vendredi 8 février 2013

LE PQ ET LA CRÉATION DE RICHESSE


 (Chronique parue le 8 février dans le Journal de Québec)                              

Lors de son périple à Davos et au Royaume-Uni, la Première Ministre Pauline Marois a tenu un discours nettement favorable à la création de richesse au Québec. Elle a exhorté les investisseurs à venir chez nous pour participer au développement économique du Québec. Ils seraient les bienvenus.

Il faut se réjouir de cette déclaration de la chef de l’État québécois. Et il faut espérer qu’elle se traduise concrètement par des développements économiques bénéfiques.

Car, voyez-vous, l’économie québécoise est loin d’être la plus performante au Canada. Le blogue Antagoniste.net, dans une série de billets, brefs mais éclairants, le démontre, chiffres à l’appui.

C’est ainsi qu’avec moins de 24% de la population canadienne, notre PIB ne représente que moins de 20% du PIB de tout le Canada. Relativement aux investissements privés (ce que la PM recherche justement à Davos), le Québec, toujours avec près de 24% de la population canadienne, n’en attire que 16%.

Par ailleurs, si nous avions le nombre d’entrepreneurs proportionnel à notre poids démographique, nous en aurions…72,000 de plus. Enfin, la proportion des exportations internationales du Québec ne représente que 17% des exportations canadiennes.

Bref, tous ces indicateurs démontrent sans équivoque que l’économie du Québec, sans être une économie du Tiers-Monde, n’a jamais atteint sa performance optimale.

La profession de foi de Mme Marois va-t-elle se transposer en actions et générer de la croissance?

Pour répondre positivement à cette question, le gouvernement du PQ devra mettre au rancart son hostilité congénitale envers l’entreprise privée et adopter une fiscalité d’entreprise et un régime de redevances qui n’effraieraient pas les investisseurs. Illustrons mon propos.

Vous le savez, l’économie américaine ne se porte pas très bien. Obama poursuit son travail de démolition. Sauf un secteur, celui des gaz de schistes. Les centaines de milliers de puits en opération ont généré des centaines de milliers d’emplois (de 5 à 600,000) et accru le niveau d’indépendance énergétique des États-Unis.

Avez-vous entendu parler de contamination des nappes phréatiques? Comme on dit, s’il y a en avait, ça se saurait!

Chez nous aussi, il y a des gaz de schistes. Mais, c’est le blocus total. Les Québécois sont terrorisés à la perspective de créer de la richesse par l’exploitation de ce gaz maléfique. Aux États-Unis, pas de pollution! Mais au Québec, pomper ce gaz serait une catastrophe écologique! Cherchez l’erreur!

Même scénario concernant le pétrole, une autre ressource diabolique. La Gaspésie, c’est bien connu, est une région plutôt mal en point sur le plan économique.

Pétrolia, une entreprise québécoise, y a trouvé du pétrole. Partout  ailleurs dans le monde, on aurait fait une fiesta pour célébrer cette découverte. À Gaspé, au contraire, le maire et ses conseillers souffrent de «pétrophobie». Et le gouvernement frileux du Québec n’ose pas leur injecter une dose de gros bon sens. Le Québec est devenu la risée du monde entier!

À Davos, la Première Ministre, après avoir invité les investisseurs  à venir chez nous, a dû faire des efforts  pour se dépêtrer de la discordance gênante entre son appel solennel  à créer de la richesse et le blocus irrationnel, par la ville de Gaspé, de toute exploitation pétrolière sur son territoire.

Je dis bien irrationnel, car, selon l’INRS, compte tenu de la profondeur des activités de Pétrolia, les risques de contamination sont pratiquement inconcevables.

Manifestement, la PM doit s’efforcer de transposer son message en développement.

Jacques Brassard

 

 

 

 

 

14 commentaires:

Ricks a dit…

Extraire de l'hydrogène de l'eau en utilisant les surplus d'hydro-Québec pour le revendre et avoir des véhicules a l'hydrogène sur la route serait une bonne manière d'en créer de la richesse ;)

UN GARS BIEN SYMPATHIQUE DE CALGARY a dit…

Haaaaa..... Le bien petit quebekistan.

Anonyme a dit…

Ricks,

l`électricité inutile achetée par Hydro-Québec des producteurs éoliens est plusieurs fois plus coûteuse que celle que les Américains peuvent produire. [En passant, ma facture électrique en Floride est maintenant moins élevée que celle au Québec lorsque exprimée en ¢ par kWh, ce qui est tout un exploit considérant les immenses avantages naturels dont profite le Québec à ce chapitre.]

Compte tenu des coûts de production et de stockage de l`hydrogène et de l`économie fort douteuse des véhicules électriques actuels, je crois que votre proposition contribuerait à aggraver nos problèmes. C`est pourquoi, elle devrait avoir un brillant avenir. Au Québec.

Réal Carbonneau

Paul S. a dit…

M. David publie à l’Antagoniste.net des analyses toujours très bien faites. Celles-ci sont souvent appuyées sur des données statistiques officielles.

Pendant que les ‘’vrais journalistes’’ et économistes encensaient M. Jean-François Lisée lors de la publication de son dernier livre (un argumentaire gauchiste), M. David mettait en pièces, faits à l’appui, tous les quinze arguments fumistes (car péchant par omission) du docte chef de CÉRIUM. La complaisance officielle, était elle due à l’incompétence ou à la crainte d’indisposer le consigliere péquiste ?

Il y a aussi sur le blogue, les articles par M. David sur la genèse de la corruption pendant que le PQ était au pouvoir. Les crédits du gouvernement, vont ils permettre à la Commission Charbonneau de se rendre jusque là ?

La thèse officielle accréditée au Québec veut que le Modèle québécois soit le générateur de la suprématie économique de la province.
Nombreux sont ceux qui pensent encore que nous sommes largement déficitaires dans nos relations avec le reste du Canada. Les ministres péquistes et les études ‘’astucieuses’’ commandées par M. Parizeau (et celles à venir, gracieuseté du tandem Marois – Lisée) nous le démontrent à satiété.
La presse officielle ne contredit pas ces dogmes, alors il revient aux journalistes ‘’underground’’, comme M. David, de montrer le revers de la médaille.

Pendant longtemps, le crédo chez nous était: ‘’Partage de la richesse’’. Bien entendu, dès qu’il y a un soupçon de surplus, les syndiqués des secteurs public et parapublic sont les premiers au partage.

La Création de la richesse fut toujours laborieuse pour un parti imprégné par les principes gauchistes et pro-syndicalistes à outrance.
Je me souviens encore de Tricofil et de la nationalisation anachronique des grandes mines d’amiante. Plus tard, il y eut la Métaforia et la Gaspésia.
Le tout parsemé de nombreux projets, toujours fortement sous-budgétés et produits en retard. On devine pourquoi...

De plus, on offre des ponts en or aux multinationales pour les attirer ici. Ceci, après avoir écœuré le monde d’affaires par des tracasseries réglementaires, l’incertitude reliée à la séparation, le syndicalisme rétrograde obligatoire, l’OLF (un grand irritant pour les investisseurs anglophones) et la productivité incertaine de la main d’oeuvre.
Qui fait le bilan de leur passage, après le départ des entreprises visiteuses fugaces ?

L’équipe Marois est encore plus désavantagée que le PQ d’antan. Elle est handicapée par le catéchisme vert ridicule adopté par le parti, l’absence d’une pensée cohérente (on procède par essai & erreur, on se contredit et on improvise) et par des alliés exigeants (carrés rouges, séparatistes à l’extérieur du parti, syndicats, etc..).

Le peuple infantilisé fut élevé en se faisant dire que la maman gouvernement pourvoira toujours à ses besoins, alors on n’a pas à être opportuniste dans l’exploitation des richesses naturelles. Surtout, qu’il s’agit de ressources énergétiques, donc par définition, mauvaises pour la planète. Les ‘’journalistes’’ bazzotiques nous l’ont bien dit.

Donc et toujours : Vive le partage de la richesse, moulins à vent, bienvenus !

Reynald Du Berger a dit…

L'écologisme, c'est à dire l'obsession de l'écologie, ou l'écologie érigée en doctrine, est un formidable frein au développement économique. Madame le ministre Martine Ouellet, qui dirige un ministère qui doit normalement créer de la richesse collective, ministère que vous avez dirigé avec tellement plus de compétence et d'efficacité au sein d'un autre cabinet, ce ministre Ouellet pose des gestes dont les conséquences dirigent le Québec vers la décroissance plutôt que vers la prospérité. Aurons-nous un jour une loi qui rendra les politiques imputables suite à l'accumulation de leurs mauvaises décision?

Robert a dit…

Le principe de précaution, vous ne connaissez pas??? Ce n'est pas une fois les eaux contaminées qu'il faudra dire ''on aurait pas dû...''. M. Brassard, je ne peux que vous souhaiter une chose, c'est que ce genre de problème vous saute PERSONNELLEMENT en pleine face. Vous comprendrez alors qu'on ne peut pas boire de pétrole. Et pour les autres négationnistes des problèmes environnementaux, sachez que le développement économique peut être encore plus rentable s'il est fait en respect de l'environnement que de la façon actuelle.

Anonyme a dit…

À Robert,

au nom du principe de précaution, je retourne me coucher. La vie est vraiment trop dangereuse.

RC

PS inutile de me souhaiter du mal, vos semblables s`en chargent déjà.

Anonyme a dit…

Tant que les Québécois vivront au crochet du reste du Canada et n`auront pas de scrupule à enterrer les générations futures sous le fardeau de leur dette collective, ils pourront allègrement adopter des comportements irresponsables tout en bénéficiant des programmes sociaux les plus avantageux

Éventuellement, l`indignation grandissante du reste du Canada, les agences de crédit et la fuite de nos éléments les plus productifs devraient nous insuffler une certaine dose de réalisme.

Je ne retiens toutefois pas mon souffle. ``Avant que dans un cerveau`` atrophié par l`idéologie propagée par le système d`éducation et les médias, ``une pensée fasse un tour, il faut qu'il lui arrive beaucoup de choses et de bien cruelles``. Et encore!
Réal Carbonneau

Robert a dit…

Anonyme..... Peut ben rester anonyme, même pas assez de couille pour s'identifier. Quand tu auras le courage de tes opinions en inscrivant ton nom, je pourrai me permettre de considérer un tant soit peu tes commentaires, même s'ils sont totalement idiots. En attendant, tu peux VRAIMENT retourner te coucher, on n'a pas besoin de gens comme toi. Aucune crédibilité.

Anonyme a dit…

Les gens intelligents auront compris à qui ces initiales se rapportaient. J`ai l`habitude d`utiliser mon nom au complet dans ce forum qui réunit des gens polis mais pour vous répondre j`ai pensé que ce serait vous faire trop honneur. Souffrez donc qu`encore une fois je me contente de mes initiales pour mettre fin à cet échange, préférant faire le premier geste plutôt qu`avoir le dernier mot.

RC

Conservateur québécois a dit…

Le PQ est un parti socialiste dogmatique pour qui la richesse est le MAL. À remarquer que le PLQ n'est pas mieux.

Paul Stefanik a dit…

Le principe de précaution, tel qu’invoqué par M. Robert, doit-il être absolu ?

Le reportage TV, résumé ci-après, date de quelques années :
Un propriétaire voulait se débarrasser d’un vieux réservoir d’huile de chauffage désaffecté. On l’informa qu’il devra aussi payer 45,000 $ pour la décontamination du sol dans son jardin.
Le réservoir avait fui dans les années ‘60 et la maison avait changé de main plusieurs fois depuis.
Les normes environnementales étant récentes, il était impossible de récupérer l’argent des propriétaires antérieurs en remontant la chaîne de responsabilité.
Or, la norme québécoise était 1,000 fois plus sévère que celle en vigueur en Ontario. Selon leur norme, la décontamination n’aurait pas été requise pour notre propriétaire.
Le fonctionnaire ontarien semblait compètent et crédible, tandis que le nôtre, arborant une fière queue de cheval, voulait l’élimination complète d’hydrocarbures, sans considérer le risque réel pour la santé ou l’environnement et surtout, sans se préoccuper du coût de la décontamination.

La précaution absolue coûte très cher.
Directement, pour un individu ou en manque d’opportunisme économique, pour un peuple.

Une société moderne doit pouvoir compter sur des spécialistes, des fonctionnaires et des politiciens COMPÉTENTS (chacun dans son domaine), INCORRUPTIBLES et RESPONSABLES (donc prudents).
Alors, elle peut se dispenser de recours trivial au principe de précaution absolue, tout en développant ses ressources sans polluer l’environnement.
En même temps, ce principe marginalise les appels à la décroissance par les vendeurs d’indulgences vertes.
Chez nous la méfiance est fortement enracinée et même un Lucien Bouchard, pourtant crédible, car honnête et pragmatique, n’y a pu rien.

Anonyme a dit…

Il a comparé les cours d'éthique et de culture religieuse, qu'il dénonçait, à «des cours d'État imposés tous azimuts comme dans les pays totalitaires» et lancé des phrases à l'emporte-pièce du genre: «Il est grand temps qu'on freine l'intégrisme laïciste, imposé à même les fonds publics»
«Qu'on veuille ou non le reconnaître, il faudra un jour se dire toute la vérité à propos de la Révolution tranquille et avoir le courage de reconnaître que si des gains ont été réalisés au plan social et économique, un véritable fiasco en résulta sur le plan religieux et aussi sur le plan humain.

«Le vrai problème québécois est le vide spirituel créé par une rupture religieuse et culturelle, une perte substantielle de mémoire, entraînant une crise de la famille et de l'éducation, qui laisse les citoyens et citoyennes désorientés, démotivés, sujets à l'instabilité et rivés à des valeurs passagères et superficielles.

«D'où le désarroi de la jeunesse, la chute vertigineuse des mariages, le taux infime de natalité et le nombre effarant d'avortements et de suicides pour ne nommer que quelques-unes de ces conséquences qui s'ajoutent aux conditions précaires des aînés et de la santé publique.

«Il est grand temps de se demander: Québec, qu'as-tu fait de ton baptême?», concluait-il, affirmant que « Le Québec est mûr pour une nouvelle évangélisation en profondeur.» Voudrait-il appliquer le même diagnostic et la même solution à l'ensemble des sociétés avancées? Ça n'a pas fonctionné à Québec.
http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/alain-dubuc/201302/14/01-4621769-un-pape-pres-de-chez-vous.php

Reynald Du Berger a dit…

@Monsieur Robert qui dit "Le principe de précaution, vous ne connaissez pas???" je réponds : Justement, je ne le connais que trop et je reprendrai ici les derniers paragraphes de mon dernier billet sur Pétrolia afin de vous démontrer comment, à cause de ces "précautionneux" verts et écocondriaques, l'économie d'une région et même d'une province peut être sévèrement paralysée.

Les Gaspésiens invoquent le principe de précaution en environnement , selon lequel on ne doit pas entreprendre une opération à moins qu’on puisse s’assurer qu’elle ne comporte aucun risque environnemental. Les Français l’ont même inscrit dans leur constitution et on le considère chez nos cousins, aussi sacré et donc vénérable que ceux d’Archimède ou de Newton. On doit prendre des précautions en regardant à gauche et à droite avant de traverser la rue. Mais une voiture surgissant soudainement d’un endroit caché peut nous renverser. Tout projet minier ou pétrolier comporte des risques environnementaux si minimes soient-ils, et y appliquer bêtement et systématiquement ce principe, équivaut à l’abandon immédiat du projet.

Il est beaucoup plus raisonnable d’adopter une stratégie basée sur l’évaluation du risque. Par exemple, on ne pourra jamais être assuré à 100% qu’une centrale nucléaire projetée n’aura pas de conséquences néfastes sur l’environnement à cause d’éventuels tremblements de terre. On procédera alors à une évaluation quantitative du risque sismique en rapport avec cette centrale. On constituera une banque de données sismologiques considérable, on analysera les structures géologiques locales comme les failles, on estimera leur potentiel sismogénique, on tentera enfin de déterminer la probabilité de dépassement d’une accélération donnée (exprimée en % de g) à laquelle la centrale sera soumise durant sa vie utile. Voilà une approche probabiliste beaucoup plus censée et raisonnable que celle déterministe découlant de l’application bête du principe de précaution. Cela dit, je crois que les opérations de forage de Pétrolia près de Gaspé, ne menacent pas la nappe phréatique et on a donc tort de cracher sur cette manne noire dans une région où les temps sont durs et où les emplois sont surtout saisonniers.

Pétrolia dit se retirer temporairement de Haldimand 4, le temps de laisser refroidir les esprits. Combien de temps faudra-t-il pour exorciser les Gaspésiens? Pour que la raison l’emporte enfin sur l’émotion? Se serait-on trompé de démon? Car pour le moment, on psalmodie « Vade retro Petrolia! »