vendredi 24 février 2012

ENTRAVES AU DÉVELOPPEMENT

(Chronique du 24 Février parue dans le Journal de Québec)
                            

Alignons quelques faits.

Fondation Rivières (et son gourou, l’acteur Roy Dupuis) s’oppose à tout projet hydroélectrique, quelle que soit sa dimension. Ses disciples sont montés aux barricades contre le projet de la Romaine. Et nous apprenons qu’ils sont aussi partis en croisade contre le projet d’une petite centrale à Val Jalbert au Lac St-Jean.

Dans le secteur des énergies fossiles, vous connaissez l’opposition farouche qui s’est manifestée contre toute exploitation des gaz de schiste dans la vallée du St-Laurent. Opposition si forte que le Gouvernement a opté pour un moratoire. Pour ce qui est du pétrole, il se fait bien un peu d’exploration, mais l’hostilité à des forages dans le golfe St-Laurent est intense.

Dans le domaine minier, sitôt qu’on envisage une expansion le moindrement d’envergure, la chorale des indignés, face à ce qu’ils décrivent comme une «dilapidation de nos richesses naturelles», crie au scandale et réclame le gel des projets.

Dans le secteur forestier, la multiplication des aires protégées en forêt boréale réduit substantiellement le volume des approvisionnements en bois destinés aux entreprises, ce qui ne fait qu’aggraver la crise forestière qui perdure. Le gouvernement agit, sous les pressions des zélotes de Richard Desjardins, comme si, au Québec, il y avait déforestation, c’est-à-dire destruction de la forêt. Ce qui n’est évidemment pas le cas : la récolte de matière ligneuse, pas plus d’ailleurs que le feu ou les insectes, ne change la vocation du territoire forestier. Après une récolte, aussi bien qu’après un incendie, une nouvelle forêt surgit.

Je pourrais multiplier les exemples. Mais ces quelques faits illustrent bien que la société québécoise toute entière est gangrenée par une méfiance pathologique à l’égard du développement économique et de l’entreprise privée qui en est le moteur.

Comment expliquer ce phénomène? Car cette hostilité envers la croissance économique est bien davantage incrustée dans les esprits au Québec qu’ailleurs en Amérique. Il apparait évident que le Québec, depuis des décennies, subit un pilonnage intensif des cerveaux en provenance d’une idéologie qu’on pourrait baptiser «écolo-socialo-étatisme».

C’est ainsi que les Verts toutes catégories ont propagé le culte de Gaïa, la Mère-Nature violentée et martyrisée par les «pilleurs de ressources». À chaque fois qu’un projet de développement est mis de l’avant, c’est la ruée des écolos et leur credo anti-croissance est si bien relayé par les médias complices que la classe politique s’affole et capitule.

D’autre part, les socialo-étatistes, hostiles par nature à l’économie de marché, trouvent aisément des tares à un projet piloté par l’entreprise privée (la vilaine!) et ne confèrent des vertus qu’à des sociétés d’État.

C’est en somme l’idéologie «Pastèque» : Vert à l’extérieur (déification de la Nature) et Rouge à l’intérieur (diabolisation du mode de production capitaliste).

Quand on observe la situation économique du Québec, nous concluons très vite que la création de richesse est anémique. C’est un thème de discours, mais dans la réalité, on s’évertue à l’entraver.

Il est pourtant impératif de faire sauter les verrous qui freinent le développement et la croissance économiques : l’écologisme et le socialo-étatisme. Le nécessaire remodelage de l’État-Providence doit absolument être couplé à une expansion vigoureuse de la création de richesse.

C’est aussi la seule voie à suivre pour se désintoxiquer de la péréquation. Et, à cet égard, les souverainistes devraient comprendre que ce sevrage est une condition vitale à la réalisation de leur projet.

Jacques Brassard

21 commentaires:

Anonyme a dit…

Votre chronique me fait penser à mon commentaire de votre précédente.

Mais je reviens à ma première prémisse : autant la gogauche que la droite pure et dure bloquent toute initiatives au développement. La droite veut souvent aller trop vite sans restriction. La gauche veut tout empêcher par des moratoires qui n’en finissent plus. Oui, il est vrai que nous dormons sur une immense fortune. Pensons aussi à la manière de la faire fructifier. Desjardins a fait peur au monde en montrant des étendues de forêts coupées à blanc. Ce qu’il oublie de nous dire c’est la déforestation par les incendies. D’ailleurs, certaines espèces ont besoin des incendies pour germer. Je pense surtout à l’épinette noire, ou le pin gris, je ne suis pas certain. Aux USA, ils ont décidé de laisser bruler les feux de forêts, tout en protégeant les vies humaines et les habitations. Ça coûte moins cher et le feu fait ce qu’il a à faire. Bien sûr, il y a les incendies criminels. Ça c’est une autre histoire. On n’a qu’à se souvenir de ce gros incendie de forêt dans le parc Yellowstone. Les écololos disaient que c’était la catastrophe pour la flore et la faune. Mais la nature étant ce qu’elle est, s’est régénéré plus vite que tous ces prophètes de malheur ont dit.

Avec le pétrole et le gaz naturel, le Québec a cette possibilité de se sortir du carcan de la dépendance de la péréquation venant de provinces, qui elles sont riches, comme l’Alberta. Les écolos honnissent les sables de l’Alberta. Les Français viennent y faire des reportages télévisuels pour montrer aux Français comment cette ‘’maudite matière’’ détruit l’environnement. Ils vont dans une réserve indienne qui a supposément un haut taux de cancer depuis que les sables sont exploités. Ce serait l’eau contaminée, en aval de la rivière, qu’ils boivent, qui serait la source des maux. C’est la fable des «Animaux malades de la peste». On crie «Haro sur le baudet», le baudet étant ces méchants sables bitumineux.

On crie encore «Haro sur baudet» lorsqu’il y a un développement possible d’un quartier de Montréal, Griffintown. Le Casino et le Cirque du Soleil voulait enrichir ce quartier de la ville. Les biens pensants se sont levés en bloc et ont fait reculer la ville et le mou gouvernement québécois. Voyant ça, Guy Laliberté s’est retiré du projet et a dit que ça niaisait trop et allait s’installer ailleurs. Le projet est tombé à l’eau.

Les exemples sont nombreux. Le mot des biens pensants est «moratoire». On va tous mourir sous les moratoires. Le Todor des Belles Histoires de Claude-Henri Grignon disait : « Pas d’avancement, pas de progrès. Pas de progrès, pas d’avancement».

Robert Clarke

Anonyme a dit…

Vous nous démontrez clairement que contrairement à ce qu'a déjà dit Monsieur René Lévesque, nous sommes réellement un "très petit peuple" qui ne veut pas se sortir de la misère et grandir pour devenir autonome. Mais on est VERT au maximum...

Anonyme a dit…

Le projet Romaine est en réalisation malgré cette contestation, ce pas parcequ'il y a des opposants qu'ils réussiront à bloquer/modifer un projet. Ne crions pas au loup inutilement, la liberté d'expression a priorité.

Anonyme a dit…

Voyons donc M. Brassard, au Québec on a trouvé la recette de la prospérité éternelle.

1. On emprunte de l'argent.
2. On crée des programmes sociaux.
3. On embauche des fonctionnaires pour gérer les programmes sociaux.
4. On surtaxe tout ce qui bouge.
5. On retourne au Point #1.

Et ainsi de suite, Ad Vitam Eternam.

Anonyme a dit…

À trop vouloir faire le Québec, on a détruit le Québécois.
Le Québec devrait se donner comme objectif à l’intérieur d’une génération de se désintoxiquer de la péréquation. Ça forcerait tout le monde à évaluer avec plus de réalisme la pertinence de mener à bien les nombreux projets qui peuvent bousculer notre situation économique. Parallèlement, il est essentiel que les québécois soient encouragés à s’affranchir aussi de leur dépendance exagérée envers l’État.
Je crois que des Québécois fiers, devenus responsables et indépendants, choisiront de se doter d’un pays à eux parce qu’ils se seront alors prouvé qu’ils peuvent en faire une réussite.
Réal Carbonneau

Anonyme a dit…

Je vous conseille de lire le livre "Les Éteignoirs" de Marc Simard qui explique très bien la mentalité anti-développement au Québec.

Conservateur québécois a dit…

En fait de croissance économique, le Québec est bon dernier au Canada. Même Obama fait mieux que Charest ! Ce n'est pas pour rien que nous traînons de la patte. De même que l'islamisme nuit au développement économique des pays musulmans, de même l'écolo-étatisme québécois est en train de tuer l'économie québécoise.

Anonyme a dit…

Conservateur québécois
«De même que l'islamisme nuit au développement économique des pays musulmans, de même l'écolo-étatisme québécois est en train de tuer l'économie québécoise».

Oui et ces deux-là marchent main dans la main, copain-copain. Regardez un peu le nombre de voilées dans nos villes et vous allez comprendre très vite ce qui se passe.
J'ai bien hâte que les «zartistes» comme Roy Dupuis, par exemple, se mêlent de leurs affaires c'est-à-dire leur art souvent pitoyable d'ailleurs comme dans le film - je ne parle pas de la télé-série qui était extraordinaire - Séraphin! Une folie furieuse de caricature abjecte de la société québécoise du X1Xe siècle! Roy Dupuis jouait le personnage d'un Alexis frustré, méchant, rancunier, violent, primitif et vengeur. Dire qu'on était habitués à un «Alexis Gabriel Gascon ou Guy Provost» si humain avec les Belles Histoires!
Gigi

Me a dit…

On va tous mourir sous les moratoires (...)

Exact.

Pierre Bouchard a dit…

On va tous mourir sous les moratoires (...)

Il serait plus exact de dire que l'on va tous mourir dans les moratoires!... un moratoire équivalant au Québec à un mouroir.

Anonyme a dit…

Le gros problème commence à l`Assemblée Nationale. Tous les partis politiques savent pertinemment bien qu`il faut exploiter nos ressources, que c`est la voie de notre survie économique.

Mais, la politique étant ce qu`elle est, certains partis préférent leur gain potentiel que le bien collectif et se rangent du côté des empêcheurs de tourner en rond.

Si tous frappaient sur le même clous, il y a belle lurette que les écolos, n`ayant pas d`échos à leurs revendications, seraient devenus silencieux.

Loulou a dit…

"Comment expliquer ce phénomène? "

Regarder l'école et les manuels.

Entre autres d'ECR : mythification de l'autochtone écologiste pendant tout le primaire et au secondaire des activités obligatoires sur la protection du monde et de l'écologie.

Obligation de protéger la Terre-Mère, mais aucune obligation de développement, de sortir de la misère...

Anonyme a dit…

Loulou
«Obligation de protéger la Terre-Mère, mais aucune obligation de développement, de sortir de la misère...»

Avec l'ÉCOLOGISME comme religion d'État, c'est bien plus important de protéger la Terre-Mère que l'enfant à naître.
Est-ce que je dérante la bien-pensance même sur ce blogue? Ça reste à voir!

Sur le blogue à Martineau, pas de danger que ce genre de message passe et surtout pas non plus si tu oses te prononcer un peu trop catégoriquement à la défense d'Israël! Là c'est la censure assurée!
Gigi

Anonyme a dit…

Comme d`habitude M.Brassard Fillon veut tout demolire mais jamais au grand jamais il donne de nouvelles idées par quoi il faut remplacer ce qu'il dénonce.Le monde change pour le mieux fini le temps ou nous prenons tous les ressources naturelles et ont ce fou de futur.Il a été au pouvoir et jamais il a été dans le sens qu'il défend.

Anonyme a dit…

Vous êtes encore un politicien M. Brassard. Vos chroniques abordent les thèmes sous l'angle de la partisanerie politique.

C'est que les journaux nous inondent déjà avec des tonnes d'articles comme ça.

Gilles Laplante a dit…

Actuellement, il y a beaucoup de gens qui semblent croire que "Avatar" c'est de la télé-réalité. Tant que les gens ne se réveilleront pas, les politiciens vont continuer à suivre les gourous, parce que nos politiciens actuels n'ont aucune vision d'avenir.

Christian Rioux a dit…

Quand ça reste dans le sous-sols ce n'est pas une richesse. Pour que ça soit une richesse, il faut l'exploiter.

Anonyme a dit…

Monsieur Brassard,
"l'anonyme" de ce matin 8:35hrs ne semble pas vous porter dans son coeur puisqu'il vous accuse de partisanerie. Je trouve qu'au contraire, vous donnez votre opinion sans aucun parti pris. Vous avez la liberté de donner votre opinion et que ceux que ça indispose ne lisent pas votre chronique au lieu de dire des conneries. Continuez votre beau travail.
Raymond Bellavance,Québec

Anonyme a dit…

No wonder que le petit Quebec sombre dans la merde. L'etat des finances publiques de la belle province en fait une Grece de l'Amerique.
La population subit un veritable lavage de cerveau par ces fascistes pretendus verts.
L'heure est grave: le Quebec s'enlise et nous avons besoin de beaucoup d'argent. Les transferts d'Ottawa un jour arreterons. Que faire? Exploiter nos ressources pour se sortir du trou. C'est tout.

Anonyme a dit…

Partie 1
Votre chronique du 13 avril 2012 dans le Journal de Québec (Astrologie climatique), tout en continuité avec celle du 24 octobre 2010 (L’imposture climatique), conclu que l’alarmisme climatique continue de s’imposer car c’est une question de fric. Cette question est très bien exposée et documentée dans le manuel de Christian Gerondeau «Écologie, la grande arnaque» des Éditions Albin Michel (2007).
Pour reprendre les propos de Gerondeau, l’arnaque, ce n’est pas d’affirmer la réalité du réchauffement climatique. Même si le mouvement n’est pas uniforme… et contestable.
L’arnaque, ce n’est pas non plus de répéter que l’homme […] contribue à ce changement climatique […] La grande arnaque, ce sont les centaines de milliards de $$$ prélevés sur les contribuables du monde entier au bénéfice d’intérêts particuliers et gaspillés chaque année sans aucun résultat, au nom d’hypothétiques remèdes aux risques qui nous menacent.
C’est en vain que des centaines de milliards de $$$ sont dépensés…pour construire des éoliennes qui ne fonctionnent qu’un quart du temps, pour subventionner des biocarburants aux rendements dérisoires […] le tout au prétexte de <>, qui justifie désormais tout et n’importe quoi.
Ce livre n’est pas dirigé contre les défenseurs de l’environnement, mais contre une dérive qui se sert de l’écologie pour imposer une vision tragique de notre monde […] Dans ce but, ceux qui ont fait de cette perversion de l’écologie leur raison d’être ont recours à deux procédés.
Lorsque des problèmes viennent à être réglés, […], ils font tout leur possible pour que nos contemporains n’en sachent rien et pour entretenir des peurs injustifiées.
S’agissant du changement climatique, les écologistes ne mettent l’accent que sur la face noire des choses et passent sous silence les évolutions positives que connaît l’humanité et qui lui sont liées.
Autrement dit, tout ce que nous faisons est mal. La Terre et l’humanité sont en péril et nous en sommes tous responsables […]. On retrouve dans ce discours toutes les thèses de l’extrême gauche, de l’altermondialisme et des écologistes les plus hostiles […] au mode de vie qui est le nôtre […]. Il n’y aurait rien à critiquer à cette vision des choses si elle partait d’une appréciation équilibrée du monde dans lequel nous vivons, mettant en balance ses aspects négatifs qu’il serait absurde de nier, […], mais n’occultant pas ses côtés positifs alors que ceux-ci sont systématiquement passés sous silence.
Cette appréciation prendrait tout d’abord et avant tout en compte le sort actuel de l’espèce humaine. […]
L’amélioration très rapide de la situation de l’humanité est donc à mettre en priorité dans la balance lorsqu’on parle de l’évolution de la planète, au lieu qu’elle ne soit même pas mentionnée. […]
1. Au cours du siècle écoulé, l’espérance de vie dans les pays du tiers-monde est passée de 27 à 65 ans.
2. La proportion d’enfants vaccinés a crû de 5% à 80% depuis 50 ans.
3. Le niveau de vie de la majorité des habitants des pays pauvres a doublé.
4. L’alphabétisation a progressé de 25% à 85%.
5. Le nombre d’êtres humains correctement nourris s’est accru de plus de 2 milliards en 30 ans.
6. Le nombre de foyers raccordés à un système d’assainissement correct augmente de 100 000 par semaine.
7. Un milliard d’internautes.
8. Près de la moitié des habitants du globe ont un téléphone portable.
Jamais les progrès de l’humanité n’ont été aussi rapides. L’évolution continue à un rythme accéléré, tiré par la Chine et l’Inde dont l’économie croît aujourd’hui de 10% par an.
...PARTIE 2

Anonyme a dit…

Démocratie lorsque tu nous tiens!

Parlons de la Chine
par Steven Guilbeault
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Article mis en ligne le 12 février 2008 à 11:04
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J'ai effectivement réagi à cet article de Guilbeault dans une lettre d'une dizaine de pages. Jamais recu d'accusé de réception et rien de publié.

À qui profite ÉQUITERRE? Font ils l'éducation du publique et bien cherchent on simplement à l'endoctriner.

Yvon Héroux
Alma
20 avril 2012