lundi 15 mars 2010

BLOC-NOTES

I- Carbone Boréal : ne comptez pas sur moi!

Lorsque j’étais titulaire du Ministère des Ressources Naturelles, j’ai eu l’occasion de rencontrer à maintes reprises le directeur du Consortium de Recherche sur la Forêt Boréale, le Professeur Réjean Gagnon. C’est lui qui m’a fait connaître l’exceptionnelle capacité régénératrice de la forêt boréale. C’est aussi lui qui m’a appris qu’il existait des milliers d’hectares de «landes forestières» où, après des perturbations naturelles (feux, épidémies d’insectes), la régénération n’avait pas eu lieu.



C’est à partir de ce constat que Réjean Gagnon avait élaboré un vaste projet de reboisement de ces immenses superficies de «forêts ouvertes». Une expérience de plantation avait démontré que la reforestation y était tout à fait possible. En s’engageant résolument dans cette voie, on pourrait fort bien accroître de façon substantielle le volume de matière ligneuse récoltable. Tel était l’objectif de Réjean Gagnon et de son équipe.



C’était sans compter sur l’Inquisiteur carbono-réchauffiste de l’UQAC, Son Éminence Claude Villeneuve, qui a détourné le projet de sa fin première pour en faire un rouage du processus pénitentiel concernant les pécheurs climatiques. Je vous cite le Vicaire apostolique du GIEC, Monseigneur Villeneuve : «Vous voulez compenser pour les émissions de CO2 de votre voiture? Vous pouvez verser un montant proportionnel à votre kilométrage qui assurera qu’un nombre approprié d’arbres sera planté dans nos dispositifs.»



Pour donner suite à une pareille exhortation, il faudrait d’abord que je considère le CO2 comme un gaz polluant et nuisible (ce qui n’est pas le cas); et, ensuite, que je sois convaincu que le CO2 que j’émets en respirant et que ma bagnole (un splendide 4X4) émet en roulant soit la cause du réchauffement climatique (ce qui n’est pas le cas non plus). Alors, Monsieur l’Inquisiteur carbono-réchauffiste, je vous avise que je n’irai pas à votre confessionnal. Par conséquent, pas une «cenne noire» de ma part dans votre tirelire!



J’aime beaucoup le recours à la métaphore des indulgences que fait le Professeur de l’UQAC à la retraite, Reynald Du Berger, pour décrire le maquignonnage du Gourou de Chicoutimi : vous achetez des indulgences sous la forme de plants d’arbres, ce qui manifeste votre sincère repentance et ce qui donne lieu au pardon des offenses.



Décidément, la science climatique est tombée dans le caniveau de l’idéologie bien crasse et bien mercantile.



II- Haro sur Maxime Bernier!

Maxime Bernier est député conservateur de Beauce et ancien Ministre des Affaires Étrangères. Fin février, dans une lettre ouverte parue dans La Presse, il fait état du climategate, une énorme supercherie faite de manipulations de données climatiques par un centre de recherche britannique, ce qui jette un discrédit durable sur le GIEC, haut lieu onusien de prosélytisme réchauffiste. Il signale également l’absence de hausse de la température globale depuis plus de 10 ans et il met en doute, en s’appuyant sur de travaux de scientifiques dits «sceptiques», le rôle déterminant du CO2 d’origine humaine dans le réchauffement de la fin du XXe siècle. Se basant sur une absence manifeste de consensus dans la communauté scientifique portant sur la cause des changements climatiques, il conclut «qu’il serait irresponsable de dépenser des milliards de dollars et d’imposer une réglementation exagérément sévère pour régler un problème dont on est loin de cerner la gravité.»



À ma connaissance, c’est la première fois qu’un membre de la classe politique québécoise remet en question le dogme réchauffiste qui, comme chacun sait, a le statut d’une religion indéboulonnable au sein de quasiment tous les partis politiques au Québec et au Canada.



Il va donc de soi que l’accueil de la missive du député de Beauce ne s’est traduit que par des moqueries et de anathèmes. Les scribes de la presse officielle, tous ancrés dans l’orthodoxie climatique et la bien-pensance de gauche, se sont empressés de le ridiculiser en rappelant sa mésaventure avec Julie Couillard et en le confinant dans le rôle du polichinelle manipulé par le Gouvernement Harper. Personne n’a jugé utile d’analyser les arguments invoqués et avancés par Maxime Bernier. On discrédite le messager pour ne pas avoir à considérer le message. Franchement dégueulasse!



Quant aux partis politiques fédéraux (PLC, NPD, Bloc), leurs réactions indignées démontrent bien leur acharnement schizoïde à ne pas voir ce que Claude Allègre (un éminent scientifique français et ancien ministre socialiste) appelle dans son dernier livre «l’Imposture Climatique». Recourir aux quolibets et aux insultes les empêche ainsi d’avoir à remettre en question leurs belles certitudes réchauffistes dont la fragilité vient pourtant d’être mise en lumière par les filouteries, les conflits d’intérêts et le faux consensus au sein du GIEC.



III-La démocratie irakienne



Concernant l’Irak qui en est à son troisième scrutin et qui, malgré les attentats qui se poursuivent, constitue malgré tout, dans une région où le despotisme est le régime politique commun (à l’exception d’Israël, bien sûr!), une terre de liberté, la déclaration la plus ahurissante est celle du Vice-Président américain, Joe Biden. Imaginez! Il a dit que la liberté qui prend racine en Irak était un «accomplissement»…de l’administration Obama!!



Quand on sait qu’Obama, lorsqu’il était sénateur, a voté contre l’intervention militaire visant à renverser le régime barbare de Saddam et que son intention, manifestée durant la campagne présidentielle, était de rapatrier les troupes américaines opérant en Irak, il est plutôt surprenant de le voir maintenant s’attribuer les mérites d’une décision qui a pourtant valu à Bush d’être traité comme un immonde et belliqueux «impérialiste».



Ajoutons à la suave déclaration de Joe Biden, le titre du magazine Newsweek (média furieusement anti-Bush et adulateur d’Obama), relativement au succès de la troisième élection législative en Irak : «Mission accomplie»!! Tiens! Tiens!

Au fond, George W, Bush n’a qu’à patienter. L’Histoire lui rendra justice un jour d’avoir décidé d’anéantir l’une des tyrannies les plus sanguinaires du XXe siècle. Comme ce fut le cas d’Harry Truman, lui aussi Président mal-aimé, à qui on reconnait aujourd’hui le mérite d’avoir stoppé l’envahissement du communisme en Corée du sud. La gratitude lucide est toujours …en retard. Mais l’ineffable Joe Biden a déjà commencé à l’exprimer.



Jacques Brassard

8 commentaires:

R.B. a dit…

C'est si rafraichissant de lire un peu de vérité !

Isabelle Robillard a dit…

Effectivement, les chroniqueurs éclairés se font rares de nos jours. Et encore plus dans les médias traditionnels

Merci pour votre précieuse contribution.

Moi aussi j'aime bien l'image des indulgences de votre point I. Ça décrit bien le phénomène.

Jean-Luc Proulx a dit…

Bravo pour ce multiplillet (billet de blogue comprenant plus d'un sujet), monsieur Brassard!

Je suis d'accord avec vous sur ces trois sujets-ci, sauf pour un truc! Même si je suis d'accord avec vous pour dire que Joe Biden est une nullité sur pattes, que le gros de la job en Irak fut fait par George W. Bush, que je reconnais le succès du surge, que je me réjouie que les Irakiens puissent, maintenant, vivre dans une démocratie (fragile et qui ressemble plus à une forme d'anarchie qui est en train d'exterminer le peuple irakien qu'à une véritable démocratie solide) et qu'ils soient libérés d'un dangereux tyran comme Saddam (je n'ai versé aucune larme en le voyant se balancer au bout de sa corde, celui-là), il n'en demeure pas moins ceci:

1) Le vrai champs de bataille est l'Afghanistan et le Pakistan, car c'est là que se cachent Al Qaïda, l'organisation terroriste islamiste qui a attaqué l'Occident en 2001, et les talibans (les complices de Al Qaïda);

2) La guerre en Irak fut déclenchée, alors que Saddam (que les États-Unis ont armés et financés dans les années 1980, soit dit en passant) n'était qu'une menace pour son peuple, peuple qui aurait fini par s'en débarrasser, tôt ou tard, comme les Roumains l'ont fait avec Ceausescu en 1989;

3) L'Irak de Saddam n'était pas réellement une menace pour l'Occident, puisqu'il n'était pas un islamiste et qu'il n'y avait pas d'armes de destruction massive là-bas (par contre, il est vrai que c'était un génocidaire et un dictateur des plus odieux et que le monde se porte un peu mieux sans lui);

4) Cette guerre fut déclenchée sous 935 mensonges de la part de l'Administration Bush (souvenez-vous des photos truquées de Colin Powell devant l'ONU!) sous des visées impérialistes cachées pour piller les ressources pétrolières de ce pays;

5) Cette guerre fut décidée unilatéralement par les États-Unis, il n'y a pas eu de résolutions de l'ONU à cet effet et il n'y a aucune coalition internationale qui supervise le déroulement des opérations, comme c'est le cas en Afghanistan (peut-être que c'est pour ça que cette guerre ressemble étrangement à celle qui s'estr déroulée au Viet Nam);

6) La guerre en Irak est une guerre hypocrite et non pas une mission de combat;

5) Cette guere est devenue une véritable poubelle à fonds publics pour nos voisins du Sud et pour le reste du monde (3000 milliards de $ chacun) et, en plus, cet argent est emprunté, donc, c'est ma génération qui devra en faire les frais!

Donc, je ne crois pas que cette guerre fut d'une grande utilité et, en plus, les États-Unis se sont faits inutilement du tort, à l'échelle mondiale, avec cette invasion criminelle d'un pays souverain (crime contre l'Humanité) qu'ils ne connaissaient pas (comme ce fut le cas avec le Viet Nam) et où ils s'enlisent aujourd'hui (comme ce fut le cas au Viet Nam)!

Les anti-américains ont eu le beau jeu là-dedans et plusieurs personnes les a cru. Alors que les États-Unis avaient besoin de la confiance et du soutien du monde entier, afin de rendre le monde plus sûr en traquant ceux qui ont attaqué l'Occident en 2001, ils ont tout gâché en se comportant en conquistadors (Irak) et en tortionnaires (prisons secrètes de la CIA, Abu Ghraïb, torture, Guantanamo)!

Entre l'attitude «j'utilise-le-terrorisme-pour-détruire-le-terrorisme» de Bush et l'attitude capitularde, pacifiste gnan-gnan et inepte d'Obama, je crois qu'il y a un juste milieu. Les États-Unis auraient dû s'en tenir à leur plan de match original qui était de traquer Ben Laden et ses complices et à redonner leur pays aux Aghans.

Pourquoi n'ont-ils pas arrêté Ben Laden, quand ils en ont eu la chance, au lieu d'envahir illégalement l'Irak, hein? Leur image dans le monde n'en aurait pas été aussi affectée et on ne serait peut-être pas pogné avec Obama, aujourd'hui!

Conservateur québécois a dit…

En effet. La seule démocratie du Moyen Orient (à part Israël) est l'Irak. Et ce grâce à G.W.Bush. Les gauchistes d'ici préféraient garder S.Hussein en place !

M.Bernier va se faire excommunier par la classe politico-journalistique québéco-canadienne. Le dogme du réchauffement ne peut être remis en question. Allons tous prier pour le climat !

Mr. Brassard, continuer d'écrire ce genre d'article que nous ne retrouverons jamais dans La Presse à Power Corporation ou à Radio-Havane (ou Canada...).

Anonyme a dit…

Tout petit bémol à votre texte avec lequel je suis par ailleurs entièrement d'accord: Obama a voté contre le "surge" et non contre la guerre en Irak puisqu'il n'était pas sénateur à cet époque.

Anonyme a dit…

Vos textes sur la politique sont certainement les plus intéressants qu'il m'est été donné de lire depuis des années. D'où mes questions: Pourquoi maintenant? Pourquoi pas lorsque vous aviez le pouvoir de changer les choses? Quoiqu'il en soit, je continu à vous lire en espérant qu'un éventuel parti de droite pourra profiter de votre expérience.

Julie Thibault

Anonyme a dit…

"La seule démocratie du Moyen Orient (à part Israël)"

Ridicule...

Liban, Turquie...

Anonyme a dit…

Il n`y a pas de véritable démocratie au Moyen-Orient et il n`y en aura pas tant que l`islam existera comme religion.

En Turquie, c`est l`armée qui est gardienne de la laicité mais déja les veilles habitudes reviennent et les islamistes travaillent a démolir un systeme qui va contre le Coran.

La Liban n`est qu`un assemblage dysfonctionnel de communautés religieuses (Druzes, Chrétiens maronites, Musulmans chiites et sunnites) en lutte et méfiance constante.

D`ailleurs la démocratie recule en Europe mesure que l`islam augmente....et ici demain...