mardi 9 février 2010

LE PARTI QUÉBÉCOIS À LA CROISÉE DES CHEMINS ( PARTIE I )

PARTIE I



Le Parti Québécois est né à l’époque de la Révolution Tranquille et dans une période de l’histoire occidentale où la mythologie et l’idéologie de la gauche étaient dominantes dans l’intelligentsia ( presse, universités, milieu artistique ) et la classe politique. Je peux en témoigner, j’y étais. C’est ainsi qu’à l’origine du PQ, le culte de l’État était à la fois un rituel obligé et une doctrine incontestable et incontestée.



Et on peut le comprendre. Historiquement parlant, en 1960, le peuple Canadien français ( qui deviendra le peuple Québécois ) est un peuple démuni économiquement, socialement et culturellement. Même dans une petite ville comme Alma, les usines ( Alcan, Price, Saguenay Power ), dans les années 50, étaient gérées majoritairement par des anglophones unilingues. Et c’était ainsi sur tout le territoire québécois.



Dans un tel contexte historique, il était légitime, compréhensible et tout à fait justifiable que les Québécois, désireux de se sortir de leur statut d’infériorité et de leur condition de « domesticité », se tournent vers l’État afin de s’en servir comme instrument d’émancipation. Mais avant de l’utiliser comme outil, il a fallu le construire puisque l’État duplessiste était pour le moins embryonnaire.



Mon propos n’est pas de vous relater l’histoire de l’édification de ce qu’on a appelé le « modèle québécois » avec, comme acteur principal, l’État et ses créatures. Je veux simplement rappeler que le Parti Québécois aussi bien que le Parti Libéral ( et aussi l’Union Nationale dans la dernière partie de son existence ) ont développé une dévotion quasi religieuse envers l’État, considéré comme la clé de tout problème surgissant dans la société. Lisez les programmes des partis de cette époque jusqu’à nos jours, vous y verrez une confiance et une fidélité sans faille envers l’État. Tout conte débute par la formule consacrée : « Il était une fois…; toute proposition des programmes politiques commençait par la locution : « le Gouvernement doit…».



Encore une fois, je précise que c’était sans doute la voie à suivre pour un peuple dans un état manifeste de faiblesse économique, sociale et culturelle : recourir à l’État comme instrument de développement. Le problème, c’est qu’en cours de route, le recours à l’État s’est transformé en culte. L’État est devenu entrepreneur, protecteur, éducateur, guérisseur, nounou et mamma. C’est l’État-providence, qui s’est implanté partout en Occident. Dans les congrès du PQ, si vous vouliez vous faire applaudir, vous n’aviez qu’à fustiger l’entreprise privée et le capitalisme sans âme. C’était l’ovation assurée!



Mais il vint un temps où il fallut …emprunter pour payer l’épicerie, c’est-à-dire les dépenses courantes. L’année de ce tournant majeur dans l’histoire budgétaire du Québec, c’est 1973. C’était Raymond Garneau qui était ministre des finances dans le gouvernement de Robert Bourassa. Et ça ne s’est jamais arrêté!



En fait, il y eut un intermède, sous le gouvernement de Lucien Bouchard. Je vous rappelle la motivation à la base de ce que l’on a appelé « l’opération déficit zéro ». Nous avions fait le constat accablant que nous vivions comme société, depuis longtemps, « au-dessus de nos moyens ». Avec comme fruits pourris, un endettement excessif, d’énormes déficits chroniques, le financement par l’emprunt des dépenses courantes et le fardeau fiscal le plus lourd d’Amérique.



Cette opération, nous le savions, ne devait être qu’une phase d’un plan plus global. Le PM Bouchard était bien conscient qu’il fallait aussi s’attaquer à l’endettement et poursuivre la cure d’amaigrissement de l’État. Mais il n’y a pas eu d’autres étapes. Lucien Bouchard a quitté la politique. Et la dette a continué de grossir, les velléités de réingénierie de l’appareil de l’État se sont évanouies, les déficits sont réapparus et la fiscalité ne n’est guère allégée.



Et ce qu’il y a de plus désolant, c’est que le culte de l’État est demeuré immuable et indestructible. La croyance dans les bienfaits inéluctables de l’interventionnisme étatique est toujours inébranlable, tellement elle imprègne les réflexes, les habitudes et les modes de pensée de la classe politique. Et, disons-le, tout particulièrement le Parti Québécois chez qui on a coutume de le désigner sous le vocable de « progressisme ». Quand vous entendez dire, au sein de la gauche, que tel acteur politique a l’insigne honneur d’être un « progressiste », soyez assuré que cela signifie tout bonnement qu’il est « étatiste » et qu’il pratique donc résolument le culte de l’État, ce qui lui confère automatiquement respectabilité et honorabilité.



Mais, faites attention! Si vous avez le malheur d’avoir le moindrement des doutes sur les vertus de l’interventionnisme étatique tous azimuts, vous risquez d’être affublé de l’étiquette avilissante « de droite ». Aux yeux du SPQ Libre ( Syndicalistes pour un Québec libre ), ce club privilégié et sélect de gauche incrusté au sein du PQ, il va sans dire que c’est l’infamie suprême.



Le Parti Québécois saura-t-il relever les multiples défis et faire face aux divers enjeux qui ont un rapport direct avec l’avenir de la nation québécoise? Pour en être capable, il lui faudra larguer par-dessus bord les vieux stéréotypes idéologiques –empruntés à la gauche modérée aussi bien qu’extrême —qui l’emprisonnent depuis sa naissance dans un étatisme profondément mésadapté. Mais s’il ne procède pas à ce « grand-ménage », il ne saura pas envisager et mettre de l’avant des solutions nouvelles et appropriées à nos problèmes et à nos blocages de société. Ce qui importe à l’avenir, ce n’est pas de savoir si telle mesure et telle orientation sont « de gauche » ou « de droite », c’est de s’assurer qu’elles règlent le problème. Point à la ligne!



Bien sûr, les dirigeants et les militants du PQ devront s’attendre à se faire traiter de tous les noms par la gauche archaïque encroûtée dans ses vieux automatismes. Et alors? Un peu de courage, que diable! Et ce sera une belle occasion pour démanteler le SPQ Libre et d’en faire cadeau à Québec Solidaire. Bon débarras!



Jacques Brassard

mercredi 3 février 2010

CHICANE AUTOUR DE LA PÉRÉQUATION

Plantons le décor et décrivons la scène. Nous sommes à Copenhague, à l’occasion de la Grande Parlote Réchauffiste. Les Verdoyants, tels l’ineffable gourou Steeven Guilbeault et l’activiste du Bloc, Bernard Bigras, s’agitent et se démènent. La cible de leurs anathèmes, c’est le PM Canadien, Stephen Harper, « le pelé, le galeux », l’infâme pollueur, l’ignoble protecteur des exploiteurs des sables bitumineux de sa Province d’origine, l’Alberta. Ils s’en donnent à cœur joie!



Et voilà que débarque dans la capitale danoise, le PM du Québec, Jean Charest. Ce dernier a revêtu, depuis quelques années, la défroque de l’écolo plus vert que vert. Et sa ministre, Mme Beauchamp, pour ne pas être en reste, copine avec les Verdoyants et les courtise servilement. Un duo de choc! Et M. Charest bombe le torse et se vante que le Québec soit à l’avant-garde en matière de niveau d’émission de CO2. Évidemment, il omet de dire que cette performance n’est d’aucune façon le fruit d’une politique vigoureuse de réduction des gaz à effet de serre, mais tout simplement le résultat d’une production d’électricité essentiellement d’origine hydraulique. Au fond, le vrai écolo, c’est Robert Bourassa, mais ce n’est pas par clairvoyance, mais par accident, par inadvertance, puisqu’à l’époque, l’idéologie réchauffiste était dans les limbes.



Mais là où ça dégénère en escarmouche acrimonieuse dans les abords du souk réchauffiste de Copenhague, c’est lorsque le PM du Québec, en plus de plastronner et de fanfaronner, se met à donner des leçons de rectitude écologique au PM du Canada. Là, ça dépasse les bornes!



C’est alors que les scribes fédéralistes de la Presse jugent déplacée et inconvenante la conduite de M. Charest et vont lui reprocher de jouer les écolos « bon chic, bon genre » en dénigrant l’Alberta, l’infréquentable Province, la parvenue vulgaire qui fait son fric en exploitant les hydrocarbures dont les sables bitumineux. L’obscénité de la posture du PM du Québec leur apparait d’autant plus insoutenable lorsque l’on sait que les milliards de péréquation que reçoit le Québec proviennent très largement de l’Alberta.



La réplique est venue des scribes appartenant à l’autre grande entreprise médiatique, Québécor. Les chroniqueurs de la Presse, affirment-ils, ne font que profiter de l’occasion de cette altercation Québec-Canada pour souligner les effets bénéfiques de « l’argent-sale-du-pétrole » et blanchir du même coup leur Grand Boss, Paul Desmarais, qui détient des participations substantielles dans le groupe Français Total qui, lui, est un acteur majeur de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Divertissante querelle entre les deux grands conglomérats de la presse québécois!



Mais au-delà de ces chicaneries, qu’en est-il exactement de l’état actuel du système de péréquation, un des fondements du régime fédéral? Regardons les chiffres. En 2010-2011, il se versera 14,4 milliards de dollars aux provinces pour compenser leur « faiblesse fiscale ». Combien de provinces vont en bénéficier? Six : le Québec, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Ile du Prince-Édouard et, depuis cette année…l’Ontario. Rendez-vous compte! L’Ontario, le socle économique du Canada depuis des décennies, qui se retrouve désormais dans la position humiliante de bénéficiaire de péréquation ( près d’un milliard l’an prochain ).



Quant au Gouvernement du Québec, entre vous et moi, ça fait drôlement longtemps qu’il ne ressent plus de honte à recevoir des provinces riches des milliards de dollars en transitant par le fédéral. En 2010, c’est 8,5 milliards que l’État québécois va se voir octroyer en péréquation. Il semble bien aussi que le Québec ne se sente pas le moins du monde gêné par le fait que la province la plus pauvre depuis toujours, Terre-Neuve, ne reçoive plus de péréquation depuis l’an dernier.



Par conséquent, sans avoir besoin de se porter à la défense du magnat de la finance, Seigneur de Sagard, Paul Desmarais, il est tout à fait pertinent de mettre en évidence l’arrogance et l’effronterie de M. Charest jetant son mépris sur les Albertains qui, pourtant, évitent à son gouvernement de faire banqueroute. Il y a quelque chose de profondément scabreux dans l’attitude et la posture d’écolo « pur et dur » adoptées par le PM du Québec à l’égard de l’Alberta. Il fait le faraud avec le pognon de ceux qu’il traite de malpropres. Il me semble qu’il pourrait se permettre…une petite gêne!



Au lieu de jouer au Sauveur de la Planète, tout en empochant le fric des Barbares, M. Charest devrait prendre modèle sur… Terre-Neuve. Comment la plus pauvre des provinces est-elle parvenue à s’extirper de l’assistanat fédéral? En exploitant, comme l’Alberta, les hydrocarbures dans ses eaux limitrophes. Et, il n’est pas inutile de le signaler, sans le moindre dégât écologique. Je l’ai souvent écrit lorsque j’étais chroniqueur, le Québec doit lui aussi ( comme Terre-Neuve, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse ) mettre en œuvre une vigoureuse politique d’exploration et d’exploitation de notre potentiel gazier et pétrolier.



Et ce potentiel est bien réel. Il n’a rien de chimérique. Ai-je besoin d’évoquer les effets bénéfiques d’une telle politique sur les finances publiques du Québec. Des découvertes majeures suivies de leur mise en exploitation pourraient à n’en pas douter se traduire par des milliards de dollars dans les coffres de l’État.



Mais pour qu’une feuille de route aussi ambitieuse puisse être mise en route sans plus attendre, il y a une condition incontournable à respecter : il faut à la tête de l’État un Gouvernement mû par une détermination à toute épreuve et doté d’un courage politique…incassable. Malheureusement, les derniers gouvernements au Québec ont manifesté une regrettable prédisposition à s’aplatir devant les Verdoyants. Il suffit que l’on brandisse des pancartes pour défendre les pauvres baleines où pour vitupérer contre le sale pétrole ( cette matière diabolique ) et voilà qu’aussitôt le Gouvernement capitule et signe sa reddition.



Et à propos des sables bitumineux, n’oublions pas que c’est Radio-Canada qui, dans un reportage très hostile, a forgé le symbole par excellence de la catastrophe écologique. Est-ce si horrible que cela? Peut-on s’en indigner au point de désigner le Canada, comme le fait mon ancien compagnon de route Jean-François Lisée, comme un État voyou? Quand même! Faut pas charrier! Les sables bitumineux exploitables couvrent 0,1% de la forêt boréale canadienne. On est loin du cataclysme forestier. Et 80% de l’eau puisée dans la rivière Athabasca pour des fins industrielles est recyclée.



Concluons. Pourquoi la capacité fiscale du Québec est-elle depuis toujours au-dessous de la moyenne canadienne , ce qui fait en sorte que l’État québécois est depuis toujours inscrit au « BS fédéral » ? La réponse est simple : développement économique insuffisant. Et l’une des actions à entreprendre pour corriger cet état de sous-développement, ce serait de se doter d’une solide industrie pétrolière ( Eh! Oui! Comme l’Alberta et Terre-Neuve ).



Et une petite question pour les souverainistes : croyez-vous que c’est en se maintenant dans l’assistanat fédéral et la dépendance fiscale que l’on va créer des conditions favorables à l’accession à la souveraineté?



Jacques Brassard

mardi 2 février 2010

AVIS AUX VISITEURS

Comme je me dois d'admettre que mes incitations à plus de...retenue n'ont pas donné grand chose, je vous avise donc que j'aurais désormais recours à la procédure « modération des commentaires ». Censure, s'indigneront certains? Vous pouvez le prendre comme ça! Moi, je dirais plutôt ...tamisage! Je ne serai pas abusivement sévère, mais il est clair que l'antisémitisme et le négationnisme n'apparaitront plus sur mon blog.

Jacques Brassard

vendredi 29 janvier 2010

REMARQUES SUR LES COMMENTAIRES

D’abord, d’entrée de jeu, je vous informe que je n’ai pas l’intention de commenter …vos commentaires, aussi pertinents soient-ils. Encore moins de répliquer aux injures qui, parfois, me sont lancées. À cet égard, j’ai, comme on dit, la couenne dure. Quand j’étais chroniqueur au Quotidien, je recevais à l’occasion des courriels dégoulinant de haine. Je les « flushait » tout simplement. Mon quart de siècle en politique m’a appris qu’il est trop débilitant pour l’esprit de riposter aux insultes.



Je n’ai pas non plus l’intention de censurer les commentaires de certains visiteurs. Même si, de façon particulière, les vomissures antisémites et négationnistes me répugnent au plus haut point. Lorsque quelqu’un a cru bon de reproduire une longue diatribe antijuive de Céline, je vous avoue que ça m’a dégouté. Et pourtant, je suis ce qu’on pourrait appeler un « célinien ». D’autres sont « proustiens », moi, je suis « célinien ». Je considère Louis-Ferdinand Céline comme le plus grand écrivain français du XXe siècle. Je ne cesse, depuis l’âge de 20 ans, de le lire et de le relire. Pour moi, la « trilogie allemande » ( D’un Château l’Autre, Nord et Rigodon ) est un pur chef-d’œuvre. Céline est donc un immense écrivain. Mais, dans les années 30, il a basculé dans un ignoble antisémitisme. Du délire! J’ai eu l’occasion de lire Bagatelle pour un Massacre. Une horreur! Les Protocoles des Sages de Sion y sont traités comme un authentique document, alors qu’il est avéré que c’est un faux fabriqué par la police tsariste. La haine du Juif y apparait comme un chancre répugnant. Alors, quand je lis sur mon blog des éructations antisémites, ça me donne la nausée.



Enfin, pour ceux qui s’étonnent de mon cheminement politico-intellectuel, je vous renvoie à l’entrevue que j’ai accordée à Carl Bergeron, sur son site l’Intelligence Conséquente. Vous y constaterez que j’ai effectivement été dans ma vingtaine un homme de gauche. J’ai été, je l’avoue, séduit par la fabuleuse « mécanique » marxiste. Mais, très tôt, je suis devenu social-démocrate, derrière René Lévesque à qui je vouais une admiration sans borne. Et c’est avec Lucien Bouchard que j’ai pris conscience que la social-démocratie pratiquée depuis 40 ans avait engendré un État-Mammouth surprotecteur, un État interventionniste tous azimuts, surendetté et nous faisant porter le plus lourd fardeau fiscal en Amérique. C’est à ce moment-là que j’ai compris que le terme de « progressisme », ce vocable considéré dans toute la gauche comme étant plein de noblesse, de grandeur et de compassion, signifiait surtout « étatisme ». J’ai donc changé sur le plan des idées. Rien de plus normal. Ce qui serait anormal, ce serait d’être devenu un robot équipé d’un unique logiciel.



J’ajouterais en terminant que je n’aime guère l’anonymat. Sous son couvert, on se permet trop souvent des insanités et des grossièretés. Ça donne même parfois lieu à des altercations de fond de ruelle. Vraiment très gênant! Pourquoi ne pas vous identifier? Certains le font. Et, comme par hasard, ils expriment davantage des idées et des opinions que des salissures.



Jacques Brassard

lundi 25 janvier 2010

OBAMA: LE MESSIE ÉPHÉMÈRE

Durant la campagne présidentielle et au cours des premiers mois de son mandat, j’étais presque le seul, au Québec, moi, le chroniqueur à temps partiel de l’arrière-pays, à ne pas participer au culte idolâtrique que, partout dans le monde, l’on rendait à Barak Hussein Obama.



Je ne pouvais pas croire que les Américains éliraient comme Président un homme dont le parcours politique s’était déroulé dans un État et une ville ( Chicago ) où la machine Démocrate était et est toujours la plus corrompue de tous les États-Unis et est bien connue, nous dit Sébastien Castellion de la Metula News Agency, « pour sa propension à acheter des votes, à attribuer les marchés publics aux amis et donateurs politiques et à multiplier les emplois fictifs ». Ce « Système de Chicago » fut implanté à Washington et l’un de ses fruits fut la quasi nationalisation de GM et de Chrysler pour remercier le puissant syndicat de l’automobile ( UAW ) de son appui et de sa contribution financière dans la course à l’investiture et la campagne présidentielle. Retour normal de l’ascenseur!



Je ne pouvais pas croire que les Américains éliraient le candidat le plus « gauchiste » de toute l’histoire des États-Unis. L’évangile de nouveau Messie était pourtant une mixture toxique d’étatisme débridé (désigné au Québec sous le vocable honorable de « progressisme » ) et de pacifisme angélique.



Je ne parvenais pas à croire à l’élection d’un candidat dont les fréquentations douteuses ( pour ne pas dire sulfureuses ) au cours de sa vie l’auraient normalement rendu inapte à occuper une telle fonction. Daniel Pipes, un expert du monde musulman, avait en vain mis en relief les relations d’Obama, tout au long de sa carrière, avec l’Islam extrémiste. Et en particulier, avec The Nation of Islam, dont le leader, Louis Farakhan, est un raciste et un antisémite admirateur d’Hitler. Et que dire de son Pasteur pendant 20 ans, Jeremiah Wright, un raciste anti-blanc et un fasciste noir mégalomane anti-américain. Et que penser enfin de son amitié avec Rachid Khalidi, ancien porte-parole de l’OLP et ennemi déclaré et haineux d’Israël. Et ces copinages gauchistes et islamistes ont duré pendant des années, laissant forcément des traces dans la vision du Monde d’Obama.



Je ne pouvais pas croire que les Américains accorderaient leur confiance à un candidat dont le pacifisme candide et impénitent se traduirait par des gentillesses et des amabilités puériles envers tous les tyrans de la Planète, tels le Pitre de Caracas et l’Illuminé de Téhéran.



Je me suis gouré, je dois l’avouer. Ils l’ont fait. Ils l’ont élu Président. Et le Grand Timonier de la Maison Blanche s’est mis à l’œuvre. Et après un an seulement, les yeux des Américains se sont déjà dessillés et ils sont horrifiés à la vue des dégâts.



La gestion laxiste de la crise du Grand Rédempteur est en voie de plonger les États-Unis dans un endettement gigantesque, des déficits abyssaux et une fiscalité alourdie. Sans réussir à réduire le taux de chômage et provoquer une reprise vigoureuse. Pitoyable!



La volonté manifeste du Sauveur d’appliquer la politique calamiteuse du Gourou planétaire du réchauffisme, Al Gore, faite de taxes et de contraintes multiples, risque fort d’avoir des effets néfastes sur la productivité et la compétitivité de l’économie américaine. À moins que le Congrès retrouve la raison ( ce qui n’est pas impossible à l’approche des élections de mi-mandat ) et empêche le dérapage.



Par ailleurs, la politique étrangère du Grand Pacificateur du Potomac est vite apparue pour ce qu’elle est : un mélange de pensée magique, d’exhortations moralisatrices et d’aveuglement naïf. C’est ainsi qu’il s’est révélé d’une complaisance idiote à l’endroit de l’Islam, se contentant d’élucubrer autour du mantra débile « islam-religion-de-paix-et-d’amour ». Son discours du Caire est à cet égard un monument d’aberrations, magnifiant ridiculement la civilisation musulmane à partir de faussetés historiques manifestes. De là, son inaptitude funeste à désigner sans détour l’ennemi, soit l’Islam radical, le Djihad terroriste. Ou alors, comme dans le cas de l’attentat manqué de Détroit, il s’efforce de laisser croire que la terreur islamiste est toute entière le rejeton d’Al Quaïda, alors qu’il est bien connu que la phalange de Ben Laden n’est qu’un des nombreux avatars du Djihad planétaire.



Il faut dire aussi qu’il est perçu par les ennemis de l’Amérique comme un faible, un pacifiste qui ne cesse de faire repentance pour les « fautes » des États-Unis. Les Américains, dont on connait le patriotisme, n’apprécient guère de voir leur Président se battre la coulpe devant le monde entier et multiplier les courbettes devant les despotes et les dictateurs. Poutine l’a bien jaugé, lui qui l’a forcé à renoncer au bouclier anti-missile en Europe de l’est sans rien obtenir en échange. Les pays concernés se sont sentis avec raison abandonnés par les États-Unis. Quant à l’Iran, il est évident que les Mollahs ont pris la mesure exacte du Grand Timonier de Washington et ils savent fort bien qu’ils peuvent le faire poireauter tant et aussi longtemps qu’ils ne se seront pas dotés de l’arme nucléaire. Israël, de son côté, se sent bien seul et, surtout, trahi par un Président qui, durant la campagne, en tant que candidat, avait multiplié les déclarations de soutien envers l’État hébreu et, lorsque devenu l’hôte de la Maison Blanche, n’a cessé d’exiger des concessions tellement dures qu’il place le seul État démocratique du Moyen-Orient dans une position intenable.



Sur la scène intérieure, avec le projet présidentiel de réforme du système de santé, le mythe Obama est en voie d’effondrement rapide. Il fallait vraiment que le nouveau Messie soit, comme tous les Démocrates d’ailleurs ( Clinton, Kennedy aussi bien que le gauchiste oscarisé multimillionnaire Michael Moore ) un admirateur jovialiste des régimes de santé étatiques « mur-à-mur » ( comme ceux du Canada, de Grande-Bretagne et de France ), pour qu’il ignore le fait patent que 80% des Américains sont satisfaits de leur système de santé basé sur les assurances privées. Il comporte sans doute des lacunes ( Et le nôtre, d’après vous, est-il si parfait pour qu’on le propose comme modèle? ), mais c’est une grossière erreur politique ( et sans doute de l’aveuglement idéologique ) que de s’imaginer que les Américains aspirent majoritairement à l’étatisation de leur régime de santé.



« Le Président, écrit Sébastien Castellion, avait pris ses fonctions parmi l’adulation générale de la presse et les comparaisons les plus audacieuses ( « C’est Roosevelt! Non, c’est Kennedy! Vous n’avez rien compris, c’est Lincoln! ») Depuis lors, cependant, les choses ne se sont pas passées comme les obamaniaques l’avaient rêvé. »



Après un an, Obama est déjà en dessous de 50% d’appui. Bush, l’imbécile, le crétin, comme continuent de le proclamer les médias, les intellos et les gauchistes de tout poil, s’est maintenu pendant plus de 3 ans au-dessus de cette barre fatidique. Et les sonnettes d’alarme n’arrêtent pas de tinter : plus d’un million de manifestants ont défilé dans la Capitale contre la réforme de santé; les Démocrates ont été évincés des postes de Gouverneurs en Virginie et au New Jersey; et enfin, ils viennent de subir un échec historique au Massachussetts avec l’élection d’un Républicain pour remplacer Ted Kennedy.



Et cette dernière défaite lamentable ne comporte aucune ambiguïté. Le nouveau sénateur, Scott Brown, a affiché résolument ses couleurs au cours de la campagne : il entend bien couler le projet d’Obama de réforme de l’assurance santé; et il exige de la part de la Présidence plus de vigueur et de détermination dans la lutte contre la terreur islamiste. Il n’a vraiment pas tourné autour du pot!



Alors, Obama, Messie éphémère, va-t-il donc connaître le sort de Jimmy Carter, le plus mauvais Président du XXe siècle? Où est-il en mesure de se relever et de regagner l’appui de ses compatriotes? Personnellement, je ne crois pas qu’il parvienne à rebondir.



La victoire de Brown au Massachussetts démontre que les Américains sont capables de résister et de s’opposer aux manœuvres de la gauche Démocrate destinées à leur imposer une politique d’apaisement sur la scène extérieure et un grossissement abusif de l’État sur le plan intérieur. Et ils l’ont pourtant fait dans un État de la Nouvelle-Angleterre ou la cote de popularité du Président était toujours élevée ( 60% ). Si, ailleurs dans le Monde, et au Québec en particulier, la vénération envers l’Icône Obama est toujours démesurée, aux États-Unis, les citoyens ont déjà abandonné le comportement idolâtrique qu’ils avaient, eux aussi, adopté à l’égard du demi-dieu de Chicago.



Et je pense que les Américains, redevenus pragmatiques et patriotes, vont se prémuni r dans un an contre les risques d’un Président idéologiquement buté et stupidement narcissique, en enlevant aux Démocrates leur majorité au Congrès.



Attendons-nous alors à ce que la gauche occidentale, les faiseurs d’opinion de la presse ( chez-nous sûrement ), les experts patentés, les universitaires et les zartistes branchés, réveillent l’anti-américanisme qu’ils avaient mis en veilleuse et vilipendent de nouveau les Américains comme étant une horrible bande de ploucs et de demeurés, trop incultes et mal dégrossis pour être vraiment en mesure de comprendre la nature messianique et rédemptrice de l’hôte actuel de la Maison-Blanche.



Jacques Brassard

lundi 18 janvier 2010

LA SOLITUDE D'ISRAËL ET LE PROCESSUS DE PAIX

« Si un extra-terrestre, écrit Emmanuel Navon, atterrissait sur notre planète et qu’il allumait la télévision ou la radio, il arriverait rapidement à la conclusion que la Terre est une planète paisible et que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si ce n’était pour les problèmes causés par un pays illégitime et responsable de tous les conflits du Proche-Orient, un pays coupable des pires violations des droits de l’homme, un pays de sadiques qui aiment la guerre et qui prennent plaisir à occuper militairement des peuples sans défense et à tuer des enfants. Ce pays, c’est Israël. »



Je trouve cet apologue tout à fait éclairant. C’est là une petite fable qui met en relief la terrible pathologie qui affecte et qui infecte le monde et qui est le dernier avatar de l’antisémitisme, soit l’antisionisme. La responsabilité d’Israël et des Juifs dans la préparation et la mise en œuvre de tous les maux de la Terre est, pour des millions de personnes à travers le monde, une évidence effarante. Les théories conspirationnistes tomberaient en poussière s’il n’y avait pas Israël et les Juifs pour leur insuffler la vie. Il s’agit d’ailleurs d’une très ancienne maladie dont Pierre-André Taguieff a retracé l’évolution à travers les siècles dans un livre remarquable, La Judéophobie des Modernes. « Par le mot judéophobie, écrit-il, je désigne l’ensemble des formes historiques prises par la haine des Juifs, et plus largement par toutes les passions, croyances et conduites antijuives dont les manifestations furent ( et sont ) les violences, physiques ou symboliques, subies par le peuple juif. » L’antisémitisme, apparu au XIXe siècle, est une forme de judéophobie, de nature raciste, « dont la manifestation la plus extrême a été représentée par l’antisémitisme génocidaire du régime hitlérien ». De nos jours, cette forme horrible et radicale de judéophobie s’est transplantée dans le monde musulman.



La haine des Juifs imprègne de part en part le monde musulman. Une haine féroce, pathologique, inhumaine. Dans les écoles de Palestine et d’ailleurs, l’exécration des Juifs est enseignée comme une matière scolaire. Les tueurs de Juifs sont des martyrs qu’on vénère. En Occident, bien sûr, cette forme abominable de racisme antisémite est largement repoussée avec indignation. On le constate dans les multiples commémorations de la Shoah. On éprouve toujours compassion, tristesse et colère au souvenir des Juifs cadavériques des camps en tenue rayée et des entassements de cadavres nus. Mais devant les Juifs bien vivants qui défendent avec acharnement leur existence et leur pays, c’est étonnant de voir ressurgir soudainement la judéophobie la plus malsaine. C’est comme si notre réserve de compassion et d’empathie s’était toute entière consacrée aux Juifs fantomatiques de l’univers concentrationnaire.



Donc, alors que dans le monde musulman, l’antisémitisme le plus virulent et le plus grossier sévit dans toutes les couches de la société et est porté par des phalanges terroristes ( Hamas, Hezbollah, Djiad Islamique ) et par des États despotiques ( Iran, Syrie ), en Occident, on est quand même plus civilisé, davantage bienséant, et on se confine dans l’antisionisme, forme subtile et plus montrable de l’antisémitisme. Il ne s’agit pas d’être vulgairement raciste, mais de remettre en cause le droit à l’existence de l’État juif. De nos jours, plus de 60 ans après la création d’Israël, dans bien des milieux, en Occident, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, au sein même de l’ONU ( pensons au grotesque Conseil des Droits de l’Homme ), au cœur de plusieurs officines diplomatiques, dans beaucoup de salles de rédaction, au sein de la classe politique et chez beaucoup de mes amis ( malheureusement! ), la remise en cause et la mise en doute de la légitimité et du droit à l’existence de l’État d’Israël sont toujours très vivaces.



Cet antisionisme n’est pas toujours « à visage découvert ». Il se manifeste souvent par l’incorporation et l’intériorisation dans la conscience de la vision et de la propagande palestiniennes. Car si vous adhérez au mythe du peuple palestinien spolié, colonisé, ghettoisé, persécuté, brimé, il est évident qu’en contrepartie, Israël devient un État spoliateur, colonialiste, persécuteur, mais surtout, un État illégitime qui n’a aucun droit à l’existence. Et qui, de surcroît, est partie prenante de sombres complots, avec leurs complices américains, visant à dominer et asservir le monde. Rappelons-nous qu’au XXe siècle, deux terribles conspirations ont été tramées simultanément : le complot judéo-capitaliste dont le financier Rothschild était la figure de proue et dont l’objectif était d’établir l’exploitation capitaliste des peuples du monde entier; et le complot judéo-bolchevik qui poursuivait, lui, l’implantation du communisme sur la Terre entière. Vous aviez l’embarras du choix! Hitler, lui, les a adoptés tous les deux! Vous le voyez, à l’égard des Juifs, le conspirationnisme est vraiment très florissant et très fécond.



Vous comprenez pourquoi il est pertinent de parler de « solitude d’Israël ». Depuis sa création, à maintes occasions, l’État juif s’est retrouvé dans une terrible solitude, fustigé par l’ONU ( dont l’Assemblée Générale est régentée par les États musulmans de connivence avec les dictatures de tous ordres ), abandonné par l’Europe en voie de se transformer en Eurabia, honni par toutes les gauches octroyant au Palestinien le statut de l’Opprimé par excellence en lieu et place du Prolétaire, vilipendé par les médias qui le stigmatisent comme « l’empêcheur-de-faire-la-paix-en-rond ». Même les États-Unis d’Amérique, allié indéfectible pendant des années, prennent leurs distances avec, à sa tête, un Barak Hussein Obama qui n’exige des concessions que des Juifs tout en flagornant l’Islam. Tout ça ressemble fort à une mise en quarantaine. Je me dois quand même de dire que le gouvernement de M. Harper a toujours reconnu la pleine légitimité de l’État d’Israël et n’a jamais douté de son droit plein et entier d’assurer sa défense face aux attaques terroristes en provenance de Gaza, de la Judée-Samarie ou du Sud-Liban. C’est tout à son honneur!



Il y a plus de 15 ans, on a mis en branle un « processus de paix », une dramaturgie compliquée mettant en scène de multiples acteurs dont, bien sûr, dans les rôles principaux, l’État d’Israël et l’OLP. Le processus occupe toute la place et la Paix, elle, est toujours absente. Elle n’est jamais au rendez-vous. Et à chaque échec des pourparlers, à chaque fois que le processus tombe en panne, inévitablement, Israël est pointé du doigt comme responsable. Israël est trop intransigeant, trop mesquin, trop implacable. Pourtant, il n’y a qu’une seule et unique raison qui explique la faillite inéluctable du « processus de paix », et c’est le refus forcené de reconnaître le droit à l’existence de l’État hébreu.



Partant de là, on peut basculer dans la désinformation et le mensonge. On le voit avec la position et la posture de la Coalition Pour la Justice et la Paix en Palestine. Cette dernière regroupe toutes les Belles Âmes issues de la gauche officielle et marginale du Québec : syndicats, centrales syndicales, partis politiques ( NPD, Bloc Québec-Solidaire ), groupuscules tiers-mondistes, ONG plus ou moins gauchistes. Tout ce beau monde exige « qu’Israël mette fin au blocus de Gaza ». Comment peut-on parler de blocus de façon crédible alors qu’il est bien connu ( à condition de ne pas pratiquer l’aveuglement volontaire ) que la bande de Gaza est régulièrement approvisionnée en nourritures, en médicaments et en énergie. Bien sûr, la « frontière » est contrôlée. Cela va de soi, sinon les terroristes viendraient se faire exploser dans les bus, les terrasses des cafés où aux abords des écoles. Il faut vraiment avoir le cerveau englué dans la mélasse idéologique de l’antisionisme et de la judéophobie pour oser parler de blocus.



Mais toute cette phalange d’idiots utiles plonge dans la turpitude la plus répugnante quand elle accuse Israël de « priver de ses droits fondamentaux » la population de Gaza « enfermée, assiégée, contrôlée ». Non! Mais! Je rêve! Le Hamas impose une dictature sanguinaire et totalitaire sur toute la population de Gaza, massacre les opposants, applique la charia dans toute sa rigueur obscurantiste, persécute les chrétiens, utilise les civils comme bouclier humain, et c’est Israël qui prive les habitants de Gaza de leurs droits fondamentaux! Comme argutie tordue et ratiocination répugnante, c’est difficile de faire pire.



En réalité, le processus de paix n’est qu’une Table Ronde de la Parlote, de la Menterie et des Faux Semblants. Un jeu de Dupes! Et avant de clouer au pilori Israël, rappelons-nous qu’à trois reprises, le Gouvernement israélien a mis sur la table une proposition qui comportait, bien sûr, l’instauration d’un État palestinien, avec comme territoire toute la bande de Gaza et jusqu’à 95% de la Judée-Samarie, mais aussi le partage de Jérusalem. Arafat a refusé. Et tout récemment, une proposition similaire faite par l’ancien PM Ehud Olmert a été rejetée par Mahmmoud Abbas.



Et la vraie pierre d’achoppement est toujours le soi-disant « droit au retour » des réfugiés palestiniens. C’est la question la plus aberrante et la plus extravagante de tout le dossier. L’OLP exige depuis toujours que les Arabes qui ont quitté le territoire israélien, en 1948, suivant en cela la consigne des États voisins ( Égypte, Syrie, Jordanie ), le temps, disaient-ils, d’anéantir l’État hébreu naissant. L’anéantissement n’ayant pas eu lieu ( ni en 1948, ni en 1967, ni en 1973 ), les réfugiés arabes sont devenus des réfugiés permanents. Je dis « Arabe » parce que la « nation palestinienne » n’existait pas encore. Elle fut littéralement « inventée » après la défaite des pays arabes en 1967 suivie de « l’occupation » de la bande de Gaza, de la Judée-Samarie et de Jérusalem-est. Avant 1967, écrit Guy Millière, « la Cisjordanie était une part de la Jordanie, Gaza une part de l’Égypte, les pays arabo-musulmans étaient en guerre contre Israël, non pour « libérer le peuple palestinien » ( on y avait pas encore pensé ), mais pour jeter les Juifs à la mer et effacer Israël. »



Mais revenons aux réfugiés. En 1948, ils étaient 600,000. Je vous rappelle qu’au même moment, il y eut 900,000 réfugiés juifs obligés de fuir les pays arabes ( en fait, ils étaient expulsés ). Et de ces 600,000, il en reste combien qui sont encore vivants? Autour de 200,000. S’il était question d’accorder le droit au retour à ces 200,000, il n’y aurait sans doute pas de problème. Mais les 600,000 sont devenus …10 millions! Un miracle? Un mystère? Une opération magique? En fait, cette multiplication étonnante est le fruit d’un privilège onusien discriminant. Partout dans le monde, un réfugié, c’est un individu expulsé de son pays. Mais, pour les palestiniens, ce statut est transmissible de génération en génération. Partout dans le monde, les réfugiés finissent par s’intégrer dans les pays d’accueil. Au Proche-Orient, les réfugiés palestiniens ne deviennent pas citoyens du Liban, ou de l’Égypte, ou de la Jordanie. Ils demeurent réfugiés, et leurs enfants, leurs petits-enfants, leurs arrières petits-enfants aussi. Et ils sont maintenant près de 10 millions.



Dans ces conditions, il est facile de comprendre qu’en consentant au droit au retour, Israël donnerait du même coup son aval à la minorisation des Juifs dans leur propre pays. L’État d’Israël cesserait d’être un État juif. Nasser l’avait bien compris, lui qui déclarait en 1961 : « Si les Arabes reviennent en Israël, Israël cesserait d’exister. » Comme les nations arabes sont incapables de liquider Israël par la guerre, on veut donc le faire par un afflux de millions de faux réfugiés qui vont submerger le peuple juif.



Dans un tel contexte, le devoir de l’Occident devrait être indubitable : soutenir et défendre sans réserve l’État d’Israël. Et ne pas être complice de la scandaleuse solitude dans laquelle trop souvent se retrouve le peuple juif. Car il incarne, dans un environnement hostile, toutes les valeurs fondamentales de la civilisation occidentale : état de droit, liberté, démocratie, égalité homme-femme, pluralisme politique, droits fondamentaux de la personne. D’ailleurs, il convient de rappeler que les 2 millions d’Arabes qui vivent en Israël sont de citoyens à part entière, détenteurs de tous les droits et de toutes les libertés du citoyen. Et n’oublions pas que le judaïsme et l’éthique biblique sont indissolublement liés au christianisme. Ce qui fait du judéo-christianisme un des fondements de la civilisation occidentale, avec l’héritage gréco-romain et « l’invention » des démocraties libérales.



Il est vrai qu’au sein du christianisme, un fort courant judéophobe a persisté pendant des siècles. Le peuple juif était perçu comme un peuple déicide. Il avait tué le Christ. Ce qui justifiait discriminations et persécutions. Mais il existe aussi ( surtout depuis Vatican II ) une autre vision du judaïsme qui consiste à considérer les Juifs comme, pour utiliser l’expression de Jean-Paul II, « nos frères aînés bien-aimés ». En 1938, le pape Pie XI avait déclaré à des pèlerins belges dans une formule saisissante que « nous, chrétiens, sommes spirituellement sémites ». Paroles d’une grande et troublante profondeur.



Mais quand on observe le comportement des pays occidentaux à l’égard d’Israël, il est loin d’être certain que ce devoir de solidarité envers l’État juif est assumé dans toute sa plénitude. L’Europe est en voie d’islamisation. Et même aux États-Unis, le défaitisme et le goût de la reddition se propagent. Ici, chez nous, au Québec, la classe politique et les médias sont largement contaminés par la propagande palestinienne qui a réussi à faire croire que la misère et la détresse des Arabes de Palestine sont le fruit de la malveillance et de la cruauté des Juifs alors que les conditions précaires dans lesquelles ils croupissent s’expliquent par le choix qu’ils ont fait dès le départ de réduire à néant l’État d’Israël plutôt que de se doter de leur propre État vivant en paix avec son voisin.



Israël a le devoir de lutter sans faiblir pour exister. Et l’Occident tout entier a le devoir d’être solidaire de ce combat. Ne pas soutenir Israël, c’est se ranger dans le camp de l’obscurantisme, de la haine et de la barbarie. Ce n’est pas mon camp. J’appartiens à la civilisation occidentale et, de plus, pour reprendre les paroles de Pie XI, je suis « spirituellement sémite ». Toute complaisance, toute forme d’apaisement servile et irresponsable à l’égard des djihadistes constituent une trahison des valeurs fondatrices et fondamentales de notre civilisation et un angélisme aveugle face à ce que Pierre-André Taguieff appelle « la haine ontologique et planétaire de l’Occident ».



Jacques Brassard

lundi 11 janvier 2010

LE PARTI QUÉBÉCOIS ET LA RÉFORME SCOLAIRE

Ceux qui connaissent le Parti Québécois savent que ce parti affectionne tout particulièrement les programmes volumineux, fastidieux et somnifères, exposant en détail objectifs, orientations et mesures. Leur élaboration dans les congrès donne lieu à des débats byzantins souvent acrimonieux. Et forcément interminables. Ce n’est évidemment pas le livre de chevet des militants, mais il est fort utile si vous voulez connaître ce qu’un gouvernement du PQ a l’intention de faire dans tel où tel secteur de la vie publique.



En éducation, c’est vraiment très éclairant. D’abord, il était prévu, dans le programme de 1994, dès l’arrivée au pouvoir, « de convoquer les États généraux de l’éducation ». Mais on trouve surtout dans le programme toute une série d’orientations et d’actions qui laissaient présager « un effort sans précédent pour rattraper les pays du peloton de tête dans la course au savoir ». Je vous signale, par exemple, que le raffermissement de la formation de base était un objectif fondamental et que, dans cette perspective, il convenait de « faire de la maîtrise du français parlé et écrit une exigence dans toutes les matières et à tous les niveaux…Il faudra sans doute, à cet égard, améliorer les méthodes d’enseignement, entre autres en réimplantant l’enseignement systématique de la grammaire au primaire ». Merveilleux, n’est-ce pas?



Ensuite, il faudra « réinstaurer l’enseignement de l’histoire nationale et universelle et réintroduire la dimension historique dans les apprentissages. À cette fin, l’enseignement de l’histoire sera obligatoire à tous les niveaux incluant les COFI pour que les immigrants connaissent nos origines. » Il y était également question de « renforcer l’efficacité de l’apprentissage de l’anglais comme langue seconde » tout en spécifiant que cet apprentissage « ne saurait cependant débuter avant la quatrième année du cours primaire ». Enfin, il était souhaité « d’en arriver le plus rapidement possible à l’institution de commissions scolaires linguistiques afin de rétablir l’intégrité du réseau scolaire français ».



Et je ne peux m’empêcher de vous citer ce paragraphe admirable et pas très multiculturel : « L’école est le creuset de la société, le lieu privilégié où la culture se transmet et s’élabore. « Notre » culture aussi. Valeurs, comportements, attitudes et référents culturels s’y façonnent de même que l’appartenance à la collectivité québécoise. » Et cet autre, célébrant le sens de l’effort : « Il importe à tout prix que le réseau québécois de l’éducation devienne incontestablement le lieu par excellence de la pensée et du savoir, de l’acharnement à apprendre. » L’égalitarisme en prend pour son rhume.



C’et donc avec ce programme que le PQ a pris le pouvoir en 1994. Comme prévu, le nouveau gouvernement a convoqué les États généraux de l’Éducation. Ce fut une large consultation comme le PQ aime les faire. Ce qui en est ressorti, c’est que tous les intervenants ( y compris les parents ) souhaitaient recentrer les programmes autour des matières de bases et évaluer correctement l’acquisition des savoirs fondamentaux par les élèves. C’est là la première mission de l’école et, dans cette perspective, les enseignants…enseignent c’est-à-dire transmettent des connaissances. Il y avait également un large consensus pour que l’école soit le lieu par excellence de la transmission de la culture québécoise dans toutes ses dimensions (langue, histoire, patrimoine, valeurs ) .



Il y avait donc, pourrait-on dire, une feuille de route qui ne comportait pas d’ambiguïtés. C’était clair. A noter qu’il n’était nullement question ni d’approche par compétences, ni de compétences transversales, ni de refus de toute émulation, ni du rôle d’animateur de l’enseignant, ni du rejet de toute évaluation comparative, ni, bien sûr, de constructivisme radical.



Alors comment se fait-il qu’à partir d’un contenu programmatique congruent et de propositions de bon aloi provenant des États généraux, la Réforme a subitement dérapé et basculé dans le constructivisme et le multiculturalisme? Que s’est-il donc passé? Il est arrivé ce qui arrive fréquemment dans les affaires de l’État : la technostructure, de connivence avec les intellos pédagogues, a pris en charge la conception et l’élaboration du curriculum en se fondant sur une approche socio-constructiviste. Il s’agissait, comme le signalait le Collectif pour une Éducation de Qualité, de « privilégier l’évaluation des compétences à celle des connaissances. Les partisans de cette réforme ont jugé que les « connaissances » étaient trop abstraites, il fallait désormais devenir « compétent ». Sans tarder, il fallait que les règles de mathématique ou de grammaire puissent être assimilées de manière à se transmuer en compétences utiles immédiatement. Cette approche par les compétences eut un impact immédiat sur l’évaluation des apprentissages. Au lieu d’évaluer l’apprentissage de la langue française, c’est-à-dire la grammaire, la syntaxe, l’organisation des idées, le vocabulaire, la lecture, il fallait désormais apprendre à « écrire des textes variés » où savoir « apprécier les œuvres littéraires ». Au lieu d’évaluer les mathématiques, c’est-à-dire les tables de multiplication ou la géométrie, il fallait apprendre des « situations-problèmes » ou apprendre à communiquer avec l’aide du langage mathématique. » Prenons une bonne respiration!



Il faut dire que cette approche a quand même suscité résistance et désapprobation. Surtout parmi les parents qui étaient complètement déboussolés devant le bulletin issu de cette théorie pédagogique. Le concept de « compétence transversale », par exemple, était perçu comme parfaitement indécodable. Je me souviens des bulletins de cette mouture de mes petits-enfants. Incompréhensible!



Et les ministres de l’Éducation successifs, ils ont fait quoi? Devant le tollé, ils ont redonné au bulletin une configuration plus acceptable, mais, sur le fond, ils ont donné leur aval au nouveau curriculum sans détecter, semble-t-il, la contamination constructiviste qui l’infectait. Et je dois avouer que les autres ministres (dont moi-même ), accaparés par la gestion de leurs ministères ( je m’efforce de trouver des circonstances atténuantes ) n’ont pas vu non plus le détournement de sens opéré par la technostructure en concertation avec les facultés des sciences de l’éducation. Et, pour faire plaisir à certains commentateurs de ce blog, je bats ma coulpe! Mea culpa! Mea maxima culpa!



Le gouvernement libéral, à partir de 2003, a poursuivi dans la même direction. Aucun coup de barre! « Toutes les tentatives, écrit Jean-Claude Corbeil, de réintroduire en classe l’enseignement systématique de la langue, notamment du code, ont échoué.» la ministre Courchesne a autorisé un nouveau cours d’histoire « structuré, écrit Johanne Lavallé, de manière à faire ressortir davantage les orientations pédagogiques fondées sur le socioconstructivisme et l’approche par compétences que les connaissances historiques à acquérir…Roi et maître de ses apprentissages, l’élève construit ses connaissances historiques selon ses propres intérêts, ainsi que son interprétation des diverses réalités sociales…L’enseignant, quant à lui, est confiné au rôle de médiateur entre les élèves et les savoirs historiques. » Ce nouveau cours, ayant également pour mission de prêcher le vivre-ensemble, a provoqué des désaccords profonds chez les historiens et les professeurs. La ministre est demeurée butée.



Enfin, je ne m’étendrai pas davantage sur le nouveau cours Éthique et Culture religieuse. C’est la même ministre qui a approuvé ce cours qui a pour but d’inculquer aux jeunes Québécois la tolérance et le vivre-ensemble au détriment de leur identité nationale et de promouvoir le multiculturalisme. Et elle fait toujours fi, de façon arrogante, de l’opposition grandissante à cette opération visant, selon un des concepteurs, à « ébranler la suffisance identitaire » des jeunes Québécois affligés de la tare d’être de souche.



Donc, de toute évidence, ministres péquistes et libéraux de l’éducation ont été en quelque sorte instrumentalisés par la caste intello-constructiviste et multiculturaliste en vue d’imposer au peuple québécois une réforme scolaire qu’il n’a jamais souhaitée.



Le PQ, en vertu de l’alternance, a de bonnes chances de se retrouver au pouvoir lors des prochaines élections. Il aura donc l’occasion de corriger les dérives pédagogiques qu’il a malheureusement cautionnées. À cet égard, il a pris des engagements qui sont de bon augure. Sa volonté de « retour aux sources » en matière de défense et de promotion de l’identité nationale et sa détermination à répudier toutes les formes de multiculturalisme de même qu’à stopper la reprise de l’érosion du français dans la société québécoise sont des attitudes réconfortantes. Cela se traduit par le rejet du nouveau cours d’histoire nationale et par la découverte du caractère malsain du nouveau cours Éthique et Culture religieuse. Et également, par l’intention bien arrêtée de mettre en branle une véritable politique d’intégration (à finalité assimilatrice ) des immigrés à la nation québécoise.



S’il veut cependant mettre en branle et mener à bien la « contre-réforme » scolaire, il lui faudra se prémunir contre tout sentiment de culpabilité que vont s’efforcer de faire naître en son sein tous les mollahs du multiculturalisme ( intellectuels, journalistes, technocrates ) en l’accusant de s’éloigner du progressisme et de la gauche mythique. « La multiplication, écrit sur son blog, Intelligence Conséquente, le jeune intellectuel Carl Bergeron, disséminée dans les médias, du nouvel épouvantail de la « droite nationaliste », pour mieux étouffer la « critique anti- multiculturaliste » qui commence à naître dans les différents pans de la société, est un indice de répression symbolique. Ceux qui étaient séduits par la critique anti-multiculturaliste sont ainsi appelés à réviser leur position : veulent-ils vraiment continuer à critiquer le multiculturalisme, et se faire étiqueter à « droite », donc infréquentable, ou ne comprennent-ils pas que leur intérêt se trouve ailleurs, dans une critique plus superficielle et moins fondamentale? »



Quand on sait combien le PQ considère comme tellement glorieux, honorable et méritoire le label de « progressiste » et de « gauche », vous comprenez que toute tentative de lui contester ces « titres de noblesse » risque fort de le faire battre en retraite. On en a eu un avant-goût inquiétant à propos du cours Éthique et Culture religieuse. Prenant soudainement conscience, à la suite de la remarquable analyse de Joelle Quérin, de la vraie nature de cette bouillabaisse multireligieuse, Pierre Curzi, député du PQ, indigné, a réclamé l’abolition pure et simple de ce cours. Quelques jours plus tard, le PQ, dans un communiqué, parlait plutôt d’y apporter des révisions. Tiens! Tiens! Voilà qui s’appelle corriger le tir. Pas très rassurant pour la suite des choses. On se demande avec Mathieu Bock-Côté si le PQ saura vraiment « passer de la rhétorique identitaire à un programme centré sur le démantèlement du multiculturalisme québécois ».



Je suis quand même relativement satisfait de voir le PQ s’engager dans la voie de la Contre-Réforme mais, ayant été député de ce parti pendant un quart de siècle, je reste inquiet de le voir temporiser et louvoyer au sujet des actions nécessaires à accomplir, par crainte de perdre son prestigieux titre de « progressiste » et d’être accusé ( Ô horreur! Ô déchéance! ) de vagabonder à « droite ». La vigilance s’impose donc.



Jacques Brassard