vendredi 7 décembre 2012

LE TEMPS PRESSE

(Chronique parue le 7 décembre dans le Journal de Québec)
                                                       

La ministre de L’immigration, Diane de Courcy, s’interroge et s’inquiète tout à la fois sur l’échec relatif de la francisation des immigrants. Elle reconnait que sur plus de  50,000 immigrants qui arrivent chaque année, 12000 d’entre eux ne peuvent dire un mot de français à leur descente d’avion et que 5000 d’entre eux ne s’inscriront à aucun cours de français.

Ce qui signifie, reconnait la ministre, que le Québec «échappe ainsi, année après année, quelque 40% des nouveaux arrivants non francophones.»

Que doit-on conclure de ces faits? D’abord, qu’il est légitime de penser que ces immigrants non francophones et non francisés, ou s’intègrent à la communauté anglophone, ou s’enferment dans un ghetto.

Ensuite, qu’il est tout aussi légitime de conclure que la capacité d’intégration de la société québécoise n’est pas d’un niveau suffisamment élevé en regard du nombre d’immigrants qui arrivent chaque année, puisque plusieurs milliers des nouveaux venus échappent, à chaque année,  à toute francisation.

Enfin, ce qui découle de ces faits, c’est la pertinence de remettre en cause le seuil maximal d’immigrants reçus depuis 2008, soit 55000 par année.

En 2008, rappelons-nous, alors que libéraux et péquistes s’entendaient comme larrons en foire pour juger tout à fait raisonnable d’accueillir 55000 immigrants chaque année (10000 de plus), Mario Dumont, lui, trouvait imprudent et irresponsable de rehausser le seuil à un tel niveau. 45,000, c’était même déjà trop.

Mario Dumont et l’ADQ furent alors accusés de nourrir des préjugés contre les immigrants. Maka Kotto, du PQ, traita même M. Dumont de «lepeniste» (Le Pen étant le chef du Front National, parti français d’extrême-droite). Bref, Mario Dumont fut cloué au pilori pour avoir osé remettre en question et jugé trop élevé le seuil d’immigration.

Pourtant, la question est on ne plus pertinente et légitime. Se pourrait-il que notre incapacité à bien intégrer les immigrants ne soit pas seulement liée à l’insuffisance de ressources et de moyens, mais aussi au fait qu’il en arrive TROP à chaque année? Se poser une telle question n’a rien à voir avec le racisme, la xénophobie ou le «lepénisme».

Regardons ce qui se passe en Europe. Tous les pays se sont ouverts à une immigration massive plus ou moins contrôlée. En France, c’est 200,000 qui arrivent chaque année. Et c’est sans compter les illégaux. Rendez-vous compte : en cinq ans, c’est un million qui débarque. Et tous ces pays se sont englués dans le multiculturalisme. Avec comme conséquence, le communautarisme, c’est-à-dire des communautés culturelles, ethnico-religieuses, repliées sur elles-mêmes. Ce qui signifie également des millions de personnes vivant dans des zones de non-droit (des «territoires perdus de la République», comme on dit en France) assujetties aux prêcheurs islamistes et aux gangs organisés, les deux haïssant leur société d’accueil.

Je sais bien qu’au Québec, nous n’en sommes pas là. Mais les conditions pour y arriver sont bien présentes. D’une part, le multiculturalisme est bien implanté chez nous. Ce qui veut dire que l’on encourage les communautés culturelles  à sauvegarder et à promouvoir leurs identités respectives. Avec comme conséquence que, depuis plus de 30 ans, au Québec comme au Canada, la moindre évocation d’une politique d’immigration fondée sur l’assimilation est perçue comme une hérésie raciste ultra nationaliste. Et d’autre part, nous accueillons trop d’immigrants.

S’il est urgent de renforcer notre loi linguistique, il est tout aussi urgent de revoir à la baisse le seuil d’immigration.

Jacques Brassard

10 commentaires:

Anonyme a dit…

vous avez raison le temps presse !
et les têtes de linotes qui nous gouvernent ne voient pas le danger .

Anonyme a dit…

La fragilité du Québec n`est pas seulement linguistique. J`aimerais bien voir un bilan économique en fonction des qualifications et des pays d`origine. L`Étât devrait faire preuve de la plus grande transparence et favoriser un véritable débat de société sur ce sujet, sinon surprenons nous pas de la froideur de l`accueil.

Par ailleurs, plusieurs jeunes Français ainsi que des Français fortunés se cherchent un pays accueillant. J`aimerais que le Québec devienne cette destination. Il me semble de la plus élémentaire logique que nous favorisions ceux qui peuvent le plus nous aider au plan économique, partagent nos valeurs culturelles et, de ce fait, pourront non seulement bien s`intégrer à notre société mais l`enrichir à tous points de vue.

Réal Carbonneau

Anonyme a dit…

M. Brassard.
Le vieillissement accéléré de la population francophone nécessite de l'immigration.
http://de.gloria.tv/?media=366571
et
http://de.gloria.tv/?media=366842

Démographie 101
Examinons la situation démographique au Québec.

Le Québec décline. Comment ça? Sa population vieillit. Bientôt le ratio travailleur- personne retraité sera de 2 pour 1. Moins de travailleurs pour supporter de plus en plus de retraités.
Si on prend une génération 1 de 100 personnes adultes (soit 48 femmes en âge de procréer), il faut que ces 48 femmes mettent au monde 2,1 enfants chacune afin que la génération 2 soit renouvelée et comprenne à son tour 48 x 2,1 = 100 personnes.
Au Québec, la fécondité d'une telle génération 1 n'assure que 1,6 enfant par femme, la génération 2 sera donc de (100/2,1) × 1,6 = 48 × 1,6 = 77 (environ) personnes.
Par un rapide calcul en chaîne, et en supposant un indice de fécondité constant, on peut envisager l'avenir du Québec pour les générations suivantes :
génération 3 = (77/2,1) × 1,6 = 59
génération 4 = (59/2,1) × 1,6 = 45 personnes, soit un 45% de la génération 1.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Crash_d%C3%A9mographique

Anonyme a dit…

@Anonyme 13.43hrs.
Le vieillissement de la population FRANCOPHONE nécessite l'immigration.
Je suis bien d'accord avec cette idée surtout si on n'accepte que des immigrants FRANCOPHONES argentés. Je ne suis pas intéressé à faire vivre des musulmans ou toutes ces races qui ne sont pas intéressées à s'intégrer en vivant quand même à nos crochets. On ne devrait accepter que des immigrants parlant le FRANÇAIS et ayant le moyen de vivre par eux-mêmes en s'intréguant à notre façon de vivre.

Anonyme a dit…

«S’il est urgent de renforcer notre loi linguistique, il est tout aussi urgent de revoir à la baisse le seuil d’immigration».

Et j'ajouterais que la plupart des Maghrébins (et ça n'est pas du racisme ou de l'islamophobie, mais de la clairvoyance ou de la prévoyance) s'intègrent mal dans notre société même s'ils parlent français. Leur culture (l'islam) est trop différente de la nôtre. Beaucoup de musulmans contestent la démocratie occidentale et essaient de garder les coutumes des pays qu'ils ont quittés (y a qu'à voir le nombre de femmes voilées en constante augmentation dans la ville de Québec, par exemple).
Et ça, c'est au moins aussi DANGEREUX pour ne pas dire insensé que d'accueillir des gens parlant une autre langue et étant issus de plus ou moins la même culture i.e. des judéo-chrétiens.

Anonyme a dit…

L'immigration est un choix. Certains pays qui souffrent de dénatalité comme le Japon, ont choisi de ne pas accueillir d'immigrants. Ils se sont organisés en conséquence. Ce choix n'a rien à voir avec le racisme ou l'ethnocentrisme, il s'agit simplement de réalisme en regard de la culture et du type de société que l'on cherche à maintenir.

Les québécois de souche se bercent d'illusions quand ils croient pouvoir assimiler l'équivalent d'un demi million d'immigrants en dix ans. Le critère linguistique est trompeur, les immigrants qui parlent français ne s'assimilent pas mieux que ceux qui parlent une autre langue et il arrive même qu'ils s'assimilent moins bien. La langue ne constitue qu'un aspect de la question et probablement pas le plus important, car il est possible d'apprendre le français, mais il est bien plus difficile de changer de culture et de mentalité.

Le Québec accueille des centaines de jihadistes "réformés" d'Afrique du Nord, des algériens en particulier, dont le dossier criminel a été remis à zéro lors de l'amnistie que le pouvoir algérien a décrété en leur faveur. Le gouvernement du Canada et celui du Québec ne savent absolument rien de leur passé, et ne se doutent pas de ce qu'ils sont capables de faire. Ils s'expriment tous en français, grand bien nous fasse!

Ce sont des considérations idéologiques qui, depuis une trentaine d'années, président à la sélection des immigrants et non le gros bon sens. Dans les années cinquante et soixante la plupart des nouveaux venus répondaient à un profil précis: leur origine sociale, leur culture, leur éducation, leur expertise, leur maîtrise de l'anglais et du français correspondait grosso modo à celui de la société d'accueil. Les différences culturelles par conséquent ne constituaient pas un handicap ou une barrière infranchissable mais un enrichissement.

Le multiculturalisme dogmatique hérité de l'ère Trudeau et maintenu bêtement par ses successeurs a cherché à modifier profondément le caractère de la société d'accueil et il y a réussi. Cette profonde mutation du Canada et du Québec n'a à aucun moment reçu l'aval des électeurs, elle est le résultat d'une politique conçue, décidée et appliquée à l'insu des canadiens et des québécois.

On rencontre le même phénomène un peu partout en occident. On peut même affirmer que certaines nations comme la Norvège et la Belgique se sont engagées résolument sur le chemin du suicide national.

Hélios d'Alexandrie

Conservateur québécois a dit…

Des études le prouvent: l'immigration n'est pas la solution à nos problèmes de main d'oeuvre. L'immigration n'enrichit pas le Québec.La solution: immigration zéro !

Le Gentil Astineux a dit…

«En 2008, rappelons-nous, alors que libéraux et péquistes s’entendaient comme larrons en foire pour juger tout à fait raisonnable d’accueillir 55000 immigrants chaque année (10000 de plus), Mario Dumont, lui, trouvait imprudent et irresponsable de rehausser le seuil à un tel niveau. 45,000, c’était même déjà trop.
Mario Dumont et l’ADQ furent alors accusés de nourrir des préjugés contre les immigrants...Bref, Mario Dumont fut cloué au pilori pour avoir osé remettre en question et jugé trop élevé le seuil d’immigration.»

M. Brassard, en jouant cette cassette et en la rejouant encore et encore vous vous assurez que le gouvernement qu'il soit du PQ ou du plq n'abaisse jamais à un ni beau acceptable l'entrée de nouveaux immigrants.

Vous devriez plutôt insister sur le fait que les nouveaux immigrants font allégeance au Canada avant de le faire pour le Québec, donc vont voter contre le PQ ou contre la souveraineté.

Régis Couture a dit…

200,000 en Phrance, ça se traduit par 20,000 au Qubec. Pas difficile de conclure!!!

Anonyme a dit…

Le débat sur l'immigration doit absolument avoir lieu. Les vieux partis politiques sont lâches et nous mène à notre perte. On en a marre qu'à chaque fois que quelqu'un parle du sujet il soit traiter de raciste. Plus personne défend les québécois aujourd'hui pas le PQ ni les Sociétés Saint-Jean Baptistes. Quel honte pour la démocratie et surtout pour notre peuple.

Jacques Ferland, Acton-Vale.