dimanche 29 janvier 2012

UN PARTI DÉBOUSSOLÉ

(Chronique du 27 janvier dans le Journal de Québec)
                                     

Rien de bien réjouissant (pour moi en tout cas) de voir le Parti Québécois complètement déboussolé et rongé par la chicanerie et les règlements de compte. Vraiment affligeant!

Et c’est de la pensée magique que de s’imaginer que le départ de Pauline Marois ramènerait l’unité et la concorde au sein du parti. De toute façon, pas de Grand Timonier à l’horizon!

La vérité, c’est que le PQ n’a pas réussi à se «recentrer» et à prendre en compte le naufrage  de l’État-Providence. Car pour cela, il aurait fallu qu’il se déleste des deux ailes radicales qui le plombent depuis toujours. Tous les chefs du parti ont eu à subir les assauts de ces courants, certes minoritaires, mais organisés et tapageurs. Ils ont eu la peau de plusieurs.

Dans le cas de figure actuel, l’aile souverainiste a refusé d’accepter la voie pragmatique de Pauline Marois. Celle-ci consistait, non pas à évacuer l’objectif de la souveraineté du programme, mais à considérer tout engagement référendaire comme étant, dans les circonstances présentes, trop périlleux. Simple refus du suicide, quoi!

On connait la suite : une cascade de démissions de députés, dont l’égérie de la souveraineté, Lisette Lapointe. À partir de là, le PQ est apparu, et ce fut bien souvent le cas, comme un nid de vipères et sa crédibilité s’est mise à fondre. Comment les électeurs peuvent-ils faire confiance à un parti qui s’entredéchire brutalement sur la place publique?

On comprend alors pourquoi Pauline Marois n’a pas voulu guerroyer sur deux fronts et qu’elle n’a pas résisté à l’autre aile radicale, l’écolo-gauchiste. Le programme est donc resté un programme social-démocrate orthodoxe, fondé sur l’interventionnisme étatique et de nouvelles dépenses massives. Par conséquent, un programme déconnecté de la réalité du Québec contemporain faite d’un endettement incontrôlé et d’une fiscalité excessive. On y a ajouté, pour faire tendance, le bric-à-brac de l’idéologie verdoyante.

Cet ancrage à gauche explique, par exemple, le recrutement de candidats écolos «pur jus». Et aussi, chez certains députés paniqués, cette tentation délirante de s’allier avec Québec Solidaire, un parti résolument socialiste, pour ne pas dire communiste. Tant qu’à déraper, faisons-le  le plus grand-guignolesque possible, n’est-ce pas?

Et pendant que le PQ se préoccupe de conserver la corpulence de l’État et s’engage à donner vie aux lubies écolos hostiles au développement, il oublie la mission d’origine du nationalisme québécois, soit la défense et le renforcement de l’identité nationale.

Notre langue est de nouveau en position de recul. L’école est devenue la proie d’une technocratie déracinée qui en a fait un laboratoire du multiculturalisme ou l’on inculque à nos enfants le relativisme moral, l’oubli de notre parcours historique et le rejet du patrimoine et des valeurs issus de notre appartenance à l’Occident judéo-chrétien. De plus, nous sommes incapables d’intégrer convenablement les nouveaux venus, ce qui accentue le processus de minorisation dans la région de Montréal.

Dans ces heures sombres  que nous vivons comme nation, en plein désarroi identitaire, on aurait pu espérer que le PQ, plutôt que de s’engluer dans l’écolo-gauchisme, retrouve sa raison d’être et son âme et mette en branle une grande offensive contre le multiculturalisme d’État dans le but de renforcer l’identité nationale. Si l’on veut que la souveraineté demeure une option d’avenir, il est impérieux de stopper le dépérissement identitaire qui mine la nation.

Jacques Brassard




vendredi 20 janvier 2012

MISE AU TOMBEAU DE L'ACCORD DE kYOTO

(Chronique du 20 janvier dans le Journal de Québec)
                    

Que de pleurs et de grincements de dents chez les escadrons et le clergé écolos à la suite de la mise au tombeau du protocole de Kyoto! Ce traité international, rappelons-le, qui devait sauver la planète du terrible réchauffement d’origine anthropique (c’est-à-dire provoqué par les émissions humaines de CO2, y compris, je présume, leur respiration et leurs flatulences) s’est révélé un échec total.

Les classes politiques de tous les pays liés par ce traité avaient beau s’évertuer à claironner des engagements de réduction de ce «gaz infernal» (en fait, parfaitement inoffensif, non-polluant et essentiel à la vie), ces objectifs n’étaient jamais respectés. C’était, bien sûr, le cas du Canada.

Du temps des Libéraux, Stéphane Dion, qui porte toujours la défroque du Verdoyant exemplaire, n’a même pas réussi  à réduire le niveau des émissions de CO2, encore moins à empêcher qu’il augmente. Il en fut de même sous le gouvernement conservateur.

Et c’était inéluctable. Aussi longtemps qu’on  n’aura pas trouvé d’autres sources d’énergie que les hydrocarbures (oubliez les vire-vent comme filière de remplacement), tout développement et toute croissance économiques entraîneront inévitablement un plus grand recours aux énergies fossiles et, par conséquent, une hausse des émissions de CO2.

Quel gouvernement responsable va consentir à la décroissance (avec ses effets dévastateurs sur les investissements et l’emploi) dans le seul but de réduire les émissions d’un gaz dont on est de moins en moins certain qu’il constitue le facteur déterminant des changements climatiques? En connaissez-vous un? Celui du Québec, assurément, qui continue toujours de se complaire dans une posture écolo «pure et dure» en contraignant les entreprises à s’intégrer dans un marché du carbone qui serait le seul en Amérique (celui de Chicago, si cher au Grand Gourou Al Gore, à cessé d’opérer), ce qui affectera gravement leur compétitivité (les droits d’émission n’étant pas gratuits).  Il n’y a  que les États européens qui dépassent le Québec dans le peloton des pays saboteurs de leur propre économie.

Le gouvernement Harper, lui, a décidé de mettre un terme à l’hypocrisie en matière de politique climatique. Persister dans la glorification de Kyoto, alors qu’il est parfaitement conscient que les objectifs de ce traité sont inatteignables, constitue pour M. Harper une gigantesque tartufferie dont il ne veut plus être un acteur. Bravo! Voila pourquoi il a décidé de procéder aux funérailles et à l’enterrement du Protocole.

Sa position est tout à fait logique. Et tenter, comme Daniel Turp et ses acolytes, de la faire désavouer par les tribunaux, est d’un ridicule consommé. Quelle est donc cette position qui a conduit au refus de maintenir sous respirateur l’accord de Kyoto? S’il est vrai, nous dit M. Harper, que les émissions humaines de CO2 provoquent un réchauffement catastrophique (c’est une hypothèse de départ), alors il faudrait que TOUS LES PAYS SANS EXCEPTION soient assujettis aux mêmes contraintes de réduction de CO2. Or, comme c’est loin d’être le cas, alors pas de Kyoto 2! Logique! Il est utile de signaler que c’est là aussi la position des États-Unis qui, eux, n’ont même pas ratifié Kyoto 1 (le Sénat, du temps de Clinton et d’Al Gore,  l’avait unanimement rejeté).

Et si en plus, on tient compte du fait que, malgré les Grands- Messes et le tourisme climatiques, les fondements scientifiques du réchauffisme s’effritent, la position de M. Harper est pleinement justifiée.

Jacques Brassard

vendredi 13 janvier 2012

LA SOCIAL-DÉMOCRATIE SE DÉGLINGUE

(CHRONIQUE DU 13 JANVIER DANS LE JOURNAL DE QUÉBEC)
                    

L’Occident tout entier est plongé dans une crise. Essentiellement, c’est une crise de la social-démocratie. Ou, si vous préférez, une crise de l’État-Providence.

Au lendemain de la seconde Guerre Mondiale, les pays occidentaux se sont lancés dans l’édification d’un État dispensateur de bienfaits aux citoyens. Les besoins en santé, en éducation, en services de garde, dans tous les domaines, seront désormais satisfaits par l’État. Et ce fébrile interventionnisme étatique a d’abord été financé par l’impôt et puis, très rapidement, les déficits budgétaires devenant chroniques, par la dette.

Et lorsque la crise économique a éclaté en 2008, tous les États se sont empressés d’appliquer les vieilles recettes de Lord Keynes : mise en branle de coûteux plans de relance. Financés comment? Toujours par la dette! Car la classe politique de tous ces pays est toujours convaincue que « le déficit public est, comme l’écrit l’économiste français, Pierre-Antoine Delhommais, indolore et que des États supposés riches pouvaient s’endetter indéfiniment sans dommages, qu’ils pouvaient vivre à crédit pour maintenir artificiellement une prospérité que menacent pourtant de toute évidence la mondialisation.»

Et le Québec, dans cette débâcle mondiale? Croire qu’il en est épargné et que l’on peut maintenir intact le sacro-saint «modèle québécois» qui n’est, au fond, (n’en déplaise à ceux qui aiment à penser qu’il est d’une singularité prodigieuse) qu’un État-Providence comme les autres, relève d’un nombrilisme jovialiste. Le Québec, en tant qu’État-Providence est en crise comme tous les autres pays d’Occident.

Il est donc impérieux de «revisiter» l’État-Providence, non pas pour des retouches cosmétiques, mais pour une véritable transfiguration. C’est ce qu’ont entrepris certains pays européens. Et c’est très douloureux. Ici, au Québec, il faudra s’atteler à cette tâche, même si elle répugne à la classe politique.

Parmi les partis politiques, y en a-t-il un qui aura le courage d’appliquer à notre État-Providence souffrant d’obésité morbide les remèdes de cheval qui s’imposent? C’est loin d’être sûr! Le PLQ va continuer de nous faire rêver avec le Plan Nord (il ne peut quand même pas nous refaire le coup de la réingénierie de  l’État) ; le PQ, de son côté, s’acharne à demeurer social-démocrate à l’ancienne avec des engagements de nouvelles dépenses massives; quant à la CAQ, ses premiers éléments de programme comportent déjà des promesses de milliards de dépenses. Québec-Solidaire, n’en parlons pas, c’est du socialisme à l’état pur.

Par conséquent, lors de la prochaine élection, par un seul parti n’envisage le dégraissage de notre indépassable «modèle québécois». Vivre selon nos moyens n’est pas à l’ordre du jour de la classe politique. Il faut croire qu’elle ne sent pas l’urgence d’agir grâce aux huit milliards et demi de péréquation en provenance, via Ottawa, des ploucs pollueurs d’Alberta. Alors, elle remet à plus tard. Et on comprend pourquoi l’indice de crédibilité de tous les partis politiques est au plus bas. L’indice de fiabilité aussi.

Jacques Brassard


mardi 3 janvier 2012

LA GUERRE DES TUQUES


ON EST TOMBÉ BIEN BAS

Je suis stupéfié! Vous lirez un commentaire ou l’on évoque mon petit-fils Émile. Ce dernier a livré un dur combat contre la leucémie. Toute sa famille a vécu cette épreuve dans l’inquiétude. Et, après deux ans de traitements, dont certains le vidaient de toute son énergie pendant plusieurs jours, il est maintenant guéri.

C’est pendant cette longue maladie que ma fille et mon gendre ont eu l’idée, afin en quelque sorte de tirer du positif d’un événement douloureux, d’amasser des fonds dans le but de doter l’hôpital d’Alma d’une chambre à pression positive.

Précisons qu’Émile était certes «l’étendard» de cette campagne, mais que ce n’était pas pour lui personnellement qu’on récoltait des fonds, c’était pour l’hôpital, c’était pour la communauté du Lac- st-Jean. D’ailleurs mon petit-fils a très peu utilisé cette chambre. Elle sert désormais pour tous les malades, les enfants en priorité, dont le système immunitaire est particulièrement défaillant.

Et il est vrai que, dans le cadre de cette campagne, un groupe d’employés d’Énergie Électrique de RTA a accompli un travail remarquable pour amasser des fonds (40000 $).

Mais voilà que ces employés me reprochent, parce que j’ai osé critiquer la stratégie syndicale dans le conflit d’Alma, de faire preuve d’ingratitude à leur endroit.

C’est comme si leur contribution à une campagne qui, je le répète, n’avait pas pour objectif d’aider Émile (il avait tous les soins requis et toute l’affection de sa famille), mais d’améliorer les services pédiatriques de l’hôpital d’Alma, les rendait redevable d’un retour d’ascenseur de ma part dans leur bataille contre RTA. Un retour du balancier! Ils ont été généreux dans une œuvre communautaire, je dois leur apporter mon soutien!

Je suis scandalisé et révolté de voir ainsi mon petit-fils de 8 ans embarqué dans cet affrontement syndicats-RTA.

Si je vous comprends bien, vous regrettez votre acte de générosité tout simplement parce que le petit garçon qui a en quelque sorte servi de «déclencheur» de cette initiative communautaire est le petit-fils d’un grand-père que vous détestez parce qu’il ose douter de la stratégie de votre syndicat et de la pertinence de vos objectifs. Je vous le dis, je trouve cela répugnant!
Quand la poussière sdera retombée et que les esprits chauffés à blanc se seront apaisés, j'ose espérer que vous aurez honte de cet amalgame indigne.

D’autre part, après la calomnie sur les «enveloppes brunes» que j’aurais reçues de RTA, voilà maintenant que mon entrée au Journal de Québec à titre de chroniqueur serait une promotion pour ne pas avoir louangé le plan de guerre du syndicat! Ça vole tellement bas… que le débat s’est enlisé dans le fumier!

J.B.


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En ce début de janvier 2012, dans le froid et la neige, la région du Saguenay Lac St-Jean, se voit plongée dans une version adulte de la «Guerre des Tuques». Surréaliste!

C’est ainsi que le chef de guerre du syndicat des travailleurs de Rio-Tinto- Alcan a lancé ses brigades fanatisées à l’assaut de la multinationale maléfique et félonne. L’entreprise, ayant vu venir l’attaque, s’est retranchée dans sa forteresse et a décrété un lock-out.

Cette guerre d’usure risque de durer longtemps!

Comment en est-on arrivé là? À prime abord, il saute aux yeux que les leaders syndicaux ont opté, et cela depuis des années, pour un syndicalisme que je qualifierais de préhistorique, c’est-à-dire un syndicalisme  de confrontation fondé sur les vieilles lubies de la lutte des classes : d’un côté, des travailleurs, qui s’imaginent prolétaires, «exploités» et «maltraités»; de l’autre, une entreprise «sans cœur», «vorace» et «sauvage».

C’est cette forme de syndicalisme qui se pratiquait autrefois. Il faut dire avec une certaine crédibilité. Puisqu’on pouvait, à une certaine époque, sans tomber dans la démesure, décrire des travailleurs en grève comme vivant dans des conditions de travail et de rémunération légitimement …améliorables.

Mais ce n’est manifestement plus le cas dans les usines d’Alcan au Québec. D’ailleurs, les syndiqués eux-mêmes reconnaissent et affirment qu’ils n’ont rien à redire concernant leurs conditions de travail, leurs salaires et leurs régimes de retraite.

Il faut dire qu’ils savent bien que tout le monde sait qu’ils sont à cet égard des privilégiés. On le voit bien quand Alcan procède à des embauches. C’est alors la ruée par milliers pour avoir la chance de «gagner le gros lot» : un emploi dans l’entreprise.

Mais alors, pourquoi cette guerre? Pourquoi le président du syndicat, après un vote de grève massif, a-t-il déclaré : «Maintenant, nous avons l’arme et nous avons les balles»?

Entre vous et moi, une déclaration aussi belliqueuse prononcée par un homme politique aurait provoqué illico sa lapidation suivie de sa crucifixion sur la place publique. Mais proclamée par un syndicaliste, elle ne soulève aucune indignation chez les faiseurs d’opinion de la presse, d’habitude pourtant si  prompts à s’indigner quand il s’agit de politiciens.

Une telle déclaration était sans l’ombre d’un doute une véritable déclaration de guerre. Toutes les troupes à l’assaut!

Mais, je le redemande, si les conditions de travail et de salaire ne font pas problème, si, de plus, les emplois sont garantis, pourquoi cet affrontement, pourquoi cette course absurde au casse-pipe?

C’est quoi le mobile de ces hostilités toutes imprégnées de rancœur tenace et d’une surprenante virulence?

Je vous le donne en mille : c’est la sous-traitance. Le syndicat est enragé et il est déchaîné contre la sous-traitance. Il en a fait le ressort de sa montée aux barricades et le levain de l’exaltation belliqueuse de ses soldats.

Pourtant, dieu sait que la sous-traitance est une pratique bien établie, depuis fort longtemps, dans les grandes entreprises. Elle a toujours été présente dans les usines d’Alcan. Elle est omniprésente, par exemple, dans l’industrie automobile. C’est ce qui permet, dans une économie mondialisée et fortement compétitive, aux entreprises de garder le contrôle de la filière de production et de confier à de sous-traitants des tâches connexes. Cela donne aux entreprises une nécessaire souplesse de fonctionnement.

Est-il envisageable d’obtenir, dans une négociation de convention collective, l’abolition de la sous-traitance? Certainement pas! Le croire, c’est de la pensée magique!

Peut-on alors sérieusement penser que les syndicats d’une unité de production (Alma en l’occurrence)  puissent obtenir davantage en matière de limitations de la sous-traitance que ceux des autres unités de production (Arvida, La Baie, Laterrière, Shawinigan) du Québec? Le croire, c’est de l’aberration! Et c’est lancer ses troupes dans une opération suicidaire!

Comment les syndiqués ont-ils pu s’imaginer qu’ils allaient obtenir sur cette question capitale pour l’entreprise un traitement privilégié et des pratiques différentes?

Comment ont-ils pu croire leurs chefs syndicaux quand ils les ont transformés en avant-garde d’un combat planétaire, en troupes d’élite ayant pour mission de faire une percée dans les remparts d’une multinationale diabolisée?

Il a fallu sûrement des mois de propagande intensive pour qu’ils soient convaincus qu’ils sont les plus forts et les plus aptes à terrasser la Bête infernale!

Et voilà-t-il pas que c’est par altruisme qu’ils livrent ce combat. Ce n’est pas pour eux qu’ils se battent. Non, c’est pour la région. Et c’est pour les générations futures. Ce n’est surtout pas, au grand jamais, pour collecter plus de cotisations syndicales. Voyons donc!

Écoutez-les.

Un syndiqué : « C’est pour la région et les générations futures que l’on se bat. Ça va être une bataille épique. Ça prendra le temps que ça prendra…». J’ai bien peur qu’il va trouver le temps long …bien avant l’entreprise.

Un leader syndicale : « On se bat pas pour une augmentation de salaire, on se bat pour la région. On est prêt et on est capable d’aller jusqu’au bout du conflit».  Ce jusqu’auboutisme est typique des débuts de conflit de travail. Six mois plus tard, on fanfaronne un peu moins.

Ce discours syndical est bien connu. Il consiste à s’efforcer de convaincre la population que c’est pour elle que l’on a déclenché la guerre. Il consiste aussi à arracher des larmes aux citoyens en leur révélant qu’ils se battent pour leurs enfants.

C’est là un disque bien usé. Je me souviens qu’en 1972 (j’étais gréviste alors) le prêche syndical consistait à dire que si on réclamait des augmentations de salaire substantielles, ce n’était pas vraiment pour nous, mais pour les pauvres salariés du privé. En vertu du principe étrange qu’une hausse des salaires dans le secteur public allait migrer par osmose vers le privé. Le pire, c’est qu’on y croyait!

Moi, je vous le dis tout net, cet altruisme, cet oubli de soi autoproclamé, cet esprit de sacrifice dans l’intérêt de la « veuve et de l’orphelin », tout ce prêchi-prêcha syndical me laisse totalement froid.

C’est de la bouillie pour les chats! C’est une homélie larmoyante qui ne sert qu’à masquer des intérêts bassement corporatistes : moins de sous-traitance égale plus de syndiqués et davantage de cotisations syndicales. Un point, c’est tout!

C’est sûr que présenté de cette façon, ce n’est pas très inspirant pour les fantassins qui vont au front. Alors, on a recours à l’artifice du «combat héroïque» …pour les autres! Pour la région toute entière! Pour les générations suivantes! Je suis sidéré de voir qu’une si vieille astuce «pogne» encore!

Les leaders syndicaux, dans toute cette affaire, ont agi de façon irresponsable. Ils se sont comportés en va-t-en-guerre irréfléchis. Mais, surtout, ils n’ont pas évalué correctement le rapport de force. Ils ont été incapables de déterminer jusqu’où ils pouvaient aller dans leurs revendications. C’est là pourtant la qualité essentielle d’un chef syndical. Cette qualité brillait par son absence. C’est le goût de la bagarre et  l’aversion envers l’entreprise qui occupaient tout leur esprit.

Dans les années 90, l’usine de pâte et papier d’Alma était menacé de fermeture. Heureusement, il s’est trouvé des leaders syndicaux qui ont pris la juste mesure de la situation et qui ont opté pour un syndicalisme de concertation. L’usine est toujours en opération et elle est rentable. Au même moment, à l’usine de la Baie, appartenant aussi à Abitibi-Bowater, les syndicalistes ont choisi l’affrontement et la ligne dure. Aujourd’hui, l’usine est non seulement fermée, elle est démantelée.

Ce rappel d’un passé récent illustre à merveille combien le gros bon sens, le jugement et le discernement sont des qualités indispensables chez celui qui veut devenir leader syndical. Dans le conflit actuel, ces attributs de la sagesse ne sont pas au rendez-vous chez les principaux leaders syndicaux. Le gros bon sens a foutu le camp. Le jugement est en congé. Et le discernement  est en vacances.

Avec comme conséquence qu’ils ont lancé leurs troupes dans un combat perdu d’avance. Ils n’ont pas vu que leurs objectifs étaient inatteignables.  Ils ont poussé leurs camarades dans une impasse. Ils ont beau faire le matamore, ils les ont précipités dans un piège. Un beau gâchis!

De plus, ils ont le culot de se prétendre investi d’un mandat afin de se battre pour « la région et les générations futures ». Quand donc leur a-t-on accordé un tel mandat? Personne ne leur a confié – mis à part 88% des 778 travailleurs syndiqués – la mission d’entreprendre pour nous, population régionale, une lutte « épique » sans issue.

Je sais fort bien que ce que vous venez de lire ne se retrouvera pas sous la plume des commentateurs et chroniqueurs de la presse et de la radio. Pas plus que dans la bouche des politiciens de tous les niveaux. On lira et on entendra surtout des salamalecs flagorneurs envers les syndicats, la reprise de la sempiternelle rengaine  « so-so-solidarité » ou encore des appels insignifiants à la bonne volonté des parties. 

Et il en sera ainsi tout simplement parce qu’ils ont peur d’avoir à subir les foudres syndicales. Les corporatismes syndicaux connaissent à fond, et depuis fort longtemps, l’art de l’intimidation et ils s’en servent sans retenue. Regardez ce qui est arrivé au président de la Chambre de Commerce du Saguenay quand il a osé mettre en doute, et d’une façon plutôt polie, le discours syndical sur la sous-traitance. Il s’est fait rabroué et insulté.

Je vous prédis donc que nos élites politico-médiatiques vont surtout pleurnicher sur les calamités résultant du conflit tout en prenant bien soin de ne surtout pas attribuer une large responsabilité à l’état-major syndical dans le déclenchement du conflit.

Moi je me permets de dire que les leaders syndicaux, en omettant de bien jauger les périls et les culs-de-sacs générés par leur défaillance de jugement et leur mauvaise analyse de la conjoncture économique, sont les principaux responsables de cette ruineuse guerre de tranchée.

Jacques Brassard eure

FAÇON DE FAIRE

Je vous avise que les commentaires injurieux, diffamatoires et menaçants à mon endroit ne seront publiés que s'ils sont signés (nom, adresse, téléphone et adresse internet). Je pourrai ainsi envisager s'il est pertinent d'entreprendre des poursuites judiciaires pour diffamation et atteinte à ma réputation. Et tout particulièrement, les salopards poltrons qui m'accusent de recevoir des «enveloppes brunes» de la compagnie.
D'autre part, il y en a qui trouve que mon point de vue sur le conflit est contradictoire avec mes convictions souverainistes. Plutôt bizarre comme rapprochement. Clarifions les choses, Je suis toujours souverainiste. Je n'ai pas changé à ce sujet. Depuis plus de 40 ans. Mais je ne veux surtout pas d'un pays qui serait sous la botte des corporatismes syndicaux. Ce serait un régime de terreur ou la liberté d'opinion et de penser serait mise au rancart. Merci pour moi!
Jacques Brassard







dimanche 25 décembre 2011

EN VRAC


                                                      

LE MARCHÉ DU CARBONE

Le gouvernement Charest a manifestement décidé d’être le gouvernement le plus enverdeur  de la Planète. S’imagine-t-il que c’est la voie à suivre pour reconquérir l’électorat? Si c’est le cas, il risque d’être bien déçu.

Pense-t-il sérieusement qu’il va séduire le peuple en devenant le seul État (avec la Californie  qui est, comme chacun sait, un État en faillite) à mettre en place un marché carbone?

En Europe ce genre de marché est devenu une gigantesque arnaque! Une machine à fraudes!

Aux États-Unis, le marché de Chicago s’est effondré. Parce qu’il repose sur du vent… qu’on vend!

Et voilà que le Québec, lui, joue au matamore  verdoyant en faisant cavalier seul.

Évidemment, les entreprises du Québec sont estomaquées de voir qu’elles seront les seules à assumer les coûts d’une pareille charlatanerie. À l’exception de l’industrie de l’aluminium qui, avec une hypocrisie obséquieuse, salue l’initiative du gouvernement. Tartuferie! Quand on sait que l’énergie est le principal coût de production de cette industrie, tout le monde est au courant qu’elle a toujours développé des technologies lui permettant de produire plus avec le même volume d’énergie. Marché de carbone…où pas!



L’Opposition officielle, elle, n’a pas jugé bon de dire un seul mot. On le comprend. Le PQ qui rivalise avec le PLQ pour être le premier en matière de carcans et de servitudes écolos imposés aux contribuables et aux entreprises est pleinement d’accord avec cette emmerderie écolo-technocratique.

LES «MINOUNES»

C’est un vieux projet qui s’empoussiérait dans les caves du Ministère de l’Environnement. Les écolo-bureaucrates avaient tenté de le faire adopter par le gouvernement de Lucien Bouchard. Il fut vite expédié aux oubliettes.

Il aura fallu le verdoyant Premier Ministre actuel et son ineffable ministre vassalisé par les chamanes écolos pour faire avaler cette grosse couleuvre par le Conseil des Ministres et les députés libéraux.

Ce projet de loi, rappelons-le, obligera les propriétaires d’autos «vieilles» de 8 ans et plus à faire inspecter leurs véhicules, non pas pour des motifs de sécurité, mais pour examiner leur performance en matière de rejet de CO2. Hallucinant!

On s’apprête donc, encore et toujours, à molester les automobilistes et à les rançonner parce que, peut-être, ils auraient une «empreinte carbone» un peu trop forte. Encore une taxe déguisée de plus sur le dos des salopards d’automobilistes! Encore une structure bureaucratique de plus…pour notre bien à tous! Et, pour couronner le tout, un réseau de garages accrédités (oh! Les chanceux!)  dont on verra sans doute apparaître les noms des propriétaires sur la liste des donateurs du PLQ!

On aurait cru que l’Opposition officielle (le PQ en l’occurrence) se serait levée d’un bloc pour descendre en flammes cet OVNI malencontreux. Pas du tout! Silence total! Ce qui signifie, qui ne dit mot consent, que le PQ est en accord avec cette entourloupette sortie des sous-sols du Ministère de l’Environnement.

Ce qui n’est guère surprenant quand on sait que la politique environnementale du PQ est sous la gouverne de la député Martine Ouellet, une écolo pur jus.

Heureusement que l’ADQ et certains chroniqueurs du Journal de Québec ont cru bon de prendre la défense du troupeau mal-aimé des «moutons-automobilistes».

DÉMAGOGIE SENTIMENTALE

Sur l’abolition du registre des armes d’épaule, le Gouvernement du Québec et pratiquement toute la classe politique se sont englués dans un cloaque de démagogie, de mauvaise foi et de sentimentalisme. Rien de rationnel dans ces cajoleries et ces courbettes à l’endroit des groupes de pressions viscéralement hostiles aux armes à feu.

Laisser entendre qu’une tragédie comme celle de la Polytechnique aurait pu être évitée sir les armes de chasse avaient été enregistrées, c’est de la démagogie de bas étage. Dans tous ces drames horribles, ici ou ailleurs, ce sont des armes prohibées, donc illégales, donc n’étant pas inscrites dans un registre, qui sont utilisées.

Par ailleurs, affirmer, comme certains députés et certains groupes, qu’une fois le registre aboli, n’importe qui pourra se procurer une arme d’épaule et s’en servir pour commettre des crimes, c’est faire preuve soit d’ignorance, soit de mauvaise foi.

Je suis moi-même chasseur. Je possède des fusils et des carabines. Pour ce faire, je dois détenir deux permis : un en provenance du Gouvernement du Québec attestant que je connais le maniement des armes à feu, et un autre, accordé par le fédéral (un permis de possession et d’acquisition) que je dois absolument posséder si je veux acheter une arme à feu et me procurer des munitions. Et, avant d’obtenir ce dernier permis, je dois fournir plein de renseignements personnels (qui sont vérifiés) afin de s’assurer qu’en acquérant des armes à feu, je ne constitue pas une menace pour la société.

Ce registre des permis permet donc aux policiers de savoir si telle personne impliquée dans un acte criminel en train de se commettre est susceptible de posséder des armes à feu…légales. Si ce sont des armes prohibées, impossible de savoir, évidemment.

Exemple : un «forcené» (c’est comme ça que la presse les appelle tous) détient des otages. La police consulte le registre des permis. Elle constate que le «forcené» détient un permis de possession et d’acquisition. Donc, il a sûrement des armes entre les mains. Voilà l’information  essentielle! Que l’arme soit un calibre 12 à pompe ou une carabine 300 magnum est de peu d’importance. Il est armé et il est dangereux, voilà ce qui compte.

Pourquoi alors tout ce boucan pour récupérer les données du registre aboli? Pour faire plaisir aux groupes de pression qui voient les chasseurs comme des criminels en puissance!

Au lieu d’enquiquiner d’honnêtes citoyens qui se servent de leurs armes d’épaule et qui les entreposent de façon très sécuritaire, et au lieu de créer une patente bureaucratique parfaitement inutile, le Gouvernement et les corps de police feraient mieux de sévir efficacement contre le trafic d’armes prohibées concentré dans les réserves iroquoises. Ce serait là des opérations qui pourraient vraiment réduire les risques de tragédies comme celles de Polytechnique et de Dawson.

Et dans ce dossier, l’Opposition officielle, qui a toujours été d’accord (comme le Bloc) avec le registre, a choisi encore une fois de soutenir le Gouvernement.

Ma grand’mère avait une expression pour décrire un copinage semblable. Elle disait : «Deux culs dans la même chemise!».



PROCHAINE ÉLECTION

Lors de la prochaine élection générale, je vais évaluer les partis politiques en lice à partir du critère de crédibilité et de fiabilité suivant : les dépenses nouvelles qu’ils vont promettre.

Un parti qui annoncera des engagements de dépenses nouvelles dans quelque domaine que ce soit, verra sa cote de crédibilité et de fiabilité décroître. Quand les engagements atteindront le cap du milliard, la cote tombera à zéro.

 Vous comprenez bien qu’un parti qui aspire à gouverner un État surendetté, accablant les contribuables du fardeau fiscal le plus lourd d’Amérique, empruntant pour «payer l’épicerie», vivant au crochet de la péréquation, et qui prend quand même des engagements de dépenses nouvelles massives, ne mérite aucunement la confiance des citoyens et ne jouit d’aucune crédibilité puisqu’il sera dans l’incapacité de «livrer la marchandise».

Avec un tel critère, j’appréhende qu’il n’y ait aucun parti qui soit digne de gouverner. On n’est pas sorti du bois!

Jacques Brassard
















lundi 12 décembre 2011

JE VEUX MON PRIX FOSSILE!


                          

Les «prix Fossiles» sont décernés par un conglomérat de brigades vertes aux pays et États qui ne suivent pas docilement les dogmes et le credo réchauffistes.

Le Gouvernement Harper est vraiment choyé à cet égard. Il en a toute une collection. Il en a même déjà reçu trois à la fois. Ce qui, je l’avoue, me rend un tantinet jaloux. Je guerroie contre les impostures et les manipulations écolos depuis des années et je n’ai jamais reçu aucun prix Fossile. Je vous le dis, ça me vexe!

Je ne suis peut-être qu’un politicien à la retraite et un modeste blogueur de l’arrière-pays, mais il me semble que je mérite, moi aussi, ne serait-ce que pour ma persévérance au combat, ce prestigieux prix!

Je le crie donc haut et fort : je veux et j’exige mon prix Fossile!

Mais je suis quand même content pour Monsieur Harper. Ses efforts sont récompensés. À Copenhague, à Cancun et maintenant à Durban, il est vrai qu’il met tout en œuvre pour se retrouver sur le podium. Bravo et félicitations! Sa contribution à la mort de Kyoto devait être signalée et reconnue.

Admirons d’abord la logique de l’argumentation dont fait preuve M. Harper. Elle est imparable.

Faisons l’hypothèse, nous dit-il, que la théorie du réchauffement anthropique est irréfutable. Admettons donc comme prémisse que les émissions humaines de CO2 font grimper le thermomètre.

Par conséquent, s’il faut réduire les émissions de CO2 pour ne pas se retrouver dans la friture, il est indispensable que tous les États sans exception soient assujettis à des seuils contraignants de réduction.

 C’était loin d’être le cas avec le Protocole de Kyoto. Les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Brésil et tous les pays en voie de développement n’étaient pas signataires du traité, ce qui représente plus de 70% des émissions d’origine humaine.

Et rappelons-nous que les pays signataires n’ont même pas été capables de respecter les objectifs fixés. Ce qui se comprend très bien, puisque restreindre le recours aux énergies fossiles, c’était freiner le développement économique.

Ce fut donc le Grand Bal des hypocrites. Les gouvernements claironnaient leur détermination d’atteindre les objectifs de réduction de CO2, tout en sachant qu’il était impossible de les respecter.

Or M. Harper a refusé de jouer de nouveau au Tartufe. Et il a annoncé la couleur. Si tous les pays, riches, émergents et pauvres, ne sont pas liés à Kyoto II, il ne faut rien faire devant l’agonie et la mort du Protocole. On l’enterre et on rentre chez soi.

On s’en souviendra comme d’un échec monumental et lamentable qui aura coûté des milliards sans faire bouger d’un poil le thermomètre.

Saluons donc la lucidité et le bon sens du PM du Canada.

Ceci étant dit, il aurait reçu aussi et sans le moindre doute un autre prix Fossile s’il avait exprimé le fond de sa pensée sur le RCA (Réchauffement Climatique Anthropique). Car je suis convaincu que M. Harper est un climato-sceptique, comme c’est d’ailleurs le cas d’une partie non négligeable de la communauté scientifique.

Dans 10, 15 ans, quand nous serons bien obligés de constater que nous sommes entrés dans une période froide (reconnaissant ainsi le rôle déterminant dans l’évolution du climat de la Terre des oscillations océaniques et du rayonnement cosmique), nous serons stupéfiés et gênés en nous rappelant avoir cru que le CO2 (0,03% de la composition de l’atmosphère de la Terre), mais surtout le CO2 produit par les humains (soit 1,25% de 0,03%) était à l’origine du réchauffement récent (1975-2000).

Je suis presque certain que M. Harper n’adhère pas à cette hystérie carbonique. Mais comme, pour mettre à mort le Protocole de Kyoto, il lui suffit de s’en tenir au raisonnement ci-énoncé (si c’est le CO2 émis par les humains qui gouverne le climat, TOUS les pays doivent être parties prenantes du nouveau traité), il n’a pas besoin de contester sur le plan scientifique les fondements du réchauffisme.

Je crois cependant qu’il devrait malgré tout le faire. Aux États-Unis, une large proportion de la classe politique et un grand nombre de scientifiques n’adhèrent pas au dogme du GIEC. Et c’est d’ailleurs pourquoi Obama n’est pas en mesure de donner son aval à Kyoto II et de mettre en place un marché du carbone.

Je pense donc que M. Harper devrait créer un forum au sein duquel un vrai débat scientifique sur l’orthodoxie climatique du GIEC devrait avoir lieu. Ce qui lui permettrait, le chanceux, d’ajouter quelques prix Fossiles à sa collection.

Par ailleurs, il lui aurait suffi de refuser de contribuer au Fonds Vert (créé à Cancun et destiné à aider les pays en voie de développement à réduire leurs émissions de CO2) pour qu’on lui décerne d’autres prix Fossiles. Il a plutôt annoncé une contribution de plus d’un milliard de dollars au Fonds Vert.

Quand on connait les graves problèmes vécues par les pays pauvres (manque d’eau potable; absence d’électricité pour des millions d’êtres humains; méfaits du protectionnisme agricole des pays développés; sida; malnutrition; graves carences en éducation; multiples défaillances dans la lutte contre les vraies pollutions, celles qui sont réellement nocives, et même toxiques), il nous faut conclure que consacrer des milliards pour réduire les émissions d’un gaz somme toute inoffensif (utile même à la vie) plutôt que d’aider à trouver des solutions à ces immenses problèmes, c’est à n’en pas douter une très mauvaise allocation de ressources, pour ne pas dire un gaspillage éhonté.

Le Gouvernement Harper aurait donc du refuser carrément de financer le Fonds Vert. Les pays développés traversent présentement une grave crise économique. Ils doivent s’assurer que leur aide aux pays en voie de développement soit la plus utile possible.

Ce n’est pas en finançant dans les pays pauvres des filières énergétiques (éolien, solaire) dont la vertu première n’est pas l’efficacité, mais le peu de CO2 qu’elles génèrent, qu’ils vont leur être vraiment bénéfiques.

Allez demander à la Chine, qui met en production deux centrales au charbon par semaine, si des filières coûteuses et inefficaces  comme celles-là  sont en mesure de combler les énormes besoins en électricité des dizaines de millions d’êtres humains qui n’y ont pas accès du tout.

Et en passant, avez-vous remarqué qu’Obama, pourtant aussi réfractaire que M. Harper à maintenir en vie Kyoto, n’a reçu, lui, aucun prix Fossile. Il faut croire qu’être de gauche constitue un apanage qui vous met à l’abri de toute critique de la part du clergé «enverdeur».

Kyoto ne sera donc pas renouvelé. Trois fois hourrah! Et félicitations à M. harper pour le rôle qu’il a joué dans cette extinction.

Les chamanes et les gourous verdoyants lui ont décerné plusieurs prix Fossiles. Mais je les trouve pingres, chiches, hautains, de ne pas daigner m’en accorder au moins un! Un petit bronze, tiens! Je suis choqué et mortifié! Le chamane Guilbeault que j’ai si souvent vilipendé et le chanoine Villeneuve devant qui je ne me suis jamais prosterné devraient faire un petit effort et intercéder en ma faveur.

JE VEUX MON PRIX FOSSILE!

Jacques Brassard

DERIÈRE HEURE :

Comme à Copenhague et comme à Cancun, la conférence de Durban a fini dans les bonnes intentions et la pensée magique. Les délégués en sont arrivés à un accord prévoyant…la poursuite des pourparlers!

On ne s’entend pas sur l’essentiel (c’est-à-dire sur un traité de nature contraignante s’appliquant à tous), mais tout le monde convient qu’il faut continuer de faire du Tourisme Climatique (n’oublions pas qu’ils étaient plusieurs milliers à Durban : activistes, politiciens, bureaucrates, journalistes). Le tout aux frais du contribuable. À la condition toutefois que ça se déroule dans un lieu de villégiature de luxe. Donc, plus jamais des villes nordiques comme Copenhague où l’on se gèle le c… et le cerveau!

J.B.
RÉPONSE

Vous trouverez à la section commentaires plusieurs messages résolument réchauffistes. Je les publie (malgré qu'ils ne soient pas bien gentils à mon égard) parce qu'ils illustrent à merveille combien les mantras de l'idéologie carbocentriste sont recrachés mécaniquement par les disciples.Cela fait penser au moulin à prières tibétain!
Pour se convaincre de la solidité de leur foi, ils en reviennent toujours à l'argument d'autorité. Pour eux, les scientifiques qui épousent et défendent la théorie du réchauffement anthropique sont automatiquement dotés d'une crédibilité hors de tout doute. Invoquer leurs noms suffit pour conférer à leurs théories et à leurs opinions le statut de «vérités scientifiques» indépassables. Le sectarisme se pointe ici le nez. Toutes les études provenant de scientifiques mettant en doute l'orthodoxie réchauffiste du GIEC sont «ontologiquement» nulles et non avenues. Comme dit le grand gourou Al Gore, «la science est établie».
L'autre dimension de l'argument d'autorité (l'argument le plus faible selon Aristote et St-Thomas d'Aquin) c'est de mettre en relief le nombre de scientifiques dans chacun des deux camps. Combien y-a-t-il de scientifiques climato-sceptiques, nous demandent-ils avec une petit air arrogant? 2, 3, 5, 10%? Ils sont minoritaires, donc ils sont dans l'erreur.
Depuis quand la vérité scientifique se détermine en fonction du nombre de savants qui y adhèrent. L'histoire de la science est pleine de théories qui, avant de s'avérer vraies, ont été contestées par pratiquement toute la communauté scientifique. Ce n'est donc pas parce que, maintenant, une majorité semble pencher du côté du RCA que cette théorie est vraie.
Le refus manifeste, tel qu'il apparait dans certains messages, d'examiner les théories contraires à l'orthodoxie, comme celles, par exemple, mettant en cause le rôle de notre étoile, montre bien qu'on ne peut pas faire boire un âne qui n'a pas soif!
Jacques Brassard























vendredi 2 décembre 2011

CONFUSION IDENTITAIRE


                                            

Pourquoi, à deux reprises, le peuple québécois s’est-il dit NON à lui-même? Pourquoi, à 15 ans d’intervalle, deux défaites référendaires portant sur la création d’un pays bien à nous? Qui doit porter la responsabilité de ces deux échecs? Pierre Elliott Trudeau? Jean Chrétien? Les «nouveaux citoyens»? Les Canadiens anglais? Ces questions nous hantent depuis 1980.

On peut bien cibler, comme Jacques Parizeau l’a fait au soir du référendum de 95, «l’argent et les votes ethniques», il n’en demeure pas moins que les vrais et seuls responsables de ces débâcles sur une question aussi fondamentale, c’est nous-mêmes. Et quand je dis «nous», je fais référence aux Québécois dits  de souche.

 Attention! Je ne prétends pas que M. Parizeau avait tort. Le Gouvernement fédéral a effectivement plongé à pleines mains dans le Trésor public pour financer une orgie de propagande et, de plus, les «usines de citoyenneté» ont fonctionné à plein régime pour ajouter des électeurs au camp du NON. Ce sont là des faits avérés et documentés.

Mais si les Québécois n’avaient pas été déboussolé sur le plan identitaire, s’ils n’avaient pas été plongés dans une sorte de chaos identitaire, ils auraient dit OUI, probablement dès le premier référendum, sûrement lors du second, et les deux évènements scandaleux dénoncés par M. Parizeau ne seraient que faits divers illustrant simplement la panique dans le camp du NON.

Non, nous avons perdu parce que les citoyens du Québec vivent depuis très longtemps dans la confusion identitaire. Ils sont écartelés entre deux appartenances identitaires, la canadienne et la québécoise.

Et ça ne date pas d’hier. Je viens de relire les Mémoires de l’abbé Lionel Groulx. Passionnant et éclairant tout à la fois.

On peut y suivre à la trace, au fil des décennies, les diverses péripéties  de l’affrontement entre deux nationalismes, le canadien, porté et incarné par Henri Bourassa et le canadien-français, défendu et personnifié par l’abbé Lionel Groulx.

On l’oublie trop souvent, Henri Bourassa était d’abord et avant tout un nationaliste canadien. Ses combats contre l’impérialisme britannique en témoignent. Lionel Groulx, lui, était un nationaliste canadien-français. Son attachement et sa fidélité étaient voués à ce «petit peuple» français et catholique qui vivait sur les rives du St-Laurent.

Cet attachement et cette fidélité, on la retrouve dans le fameux discours qu’il a prononcé lors du deuxième Congrès de la langue française en juin 1937. «Je suis de ceux qui espèrent, disait-il.  j’espère avec tous les ancêtres qui ont espéré; j’espère avec tous les espérants  d’aujourd’hui; j’espère par-dessus mon temps, par-dessus tous les découragés. Qu’on le veuille ou qu’on ne le veuille pas, notre État français, nous l’aurons jeune, fort, rayonnant et beau, foyer spirituel, pôle dynamique pour toute l’Amérique française. Nous aurons aussi un pays français, un pays qui portera son âme dans son visage. Les snobs, les bonne-ententistes, les défaitistes peuvent nous crier : « Vous êtes la dernière génération de Canadiens français!». Je leur réponds avec toute la jeunesse : « Nous sommes la génération des vivants. Vous êtes la dernière génération des morts! ». C’est très lyrique, j’en conviens, mais quelle péroraison magnifique et émouvante!

Au fil des ans, les confrontations Chapleau-Mercier (lors de l’affaire Riel), St-Laurent-Duplessis, Trudeau-Lévesque, Chrétien-Parizeau, Chrétien-Bouchard sont toutes de même nature que celle opposant Henri Bourassa à Lionel Groulx.

D’un côté, ceux dont l’appartenance au Canada prédomine lorsqu’il y un choix de nature identitaire à faire; de l’autre, ceux chez qui l’attachement au peuple québécois (ou canadien-français) prime sans conteste.

Or, depuis plus d’un siècle, cette ambivalence identitaire a prévalu au Québec. Et elle apparait dans tous les sondages que la firme Léger et Léger a fait sur ce sujet depuis qu’elle existe.

Vous connaissez la fameuse question :« Vous considérez-vous comme exclusivement Canadien, Canadien d’abord et avant tout, exclusivement Québécois, Québécois d’abord et avant tout, ou les deux, Canadien et Québécois, également?

En connaissez-vous beaucoup des peuples à qui on doit poser une question aussi biscornue et aussi saugrenue?  Il ne viendrait à personne l’idée de poser une telle question aux Finlandais, aux Polonais, aux Lithuaniens, ou encore aux Tamouls.

Nous, sur le plan identitaire, ne savons pas à quels saints nous vouer! Nous sommes «mêlés»! Déboussolés! Comme…Elvis Gratton!

Mais pourquoi? Essentiellement, parce que nous sommes, depuis la conquête, un peuple annexé. Cette notion «d’annexion» a été élaborée par l’historien Maurice Seguin dans ses cours sur les deux nationalismes au Canada. « Et surtout, écrivait-il, qu’on ne dise pas que le Canada-Français est en mauvaise posture parce que le pacte de 1867 n’a pas été respecté. C’est parce que le prétendu pacte de 1867 a été respecté dans ses grandes lignes et quant à son esprit que les Canadiens-Français sont annexés, limités, provincialisés, comme ils l’étaient déjà en 1841 et somme toute depuis la Conquête ».

Et c’est ce processus d’annexion qui, à la longue, a entraîné ce que Mathieu Bock-Côté a appelé (c’est d’ailleurs le titre de son livre) la «DÉNATIONALISATION TRANQUILLE». C’est-à-dire et en quelque sorte une perte de substance identitaire chez la nation annexée. Accompagnée aussi d’une transmutation identitaire chez une large fraction du peuple annexé.

Une telle réalité, fruit d’une longue annexion, donne, sur le plan identitaire, les résultats «elvis-gratonniens»  que l’on voit dans les sondages. Une dislocation identitaire!

Partant de là, on comprend bien pourquoi, dans un référendum qui a pour but de «sortir de l’annexion», toute la partie du peuple annexé qui a intériorisé l’identité de la nation «annexante» refusera d’adhérer à un tel objectif.

En clair, les souverainistes ont été défaits lors des deux référendums parce qu’il y avait trop, au sein de la nation annexée, de «Canadiens exclusivement» et de «Canadiens d’abord et avant tout». 

Car ce qui détermine l’issue d’une consultation aussi fondamentale c’est, je dirais, la solidité, la vigueur et l’étendu du sentiment identitaire chez la nation annexée. Si le substrat identitaire est trop fragilisé et diminué, c’est la défaite assurée. C’est ce qui nous est arrivé à deux reprises.

Lorsque l’on prend en compte cette donnée essentielle, on ne peut qu’observer l’inanité de l’explication voulant que l’adhésion à la souveraineté a plafonné et continue de plafonner tout simplement «parce qu’on n’en parle pas assez».



On aura beau en parler tant et plus, jusqu’à plus soif, si on ne revivifie pas, si on ne régénère pas le sentiment identitaire, l’adhésion au projet de «sortie de l’annexion» va continuer de stagner et, peut-être même, de régresser.

Et dieu sait que le temps presse.

Lorsqu’on fait les constats suivants :

Un seuil d’immigrant reçus beaucoup trop élevé;

De nombreux et inquiétants reculs du français, surtout à Montréal, suscitant, comme réactions de notre part, un méprisable avachissement mélangé à l’obséquieuse anglomanie d’autrefois;

L’oubli et le rejet de nos racines et de notre héritage judéo-chrétiens (ce qui entraîne, selon Jacques Grand’Maison, un appauvrissement de l’âme, de l’intériorité, un vide spirituel»);

Un enseignement de notre histoire atrophié et réduit à la portion congrue;

Un cours d’Éthique et de Culture Religieuse qui n’est, et je me cite, «qu’un  laboratoire de détraquement identitaire et de lessivage multiculturel»;

Une élite intello technocratique qui réprouve et méprise ce qu’elle appelle notre «suffisance» (Georges Leroulx) et notre «braquage identitaire» (Gérard Bouchard);

Une Fête Nationale qui n’est plus qu’une fiesta bien arrosée,

Quand donc on fait ces constats (et la liste est loin d’être exhaustive), on se doit de conclure qu’avant d’envisager un troisième référendum, il est impératif de déployer un vigoureux effort de redressement et de renforcement identitaires.

Il y a au Parti Québécois un embryon de plan d’affirmation identitaire (malheureusement, il est accompagné d’un programme lesté d’un coûteux interventionnisme étatique d’une autre époque).  Si on prend en compte les constats ci-haut mentionnés, il y a bien des carences. Malgré tout, pour le mettre en branle, il faudrait prendre le pouvoir. Or, avec la discorde qui sévit au sein du parti et les règlements de compte qui s’y déroulent, le pouvoir est devenu inatteignable. Félicitations aux dissidents pour leur beau programme!

Et comme les autres partis ne semblent guère se soucier du désarroi identitaire qui ébranle la nation québécoise, la situation en matière d’identité nationale ne cessera de se dégrader.

Au-je besoin d’ajouter que pour le vieux patriote que je suis (maintenant septuagénaire), le délitement identitaire qui nous affecte comme peuple me plonge dans le découragement et l’écoeurement.

Je ne peux m’empêcher de citer de nouveau l’abbé Groulx (je sais bien que ça fait ringard, mais je m’en fous), cet homme dont toute la vie fut un long combat pour que survive et que s’épanouisse la nation Canadienne française (on dirait aujourd’hui «québécoise»).

La citation est tirée d’un discours prononcé en 1940. Il nous avertit, en somme, que le destin d’un «petit peuple» comme le nôtre est toujours incertain et précaire. Le cimetière des peuples, ne l’oublions pas, est très encombré.

«Dans cinquante ans, dans cent ans, une race humaine habitera encore la terre que nous foulons. Ces hommes, on peut même le présumer, seront, par le sang, les fils de ceux qui aujourd’hui tiennent la place. Pourtant si cette race d’hommes a changé d’âme, trouvant la sienne trop lourde à porter; si plus rien ne la distingue de son entourage que la tragédie de son abdication, cette race d’hommes pourra compter pour dix à quinze millions d’âmes; elle pourra former un État politique puissant, regorger de richesses matérielles; elle n’empêchera point que ce pays n’ait la mélancolie d’un tombeau. Nous serons des Anglais, des Américains, que sais-je?, mais nous ne serons plus des Canadiens français; nous n’aurons plus de vie à nous, de culture à nous, d’âme à nous, de destin à nous. Une splendeur culturelle, une forme originale d’humanité seront perdues et mortes à jamais. Que les arrivistes ou les esprits légers tiennent ce dénouement pour peu de chose; que mourir de cette façon leur soit égal, pourvu que leur reste la graisse de ce monde, c’est leur affaire et c’est de leur niveau. Mais aussi longtemps que la hiérarchie des valeurs se fixera ici-bas selon les critères spirituels, les peuples qui pensent ainsi appartiendront à l’espèce inférieure. Et l’élite qui aura conduit ces peuples à de si basses façons de penser – car les peuples ne vont pas là d’eux-mêmes – cette élite d’intellectuels, de bourgeois ou de politiciens entrera dans l’histoire, mais avec les balayures».

Tel pourrait bien être notre destin. Et cela m’afflige. Mais en nous doit demeurer l’Espérance, cette «petite fille espérance, écrivait Péguy, qui n’a l’air de rien du tout». Et malgré tout, je suis comme l’abbé Groulx en 1937, je continue d’espérer «par-dessus mon temps, par-dessus tous les découragés».

Jacques Brassard