mercredi 3 février 2010

CHICANE AUTOUR DE LA PÉRÉQUATION

Plantons le décor et décrivons la scène. Nous sommes à Copenhague, à l’occasion de la Grande Parlote Réchauffiste. Les Verdoyants, tels l’ineffable gourou Steeven Guilbeault et l’activiste du Bloc, Bernard Bigras, s’agitent et se démènent. La cible de leurs anathèmes, c’est le PM Canadien, Stephen Harper, « le pelé, le galeux », l’infâme pollueur, l’ignoble protecteur des exploiteurs des sables bitumineux de sa Province d’origine, l’Alberta. Ils s’en donnent à cœur joie!



Et voilà que débarque dans la capitale danoise, le PM du Québec, Jean Charest. Ce dernier a revêtu, depuis quelques années, la défroque de l’écolo plus vert que vert. Et sa ministre, Mme Beauchamp, pour ne pas être en reste, copine avec les Verdoyants et les courtise servilement. Un duo de choc! Et M. Charest bombe le torse et se vante que le Québec soit à l’avant-garde en matière de niveau d’émission de CO2. Évidemment, il omet de dire que cette performance n’est d’aucune façon le fruit d’une politique vigoureuse de réduction des gaz à effet de serre, mais tout simplement le résultat d’une production d’électricité essentiellement d’origine hydraulique. Au fond, le vrai écolo, c’est Robert Bourassa, mais ce n’est pas par clairvoyance, mais par accident, par inadvertance, puisqu’à l’époque, l’idéologie réchauffiste était dans les limbes.



Mais là où ça dégénère en escarmouche acrimonieuse dans les abords du souk réchauffiste de Copenhague, c’est lorsque le PM du Québec, en plus de plastronner et de fanfaronner, se met à donner des leçons de rectitude écologique au PM du Canada. Là, ça dépasse les bornes!



C’est alors que les scribes fédéralistes de la Presse jugent déplacée et inconvenante la conduite de M. Charest et vont lui reprocher de jouer les écolos « bon chic, bon genre » en dénigrant l’Alberta, l’infréquentable Province, la parvenue vulgaire qui fait son fric en exploitant les hydrocarbures dont les sables bitumineux. L’obscénité de la posture du PM du Québec leur apparait d’autant plus insoutenable lorsque l’on sait que les milliards de péréquation que reçoit le Québec proviennent très largement de l’Alberta.



La réplique est venue des scribes appartenant à l’autre grande entreprise médiatique, Québécor. Les chroniqueurs de la Presse, affirment-ils, ne font que profiter de l’occasion de cette altercation Québec-Canada pour souligner les effets bénéfiques de « l’argent-sale-du-pétrole » et blanchir du même coup leur Grand Boss, Paul Desmarais, qui détient des participations substantielles dans le groupe Français Total qui, lui, est un acteur majeur de l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta. Divertissante querelle entre les deux grands conglomérats de la presse québécois!



Mais au-delà de ces chicaneries, qu’en est-il exactement de l’état actuel du système de péréquation, un des fondements du régime fédéral? Regardons les chiffres. En 2010-2011, il se versera 14,4 milliards de dollars aux provinces pour compenser leur « faiblesse fiscale ». Combien de provinces vont en bénéficier? Six : le Québec, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Ile du Prince-Édouard et, depuis cette année…l’Ontario. Rendez-vous compte! L’Ontario, le socle économique du Canada depuis des décennies, qui se retrouve désormais dans la position humiliante de bénéficiaire de péréquation ( près d’un milliard l’an prochain ).



Quant au Gouvernement du Québec, entre vous et moi, ça fait drôlement longtemps qu’il ne ressent plus de honte à recevoir des provinces riches des milliards de dollars en transitant par le fédéral. En 2010, c’est 8,5 milliards que l’État québécois va se voir octroyer en péréquation. Il semble bien aussi que le Québec ne se sente pas le moins du monde gêné par le fait que la province la plus pauvre depuis toujours, Terre-Neuve, ne reçoive plus de péréquation depuis l’an dernier.



Par conséquent, sans avoir besoin de se porter à la défense du magnat de la finance, Seigneur de Sagard, Paul Desmarais, il est tout à fait pertinent de mettre en évidence l’arrogance et l’effronterie de M. Charest jetant son mépris sur les Albertains qui, pourtant, évitent à son gouvernement de faire banqueroute. Il y a quelque chose de profondément scabreux dans l’attitude et la posture d’écolo « pur et dur » adoptées par le PM du Québec à l’égard de l’Alberta. Il fait le faraud avec le pognon de ceux qu’il traite de malpropres. Il me semble qu’il pourrait se permettre…une petite gêne!



Au lieu de jouer au Sauveur de la Planète, tout en empochant le fric des Barbares, M. Charest devrait prendre modèle sur… Terre-Neuve. Comment la plus pauvre des provinces est-elle parvenue à s’extirper de l’assistanat fédéral? En exploitant, comme l’Alberta, les hydrocarbures dans ses eaux limitrophes. Et, il n’est pas inutile de le signaler, sans le moindre dégât écologique. Je l’ai souvent écrit lorsque j’étais chroniqueur, le Québec doit lui aussi ( comme Terre-Neuve, l’Alberta et la Nouvelle-Écosse ) mettre en œuvre une vigoureuse politique d’exploration et d’exploitation de notre potentiel gazier et pétrolier.



Et ce potentiel est bien réel. Il n’a rien de chimérique. Ai-je besoin d’évoquer les effets bénéfiques d’une telle politique sur les finances publiques du Québec. Des découvertes majeures suivies de leur mise en exploitation pourraient à n’en pas douter se traduire par des milliards de dollars dans les coffres de l’État.



Mais pour qu’une feuille de route aussi ambitieuse puisse être mise en route sans plus attendre, il y a une condition incontournable à respecter : il faut à la tête de l’État un Gouvernement mû par une détermination à toute épreuve et doté d’un courage politique…incassable. Malheureusement, les derniers gouvernements au Québec ont manifesté une regrettable prédisposition à s’aplatir devant les Verdoyants. Il suffit que l’on brandisse des pancartes pour défendre les pauvres baleines où pour vitupérer contre le sale pétrole ( cette matière diabolique ) et voilà qu’aussitôt le Gouvernement capitule et signe sa reddition.



Et à propos des sables bitumineux, n’oublions pas que c’est Radio-Canada qui, dans un reportage très hostile, a forgé le symbole par excellence de la catastrophe écologique. Est-ce si horrible que cela? Peut-on s’en indigner au point de désigner le Canada, comme le fait mon ancien compagnon de route Jean-François Lisée, comme un État voyou? Quand même! Faut pas charrier! Les sables bitumineux exploitables couvrent 0,1% de la forêt boréale canadienne. On est loin du cataclysme forestier. Et 80% de l’eau puisée dans la rivière Athabasca pour des fins industrielles est recyclée.



Concluons. Pourquoi la capacité fiscale du Québec est-elle depuis toujours au-dessous de la moyenne canadienne , ce qui fait en sorte que l’État québécois est depuis toujours inscrit au « BS fédéral » ? La réponse est simple : développement économique insuffisant. Et l’une des actions à entreprendre pour corriger cet état de sous-développement, ce serait de se doter d’une solide industrie pétrolière ( Eh! Oui! Comme l’Alberta et Terre-Neuve ).



Et une petite question pour les souverainistes : croyez-vous que c’est en se maintenant dans l’assistanat fédéral et la dépendance fiscale que l’on va créer des conditions favorables à l’accession à la souveraineté?



Jacques Brassard

25 commentaires:

Anonyme a dit…

Charest a embarqué dans le train vert par pur opportunisme, pour détourner l'attention de sa gestion catastrophique des finances publiques (Caisse de Dépôt, scandales dans la construction, scandale au sein de sa députation, etc.). Charest, le grand vert, incapable de créer de la richesse; Charest grand quêteux de péréquation devant l'Éternel ; Charest le pleutre qui plie devant les menaces syndicales, et bien ce Charest a trouvé son cheval de bataillle: se battre contre le pétrole de l'Alberta tout en recevant de l'argent de l'Alberta !!! On n'a pas fini de recevoir de la péréquation avec nos belles valeurs dites "progressistes" et "vertes".

R.B. a dit…

Vous lire est un pur plaisir intellectuel. Quelle rhétorique ! Longue vie à votre blog.

Simon Leduc a dit…

Vous avez tout à fait raison M. Brassard. Jean Charest s'en fout de l'environnement. Il est vert parce que c'est populaire au Québec. Notre cher PM et la ministre délégué de l'Environnement (toute le monde sait que le vrai ministre de l'Environnement est le dieu du climat Steven Guilbeault) osent faire la morale au gouvernement conservateur dans ce domaine. Charest devrait se mêler de ses affaires et s'occuper des Finances publiques au lieu de s'occuper d'un mythe qui est le réchauffement planétaire. Je vous invite à lire la lettre d'opinion (dans La Presse de ce matin) écrite par le critique du BQ en matière de Finances Daniel Paillé. Il affirme que c'est la faute du fédéral le fait que le Québec reçoit de la péréquation. Québec est l'assisté social du Canada et c'est la faute du fédéral. Il faut bien être un bloquiste pour dire des stupidités pareilles. Le Québec reçoit de la péréquation parce qu'il vit au dessus de ses moyens. Il dépense trop, voilà la vraie raison.

Anonyme a dit…

Que pensent les verts de la vente d'amiante à des pays comme l'Inde.

Des travailleurs indiens ont tenté en vain de se faire entendre étant atteint d'amiantose, afin que
le Québec n'exporte plus d'amiante dans leur pays afin que leur santé soit protégée.

Parce que Charest qui se plaint de la pollution des bitumineux s'en lave les moins de l'amiante en renvoyant les travailleurs à leur gouvernement.
En mission commerciale Charest s'est bien gardé d'avoir un regard compatissant sur les travailleurs infectés.
Il critique les bitumes mais pas l'amiante qui rend malade les travailleurs.

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord avec vous.

Vivement un leader comme Joseph Facal pour nous donner une dynamique politique libératrice.

Je cherche un autre leader et je ne trouve pas.

L'ADQ va nulle part et Pauline (à la plage) je n'y croit pas.

Il nous faut un moteur intellectuel, politique comme le parti wildrose alliance de l'Alberta.

Ce parti pourrait prendre le pouvoir.


Danielle Smith est une jeune femme très dynamique.

Voir:
http://www.wildrosealliance.ca/





Jean-Philippe Martini

Richard Merlini a dit…

Monsieur Brassard,

Un vrai projet de société mobilisateur aurait comme premier objectif de mettre fin à la dépendance de la péréquation. Ça va prendre aussi du courage politique incassable pour y arriver.

C'est toujours un plaisir de vous lire et j'aurais aimé servir l'état québécois avec vous.

Richard Merlini
Député de la 38e Législature

Anonyme a dit…

Un Québec indépendant ne recevrait plus de péréquation, d'accord, mais il n'en aurait plus besoin!
La péréquation ne fait que retablir un meilleur partage des richesses. N'oubliez pas que les octrois fournis par Ottawa pour le développement des sables bitumineux provenaient de nos impöts !!!

Anonyme a dit…

Jean Charest et son gouvernement prennent réellement les Québécois pour des imbéciles, (il n'a peut-être pas tord pour certains ), quand il fait son show de défenseur de l'environnement et de leader nord américain dans la réduction des gaz à effet de serre. On peut réellement appelé cela un show de boucane.

Pendant que la province croule sous les dettes, que ça va mal dans tout les domaines, (santé, éducation, finances, etc), M. Charest crache dans la face de ceux qui le font vivre.

Moi si j'étais Albertain je voterais oui c'est certain si la province de l'Alberta ferait un référendum pour se séparer du Canada. Eux ils auraient de bonnes raisons de se séparer.

Maintenant que les ententes de péréquation ont été réglés avec le gouvernement Harper, Charest fait sont fanfaron, et critiquent les agissements d'Ottawa en matière d'environnement.
C'est n'importe quoi, pour dévier l'attention des vrais problèmes du Québec.
J'espère qu'il y a quelqu'un dans son parti qui le ramènera sur terre avant qu'il soit trop tard, cela n'a plus d'allure.

Anonyme a dit…

Est-ce que Lucien Bouchard veut encore tisser les ficelles au Québec dans l'onbre?...

Anonyme a dit…

Le problème ici au Québec c'est qu'il y a encore beaucoup de gens qui pensent que c'est nous autres qui font vivre les autres provinces, que nous en donnons plus que ce que nous recevons.
Si cela a déjà été vrai, il y a plusieurs années que ce n'est plus le cas.
Et la facture de la part du Québec pour la dette à Ottawa, nous seraient refilé assez vite advenant un Québec indépendant.

On est rendu les BS du Canada mais on veut pas le voir ou l'admettre.

Anonyme a dit…

@Anonyme
je cite "Un Québec indépendant ne recevrait plus de péréquation, d'accord, mais il n'en aurait plus besoin!"

ah ouais! dites-moi comment? On recoit des services du gouvernement du Canada pour l'argent qu'on envoie. Pas mal plus qu'avec que le gouvernement du Québec.

En plus, les programmes d'infrastructure ne sont pas comptabilisés dans la péréquation.

Franchement, votre raisonnement ne tient pas la route mais pas une seconde

Dany Langlois

Yvon Mercier a dit…

Que dire de plus????BRAVO Mr Brassard,Tant que 40% de citoyens ne payant pas d'impôt aurons le droit de vote jamais nous ne pourrons s'en sortir.

zarmagh a dit…

Tant au plan environnemental qu’économique, les Québécois n’ont en effet aucune raison de lever le nez sur les sables bitumineux d’Alberta.
http://www.antagoniste.net/2010/01/30/faire-la-paix-pas-la-guerre/

Frank a dit…

Bravo Mr Brassard, c'est vraiment un plaisir de lire des chroniques comme les votres.

Jean Charest devrait s'occuper de redresser les finances et l'économie du Québec au lieu de faire la leçon à l'Alberta.

sylvainr a dit…

Vous avez profondément raison mais superficiellement tort. Donc vous avez tort.

Mes parents, mes frères et soeurs, mes amis, mes voisins, la plupart de mes connaissances, qui sont par ailleurs pour la plupart d'excellents citoyens, croient que nous mourrons tous bientôt d'un réchauffement anthropogénique global.

Ils ne lisent pour la plupart que les titres des journaux, ne regardent les nouvelles que d'un oeil, occupés qu'ils sont à faire de leurs enfants, des hommes.

Pour eux qui, dès 1970 n'osaient pas jeter une cannette de coke par la fenêtre en roulant sur la 20, pour eux qui sont la plupart du temps entourés de bois et de forêt, la question écologique ne se pose pas, elle s'impose. D'elle-même. Depuis toujours.

Que le premier ministre porte cette cause n'est que la moindre des choses. Ne pas l'avoir fait aurait été honnête mais lui aurait coûté.

Les électeurs ont autre chose à faire - ils ont à peine le temps d'apprécier la surface et celle-ci, malheureusement ? compte plus que le reste.

Je ne sais pas si M. Charest était un tant soit peu sincère (même si je suis persuadé que lui non plus n'ose pas jeter une cannette sur la 20), mais sans doute sa sortie était-elle inévitable.

Le courage politique, celui que la population ne comprend pas et ne souhaite pas toujours, est une chose infiniment rare. Ceux qui en font preuve sont rapidement mis de coté - les candidats se sont pas légion.

Tout le monde n'est pas Harper.

Cela dit, je pense comme vous. Le Québec est une superbe entité hélas un peu trop fier d'elle. Un peu d'humilité serait un bienfait pour tous.

Bien à vous,
Sylvain.

Anonyme a dit…

Une autre péréquation...

Wikipédia: Hiver démographique au Canada
http://fr.wikipedia.org/wiki/Crash_d%C3%A9mographique

Population vieillissante
http://populationcrash.tripod.com/fr.html

Reynald Du Berger a dit…

M. Brassard, en tant qu'ingénieur et géophysicien, je ne peux que souscrire à votre suggestion pour la relance économique du Québec de doter notre province d'une industrie pétrolière (ou gazière) solide et prospère. Vous savez sans doute que l'exploration minière, pétrolière ou gazière commence d'abord par des levés géologiques puis ensuite géophysiques. Or il se trouve que le potentiel gazier ou pétrolier de notre Québec repose en grande partie dans le Golfe du St. Laurent. Par le passé, on y a mené des levés sismiques (sismique réflexion) qui utilisent des sources d'ondes sismiques telles le sparker (étinceleur électrique) qui génèrent une bulle de vapeur d'eau sous l'effet de la décharge d'un condensateur électrique sous l'eau, en faible profondeur. On utilise aussi des fusils à air comprimé qui génèrent des bulles d'air. L'onde élastique ainsi générée est réfléchie sur le fond mais aussi pénètre au delà, en révélant la structure géologique enfouie en profondeur. Ces sources sismiques sont absolument inoffensives pour la faune, sauf que, vous pouvez être certains qu'il se trouvera des défenseurs des droits de baleines pour tenter de nous faire croire que les baleines peuvent devenir sourdes suite à ces levés sismiques. Le journal le Devoir parle d'éventuelles audiences publiques sur ce projet. http://www.ledevoir.com/environnement/18755/projet-d-exploration-gaziere-dans-le-golfe-saint-laurent-l-uqcn-reclame-des-audiences-publiques-conjointes

Je n'ai vu encore aucune étude scientifique qui confirme les craintes des environnementalistes sur ce rapport.

Mais les verts et leurs préoccupations constituent un obstacle de taille à ce projet, donc au développement économique du Québec.

Anonyme a dit…

Vidéo d'éthique et culture religieuse, remise le vendredi 5 février 2010 pour l'école secondaire Henri-Dunant à Blainville

Moi aussi je veux devenir une « hindoune »... Ça vole haut.

http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2010/02/projet-video-ecr-sur-lhindouisme.html

Isabelle Robillard a dit…

Les environnentalistes ne s’en prennent pas seulement aux effets néfastes pour les baleines du fond du golfe du Saint Laurent, ils ne veulent plus entendre parler d’aucun projet de développement, à part les éoliennes !

Le secteur de l’extraction minière et de l’exploration minière se font passablement (et injustement) tabassés par les temps qui courent. Comme le mentionnait M. Vézina dans le précédent numéro du journal les Affaires, les professionnels oeuvrant dans ces secteurs sont passés de héros à zéros. Dans les années soixante, Gilles Vigneault chantait les vertus de notre sol riche en Cu, Ni et Fer. Aujourd’hui, à l’ère de la religion verte, on a notre chanteur Richard Desjardins qui déplore l’éclatement de l’écorce terrestre à Malartic. On laisse planer que cette torture à notre chère divinité la Terre sera infligée par des étrangers venus pour nous déposséder de nos biens (comme les Terriens sur la planète Pandora dans le film Avatar). Pourtant, ces "étrangers" sont basés à Montréal. Mais bon, on en est pas à un mythe près dans ce dossier.

Je voudrais vous faire part de quelques résultats d’un sondage effectué par la firme Angus-Reid sur l’image de l’industrie entre le 15 et le 21 juin 2009.

« -25% des gens sont des pro-mines. Ils résident surtout dans l’ouest du Canada »

« -Seulement 14% des gens sont des anti-mines, représentant la traditionnelle minorité qui se fait entendre. Ce groupe comprend le plus de résidents du Québec et possède la moyenne d’âge la moins élevée. Ils croient pratiquemment tous que l’exploration minère pollue l’environnement. »

- Les autres ne sont pas concernés (25%) ou indécis (36%).

« - Un tiers des canadiens disent connaître un peu le domaine de la prospection et de l’extraction minière au Canada, alors que les deux autres tiers disent avoir très peu ou pas de connaissances. Pour ceux qui connaissent un peu le secteur, la proportion d’anglophones est 4 x plus élevée que celle des francophones. »

« - Pour ce qui est de l’attitude envers le secteur, la quasi-totalité des Canadiens croit que ce secteur est économiquement important pour le pays. Par contre, on demandait aux personnes sondées si elle était d’accord avec l’énoncé suivant :

« Le Canada serait mieux sans exploitation minière »

« Cet énoncé est celui qui a fait le moins l’unanimité parmi les canadiens. Et ce sont les québécois qui sont le plus d’accord avec cet énoncé ! »

Ces données proviennent du bulletin de l’AEMQ (association de l’exploration minière du Québec) du quatrième trimestre de 2009.

La conclusion que tire l'AEMQ de ce sondage est la suivante :

« Il est décevant de constater que les anti-mines sont davantage présents au Québec qu’ailleurs. Il suffit d’analyser les médias francophones pour constater que la presse leur déroule le tapis rouge régulièrement, ce qui n’est pas le cas dans la presse anglophone. Nul doute qu’il y a un lien entre le pourcentage élevé de méconnaissance du secteur minier parmi les francophones et la facilité avec laquelle les anti-mines sont supportés par les médias. Ces médias, pour la plupart, ne connaissent pas notre industrie et se fient à la désinformation véhiculée pas les antimines »

Je ne sais pas si les pro-éoliens réalisent la quantité de métaux qui entrent dans la composition des éoliennes : Aluminium, Terres-Rares, Fer, Cuivre… J’ai l’immense regret de leur annoncer que ça ne pousse pas dans les arbres.

Reynald Du Berger a dit…

@Isabelle Robillard,
vous devez avoir une formation en sciences de la Terre pour parler avec autant de justesse de l'état de notre industrie minière québécoise et des freins sans cesse plus puissants que les lobbies verts y appliquent avec malheureusement trop d'efficacité. C'est d'autant plus désolant que ces pastèques (car verts à l'extérieur mais rouges à l'Intérieur) ne maîtrisent généralement pas du tout la science qui sous-tend l'activité économique qu'ils critiquent. C'est ainsi qu'un groupe de médecins de Sept-Iles menaçaient de démissionner en bloc si l'on poursuivait la campagne d'exploration minière pour l'uranium entreprise sur leur territoire. Que penser des compétences scientifiques d'un médecin qui prétend prouver le côté létal de l'exploration et de l'exploitation des mines d'uranium après avoir observé des bleuets de taille gigantesque sur les lieux de l'exploration? Lui confieriez-vous le traitement de votre cancer?

Isabelle Robillard a dit…

@ Reynald Du Berger

Vous avez raison sur tous les points!

J'ai une maîtrise en géologie (McGill 1990) et mon conjoint et moi-même sommes travailleurs autonomes. Nous travaillons principalement dans le domaine de l'exploration minière mais avons également travaillé dans des boîtes de consultants en environnement.

Je ne voulais pas parler de la saga de l'uranium à Sept-Îles (je ne voulais pas écrire pendant des pages et des pages) mais j'avais cette saga en tête (les bleuets géants compris), croyez-moi!

Et dire que le PQ et le bloc québécois poussent pour un moratoire sur l'exploration de l'uranium à travers la province!

Cela défie toute logique avec leur obsession des GES puique les centrales nucléaires n'en produisent pas. Pour les pays qui ne peuvent compter sur l'hydro-électricité, si on ne leur fournit pas d'uranium, ils vont se rabattre sur quoi pour tirer leur énergie, dites-moi?!?

Nous vivons dans un monde complètement déconnecté. Je vous suggère de lire l'article du journaliste Jean-Robert Sansfaçon au sujet de l'uranium à Sept-Iles.

http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/278784/uranium-l-alerte-raisonnable

Et surtout, les commentaires reliés à cet article... À faire dresser les cheveux sur la tête. Sachez aussi que certains géologues ont écrits des lettres dans les journaux sur cette affaire mais...encore faut-il être publié n'est-ce pas? Je crois que je ne vous apprend rien en disant cela...

Vous pouvez aussi aller voir sur le site Web de l'AEMQ pour lire les derniers communiqués de presse au sujet de l'uranium.

Bien à vous et bonne lecture!

PS. Si je me souviens bien de l'article du journal de Québec qui parlait des bleuets géants, c'était une psychologue qui avait fait part de cette "judicieuse" observation.

Comme vous dites si bien, pas sûre que j'irais y confier mes problèmes...

J'ai également été voir la fameuse lettre avec la signature des médecins menaçant de démissionner. À mon grand regret, j'ai constaté qu'il y avait une grande majorité de femmes parmi les signataires.

Misère!

Et l'autre là...le cheuf de l'organisation Sept-îles sans uranium qui a mis tout ses films sur You Tube.

On peut le voir sur le site de Terra Ventures s'exclamer devant les supposés dangers de pollution...la cigarette au bec.

Non mais vraiment, pincez-moi quelqu'un!!

Julien a dit…

La péréquation... Je suis surpris de vous lire, vous, reprendre cette rengaine, sans mise en contexte, rien.

Il y aurait beaucoup à dire, notamment sur la différence que font, avec les années, des investissements structurants. Il faut comparer les fonds fédéraux investis, au travers des ans, dans les infrastructures au Québec et en Ontario, par exemple. En guise de compensation, on nous refile de la péréquation.

Il y a aussi les politiques monétaires, qui nous échappent. Elles favorisent l’exploitation pétrolière à l’Ouest, en même temps qu’elles pénalisent les industries manufacturières à l’Est.

Ce court article de Jacques Noël vaut la peine d’être consulté. Non qu’il épuise le sujet, mais c’est un début.

http://www.vigile.net/La-perequation-toute-une-legende

Anonyme a dit…

Péréquation : Québec perdant
Le DEVOIR, Manon Cornelier : «Un ami encombrant» vs Jacques Noël en commentaire - 10 février 2010

[…] On le voit, 7 provinces et 3 territoires reçoivent plus qu’elles envoient à Ottawa. Trois provinces, l’Alberta (19,5 G), la CB (6 G) et l’Ontario (22,5 G) envoient de gros surplus. Le Québec est officiellement dans le rouge de 4,8 G avec Tawa. Mais attention, il y a une grosse attrape : La part du Québec à la dette du Canada.

Dans les 50,5 milliards qu’Ottawa nous envoie, on a le culot d’inclure une facture de 7,3 milliards pour le financement de la dette. C’est la portion de la dette canadienne, basée sur la démographie, qu’on octroie au Québec. Evidemment, on n’a rien pour ce 7,3 G qui va aux intérêts, fait qu’en réalité Ottawa ne dépense pas 50,5 G au Québec mais juste 43,2 G en argent réel. Comme on envoie 45,7 G, Ottawa en réalité nous a volé 2,5 G en 2007.

Il serait à peu près temps que nos 101 députés l’expliquent au peuple qui croit qu’on est les BS du Canada. Ce discours est désastreux sur le « mental » des Québécois qu’on fait passer pour une bande d’incapables qui vivent sur le pétrole des Albertains et qu’un Québec indépendant ne serait donc pas rentable sans les 8 milliards des Albertains. A force de matraquer le discours, il finit par s’inscrire dans le disque dur des Québécois.

Même chez les plus ardents souverainistes. C’est une fraude intellectuelle qu’il faut dénoncer une fois pour toutes par une sortie forte de nos 101 sourds et muets.

PÉRÉQUATION = Québec perdant!
QUÉBÉCOIS/SES Réveillons-nous ! La vérité nous rendra libres. VOYONS-Y maintenant!

En cette période de « crise économique mondiale » sans précédent, tout le monde fait ses comptes. Dépensons-nous trop ? Quels sont nos besoins réels, nécessaires, indispensables, superflus ? Si nous faisons cet exercice pour nos familles, pourquoi ne le ferions-nous pas pour notre société francophone et la place qu’elle occupe dans le Canada et dans le monde d’aujourd’hui. Nous sommes à la croisée des chemins. Les décisions actuelles détermineront notre futur immédiat, celui de nos enfants et petits-enfants. Quel héritage voulons-nous leur laisser en termes de valeurs, non seulement économiques mais aussi culturelles, sociales et spirituelles ?

Depuis quand dure ce vol de nos avoirs ? On nous tolère dans le ROC parce que nous lui aliénons nos libertés individuelles et collectives, nous payons beaucoup trop cher notre appartenance au Canada qui nous exploite à coup de mensonges et de demi-vérités… particulièrement sous la férule des Charest et Harper ?
Jusques à quand abuserez-vous de notre patience et de notre « bonasserie » ? Qu’est-ce que ça prend de plus pour nous réveiller avant qu’il ne soit trop tard ? Nous avons ici un éclairage suffisant – merci au Devoir et à ses journalistes – pour avancer vers notre libération comme peuple souverain et couper enfin ces liens pervers qui nous détruisent comme un cancer sournois, incolore, indolore, inodore et insipide…
Loin des yeux mais près du cœur !
Le joyeux retraité de la Perle du Pacifique
André Lacombe-Gosselin
mercredi 10 février 2010

Anonyme a dit…

Je partages plusieurs de vos idées. Sur un point, il existe des énergies nouvelles plus efficaces et moins coûteuses pour les usagers, énergies qu'il faudrait introduire au Québec, voir les travaux de Steven Greer, soyez curieux et vérifier vous-même.Briser les murs de la pensée et on avancera plus vite. Merci ! Et voyez l'entrevue avec Rockefeller sur prison planet.com

G. H. Larouche a dit…

@ Anonyme :

"Dans les 50,5 milliards qu’Ottawa nous envoie, on a le culot d’inclure une facture de 7,3 milliards pour le financement de la dette. C’est la portion de la dette canadienne, basée sur la démographie, qu’on octroie au Québec. Evidemment, on n’a rien pour ce 7,3 G qui va aux intérêts..."

Et pourquoi ne devrions nous pas payer le 7,3G$ d'intérêts?