lundi 2 mai 2011

DES JOURS SOMBRES À VENIR

Mais où sont-il donc les hérauts visionnaires d'un Printemps Arabe aux couleurs de la liberté et de la démocratie? Eux qui s'exaltaient et qui s'enflammaient devant des «révolutions» grosses d'un monde nouveau fondé sur les droits humains fondamentaux, on ne les voit plus et on ne les entend plus!  Peut-être ont-ils maintenant honte de s'être comportés comme des bonasses myopes?
Ceux qui, comme moi, considéraient que la liberté et la démocratie étaient incompatibles avec l'islam tel qu'il est, étaient stigmatisés comme des rabat-joie hargneux, incapables de humer les effluves bénéfiques du Printemps Arabe.
Quand on fait le tour du monde arabe, il faut bien constater qui ni en Tunisie, ni en Égypte, ni en Lybie, ni au Yémen, ni en Syrie, la démocratie n'a surgi du tumulte.
Partout la misère s'accentue et l'islamisme domine.
Vous trouverez ci-dessous un texte de Guy Millière publié le 1e mai sur le blogue DRZZ.
Guy Millilère (philosophe et économiste) est un des rares intellectuels français proche des néo-conservateurs américains. Le regard lucide qu'il porte sur la présidence Obama, le déclin de l'Europe et les dégâts de l'islamisme m'est d'une grande utilité depuis des années. Les textes, conférences et livres de ce brillant conaisseur de l'Amérique et de ce défenseur acharné d'Israël me sont d'un grand secours pour y voir plus clair dans la réalité toujours compliquée et parfois si déconcertrante de notre époque.
Quant à DRZZ, c'est l'un meilleurs blogues français que je connaisse. Si vous êtes dégoûtés de la Pensée Unique et de la bien-pensance qui écrasent l'univers médiatique traditionnel (ici comme ailleurs), alors, allez faire un tour chez DRZZ.






Dimanche 1 mai 2011 7 01 /05 /Mai /2011 16:58

Monde arabe : le bruit et la fureur ne font que commencer - par Guy Millière







La situation en Egypte ne fait plus les gros titres des journaux. Bashar El Assad continue à massacrer des Syriens par centaines, avec l’aide de gens du Hezbollah, sans grandes conséquences internationales. La guerre civile continue en Libye, avec contributions de la France, du Royaume-Uni, et, de loin, des Etats-Unis. Un changement de régime s’opère dans le tumulte au Yemen. L’Autorité Palestinienne et le Hamas se rapprochent et glissent ensemble vers des positions qui sont celles du Hamas.









J’ai noté, déjà, que l’avantage, partout, allait aux tenants de l’islam radical, que le pays dominant derrière tout cela apparaissait être l’Iran. Un autre pays a de nettes prétentions à domination : la Turquie. Ces deux pays ne sont pas des pays arabes. Ce sont des pays plus développés économiquement que les pays du monde arabe. Si l’Iran et la Turquie sont les pays les plus dangereux dans l’immédiat, il ne faut pas, pour autant se désintéresser de ce qui se passe dans le monde arabe lui-même en son ensemble. Une Turquie échappant à l’emprise islamiste pourrait renouer avec la modernité. Il en va de même pour l’Iran.









La situation globale dans laquelle se trouve le monde arabe est plus complexe. Pour l’essentiel, le monde arabe reste extérieur à la modernité.









Le monde arabe est une zone du monde qui est enlisée depuis des siècles dans une inertie et une décrépitude qui se poursuivent et atteignent en ce moment leur point de rupture.







L’islam est né en terre arabe, mais est passé sous la coupe de musulmans non arabes dès 1055, lorsque le califat Abbasside est pris en main par les Turcs Seldjoukides, auxquels succéderont, un siècle et demi plus tard, les Ottomans. Jusqu’au vingtième siècle, les peuples arabes ne seront plus maîtres de leur destin. On y cultivera la nostalgie d’un âge d’or révolu à faire renaître, un sentiment d’humiliation et de frustration qui s’accentuera encore lorsque les Ottomans seront remplacés par des colonisateurs européens. C’est dans le monde arabe que naîtra l’intégrisme, avec l’enseignement de Muhammad ibn Abd al-Wahhab au dix-huitième siècle. Les autres formes d’intégrisme musulman viendront plus tard.









Lorsque l’empire ottoman sera démantelé, des pays arabes naîtront, dans des frontières découpées par les puissances européennes. Lorsque la décolonisation s’opèrera, trente à quarante années plus tard, les anciennes colonies deviendront des pays, dans les frontières dessinées par les anciens colonisateurs. Les seuls régimes politiques à avoir pris forme en ces deux phases furent des monarchies et des dictatures.









Les monarchies ont été, ou sont presque toutes, relativement artificielles. La dynastie au pouvoir en Jordanie était celle au pouvoir en Arabie avant que l’Arabie soit cédée au clan Saoud : la population de Jordanie est à quatre-vingt pour cent arabe palestinienne. Le roi Farouk Premier, en Egypte, renversé en 1952, était en réalité le descendant d’une lignée de wali, dirigeants de province ottomane, née avec Méhémet Ali. La dynastie la plus solide est celle existant au Maroc où le roi vient d’une lignée de sultans en place depuis trois siècles. Les rois arabes tirent leur prétention à légitimité du fait qu’ils sont censés descendre de Mahomet.









Les dictatures sont toutes issues d’une forme ou une autre du nationalisme arabe, né dans les années 1920-1930, qui fut et reste très imprégné des doctrines fascistes et national socialistes.









Un fonctionnement démocratique n’a existé dans le monde arabe que de façon très brève, ici ou là, et de façon très limitée : la seule exception ayant été le Liban, qui a été une exception surtout parce que la population y était majoritairement chrétienne, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.









Les dictatures arabes et le nationalisme arabe ayant échoué, toutes les dictatures arabes sont menacées par le virus intégriste.









Les monarchies elles-mêmes sont en position chancelante et menacées par le même virus.









L’idée même de démocratie est une idée essentiellement étrangère à la culture arabe, jusqu’à ce jour. L’idée que le peuple peut disposer de la liberté de choisir est une idée qui reste essentiellement absente, comme dans l’ensemble du monde musulman, mais plus encore qu’ailleurs dans le monde musulman, en raison de l’idée d’ "âge d’or" à retrouver, de la nostalgie et de la frustration.









L’idée que le pouvoir vient d’Allah est toujours omniprésente.









Elle se trouve ébranlée, dans les monarchies, par la fréquente artificialité de celles-ci. Le monarque doit s’appuyer, en général, sur un clan, et s’il ne parvient plus à rétribuer celui-ci, des fissures et des dissensions apparaissent, et le virus peut se propager.









Dans les dictatures, l’idée subsiste, mais voit se superposer à elle la résignation au pouvoir d’un homme fort et brutal. Tout en se réclamant d’un nationalisme arabe, cet homme fort et brutal s’appuie lui-même sur un clan, ou sur des tribus ralliées à lui. S’il n’arrive plus à rétribuer efficacement le clan et les tribus ralliées, la contestation peu surgir, et le virus se propager là aussi.









L’alternative aux monarchies et aux dictatures est l’anarchie, l’émeute, l’islamisme, l’idée de djihad et, parfois, la concrétisation de celle-ci. Pas la démocratie libérale.





Ni les monarchies ni les dictatures n’étant à même d’impulser le moindre dynamisme, ni les unes ni les autres n’étant compatibles avec un plein exercice de la liberté de parole et de la liberté d’entreprendre sans lesquelles le développement est impossible, on peut raisonnablement penser que le pire est à venir.









Les pays du monde arabe qui sont riches le sont en raison du fait qu’on y produit des matières premières. Ils sont pauvres lorsqu’on n’y produit pas de matières premières.









Aucun pays arabe ne dispose d’industries de transformation, ou seulement de manière embryonnaire.









La possibilité de vivre de la rente fournie par les matières premières, là où elles existent, s’épuise et, en raison de la démographie, se trouve face à une situation où les sommes à redistribuer se font, par tête d’habitant, moins importantes.









Là où les matières premières n’existent pas, la pauvreté s’accroît jusqu’à l’intolérable.









La substitution d’une perfusion financière occidentale devient de plus en plus difficile à envisager et la perfusion ne peut remplacer le manque d’industries.









Les émeutes qui ont eu lieu et ont encore lieu n’ont pas été et ne sont pas des révolutions. Elles peuvent déboucher sur des coups d’Etat, sur le maintien du pouvoir en place, au prix du sang. Des élections peuvent être organisées ici ou là : elles déboucheront sur un pouvoir plus islamique ou plus nationaliste radical, mais sur rien d’autre.









Le fondement du mécontentement, l’étincelle qui partout a mis le feu au poudre, n’a pas été un soudain désir de liberté, comme on l’a dit parfois, mais la hausse des prix de l’alimentation, la faim, le désespoir, la frustration.









Sans développement économique, les mêmes causes reproduiront tôt ou tard les mêmes effets. Or les possibilités de développement économique sont quasiment nulles.









Le point de rupture est atteint, disais-je. Le bruit et la fureur ne font très vraisemblablement que commencer.









Ce qui s’opère est la phase finale d’un effondrement du monde arabe. Cette phase finale pourra durer des décennies.









Pendant ces décennies, le monde occidental devra être vigilant et lucide : les chances d’une démocratisation conduisant à la liberté de parole et d’entreprise sont absentes. Les réactions de rage sont plus vraisemblables. La volonté de trouver des boucs émissaires restera forte : ceux-ci pourront être le détenteur du pouvoir en place, de nouveau Israël, l’Amérique, l’Occident.









Les incitations et la dissuasion seront les meilleurs leviers disponibles pour Israël, l’Europe, l’Amérique. Inciter à des attitudes amicales, et, en ce cas, récompenser et assister. Dissuader fermement toute attitude hostile. Renverser un régime très hostile et très dangereux.









En ce cadre, le changement de régime en Irak faisait sens. L’action menée contre Kadhafi en Libye est, elle, insensée.









Une action en Syrie ferait davantage sens que l’action en Libye, mais serait très risquée, et pourrait embraser toute la région, sauf si elle était rapide et très ciblée.









La création d’un deuxième Etat palestinien, venant s’ajouter au royaume palestinien de Jordanie, serait bien davantage qu’insensée, et ne pourrait faire sens que pour qui veut détruire Israël.









Dans le cadre que j’ai dessiné, l’attitude de l’Europe en général est absurde, dangereuse, voire suicidaire. L’Europe ne pratique pas les incitations à l’amitié. Elle ne dissuade pas les attitudes hostiles. Elle n’a ni les moyens ni la volonté de renverser des régimes hostiles et dangereux. Elle apaise servilement ses ennemis, démontre son impuissance en général, n’agit que là où elle a l’approbation du monde islamique, et se révèle prête à sacrifier ses amis.









L’attitude des Etats-Unis était davantage porteuse de lucidité jusqu’à une période récente : il y avait eu, certes, les calamiteuses années Carter. Aujourd’hui, nous sommes dans les années Obama. Une présidence des Etats-Unis désastreuse coïncide avec la phase finale de l’effondrement du monde arabe. Jamais la situation n’a été plus lourde de périls majeurs.









Israël, dois-je le dire, ne peut et ne doit, en ce contexte, strictement rien céder.









Guy Millière



Reproduction autorisée avec la mention Drzz.fr 

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Vous êtes vite en affaire. Laissez un peu aller les choses, on verra dans quelques mois.
Et je vous rappelle que le christianisme a été incompatible avec la démocratie pendant presque 2000 ans. Ça invite à un peu de modestie.
Vincent.

Anonyme a dit…

L'occident souffre de l'islam parce qu'il a abandonné la raison et le christianisme avec la dénatalité et l'avortement.

Mais ça personne ne veut en parler...

Anonyme a dit…

Je consulte DRZZ régulièrement depuis pas mal longtemps. Oui, un blog très lucide. Guy Millière, je le trouve aussi très articulé, mais parfois un peu pessimiste. À moins que ce ne soit du réalisme pur, ce qu'on ne veut pas trop voir ou savoir sur ce qui se passe dans notre monde.
G.F. Bonne soirée électorale. Espérons que le NPD et le Bloc mangeront la poussière!!

Anonyme a dit…

Les pays comme l`Egypte,la Tunisie,la Lybie etc...risque de devenir des enfers islamiques aussi dangeureux que l`Iran.Si cela se produit,Israël sera plus que jamais isolé,entouré de pays hostile à son existence.Et si Israël se fait attaquer sérieusement par ces pays,les enfers islamiques arriérés ou rien de bon ne sort de là,les pays libres et dynamiques comme le Canada,les US,l`Europe et j`espère bien la Russie et la Chine vont venir au secours d`Israël.Il faut absoluement qu`ont protège Israël,notre première ligne de défense contre ces baveux islamiques.

Anonyme a dit…

Yessss ! Pour ma part, je suis fière ! Gagné dans mon compté, Christian Paradis a été réélu, en plus Harper une majorité ! Enfin, il va pouvoir gouverner sans crainte !

Avez-vous vu la chronique de gendron ce matin dans journal de mtl ? dégueulasse. pitoyable. à vomir.

"Merci d'avoir défendu aussi
une autre vision du Canada qui n'avait pas le nez dans le postérieur d'Israël et qui démontrait une compassion envers nos compatriotes palestiniens. "

Nos Compatriottes ? pour lui peut-être. Libre à lui de flirter avec le hamas et le double langage du fatah. mais de grâce qu'il ne met pas tou les québécois dans son panier antisémite déguisé en antisioniste ! Nous avons bien plus à voir avec les israéliens que les palestiniens !

Combien est-il payé en retour pour cracher sa haine sur Israel à longueur de ses chroniques de m**** ?

Il faut avoir une haine viscérale, pour oser mettre sur le dos d'Israel sa rage qu'il n'apprécie face à la majorité du PCC.
Pas capable ce type là. Il me fait gerber...

Sa haine des israéliens, et son antisémitisme est irrationnel.

Franchement, je me demande si lorsqu'il était jeune peut-être a-t-il été largué par une femme juive pour en avoir une tel rancoeur ? Désolée, hors sujet, mais pardonnez-moi M. Brassard, là je devais l'écrire...
Hanaël.

Conservateur québécois a dit…

Le point de vue de Millière n'est sûrement pas enseigné dans nos grandes institutions d'enseignement... Nous n'avons qu'un côté de la médaille au Québec.