigneux et de l'attitude hautaine qui font partie intégrante de la «culture de gauche». C'est assez fascinant! Le «bien-pensant» me reproche vivement d'être méprisant et impoli envers Obama. Je ne devrais pas me moquer de lui en le désignant comme le Grand Timonier (référence ironique, il est vrai, à Mao) et le Génie du Potomac (référence sarcastique à Ceausescu). Mais, lui, le Clairvoyant de gauche, il peut cependant se permettre d'être irrévérencieux et grossier envers Bush et proférer des injures scatologiques («merde collante» ou «bushmerdia»). Son diagnostic est très dur: «les USA sont malades». Mais l'Icone de la Maison-Blanche n'a rien à voir avec cette maladie. Il va sans dire que c'est ce Salopard de Bush qui est vraiment responsable de tout! Si je publie cette diatribe, c'est pour montrer combien la gauche est prétentieuse, arrogante et condescendante. Il est pour elle inconcevable que nous ne courbions pas la tête et l'échine devant la substantifique moelle de sa flamboyante pensée.
JB



vendredi 3 février 2012

LA FUITE EN AVANT!

(Chronique du 2 février dans le Journal de Québec)
                                             

M. Charest persiste et signe! À Davos, il a de nouveau revêtu son accoutrement de Curé de la «Verdoyance»  pour claironner sa volonté de faire cavalier seul en mettant en place au Québec un marché du carbone.

Et cela même si la Fédération des Chambres de Commerce y voit «une menace pour la compétitivité des entreprises québécoises, puisque la province serait la seule juridiction nord-américaine, avec la Californie, à aller de l’avant avec une telle mesure».

Et dans cette fuite en avant, le PM est sans état d’âme face aux inquiétudes des entreprises. Ces dernières, insiste-t-il, «doivent inclure dans leur planification un élément qui tient compte de ce que les changements climatiques amènent des coûts additionnels que nous devons assumer pour aller vers une économie plus verte.»

Décidemment, le PM du Québec est un ardent prêcheur réchauffiste affichant une parfaite indifférence devant les dégâts économiques que risquent de provoquer ses obsessions anti-carboniques. Il entend même jouer un rôle actif dans la grande liturgie du prochain Sommet de la Terre en juin prochain à Rio.

Or, n’oublions pas que cette politique nuisible repose sur une théorie-- qui consiste à croire que le réchauffement climatique est causé par les émissions de CO2 résultant des activités humaines— dont les fondements scientifiques sont largement fissurés.

D’abord, nous savons maintenant que les scénarios concoctés à partir de modèles informatiques…sont faux. Depuis 15 ans, en effet, c’est officiel, LE RÉCHAUFFEMENT S’EST ARRÊTÉ. Et cette information est issue, non pas des vilains climato-sceptiques, mais de quatre bases de données, dont l’university of East Anglia Climatic Unit, une organisation pourtant reconnue pour son zèle réchauffiste. Cela suscite il va sans dire quelques angoisses parmi les scientifiques et les chamanes écolos qui ont bâti leur carrière et leur activisme, avec de juteuses subventions à la clé, sur le dogme anthropo-réchauffiste. Plutôt embarrassant!

Rendez-vous compte : le taux de CO2 continue de s’accroître, alors que la température de la Terre, elle, a cessé d’augmenter. Depuis 15 ans! C’est une sacrée nouvelle! Qui, normalement, aurait dû faire les manchettes! On sait pourquoi ce n’est pas le cas : la nomenklatura politico-médiatique et «zartistique» est toute entière vouée à la propagation de la doctrine du réchauffement anthropique et pratique à fond l’auto-censure.

D’autre part, on sait désormais que les cycles solaires et le rayonnement cosmique influent fortement sur l’évolution du climat de la Terre. Beaucoup plus que le CO2 des humains (5% du total), relégué à un rôle mineur en matière de changement climatique. En d’autres termes, la science du climat n’est pas «établie» et le débat est loin d’être clos.

Normalement, de telles percées dans la science du climat devraient la purger du poison idéologique qui la contamine et aussi inciter la classe politique à la prudence. Ce n’est pas ce qui arrive au Québec. Tous les partis politiques sont, sur cette question, comme cul et chemise et ânonnent en chœur le credo et les psaumes réchauffistes. Et le gouvernement de M. Charest, même si les bases scientifiques de ses politiques sont de plus en plus précaires, continue avec ferveur, en matière de «lutte aux changements climatiques», de dilapider des fonds publics, de nuire aux entreprises et de freiner le développement économique. Et ce n’est pas  Pauline Marois, avec sa garde rapprochée écolo, qui va lui faire des reproches.

Jacques Brassard